Run : 10km Valence, à nos actes manqués…

Elle n’était pas vraiment prévue celle-là… Surtout pas raisonnable du tout sachant que je vais devoir enchaîner avec un déplacement en Chine à peine rentrée en France mais voilà, on m’a vendu le soleil, la paella et le jus d’orange frais, alors forcément j’ai craqué !

 

A ceux qui n’ont toujours pas compris, à aucun moment je n’ai envisagé le marathon puisqu’entre nous deux l’idylle est terminée… Mais pourtant une suite d’actes manqués m’a laissé penser que ce n’était pas aussi simple dans ma tête. Avant vous en parler, j’en reviens à ma course, un 10k bien suffisant pour le tracteur asthmatique que je suis devenue. Aucune prépa pour ce type d’effort si particulier pour moi qui ne fais plus que de l’ultra, je suis en mode renfo pour mon prochain objectif samedi prochain à défaut de pouvoir vraiment trouver le temps de le préparer. J’ai limité au maximum en durée les séances de running pur parce qu’entre mon dos et ma hanche qui commence à se manifester, et j’ai totalement zappé le fractionné. Autant dire que ça sent sérieusement le roussi question RP mais je ne suis pas là pour ça, ça tombe plutôt bien ! Belle lurette que j’ai arrêté de vouloir me prendre pour ce que je ne suis pas…

 

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Les cadeaux du sac coureur avec le dossard !

Je vais vous faire un debrief précis par rapport à l’orga de la course en elle-même pour celles et ceux que ça pourrait intéresser. Là je vais juste vous parler de ma course en tant que telle. Lever à 6h45 plutôt en forme après une nuit correcte où j’ai testé pour la première fois la mélatonine. Je ne sais pas du tout si c’est ça qui a fonctionné ou plutôt le fait qu’on a passé la journée dehors à pédaler, visiter et manger, mais le fait est que je dors enfin dans un lit qui n’est pas le mien. J’ai préparé en bonne élève que je suis toute ma tenue mais déjà je me dis que c’est un peu bête de ne pas avoir un peu plus anticipé l’affaire. Je n’ai pas prévu de ceinture avec mon propre ravito en eau, je suis bonne pour l’arrêt au stand. Bref… amatrice un jour, amatrice toujours !

 

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La tenue ! (manque le coupe-vent… je ne pensais pas le porter autant finalement !)

J’ai pris la décision de partir à jeun, déjà parce que je n’avais pas le courage de me lever si tôt pour le petit dej et ensuite parce que bon, c’est juste 10Km… faut pas pousser mémé. J’ai juste pris un gel attrapé à l’arrache dans ma boite à bordel avant de partir. Direction le départ, j’ai juste bu un thé quand même, histoire de m’hydrater. Même si on sent qu’il va faire beau et chaud, pour le moment ça caille et je ne regrette pas le petit coupe-vent que j’avais prévu. Ce que je regrette par contre c’est de ne pas avoir envisagé une seule seconde qu’il ferait frais pendant encore quelques temps et que j’allais courir avec, alors qu’il n’avait à la base qu’une seule fonction : faire joli avec ma tenue ! C’est un coupe-vent quechua certes super sympa mais pour la course dans une ville où il ne pleut pas et où il va finir par faire chaud, j’ai comme un doute. Bon tant pis, de toute façon il est là aussi trop tard pour regretter.

 

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Le vélo, le meilleur moyen de locomotion ici !

Direction la zone de départ qui se situe au sein de la Cité des arts et de la Science. Les bâtiments sont absolument incroyables et participent beaucoup à la réussite de cette course je trouve. Ce n’est pas compliqué à trouver, tu suis le mouvement et les dizaines de coureurs et de cyclistes qui se rendent sur zone. Je cherche le départ et allez savoir pourquoi je me plante… Je suis bêtement le mouvement et je me retrouve à rentrer dans un sas à peine ouvert parce que je veux pouvoir être devant. Je m’explique ! Evidemment je ne suis pas devenue une mobylette mais suite à une erreur de ma part je pense (je ne me souviens plus) je suis dans le sas des 60 min. Ce que je n’avais pas compris et qu’on m’a expliqué en arrivant sur place, c’est que c’est en réalité 60 min et plus… J’avais tenté un changement la veille pour le sas des 55 minutes mais impossible sans justificatif et pas le courage d’aller imprimer un document. Tant pis pour moi, je n’avais qu’à y penser !

