Run : Triptyque Altra Acte 2, made in carbon !

Dire que j’attendais la sortie de la VANISH CARBON d’Altra Running avec impatience relève de l’euphémisme. A quoi allait ressembler le mélange du zéro-drop et du footshaped avec le matériau miracle qui fait courir plus vite, a.k.a. le carbone : mariage de la carpe et du lapin ou duo d’enfer ? Une question qui a hanté mes nuits pendant des semaines dès que les premières rumeurs / infos eurent fuité. Eh bien, après deux mois de test, j’ai encore des doutes sur la réponse que je peux vous apporter. Expectative…

Test réalisé par Fred

Altra en mode carbone

Commençons par les éléments non différentiant avec la concurrence : le prix (250 €, faut pas rêver, la vitesse a un coût), la durée de vie (donnée pour 350/400 km avant de perdre l’intérêt du carbone, ça peut paraître cher du kilomètre toute cette affaire et ça fait un peu one shot pour une seule compétition et sa prépa), l’épaisseur monstrueuse de la semelle (il semble que ce soit une « norme » de la fédé internationale d’athlé suite sans doute à un calcul savant). Rien d’original de ces côtés, donc.

Venons-en maintenant aux spécificités issues de l’ADN Altra. Toutes les chaussures à plaque de carbone sont conçues avec un chaussant hyper étroit au niveau de la toebox et qui « rebique » (pourquoi diable concevoir des instruments de torture plutôt que des chaussures ?). Ce n’est pas le cas de la VANISH CARBON et c’est TANT MIEUX !!!!!! (en majuscules dans le texte). La seule marque qui a compris qu’on n’avait pas besoin de comprimer latéralement les orteils à l’avant ne renie pas ce principe. Ouf ! Une fois qu’on a réussi à entrer le pied dans la chaussure et résolu des problèmes de languette que j’évoquerai plus loin, on est bien, voilà, on est bien, c’est tout.

La plupart des chaussures à plaque de carbone sont conçues avec une plaque rigide qui couvre toute la longueur de la chaussure et qui ne se « plie » que dans le sens de la course. C’est prodigieusement inepte en termes de biomécanique et casse-gueule en virage. Altra n’a mis qu’une demi-plaque sur l’avant (normal ! Quand on court en zéro-drop, on a une foulée médio-pied et on se contrefiche d’avoir du carbone sous le talon) mais surtout la plaque est en forme de peigne à 3 (grosses) dents (voir photo). Le défaut des plaques rigides enfin corrigé !!! Ici, la carbone se bouge aussi latéralement et s’adapte à votre façon d’attaquer le sol. C’est simple mais c’est génial d’un point de vue biomécanique.

Bref, pour le moment, on a tout bon mais mais mais, il y a un souci de conception sur cette chaussure : le mesh est un cauchemar. Pour réussir à entrer le pied dedans, il ne faut pas être pressé, il faut relâcher le laçage (d’horribles lacets plats qui se délient en courant sauf à faire un oeillet en haut) et s’aider d’un chausse pied. Bon, on peut admettre. Le vrai problème vient d’une bande qui court à l’intérieur du mesh à l’avant du pied et qui n’est fixée qu’en bas, donc elle s’amuse à se plier et à se glisser sous vos orteils au lieu de les entourer, c’est franchement pénible. Même motif, même punition avec la languette … Je veux bien admettre que la recherche d’efficacité nécessite de la légèreté mais là, honnêtement, c’est raté et à revoir sur la version 2.

De bonnes idées mais peut mieux faire…

Maintenant que je me suis un peu fâché, retournons dans le monde du Bien. Afin d’éviter tout quiproquo avec de futurs acheteurs du modèle, je tiens à préciser qu’il est exclusivement destiné à des sorties longues à vitesse élevée (genre : un semi) ou aux entraînements rapides. Si vous avez dans l’idée de courir pépouze 10 km le matin, laissez tomber. Surtout si vous êtes un grand fan d’Altra. La chaussure est tellement rigide qu’à vitesse basse, c’est pareil que courir avec des sabots. Si vous pensez courir tout à coup 3 km/h plus vite, laissez tomber également. L’idée est plutôt, à « effort égal », d’aller « un peu » plus vite en étant moins fatigué.

Dans les faits, bah, ça marche pas mal. Effectivement, lorsque le rythme s’élève et que le revêtement est bien rigide (le carbone ne réagit pas terrible sur des cailloux), on a une impression de facilité assez agréable et sans que mes mesures ne soient labellisées par qui que ce soit, j’ai vraiment éprouvé cette sensation d’être capable de soutenir plus longtemps un effort constant et d’en éprouver moins de fatigue que d’habitude. C’est vraiment bluffant. D’autant que contrairement aux autres modèles que j’ai pu tester et que j’ai toujours trouvé trop rigides, là, avec le « peigne en carbone », j’ai (presque) retrouvé mes sensations habituelles en Altra.

Que conclure de cet essai (environ 250 km) ? La première chose est que la conception du chaussant est à améliorer sur les prochaines versions. La deuxième est que le carbone vu par Altra est largement au-dessus, en termes de respect de la biomécanique, de celui de la concurrence, il n’y a pas photo. La troisième est que la Vanish Carbon est relativement fidèle aux promesses affichées. La dernière réside dans le « presque » du paragraphe précédent : même zéro-drop, même footshaped, il n’en demeure pas moins qu’on s’éloigne énormément du courir naturel et j’avoue que cela me laisse perplexe. L’enjeu en vaut-il la chandelle ?

Prix : 250€ pour homme ici et pour femme là.

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