Run : L’Ecotrail d’Alula, des amis, des amours… des emmerdes !

Bon je sais que beaucoup l’attendaient, il est temps quand même que je vienne vous raconter mon épopée en mode « Cécile d’Arabie », ou comme les anciens se souviennent « Barbie d’Arabie », rapport non pas à mon totem mais à mon pseudo (référence de vieille…). Ecotrail Alula me voilà et comme toujours avec moi, avec des hauts… et des bas !

Commençons par le commencement : je vais être très honnête comme toujours avec vous, sans la présence de ma copine Perrine qui vit là-bas depuis presque une année, je ne sais pas si j’y serais allée. Ok, le déplacement était professionnel à l’origine, mais j’avoue que le côté personnel « week-end prolongé entre copines » a quand même largement penché dans la balance. Il faut bien reconnaître qu’annoncer que tu vas courir en Arabie Saoudite jette un léger froid autour de toi…Comble de l’ironie quand tu connais la température journalière là-bas. Mais j’ai pour habitude ne de pas mélanger sport et politique et j’avoue aussi que la curiosité me rongeait un peu… Et quand en plus tu as vu ça… Ben tu montes au grenier chercher ta valise cabine, tu attrapes ton passeport tout juste renouvelé et tu fonces tête baissée, surtout que le test PCR c’est même plus obligé !

Inutile de vous dire que dès l’avion, je me suis retrouvée plongée dans un univers digne de la 4ème dimension. Mon premier vol était à destination de Jeddah, ville portuaire apparemment superbe si j’en crois les échos que j’ai eu, qui s’est hélas résumée pour moi à son aéroport et son hôtel Clarion où je suis arrivée en pleine nuit mais promis juré, je reviendrai. Ah j’ai oublié de vous raconter mon vol ! Jeddah est la ville d’où part le train pour la Mecque donc pour dire les choses clairement nous étions quelques touristes entourés de dizaines de pèlerins qui ont passé (je parle des hommes évidemment) leur vol à aller se préparer pour l’arrivée là-bas. Concrètement tu te retrouves avec un voisin tout nu sous son drap de bain blanc et « allah akbar » diffusé au décollage et à l’atterrissage dans les écouteurs. Tu me diras j’ai profité du vol pour revoir « Dune » en buvant mon premier « arabic coffee », autant dire que j’étais à fond dans le thème !

Première surprise et non des moindres, j’arrive donc en pleine nuit et tout le personnel de la douane ou presque est féminin. C’est bête à dire mais je ne m’attendais pas à voir autant de femmes qui travaillent la nuit dans ce pays. Un coup de tampon sur mon passeport, j’ai en tête de rejoindre mon hôtel pour la nuit à pied pour me dégourdir les jambes. C’était oublier que mon hôtel est certes à proximité de l’aéroport mais qu’il faut d’abord en passer par une 4 voies qui n’est pas vraiment prévue pour les randonnées nocturnes. La tête du mec du bureau d’information quand je lui ai demandé comment y aller à pied ! Je crois qu’il m’a prise pour une folle à lier ! Hôtel, douche, dodo, salle de sport pour vérifier que ma sciatique est toujours aux abonnées absentes et petit déjeuner. Comment vous dire que je fais tache ? Les hommes sont en blanc, les femmes sont en noir, je suis au milieu d’un jeu de dames géant… Heureusement que les enfants sont là, baskets colorées et robes à paillettes comme tous les enfants du monde pour donner un peu de couleur à mon petit déjeuner. Je dois retourner à l’aéroport et là ça se complique. Il faut appeler un UBER, apparemment si j’ai bien compris, les taxis de la ville ne prennent pas en charge pour une distance si courte. Panique à bord, je n’ai évidemment pas de compte UBER local et la 4 voies sur la bande d’arrêt d’urgence avec ma valise à roulettes, c’est marrant mais je ne le sens pas vraiment… Le directeur de l’hôtel vient alors à mon secours, commande mon taxi, m’accompagne carrément pour bien confirmer avec le chauffeur mon terminal. Je lui demande s’il prend bien la carte bleue, nouvel instant de panique, bien sûr que non sinon ce serait trop simple. En deux secondes, le directeur sort son téléphone portable, tapote dessus et me dit « ne vous inquiétez pas j’ai réglé la course, profitez d’Alula ! ». OK… Welcome Saudia !

Après le directeur de l’hôtel il avait ça comme chaussures… Donc forcément… il ne pouvait qu’être super sympathique !

Après avoir dégusté les meilleures frites du monde et je pèse mes mots, et surtout avoir découvert le bonheur inégalé du lemon mint, une de mes boissons favorites là-bas, je reprends l’avion pour un vol d’un peu plus d’une heure. L’aéroport d’Alula est une merveille architecturale, le ton est donné dès l’arrivée.