 

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En attendant notre retour, le fameux tapis bleu est nettoyé !

En attendant j’ai une urgence plus importante à gérer : faire pipi évidemment. Je trouve des toilettes juste à côté du sas propres avec du papier et tout et tout ! Mais c’est le bonheur absolu cette course ou quoi ? Entrée dans le sas donc et j’attends… J’attends et force est de constater qu’il y a un blême : je suis entourée de mecs qui semblent jouer leur vie… #balancetaremarquesexisteasouhait. Euh on est sensé courir 10km là… pas grimper l’Everest non plus. Tout d’un coup un petit groupe derrière moi commence à s’agiter, il y a d’ailleurs 2 femmes dedans qui parlent avec le vigile et très vite malgré mon espagnol scolaire je comprends le problème : nous sommes dans les sas réservés aux marathoniens ! Eh merde… C’est un acte manqué ou quoi ? Pour expliquer mon erreur, nous avons le même code couleur, la seule différence : pour le 10k il fallait aller tout droit, pour le marathon tourner à gauche. Et j’ai dû me retrouver derrière un groupe qui allait à gauche ! Et pour être parfaitement complète, rien sur nos dossards montre une différence entre les deux distances donc les contrôleurs à l’entrée n’y ont vu que du feu eux aussi.

 

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Tu fais quoi dimanche matin ? Ben moi j’étale de la vaseline et toi ?

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20 minutes avant le départ du marathon… Valence l’autre pays des vessies heureuses… 

Pas le temps de commencer une psychothérapie à deux balles, je sors de là et file sans demander mon reste en tentant de ne pas perdre de vue le petit groupe. Je ne sais pas comment je me suis débrouillée pour louper les sas des 10km mais bon on ne va pas refaire l’histoire. Evidemment maintenant j’oublie d’être devant… Je tente une remontée discrète par les côtés mais la foule est là et je ne vais pas non plus me la jouer à la française en mode « poussez-vous me voilà ! ». Tant pis pour moi ça m’apprendra ! Au moment de lancer mon gps cardio qui fait le café je réalise que j’ai oublié de mettre ma ceinture cardio. Pourtant depuis presque un mois, je suis en mode adaptation, plus par curiosité qu’autre chose. Bon ça aussi je n’ai pas assuré. Ça commence à sentir le roussi cette histoire… Je vous ai dit qu’en plus j’ai oublié ma musique ? C’est con j’avais mes écouteurs pourtant ! Plus le temps de penser, j’entends le coup de pistolet et j’aperçois les premiers sur le pont qui filent… Punaise on dirait des mecs le premier jour des soldes chez Darty !

Allez c’est enfin à moi et très vite je comprends que ça va être un peu compliqué mon histoire. C’est bien la première fois que je ne suis pas à ma place parce que je suis trop rapide ! Un comble… Au bout d’un km je craque, j’en ai marre de zigzaguer et surtout veiller à ne pas marcher sur les pieds de quelqu’un, je mets le cligno à gauche et me voilà en train de faire le trottoir… Ah enfin je respire un peu. Je ne suis pas la seule évidemment mais dieu merci les rues sont encore calmes (ce n’est pas l’euphorie du marathon encore) et il y a peu de piétons. Au bout d’un km environ, je constate que je ne double plus personne, il est temps de revenir à ma place. J’ai pris la décision de la jouer cool puisque de toute façon je ne peux pas vraiment faire autrement. J’ai aussi décidé de ne pas regarder mon chrono de toute la course, histoire de ne pas me mettre la rate au court bouillon si je vois les chiffres pencher du mauvais côté. « Tu es là pour en profiter, regarde autour de toi, oublie le reste ! »

