Run : Tous des héros… l’hymne au paléo !

Le nouveau bébé de l’auteur de « Born to run » est arrivé et je vais être très honnête avec vous, dieu que j’ai eu du mal à le finir… 450 pages… C’est comme un ultra, ce tru-là n’en finissait pas…

 

Rarement lu un livre qui ressemble autant à une chambre d’ado, enfin de mes ados. Vous imaginez la scène ? Vous êtes sur le palier, il y en a partout, par terre, sur le bureau, sous et sur le lit et là vous sortez l’argument final qui va l’achever à coup sûr, vous en êtes sure : « mais comment peux-tu bosser et organiser ta pensée dans un bordel pareil ? ». Evidemment il n’y aura aucune réaction, juste un « ouais ben moi je m’y retrouve ». Ben là ça m’a fait un peu le même effet… Et forcément pour une dingue de la grande Histoire que je suis, je suis ressortie frustrée de cette lecture, passant mon temps à aller chercher de mon côté des infos « organisées » pour compléter le livre que j’étais en train de lire.

 

Born to run ok,

but run and dead quand même…

 

Alors le pitch : bien avant Marvel, la littérature nous inondait déjà l’esprit de super héros et ça depuis très longtemps. Eh oui, les demi-dieux d’après vous c’était quoi ? Les Ironman et autres Captain America de l’époque hellénique. Pour justifier leurs supers pouvoirs, on leur a donné une lignée sacrée en mélangeant leur sang à celui des dieux venus sur terre semer des gamins comme le petit poucet ses petits cailloux. On a aussi trouvé des héros sans aucune goutte de sang sacré cette fois comme notre cher Phidippidès capable de courir 40 km d’une traite, sans gel, sans cardio et en sandales. Bon, ça ne lui a pas vraiment réussi vu que ça l’a tué sur le coup mais passons. Ben non en fait ne passons pas, c’est quand même toujours un truc qui me fait marrer, on est born to run ou pas ? Nan, parce que le gars, apparemment, il a mal supporté le truc. Et pour la blague, Caballo Blanco, la légende de Born to Run, est mort des suites d’une crise cardiaque… Passons…

 

On continue la frise chronologique et on arrive directement à la seconde guerre mondiale, réforme du collège oblige ! Petit cours de rattrapage exprès pour ceux qui n’ont pas suivi à l’école. L’Italie de Mussolini a lancé les hostilités vers la Grèce en passant par l’Albanie dès octobre 40 mais sans succès. Ça énerve Adolf qui ne comprend pas que cette armée constituée de gardiens de moutons bouffeurs d’olives résiste. En 1941, la Crète finit par tomber mais après une résistance telle que l’Allemagne devra se priver d’interventions aéroportées pour le reste de la guerre, tellement les pertes en parachutistes sont importantes. Mais surtout l’occupation ne va pas se passer comme prévu. Les crétois jouent aux crétins et continuent de titiller l’occupant avec des actes de résistance qui resteront dans la légende des actes héroïques. Parmi les plus connus, l’enlèvement du général allemand Karl Kreipe, mené par des soldats anglais eux aussi parachutés dans l’ile et qui ont très vite adopté les bonnes habitudes locales. C’est un des généraux « préférés » d’Adolf que des résistants ont réussi à le faire littéralement disparaître dans la nature au nez et à la barbe de l’armée allemande et ce sera source de légère irritation du côté de Berlin qui à cette époque de début de débâcle avait forcément tendance à s’énerver pour un rien . Pour finir avec la grande histoire, nombreux historiens considèrent que l’issue de la guerre s’est jouée en Crête. En retardant la conquête de la Russie en force, les troupes étant trop dispersées, Adolf se verra contraint de retarder son invasion, se trouvant plonger dans l’hiver russe qui lui sera finalement fatal comme cela l’avait été pour notre cher Napoléon en son temps.

 

Bon j’en reviens à mon livre et je fonce directement aux 3 derniers chapitres pour vous faire la version ultra-accélérée. Si les résistants crétois ont réussi à tenir tête à une armée, c’est grâce à leur régime alimentaire, le fameux régime crétois et grâce à leur mode de vie, qui tenait plus à l’époque d’un camp de cross fit en plein air parce que courir après ces saletés de moutons dans la montagne, ça demande de la souplesse, de l’endurance, bref d’être un peu un super héros … L’auteur décide donc d’oublier les glucides et autres sucres pour suivre un régime uniquement basé sur le gras (oh ça va ! je sais que j’en rajoute !) et de s’amuser à jeter des troncs d’arbre et des gros cailloux plutôt que des Kettlebell. A l’époque ils n’avaient pas de pneus de tracteur… vu qu’ils n’avaient pas de tracteur ! Son nouveau gourou pour la préparation physique devient Erwann Le Corre. Je ne sais pas si vous vous souvenez de cet homme qui a fait les beaux jours de la presse sportive ou pas à la fin des années 2000. Beau mec, bronzé, abdos saillants, il prônait ce qu’on pourrait considérer comme le régime paléo versus fitness.

 

Réveille l’homme de Neandertal qui sommeille en toi, sers-toi de la nature qui t’entoure pour réveiller tout ce qui faisait de toi le chasseur cueilleur de la belle époque où tu devais courir 30 bornes avant d’espérer attraper un mammouth affolé qui te remplirait ton garde-manger jusqu’à l’été. Au pire tu pouvais bouffer des baies…

 

Vade retro le sucre… Vive le gras, le cardio bas et grâce à ça,

réveille le super héros qui sommeille en toi !

 

Et c’est pas fini ! Il rajoute la méthode du Dr Maffetone qui est devenu célèbre en appliquant sa théorie sur Mark Allen, grand triathlète américain. Celui-ci enchaîne les blessures et les contre-perf. Il se tourne vers le fameux docteur qui revoit de fond en comble sa façon de s’entraîner en commençant par le freiner. Alors qu’il s’entraînait à 3’06 au km, il l’oblige à tomber à 5’09 au km, autant dire qu’il marche à son niveau. Au bout d’un an, le résultat est là : il tourne de nouveau à 3’18 mais à un rythme cardiaque tel qu’en endurance, il devient imbattable et les blessures sont de l’histoire ancienne. Evidemment il ne se contente pas de revoir uniquement ses entraînements mais aussi sa façon de manger et là aussi c’est la révolution : tous les féculents, les sucres passent à la trappe, le carburant devient le gras et le régime ressemble à s’y méprendre à celui des fameux bergers crétois. La boucle est bouclée… Ah j’ai oublié de préciser mais cela coule de source, on ne court plus qu’en minimaliste, cela va de soi.

 

Alors est-ce que ça marche ? Apparemment, ça semble être le cas si l’on en croit les nombreux témoignages qu’on peut lire à droite à gauche de personnes ayant adopté ce nouveau mode de vie et d’entraînements. Est-ce que cela m’a convaincu de l’adopter ? Evidemment non puisque je n’ai jamais été dans la notion de performance. Il se trouve que je mange du gluten et que j’aime, il se trouve que je ne suis jamais vraiment blessée et que mon kiné, c’est toujours habillée que je le croise sur des lignes de départ de course (c’est Thomas Lorblanchet !). Les trucs lourds que je soulève sont les corbeilles de linge sale et les sacs de courses sans oublier les sacs de litière (4 chats + 5 chatons…). En fait je n’ai pas besoin de devenir un héros, j’en suis déjà un !

 

« Tous des héros » par Christopher Mcdougall – Editions Guérin – 25€