Fit : le régime Cétogène, moi j’aime !

Pour faire suite à mon petit article sur le livre « tous des héros », je me suis dit qu’une présentation du fameux régime dont on parle dans l’ouvrage serait plus intéressant pour tout le monde. Le régime Cétogène est en plein « boum » question communication et vous allez manger du gras tout l’été, c’est assuré !

 

Je ne vais pas vous faire un cours de médecine, ce n’est pas mon job et les professionnels font ça nettement mieux que moi. Je vais juste me contenter de vous donner un exemple qui parlera à tout le monde : les inuits, population vivant depuis des siècles dans des conditions plutôt rudes, ont toujours eu une alimentation basée sur les protéines et les graisses pour la simple raison qu’ils n’avaient que ça à se mettre sous la dent. Arrive la civilisation (enfin façon de parler…) et les produits raffinés et autres sucres divers et variés. En quelques années, cette population, à qui on a en plus enlevé une partie de ses droits de chasse et de pèche, n’a plus d’autres choix que d’adopter notre façon de manger et le taux d’obésité explose sans parler de celui du diabète de type 2. J’ai pris les inuits mais je pourrais prendre les immigrés japonais sur la côte californienne…

 
Autre petite histoire que j’ai découverte en lisant le livre « Vive l’alimentation cétogène » d’Alexandra Dalu et Alix Lefief-Delcourt qui là m’a carrément amusée, rappelle que nous n’avons rien inventé avec notre obsession du poids et que les régimes même au 19ème siècle existaient. Un jeune anglais obèse souhaite perdre du poids, un médecin le Dr William Harvey lui prescrit un régime pauvre en glucide et riche en lipides et en protéines. Il perd alors facilement 20kg. Ce régime sera publié officiellement et fera le tour de l’Europe. C’est sur cette base que le fameux Dr Atkins sortira sa version contemporaine dans les années 70. Ce qui est important de noter, c’est que tout cela va un peu à l’encontre aussi de ce qu’on veut nous raconter aujourd’hui. Ce fameux jeune anglais n’a pas pris de poids en mangeant des pizzas surgelées ou autres tartines de nutella… Tout cela n’existait pas ! Donc le discours « c’était mieux avant » ne marche pas à tous les coups non plus.

 

 
Une chose est certaine, aujourd’hui toutes les études qui diabolisaient le gras dans les années 80 font machine arrière et le régime méditerranéen revient sur le devant de la scène comme la meilleure façon de se nourrir pour bien vieillir et pour rester en bonne santé. Il est celui qui permet d’entretenir son bon cholestérol en évitant le mauvais. Donc pour résumer le principe du régime cétogène est plutôt simple : diminuer les glucides et augmenter les graisses. En diminuant le taux de glucose dans le sang, elle force le corps à s’adapter aux privations et à aller puiser dans ses réserves pour produire de l’énergie. Au lieu de la trouver dans les glucides, le corps s’approvisionne dans les graisses, transformées en corps cétoniques, qui alimentent les neurones en énergie. Et c’est là que c’est intéressant puisque finalement cela va à l’encontre de ce qu’on préconise pour les sportifs qui sont pour la plupart convaincus que sans glucides, ils sont comme une voiture sans essence… stoppés sur la bande d’arrêt d’urgence.

