Ton RP te nargue depuis des mois ? Tu tournes autour sans jamais rĂ©ussir Ă le faire tomber ? Bonne nouvelle : pas besoin de courir deux fois plus pour progresser ! Il suffit souvent de courir plus malin. Objectif bien choisi, sĂ©ances de vitesse, renfo, rĂ©cup et stratĂ©gie le jour J : voici 5 leviers simples pour grappiller ces fameuses secondes. Et en bonus, une sĂ©ance chouchou des chercheurs danois qui pourrait bien tout changer. On y va ? đ
1. Fixe-toi un objectif rĂ©aliste đŻ
Premier piĂšge : viser la lune. Si ton record sur marathon est de 4h07, annoncer 3h30 aprĂšs quelques semaines de prĂ©pa, câest la meilleure façon de finir frustrĂ© (et cramĂ© au 25e kilomĂštre). Un bon objectif, câest un objectif qui te pousse un peu, sans te casser.
Pour le calibrer, pars de ton allure actuelle : divise ton temps par la distance pour obtenir ta vitesse moyenne au kilomĂštre. Pas de chrono rĂ©cent sous le coude ? Cours un 5 km Ă une allure qui te semble « normale » et fais le mĂȘme calcul. Tu tiens ta base, Ă partir de laquelle tu pourras construire ton plan dâentraĂźnement et ton allure cible. đ
2. Mets de la vitesse au menu âĄ
Pour courir plus vite⊠il faut courir vite, de temps en temps ! LâidĂ©e : intĂ©grer au moins deux sĂ©ances de qualitĂ© par semaine, en variant les plaisirs :
Le fractionné : courtes accélérations entrecoupées de récup, pour booster ta vitesse.
Les cÎtes : des sprints en montée, top pour la puissance (et le mental !).
Le tempo : une allure soutenue mais tenable sur 15 Ă 30 minutes, pour repousser ton seuil.
Le fartlek : le « jeu de vitesse » suĂ©dois, oĂč tu accĂ©lĂšres au feeling, dâun lampadaire Ă lâautre. đ
đ„ SĂ©ance test : aprĂšs 10 minutes dâĂ©chauffement, enchaĂźne 5 x 1 km Ă ton allure cible, avec des rĂ©cupĂ©rations de plus en plus courtes (2 min, 1 min 30, 1 min, puis 30 s). Termine par 10 minutes de footing tranquille. IdĂ©al pour apprivoiser ton allure objectif sur 5 km !
3. Muscle-toi đȘ
Le renforcement musculaire, câest souvent la sĂ©ance quâon zappe en premier. Grave erreur ! Des muscles solides te protĂšgent des blessures et te donnent de la puissance, notamment pour le sprint final quand tout le monde est dans le dur. Squats (avec ou sans poids), fentes, box jumps, gainage, pompes : une Ă deux petites sĂ©ances par semaine suffisent pour sentir la diffĂ©rence. Bonus : pas besoin de salle de sport dĂ©diĂ©e, ton salon fera trĂšs bien lâaffaire. đ
4. RĂ©cupĂšre comme un pro đŽ
On lâoublie trop souvent, mais câest pendant le repos que ton corps assimile le travail et progresse. PrĂ©vois au minimum deux jours sans grosse sĂ©ance par semaine. Et avant lâobjectif, on lĂšve le pied : câest lâaffĂ»tage. Pour un marathon, compte une Ă deux semaines de volume rĂ©duit avant le jour J. Pour un 5 km, câest plus court, mais Ă©vite quand mĂȘme les sĂ©ances trop dures dans les deux jours qui prĂ©cĂšdent. Des jambes fraĂźches, câest un chrono qui sâenvole ! đŠ”âš
5. Gagne la course avant le dĂ©part đ§
Le jour J, une bonne partie du record se joue⊠dans les détails ! Quelques réflexes qui font la différence :
Choisis un parcours roulant. Un tracĂ© plat avec peu de virages serrĂ©s, câest des secondes gagnĂ©es sans effort supplĂ©mentaire.
RepĂšre le parcours. Ătudie la carte pour anticiper cĂŽtes, virages et demi-tours, et ne pas lancer ton sprint trop tĂŽt (ou trop tard !).
Mange avant de partir. Un petit-dĂ©j lĂ©ger mais riche en glucides (une banane, une tartineâŠ) : jamais le ventre vide !
Ăchauffe-toi vraiment. Une dizaine de minutes de footing, puis quelques accĂ©lĂ©rations de 30 mĂštres. Sinon, tu risques de passer les premiers kilomĂštres à « chauffer le moteur ».
Place-toi au bon endroit. Ni coincĂ©e dans la foule, ni collĂ©e aux fusĂ©es de devant qui tâembarqueraient trop vite.
GĂšre ton allure. LA rĂšgle dâor du RP : un dĂ©part trop rapide se paie toujours cash. Mieux vaut finir fort que finir Ă lâagonie !
