Sacrément culotté comme titre sachant que je n’ai pour l’instant jamais fait le grand tour mais j’ai fait plusieurs formats itinérants et j’avais envie de partager avec vous quelques petits conseils qui m’auraient été bien utiles avant de partir. Et comme le TMB est un des plus connus et des plus « courus » il m’était difficile de ne pas l’évoquer dans le titre.
Tips 1 – la réservation
C’est le truc LE plus compliqué quand on parle du TMB, surtout si vous souhaitez comme moi le faire en refuge et ça vaut pour pas mal de grands parcours qui vivent un regain d’intérêt ces dernières années. Soyez dès le jour d’ouverture des réservations devant votre ordi, cela part vraiment très très vite, surtout si vous souhaitez partir des Houches pour votre photo souvenir sous l’arche. Pour certains les réservations débutent courant octobre pour l’année suivante, pour d’autres ce sera novembre mais vous l’avez compris, la probabilité de trouver une place au printemps pour l’été suivant est quasi nulle.
Petit tips donné par de « vieux briscards » de la rando croisés au refuge de la Balme cet été, en changeant de lieu de départ, cela change aussi l’enchaînement et parfois c’est une solution pour trouver de la place. Concrètement, ils ont choisi de partir de Chapieux et miracle, ça a permis de trouver de la place aux dates qu’ils souhaitaient.
Attention pour ceux qui partiraient sur un mode camping, en France, la tente ne peut être montée qu’entre 19 heures et 7 heures et dans des zones bien déterminées, certains refuges refusant que l’on campent à proximité. En Italie, le bivouac est interdit en-dessous de 2500 mètres d’altitude et en Suisse, il est totalement interdit, il faut opter obligatoirement pour des campings.
Tips 2 – le matériel
De toute façon partez du principe que vous allez prendre trop de trucs… Si vous partez plusieurs jours, il est peut être temps aussi de s’équiper avec des vêtements techniques de qualité et plus légers. Si vous dormez en refuge zappez le duvet, un « sac à viande » suffit normalement. Pour les chaussures, vous pouvez opter pour des chaussures de trail si vous partez léger. En réalité les chaussures de randonnée sont pertinentes si votre sac est lourd, pour plus de stabilité. Donc si vous êtes en rando itinérante avec tente et tutti quanti, le choix de la chaussure montante s’impose, si vous êtes en sac léger, vous pouvez rester sur du moins haut.
On peut se contenter d’une paire de chaussettes propres par jour, pour le t-shirt ce sera plus simple d’en avoir juste un ou deux max de rechange, et on le lave en refuge quand on arrive. Soit la météo permet qu’il soit sec dès le lendemain matin, soit on l’accroche à son sac pour qu’il finisse de sécher dans la journée. Une épingle à nourrisse et zou, ton sac de rando se transforme en étendoir à linge. J’avoue que je préfère les leggings de randonnée mais c’est très perso. J’en ai 2 : un cimalp qui est en réalité un legging de trail d’hiver et un Fjällräven. Et j’ai toujours un short ultra léger de trail dans le fond du sac pour aérer les gambettes si la météo le permet. Pour le haut, forcément un vrai t-shirt, manches longues ou courtes pour les frottements des bretelles du sac. Je privilégie comme beaucoup je pense tout ce qui est en mérinos.
J’ai aussi une très bonne doudoune qui se compresse et une veste de pluie ultra performante. Bref… j’ai du Columbia quoi !
Pour tout ce qui est électronique, certains refuges n’ont pas non plus des dizaines de prises à dispo, donc moi plutôt que de chercher à recharger le téléphone, la montre, les écouteurs, je me contente de recharger uniquement ma batterie externe.
Tips 3 – la préparation
Je suis toujours très surprise d’entendre les conversations aux refuges et de constater que beaucoup font des erreurs par manque de préparation, comme si randonner pouvait s’improviser parce qu’on se contente de marcher… Avant de se lancer sur un grand tour sur plusieurs jours, je ne peux que trop vous recommander de tenter déjà l’expérience sur 2 jours, avec une nuit en refuge pour apprendre les codes de fonctionnement de ce type d’établissement et adapter ensuite votre sac.
