Run : « UN mois avec » Evadict, rencontre avec Sarah Vieuille

Il faut croire que les sports d’eau font de bonnes traileuses… Après Clémentine la championne de kayak, je vous présente Sarah Vieuille qui est passée des longueurs en bassin aux trails avec dénivelé avec succès !

Mon CV express

Mes 5 principaux résultats en Trail :
• 2 titres de championne de France, 2017 et 2019
• 3 titres de championne du monde par équipe,
2017 et 2019
• 2ème des Templiers, 2018
• 1ère du Trail des Aiguilles Rouges, 2018 et 2020
• 1ère de l’High Trail Vanoise, 2019

Après les bassins…

la plongée dans le grand bain du trail !

J’ai 37 ans et je suis originaire de Bordeaux même si aujourd’hui je vis quasiment à l’opposé puisque je réside dans les Vosges. Je ne suis pas issue d’un univers sportif à proprement parlé. Pourtant très vite j’ai plongé dans le grand bain et la natation est vraiment devenue une part importante de ma vie, sans pour autant envisager un sport études. Mais j’avoue adolescente ma vie pouvait se résumer à « étudier et nager ». J’avais la chance d’avoir un très bon entraîneur, j’ai certainement commencé à me forger pendant ces années un mental qui allait me servir plus tard. La course à pied se résumait à l’époque aux cross mais sans plus, même si j’avoue que je les gagnais souvent, ce qui aurait pu me mettre la puce à l’oreille sur mes capacités de traileuse en devenir !

Comme beaucoup tout s’est arrêté avec les études supérieures. J’ai commencé par une prépa véto et là pendant deux ans, j’avais uniquement le nez plongé dans les bouquins et plus du tout dans les bassins. C’est d’ailleurs un vrai problème quand on y pense… Bon nombre de formations supérieures oublient totalement le sport dans leur programme alors qu’on aurait bien besoin aussi de s’autoriser à aller s’aérer le corps et l’esprit. Après une nouvelle orientation professionnelle, je décide enfin de prendre le temps de me remettre au sport. Je commence logiquement par la natation mais il me manque l’ambiance du club alors je remets mes baskets, et comme beaucoup je commence tout simplement par faire des tours de parc avec des copines.

C’est comme ça que je débarque dans les Vosges, région que je ne connais pas du tout et surtout où je ne connais personne. Je continue de courir régulièrement, histoire aussi de rencontrer du monde. De fil en aiguille, j’intègre un groupe avec lequel je fais du trail mais pas seulement, le VTT fait aussi partie désormais de mes activités. On me propose de participer à mon premier trail, un trail blanc qui plus est, je dis oui alors que je n’ai absolument aucune idée du truc dans lequel je viens de m’embarquer. C’est bien simple, j’ai carrément pris mes chaussures de running classiques ! Je glissais dans toutes les montées ! Mais voilà ce jour-là j’ai gagné… Alors forcément je me suis prise au jeu. Un club m’a repéré, j’ai continué de gagner des trails et un jour je me suis retrouvée aux Championnats de France. L’aventure était officiellement lancée !

Je suis professeur de physique dans le secondaire et c’est loin d’être aussi simple que cela à gérer en réalité. Si beaucoup ont spontanément le réflexe de dire « cool tu as le temps pour t’entrainer », le souci c’est que justement nos congés imposés sont aussi non négociables. Donc en réalité mon planning de courses est aussi lié au bon vouloir du directeur de l’établissement scolaire dans lequel je travaille. J’ai réussi à gérer le mieux que je pouvais pour l’instant mais clairement je dois aussi faire des choix parfois. Certains stages ne sont pas possibles pour moi, parce qu’une semaine d’absence avec le rattrapage des cours que cela imposerait serait trop compliqué à organiser. Loin de moi l’idée de me plaindre hein ? Mais c’est vrai que c’est une vraie contrainte.

C’est peut-être aussi une des raisons qui ont fait que j’ai jusqu’à présent toujours refusé d’intégrer une team, que j’ai aussi toujours voulu m’entrainer toute seule. Finalement un jour j’ai compris qu’il fallait que j’accepte de cadrer tout ça, surtout dans l’idée de progresser. J’en faisais trop, j’enchaînais les fractures de fatigue forcément. Bon, ma première expérience avec Philippe Propage s’est quand même soldée par un échec parce que je n’étais pas prête psychologiquement et je crois que lui non plus d’ailleurs. Certes le trail a une grande importance dans ma vie mais je pratique aussi d’autres activités outdoor que je refuse de sacrifier pour ce sport. J’adore faire du trekking en totale autonomie avec mon ami, sac à dos et tente, nous explorons les chemins pendant nos congés. Et forcément Philippe avait à l’époque tendance à considérer que je ne me fatiguais pour « rien ». Mais ça fait vraiment partie de mon équilibre… Et aujourd’hui finalement, il a lui aussi évolué dans sa façon de penser.

D’ailleurs ma pratique a elle aussi évoluée. Je choisis mes courses surtout pour les paysages j’avoue… J’aime les courses sauvages, et j’espère enfin pouvoir faire le Trail du Petit St Bernard. Je sais qu’on nous attend souvent sur les « grosses » et les « incontournables », mais élite ou pas j’en reste une traileuse comme toutes les autres. Si je me suis alignée sur l’Ultra Run Raramuri pour mon premier ultra long, une course qui est plutôt une aventure au milieu des populations indigènes Tarahumaras, les fameux coureurs Rarámuri, ce n’est pas un hasard. Je crois que j’ai besoin de donner du sens à ma pratique et c’est de plus en plus vrai avec les années. J’adore le Népal également mais là c’est marrant, je n’envisage pas cette destination avec un dossard alors qu’il existe des courses. Il y a un côté spirituel que je retrouve là-bas et que je ne me vois pas du tout associer avec une notion de compétition. Mais pas de panique, je ne renonce pas encore aux dossards évidemment, surtout qu’avec la team Evadict nous avons une belle histoire à écrire toutes ensemble !

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