Un gentil driver de notre hôtel nous emmène une concurrente indienne et moi-même au Sahary Resort, hôtel qui sert de départ pour le 50 et le 85km. Le lieu est tout bonnement incroyable, les chambres rappellent les campements nomades, le tout planqué au fond d’un canyon. Nuit un peu fraiche, je bénis la couverture en pilou supplémentaire, je profite de ma matinée toute seule pour aller voir Elephant Rock, premier lieu mythique qu’il faut aller voir quand on se rend là-bas. Il n’y a personne, ce qui m’étonne un peu mais quand je reviendrais le soir avec Perrine pour boire un verre, je comprendrais que c’est surtout the place to be pour admirer le coucher de soleil. Food truck, burgers, jus en tout genre (oubliez l’alcool, là pour le coup il n’y en a vraiment pas) et musique à fond, c’est Ibiza version désert, j’ai bien cru qu’on allait voir débarquer David Guetta !

Le deuxième jour à Alula va prendre une tournure à laquelle je ne m’attendais pas… Perrine avait un peu zappé de me dire que la télé saoudienne l’avait contacté pour profiter de sa présence sur la course pour réaliser un petit reportage et devinez qui va se retrouver à jouer les figurantes ? C’est bibi ! L’avantage surtout que je vois à cette participation c’est que cela va nous permettre d’aller à Maraya à l’arrache, chose qui est quasi impossible. Maraya c’est ça…

Un théâtre entièrement recouvert de miroirs qui est d’une beauté sans nom. Il réussit le pari ultime d’à la fois se faire oublier au milieu de ces paysages uniques tout en les mettant en valeur. Nous allons avoir la chance de pouvoir faire une visite privée guidée de l’exposition d’art moderne qui est à découvrir dans le hall de la salle. Seul regret, la salle justement que nous ne pouvons pas visiter, parce qu’un certain Lionel Richie est en pleine répétition ! Tout ça c’est bien gentil mais à 17h nous n’avons toujours rien mangé et ça se termine en sandwich type Subway arrosé d’un coca même pas light évidemment. Tout ça est vite oublié grâce à la course enfants où j’assiste à la victoire d’une petite fille #girlpower. C’est toujours décalé à souhait de voir toutes ces mamans vêtues de noir de la tête aux pieds (et là ce n’est pas une image mais bien la réalité) qui filment fièrement leur progéniture avec leur portable pour une story Instagram…

Retour à l’hôtel, préparation de la tenue de course qui se résume à un total look Compressport (j’ai bien prévu de faire péter la jupette pour celles et ceux qui se poseraient la question du dress code), ma paire d’Altra et le nouveau 5 litres d’Evadict que je teste à cette occasion. Petit déjeuner matinal, le départ est donné à 7h du matin. J’ai oublié de préciser que je suis engagée sur le 50, idéale distance quand tu sors de 3 semaines de sciatique récalcitrante. J’ai la naïveté de penser qu’elle va me laisser profiter du sublime parcours qui s’annonce… J’en rigole encore ! Je n’ai pas fait 2km sur ce sable mou qui tapisse le sol que la douleur revient, foudroyante, paralysante m’obligeant à marcher. Eh ben je ne suis pas sortie du sable… Comme le dit si bien l’expression ! Je papote rapidement avec deux français expat adorables (l’un d’entre eux m’a gentiment envoyé son retour que je vais publier prochainement ici) que je dois laisser filer, le temps va être long… Très long.

C’est parti kiki !

J’essaie de mettre en place un semblant de cyrano, espérant que l’alternance marche course va mettre la machine en marche et me permettre de pouvoir tenir un rythme correct. J’ai déjà la calculette en tête en mode « bon alors la BH est à telle heure, si je veux finir dernière, je dois tenir tel rythme ». Je suis par moment tellement dans mes calculs que je finis par louper une rubalise ! Au bout de 5 min je réalise mon erreur et je fais demi-tour. J’aperçois au loin d’autres coureurs qui ont l’air d’être tout aussi paumés que moi dont un coureur allemand que je connais surtout de réputation : il a couru absolument partout dans le monde donc j’avoue que là le premier truc que je me dis c’est « ouais ben s’il est paumé lui aussi, ça va ». On jardine un peu pour rejoindre la bonne route, on rentre dans la cour d’une petite maison où le propriétaire sorti sur le palier nous fait comprendre à grand renfort de bras agités que la trace est juste à côté, le long de la montagne et nous voilà reparti. Mon collègue allemand rassuré entame alors la discussion en commençant par un grand classique : « tu vis où en France ? » et moi de répondre toute en légèreté « Vichy, la ligne de démarcation tu situes ? Ben voilà j’habite là ! ».
Inutile de préciser qu’au bout de 5 minutes, il en a marre de se trainer avec la claudicante que je suis et il file en m’abandonnant seule, dans la montagne. Je rigole parce qu’en réalité je suis absolue ravie qu’il me lâche enfin, j’ai tellement mal que l’effort à fournir pour papoter dans une langue étrangère est de toute façon au-dessus de mes forces. Sincèrement si au deuxième ravito on m’avait dit que je pouvais arrêter là sans souci je le faisais mais je sens un regard de panique lorsque j’évoque le sujet. Et puis sur le panneau à l’entrée, je constate que j’ai un peu d’avance sur la BH. Bon ben CP3 alors ! Mais quelle riche idée ! La chaleur commence à se faire légèrement sentir (je crame quoi), sous mes pieds, j’ai le droit à de la caillasse bien instable qui me fait hurler dès que l’un de mes pieds part sur le côté. J’étais déjà lente mais alors là… L’orga va finir par me retrouver en mode datte desséchée si je continue à ce rythme-là.