đĄ Fun fact : quand Eliud Kipchoge a tentĂ© de passer sous les 2 heures au marathon en 2017 (projet Breaking2), il nâa pas choisi nâimporte quel terrain : le circuit automobile de Monza, en Italie, tout plat. Verdict : 2 h 00 min 25 s, Ă 25 petites secondes du rĂȘve ! Deux ans plus tard, le 12 octobre 2019, il remet ça Ă Vienne, sur la longue allĂ©e rectiligne du Prater⊠dont la chaussĂ©e a mĂȘme Ă©tĂ© refaite par endroits pour lâoccasion ! Cette fois, câest la bonne : 1 h 59 min 40 s. Aucun de ces deux chronos nâest homologuĂ© (liĂšvres qui se relaient, voiture qui ouvre la route), mais la leçon est claire : mĂȘme les champions choisissent leur parcours avec soin ! đŁïž
đ Le truc en plus : la sĂ©ance 10-20-30
Si tu ne devais retenir quâune sĂ©ance, ce serait peut-ĂȘtre celle-lĂ ! Mise au point par le chercheur danois Jens Bangsbo et son Ă©quipe de lâuniversitĂ© de Copenhague, la 10-20-30 est aussi simple quâefficace. Le principe : des blocs dâune minute oĂč tu enchaĂźnes trois allures.
30 secondes tout doux (footing trĂšs lent, presque de la marche rapide),
20 secondes à allure modérée (ton allure de footing habituelle),
10 secondes Ă fond, ou presque !
ConcrĂštement : aprĂšs 1 Ă 2 km dâĂ©chauffement, tu enchaĂźnes 5 blocs dâune minute (soit 5 minutes), puis 2 minutes de rĂ©cup. Et tu rĂ©pĂštes 3 Ă 4 fois. Total : Ă peine plus de 20 minutes dâeffort. đ
đ Le chiffre qui donne envie : dans lâĂ©tude originale (Gunnarsson et Bangsbo, 2012), des coureurs de niveau intermĂ©diaire ont suivi ce protocole pendant 7 semaines, en divisant presque par deux leur kilomĂ©trage. RĂ©sultat : prĂšs de 48 secondes gagnĂ©es sur 5 km et 23 secondes sur 1 500 m. Moins courir pour aller plus vite, avoue que ça fait rĂȘver ! đ
Petit bĂ©mol quand mĂȘme : lâĂ©tude portait sur un petit groupe de coureurs, et la sĂ©ance est intense. Commence par 2 ou 3 sĂ©ries, Ă placer une Ă deux fois par semaine maximum, en remplacement dâune sĂ©ance de fractionnĂ© classique.
Et si ça ne passe pas ? đ€·ââïž
Ăa arrive Ă tout le monde ! PlutĂŽt que de ruminer, fais ton petit dĂ©brief : allure de dĂ©part, prĂ©paration, sommeil, alimentation⊠Puis note noir sur blanc une consigne pour la prochaine fois, du genre « ne pas mâemballer au premier kilomĂštre ». Un RP ratĂ©, câest souvent juste un RP qui se prĂ©pare. đ
đŹ Mon avis
Pour le marathon, il mâa fallu deux essais avant dâenfin passer sous les 4 h, le rĂȘve de beaucoup de coureurs dĂ©butants. Et, comble de lâironie, je lâai fait Ă New York, qui nâest pas rĂ©putĂ© pour ĂȘtre un parcours roulant⊠Mais ce jour-lĂ , je suis avant tout arrivĂ©e forte de mes expĂ©riences prĂ©cĂ©dentes, et surtout de mes Ă©checs. Je suis arrivĂ©e parfaitement prĂ©parĂ©e : jâavais mĂȘme fait un stage dâentraĂźnement dâune semaine Ă Marathon, câest dire ma motivation ! Jâai veillĂ© Ă respecter un protocole alimentaire sĂ©rieux, en nâattendant pas dâavoir soif ou faim⊠Bref, je me suis donnĂ© les moyens de rĂ©ussir.
Pour mon RP sur marathon, lĂ aussi, je suis arrivĂ©e Ă Paris avec une prĂ©paration hyper stricte. Pas facile de fractionner tout lâhiver, mais ça a payĂ© et jâai dĂ©crochĂ© mon graal : ma qualification pour Boston. Jâavais Ă mes cĂŽtĂ©s trois amis qui se sont relayĂ©s pour me permettre de tenir mon rythme, et je leur dois une fiĂšre chandelle, tout comme Ă un autre ami Ă qui je dois un RP sur les 20 km de Paris, en 1 h 39, un chrono totalement inespĂ©rĂ©. La prĂ©sence de « liĂšvres personnels » nâest pas Ă©voquĂ©e dans ce texte, mais ils peuvent tout changer.
Pour le parcours ? Jâai Ă©voquĂ© les 10 km de Valence rĂ©cemment ici mĂȘme , et aucun doute lĂ -dessus : cela peut, lĂ aussi, tout changer. Bon ben, aprĂšs tous ces conseils, Ă toi de jouer !
Et toi, câest quoi ton prochain RP Ă faire tomber ? Tu as dĂ©jĂ testĂ© la 10-20-30 ? Raconte-moi tout en commentaire ! đ
Sources : Gunnarsson T. P. et Bangsbo J. (2012), Journal of Applied Physiology