 
Concrètement qu’est-ce qu’on mange ? Nan parce que le coup des héros de McDougall qui suçotent des olives toute la journée, à mon avis ça n’est pas très réaliste ! Normalement, notre alimentation devrait contenir 50% de glucides, 35% de graisses et 15% de protéines. Avec le régime cétogène, on passe en phase de diète à 90% de lipides, 8% de protéines et 2% de glucides. Attention je dis bien diète ! En phase de stabilisation ou au quotidien s’il n’y a pas d’idée de perte massive de poids, nous sommes plus sur 70 à 80% pour les lipides, 15 à 20% pour les protéines et 5 à 10% pour les glucides. Les aliments permis sont : le poisson, les fruits de mer, les viandes et les volailles, les légumes verts feuillus, les œufs, le beurre, l’huile végétale, les olives, l’avocat, les fromages fermes en petite quantité. De manière modérée, vous pouvez consommer du lait de vache ou autres, des yogourt nature évidemment et là aussi à base de toutes sortes de lait (en méditerranée, la vache laitière bretonne est rare…), du vin, du café ou thé sans sucre évidemment. On évite les légumes riches en glucides comme les carottes, le maïs, le panais, la pomme de terre, les patates douces, la betterave, la courge spaghetti ou les pois, le sucre évidemment, les céréales complètes ou pas d’ailleurs, les légumineuses, les fruits, les fromages frais et à pâte molle, les compotes, jus de fruits, miel, sirop d’érable ou confiture. Il est recommandé de consommer des aliments contenant du gras monoinsaturé, comme on en trouve dans l’huile d’olive, les noix ou l’avocat et du gras saturé comme dans les viandes et produits laitiers riches en matière grasse. L’huile de coco devient l’huile star de ce régime. Avec de telles restrictions, il devient difficile de se passer d’un livre de cuisine pour vous aider à faire vos courses…

 
Du côté des effets secondaires, on retrouve les grands classiques : nausées, maux de tête et autre fatigue. Il faut également faire attention aux carences possibles donc il faut quand même éviter de se lancer seul(e) dans cette nouvelle façon de manger. Vous pouvez également vous tourner vers d’autres variantes de ce régime que sont les fameux régimes paléo et Atkins qui revient sur le devant de la scène. Si vous tapez sur votre moteur de recherche, régime cétogène, vous devriez très vite tomber sur des sites le présentant comme une méthode de guérison de l’Alzheimer et surtout des cancers. Pour ces derniers, le raisonnement est en fait assez simple, de nombreuses études cliniques commencent à prouver que les tumeurs sont accros au sucre, alors forcément un régime qui les supprime ne peut être qu’une bonne chose. Il ne s’agit pas de folles théories pour une fois et plusieurs centres de lutte contre le cancer en France envoient leurs patients en rémission chez un nutritionniste pour les aider à changer d’habitudes alimentaires pour radier le sucre de leur quotidien afin de limiter au maximum les chiffres de rechute. Depuis presque un siècle ce régime est également préconisé pour les enfants atteints d’épilepsie avec apparemment de bons résultats.

 
Est-ce que ce régime est vraiment compatible avec une vie sportive ? Cela me parait évident même si je pense que les versions plus « soft » sont largement suffisantes pour nous qui faisons par la force des choses plus de sport que la moyenne des sédentaires. Je ne vais prendre que mon exemple pour illustrer ma pensée : j’ai toujours eu un taux de triglycérides élevé dans le sang adolescente, il a suffi que je me mette à courir pour qu’il s’écroule alors que je n’ai rien changé à mon alimentation. Lorsque je lis les recettes du livre qui m’a servi de base pour écrire cet article, je me dis que ce régime ou plutôt ce mode d’alimentation est envisageable dans la vraie vie parce qu’il supprime le sucre mais pas les mets sucrés, ce qui est carrément vital pour moi. Je suis capable de trimbaler plus de poids dans mes courses à la noix juste pour avoir un dessert dans le désert, sinon c’est pétage de plomb assuré ! Le souci reste la vie sociale mais n’oublions pas que les écarts de temps en temps sont nécessaires et même indispensables. De toute façon, si demain matin on me disait que je ne pourrais plus jamais manger de macarons de Pierre Hermé, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue… Alors autant en finir tout de suite maintenant. Pour moi, la seule réserve que je mettrais, c’est la vie de famille et plus particulièrement lorsque tu as des enfants, pleins d’enfants… Si on me supprime les pâtes et le riz de mon placard sans oublier les patates, ça va devenir très très compliqué de les alimenter !

 

Source : « Vive l’Alimentation Cétogène » par le Dr Alexandra Dalu et Alix lefief-Delcourt – Editions Leducs – 18€