Je sais que le parcours reste dans le centre-ville contrairement au marathon qui bien entendu part un peu en périphérie, c’est donc un vrai bonheur. Autre avantage et non des moindres : il est d’une platitude absolue… Et finalement aucun regret de ne pas avoir ma musique l’orga a tout prévu : il y a des groupes ou des DJ partout, c’est Ibiza en mode running matinal. Les km défilent et franchement je suis bien, pas dans le rouge, je suis vraiment à l’aise. J’ai toujours mon coupe-vent, je n’ai même pas assez chaud pour le poser. Le 5ème km est en vue, je dégaine mon gel histoire de me filer un peu d’énergie. J’en ai très peu à la maison et allez savoir pourquoi j’ai attrapé celui au beurre salé d’Overstim que je n’avais jamais testé à ce jour préférant depuis toujours ceux de GU (mais eux ils sont tellement bon que j’ai tout fini). Bien mal m’en a pris… Alors je ne suis pas pour la peine de mort, mais là franchement le mec qui a validé ce truc en se disant : « tiens pour les bretons ça va leur plaire, ça leur rappellera les vacances chez mémé » la mériterait amplement pourtant. Parce que je suis magnanime, je le condamne uniquement à 30 ans de réclusion ferme avec du Lara Fabian diffusé en boucle et un de ces foutus gels tous les matins au petit déjeuner… Non mais !

Dieu merci l’eau est là et je m’arrête carrément pour marcher et boire un peu histoire de me rincer ce goût immonde dans la bouche. Je redémarre doucement mais surement avec en vue un coureur tellement immense que tu ne peux pas le rater. J’en profite pour doubler un Yohann Diniz américain qui est encouragé par un Forrest Gump barbu à souhait du meilleur effet. J’ai du mal à me repérer dans la ville, j’ai l’impression qu’on est super loin alors qu’il ne reste si j’en crois les panneaux seulement 3km. Depuis le début j’ai un décalage avec les panneaux du parcours d’environ 200m. Il vibre avec la régularité d’un coucou suisse devant le panneau indiquant les km du marathon… Essais-t-il lui aussi de m’envoyer un message subliminal ?

Nous retrouvons les bords du jardin de la Turia, la fin est proche et je suis toujours bien. Je n’essaye pas d’accélérer parce que je me connais et je suis capable de partir trop vite, trop tôt et de m’en mordre les doigts. J’ai mon rythme que j’ai le sentiment de suivre avec régularité, c’est parfait ! A 900m de l’arrivée, je me redresse un peu encouragée par les spectateurs en mode déchaîné histoire d’avoir l’air d’une coureuse, je m’accroche parce que je sais que le tapis bleu est bientôt là. L’animateur au micro va nous péter une durite en plus de nous péter les tympans… Allez quelques pas et la ligne d’arrivée est là ! Franchement elle claque cette ligne créée de toute pièce sur un bassin. J’arrête le chrono que je regarde enfin : 54’46 ! Punaise… avec un ravito marché, un départ chaotique et aucune prépa… Je n’en reviens pas…

 

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Je file récupérer ma médaille, mon sac avec mes petits cadeaux (on a eu une serviette en plus de tout le reste !) et je sors de la zone réservée aux coureurs. Nouvel objectif hyper important : retourner à mon hôtel à temps pour profiter du petit déjeuner buffet… Nan parce que la course à pied, ça va bien un moment mais le brunch dominical c’est quand même plus important !

 

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Bon c’est pas un ultra donc pas de mac do… Mais j’ai le droit, il a fini par faire super beau… et chaud ! Et puis je devais fêter mon chrono comme il faut… 

Ps : je reviens avec un retour sur la ville de Valence dont je repars conquise et sur l’orga de la course avec un retour sur le marathon grâce à tous mes copains qui étaient présents.