Je vous conseille d’ailleurs de prévoir cette sortie préparatoire avec sur le dos un sac type comme si vous partiez 5 ou 6 jours, bref de tester en condition réelle pour réaliser ce que représente de marcher aussi chargé. Autre conseil qui là aussi est en lien avec l’équipement : partir randonner un jour où il pleut beaucoup… Mais alors beaucoup… Histoire de voir si votre veste tient vraiment la route, si vos chaussures ont une bonne accroche dans la boue. Bref tester votre matériel en conditions réelles. Si vous avez prévu l’itinérance en tente, je pense qu’apprendre à monter sa tente le plus rapidement possible pour se mettre à l’abri est loin d’être idiot là aussi.
Même si les parcours sont souvent bien balisés, partir avec une trace sur une montre connectée et sur un portable est loin d’être une mauvaise idée. Evidemment on s’entraîne à suivre une trace avant de partir et vous ne partez pas avec une montre neuve jamais utilisée le jour J comme moi la dernière fois 😁😂. Et bien entendu on reste sur les chemins !!! Déjà parce que ça respecte la nature et surtout ça évite les mauvaises surprises.
Tips 4 – l’alimentation
La plupart des refuges proposent aujourd’hui des alternatives végétariennes et prennent en compte vos allergies mais pensez bien à le préciser dès votre réservation !!! Ce ne sont pas des restaurants classiques, la cuisine ne peut pas « improviser » quelque chose sur le pouce parce que vous avez zappé de les prévenir en amont. Idem pour le pique-nique qui est proposé pour la journée. Généralement le diner (servi à une heure précise, là aussi ce n’est pas à la carte) commencera par une soupe, suivi d’un plat puis d’un dessert. Bien entendu on mange plus ou moins bien en fonction des refuges mais vous ne devriez pas mourir de faim, les portions sont généralement suffisamment généreuses.
On ne demande pas une crèpe au sucre dans un refuge à 10h du soir 😁
Pour la journée, pensez à repérer les lieux en préparant votre trace où vous pourrez vous ravitailler si vous ne voulez pas trop vous charger. Petit exemple concret : quand je suis allée passer la nuit au refuge de la Balme en partant de Chamonix, j’étais pile poil à l’heure du déjeuner aux Contamines. Je suis donc tranquillement sortie de ma trace pour aller dans le village acheter un truc chaud à la boulangerie. Pensez au fait que même si les refuges vendent des « trucs à grignoter » la « taxe altitude » est loin d’être un détail… Cela vaut évidemment aussi pour les boissons qui peuvent très vite faire exploser un budget. Autre point à bien connaître avant de partir, beaucoup de refuges ne prennent pas la carte bleue !!! Il faut donc prévoir un bon budget en liquide surtout si vous vous lancez sur une itinérance de plusieurs jours. Pas de panique c’est toujours précisé sur le site en amont mais pensez à vérifier.
Tips 5 – le budget
Bien entendu ça varie un peu en fonction des pays mais pour que vous ayez une idée, la demi pension dans les Alpes pour une nuit en dortoir tourne autour de 75€ environ. Les boissons sont souvent autour de 4€ à 5€. Les parts de tarte à la myrtille peuvent grimper très vite aux alentours de 8 à 9€. Je ne peux pas vous donner le prix des pique-niques je n’ai jamais pris 😉, j’ai lu sur des articles qu’on devait partir sur une dizaine d’euros, ça vous donne une idée. Certains refuges donnent accès aux douches contre rémunération, voir même ouvrent leur table mais là encore, c’est à vous de bien vérifier l’info avant de venir toquer à la porte 😁. Bref on peut partir sur l’idée qu’il faudra compter une centaine d’euros par jour.
A lire : le traditionnel « Tour du Mont Blanc » édité par la Fédé Française de randonnée – 18€40
Bon à savoir : tu peux retrouver d’autres idées de rando itinérante comme le Tour des 6 refuges dans le Val d’Aoste ici ou le tour du Val Montjoie autour des Contamines justement. J’ai prévu d’aller l’été prochain du côté de Verbier pour un tour des cabanes sur 4 jours, évidemment j’ai prévu de venir vous en parler ici !
Crédit photos : office du tourisme Verbier


