Test : La Laponie du côté matos

C’est souvent la première question que l’on me pose alors je vais y répondre de façon complète, enfin la plus complète possible !

De toutes mes expériences de course extrêmes dans le grand froid j’ai retenu un truc : c’est à l’arrêt qu’on se les gèle… Ce n’est pas non plus une raison pour partir courir en short et débardeur sous le prétexte qu’on va courir super vite. Déjà parce que lorsqu’on se lance sur trail, on ne sait jamais ce qui peut arriver. C’est valable aussi sur route c’est évident mais des racines au détour de la place de la Concorde c’est un peu plus rare quand même. Donc pour commencer, s’il y avait une seule chose à retenir de mon article c’est : couverture de survie dans le sac ou dans la poche de la veste, obligatoire ou pas d’ailleurs, une deuxième paire de gants dans le sac également et pourquoi pas un bonnet léger si vous ne le portez pas déjà sur la tête, même si ça vous fait comme c’est mon cas une tête de spermatozoïde… et un t-shirt type première peau ou un coupe-vent léger, bref une couche supplémentaire à enfiler en cas d’attente des secours. Pitié ne me sortez pas vos arguments à la noix du style « moi je n’aime pas m’encombrer quand je cours » … Et en voiture, vous ne mettez pas votre ceinture parce qu’elle vous gêne aussi ? On parle de courir par -20°C donc à un moment on prend ses responsabilités !

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Les petits gants sont top aussi !

Ceci étant posé, revenons-en au matériel, chaussures et textiles que j’ai testé pendant mes 3 jours de trail. Cela faisait longtemps que je voulais voir de quoi Kari Traa était capable, j’ai donc profité de l’occasion pour tester une tenue complète. Venant du grand nord, cela me semblait la marque la plus appropriée ! Et je n’ai pas été déçue. Le legging était certes un peu épais mais vraiment super confortable, surtout au niveau de la taille avec un empiècement qui monte bien et évite le ventre à l’air.  C’est bête à dire mais dès que tu le prends entre les mains tu sens que tu as devant toi de la qualité conçue pour durer. Le tissu semble doublé par endroit de rajout façon coupe-vent, ce qui permet de ne vraiment pas avoir froid aux jambes. Question première couche, leur t-shirt imprimé façon nordique est juste top ! C’est simple, j’ai continué à porter la tenue complète le reste du séjour, parce que j’étais trop bien dedans. A mon avis les enfants l’hiver prochain vont avoir le droit à une maman Kari Traa pour travailler à la maison, ce qui les changera de mon one piece façon grenouillère… La veste est elle aussi super légère tout en restant bien chaude. On trouve tous les petits accessoires que j’aime bien et surtout il y a des poches, de vraies poches ! J’ai couru avec uniquement 2 couches sans aucun souci et sans jamais avoir froid, ce qui est quand même bien ce qui était le plus important.

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On devine la matière nid d’abeille positionnée là où il faut pour l’aération.

J’ai testé également une petite veste, la Nano Air de Patagonia super légère, super mimi mais qui à mon avis ne suffit pas comme veste dans ce type de situation où le vent glacé peut se lever en quelques secondes. Elle est parfaite pour moi en 2nd couche par exemple avec un merinos ou autre breath Thermo à même la peau, et une veste coupe-vent pour compléter. Je l’ai testé alors qu’il faisait très beau et le jour le plus « chaud » de la semaine, donc tout s’est bien passé mais je pars toujours du principe que la météo peut changer et qu’il vaut mieux plus que pas assez. Son dos en nid d’abeille est une super idée lorsqu’on porte un sac à dos, ce qui est quand même très souvent le cas dans le trail. Il est très respirant et permet à la veste surtout de sécher en quelques secondes. Bon dernière argument et non des moindres, elle est quand même super bien coupée, ce qui ne gâche rien avec des poches elle aussi. Je l’ai en tout cas portée quasiment tout le reste de la semaine sous ma veste de ski, c’est dire ! Et oui je suis d’accord, on court quand même rarement à -20°C en France tous les jours… Donc pour nos hivers tempérées ou nos printemps frisquets elle sera parfaite.