Le futur gagnant du 85 me double, que dis-je, m’enrhume ! Limite si je ne tousse pas à cause du nuage de sable que son passage en mode super sonique entraine. Vous voyez Bip Bip dans Bip Bip & le coyote ? Ben voilà… Bip Bip c’est lui ! Le 4×4 qui le suit s’arrête à mon niveau, prend des nouvelles mais je les rassure, j’aperçois le CP au loin, je sais que je vais y arriver. Ils repartent rassurés à la chasse, en mode safari photo pour tenter d’immortaliser le guépard ! CP3, j’annonce tout de suite la couleur, je reste là. Dans l’absolu de toute façon je suis pile à la BH et je sens très vite que si je voulais y aller, le gentil bénévole ne m’en tiendrait pas rigueur. Mais hors de question ! Je récupère quelques glaçons pour tenter de faire baisser ma température corporelle et je m’installe à l’ombre aux côtés d’un coureur pakistanais expatrié lui ici en Arabie qui a la riche idée de jouer les traducteurs pour moi. Une petite heure d’attente, un coureur saoudien et un japonais plus tard, le 4×4 est là pour nous emmener à Hegra.

Les garçons insistent pour que je monte à l’avant et mes 3 grands gaillards s’entassent à l’arrière. Nous allons commencer un périple qui me fera presque regretter de ne pas y être allé à pied à l’arrivée ! Pour les 10 premiers kilomètres, c’est bon on suit carrément la trace, ce qui me permet de finalement ne rien rater ou presque de la beauté du parcours qui chance extrême passe devant Maraya. Mais très vite, il faut reprendre la route et là question jardinage, on va rigoler deux minutes. Tout le monde sort son google map, aucun n’a la même route, on va de voiture de police en voiture de police pour essayer de rejoindre le site de l’arrivée. Pourquoi autant de complexité ? Tout simplement parce que la ligne d’arrivée est en réalité située au sein même d’Hegra, qui est tout simplement interdit aux véhicules. Dans la catégorie « ligne d’arrivée qui claque sa mère », celle-là vient de rejoindre à égalité celle en Egypte avec Racing The Planet. Finir aux pieds de la pyramide de Gizeh après une bise au Sphinx, c’était déjà pas mal mais là la beauté du lieu est à couper le souffle ! Sachant en plus ils ont eu la riche idée de faire venir des food trucks et que Super Perrine, déjà arrivée évidemment, vient de m’offrir une énorme glace au caramel au beurre salé, je vis là un de mes plus beaux abandons de toute ma carrière de traileuse d’opérette !

Prochaine fois ?

Si jamais les photos et ce récit vous ont donné envie, je vais publier prochainement un article en mode « l’écotrail d’Alula pour les nuls » et de vous à moi, vraiment pas exclu que j’y retourne pour prendre ma revanche l’année prochaine 😊.

PS : la suite de l’aventure est totalement dingue… Je vous raconte ! Après un bus pour nous ramener au parking où tous ceux qui ne logeaient pas au Sahary avaient laissé leur véhicule, nous attendons sagement avec Perrine sur le terre-plein central à l’ombre que notre driver vienne nous récupérer. Après quelques minutes j’entends un « Cécile ? Pero, qué haces ahí ? ». Mais c’est plutôt à toi Xavi Marina que je devrais le demander ! On s’est rencontré en Atacama il y a des années et j’ai continué à avoir de ses nouvelles via des amis communs. Comble de l’ironie il n’est pas là pour la course mais tout simplement en vacances et en route pour aller réserver une activité VTT pour le lendemain ! Et c’est pas fini ! Un petit groupe de femmes nous rejoignent à l’ombre et je finis par entendre « je crois que vous avez couru avec mon mari à Abu Dhabi ». Ok donc l’épouse de Thibault avec qui j’avais vécu une partie de mon Liwa Challenge (récit à lire ici si ça vous dit) est aussi là à l’attendre, après son abandon sur le 85. Nan mais sérieux vous le croyez ou pas ??? C’est plus « it’s a small world » de Mickey là, c’est carrément tout le monde de Barbie s’est donné rendez-vous en Arabie !

Le site de la course est ici avec d’autres destinations qui font très envie !

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