Question chaussures, j’ai fait un pari risqué mais c’est toujours ce qui m’amuse le plus, vous commencez à me connaître maintenant ! Je suis donc partie avec deux paires neuves dont j’ai coupé les étiquettes en arrivant sur place. Bon je ne partais pas non plus dans l’inconnu total puisque j’ai choisi deux marques que je connais bien et que j’utilise très régulièrement : le dernier modèle de la XT6 made in Kalenji et la Agility Charge Flex de Merrell. Oui je sais… Je passe de chaussures sans ou avec drop sans aucun souci, c’est comme ça ! Petite précision et non des moindres, je n’ai pas rajouté de crampons ou autre pointe. Je voulais vérifier l’accroche, donc pas d’artifice, sinon c’est pas du jeu ! On commence par les Kalenji. J’ai retrouvé tout ce qui me plait dans ce modèle depuis que la marque a confié les rênes du trail entre les mains de Thierry Breuil : confort, accroche et j’en passe. Franchement ceux qui continuent de critiquer la marque sans jamais avoir foutu leurs pieds dans une paire de chaussures me fatiguent un peu. Comme toutes les autres marques, elles peuvent ne pas convenir à toutes les foulée ou à la forme de son pied, puisque chacun est différent mais franchement critiquer pour critiquer ça devient pénible. Certes sur glace elles n’accrochent pas, mais je fais du trail, pas du patinage artistique… Et pour finir, le coloris de l’été est super joli !
Les Merrell… Bon là je manque d’objectivité aussi puisque je confie mes pieds à la marque sur mes ultras à la noix depuis plusieurs années déjà, ce qui prouve la confiance absolue que j’ai envers elle. Ça va me faire très bizarre d’ailleurs de ne pas les avoir aux pieds pour ma prochaine course mais sponsor oblige, je vais changer de crèmerie ! En attendant, là encore le confort est total, j’ai l’impression d’enfiler mes chaussons et j’ai parcouru 25km avec des chaussures neuves sans le moindre souci. Le pied est parfaitement maintenu tout en étant un peu à l’aise histoire de le laisser s’exprimer. Maintenant pas pu les tester dans la boue, et là j’ai peur qu’elles ne soient pas conçues pour ça, à la vue de la semelle. Vraiment n’hésitez pas à aller les tester un jour, vous serez surpris !

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Je les porte sur mon legging, bien en évidence comme des jambières de danseuse !

Les chaussettes… C’est là que je n’ai pas trouvé la solution idéale… Mais c’est aussi en partie due au terrain particulier de ma course. Je m’explique ! Nous devions traverser des lacs gelés recouvert de neige sur pas mal de km. Le souci c’est que là-bas, pour moult raisons, des poches d’eau glacée restent sous la neige. Vous pouvez donc à tout moment vous retrouver avec de l’eau jusqu’aux chevilles voir plus. Donc pour faire court : des chaussures gore tex ne changeraient rien à l’affaire, puisqu’elles se remplissent d’eau par le haut et que si l’eau n’y rentre pas mais n’en sort pas non plus… Mais du coup qui dit chaussures mouillées, dit chaussettes mouillées et donc pieds glacés. Donc vous avez le choix : soit vous partez avec des chaussettes techniques mais si vous êtes comme moi, sujette aux extrémités congelées, vous allez avoir froid aux pieds, ce qui vous motivera à vous bouger tu me diras, soit vous partez avec des chaussettes bien chaudes mais si vous les mouillez, elles resteront humides et donc vous finirez par avoir froid aussi. J’ai testé une paire de Trekking Prestige de Brubeck que j’ai adoré parce qu’elles ressemblent plus à des chaussettes de ski qu’autre chose avec le fait qu’elles montent super haut et couvrent les mollets pour les tenir bien au chaud. Dans ce cas de figure, comme je restais pour une partie touristique, je les ai largement rentabilisées puisque je ne les ai pas quittées ensuite. J’ai trouvé la paire parfaite pour les longues nuits froides l’hiver prochain en tout cas. Et sur un trail où l’on ne risque pas de traverser des rivières, elles seront parfaites.

C’est un bon 8 litres, pour une fois on trouve vraiment le litrage annoncé, ce qui n’est pas toujours le cas… 

Question sac, j’ai testé pour la première fois un modèle de la marque Ronhill, le Pionner 8l. Je compléterais le test ultérieurement d’ailleurs parce que là juste 3 sorties, c’est aussi un peu limite, tout comme pour les chaussures d’ailleurs, on est bien d’accord. Je suis partie en configuration flasques parce qu’avec un ravito tous les 7 à 8km, aucune raison de prendre plus et la poche à eau n’était pas indispensable. Dans l’ensemble bonnes sensations puisque, signe de confort absolu, en fait j’ai oublié que je le portais. Je continue à être moyennement à l’aise avec les flasques pour être parfaitement honnête. Je préfère des petites bouteilles d’eau mais bon c’est la mode en ce moment. On trouve tout le minimum syndical avec des poches sur la ceinture du sac, suffisamment grandes pour qu’elles puissent être utiles. J’ai juste pour le moment une remarque à faire concernant le réglage sur l’avant du sac qui permet de s’adapter aux différents bonnets, toutes les traileuses n’étant pas plates comme des limandes… Certaines comme moi continuent d’arborer un superbe 90C qui se tient toujours bien malgré les années (bon ok, c’est une private joke ! fallait être sur le salon du Running pour comprendre !). Plus sérieusement, lors d’un trail, en enlevant ma veste ou mon coupe-vent, je peux avoir à régler différemment les bretelles et je ne trouve pas ça super pratique comme système. J’y arrive parfaitement lorsque je le pose à plat, mais c’est un peu plus compliqué porté. A voir si c’est juste un souci parce qu’il est neuf et si ça « se fait » avec le temps. Mais à part ça, un très beau produit qui me semble plutôt solide. A voir donc dans le temps !
Si vous avez des questions précises n’hésite pas, je suis là pour ça !

Pour la Laponie côté run c’est et côté fun ici.