J’ai couru : Ecotrail, Lyon Urban Trail, à l’assaut des villes !

Dans la série des nouvelles courses qui voient le jour, avec l’engouement toujours plus grand pour les trails, des organisateurs ont eu l’idée folle de proposer aux coureurs de faire rimer verdure avec Paris et dénivelé avec Lyon. Nous avons testé pour vous ces deux balades des plus originales que sont l’Ecotrail et le Lyon Urban Trail pour vous donner à vous aussi l’envie de retrouver l’enfant qui sommeille en vous.

« A ma droite l’Ecotrail… »

L’idée pouvait paraître totalement folle au départ : offrir un parcours de trail de 80 km avec cailloux, forêts et verdure tout en restant en banlieue parisienne pour finir en apothéose au premier étage de la Tour Eiffel. Le pari fut réussi et très vite des distances plus abordables ont été proposées aux participants avec un 18 baptisé Twin Santé qui se court en duo, un 30 et un 50 km mais l’épreuve reine reste le 80 puisque c’est la seule qui permet la grimpette finale.

Le départ de la « longue » est donné à la base de loisirs de St Quentin en Yvelines et tout est fait pour que la « verte attitude » soit respectée. Billet de RER inclus dans le prix du dossard, stand de la SNCF qui renseigne des horaires avec petite fiche de rappel, bus à l’arrivée pour vous emmener sur la zone de départ, messages de respect de l’environnement répété encore et encore… mais pas assez hélas. Quand est-ce que les coureurs comprendront que s’ils ont réussi à porter les tubes de gels pleins, ils devraient pouvoir réussir à porter les mêmes vides au moins jusqu’au CP suivant pour les mettre dans les poubelles mises à leur disposition ? Tiens les ravitaillements, parlons-en. Comme souvent sur ce type de course, tout est fait pour satisfaire les estomacs souvent mis à rude épreuve par ces efforts longs et quelque peu douloureux. Salé, sucré, on trouve tout ce qu’il faut. Seul point à ne surtout pas négliger : la gestion de l’eau. Avec un ravitaillement intermédiaire à Meudon, où on ne propose que de l’eau, il faut savoir gérer son autonomie et de nombreux coureurs arrivent totalement assoiffés, les poches à eau totalement vides. S’alléger au maximum, certes mais mettre sa vie et sa course en danger n’est pas vraiment la bonne idée… Si l’expérience vous tente, pensez-y surtout.

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Cette course est vraiment extraordinaire parce qu’elle vous permet de découvrir la région parisienne sous un autre jour. On se dit qu’il doit faire bon vivre dans certains quartiers de Meudon ou de Chaville. On se dit que la nature est là, s’accrochant au bitume et qu’il ne faut souvent pas grand-chose pour s’évader. Faire rimer nature et urbain, c’est possible, il suffit juste d’y croire et un petit grain de folie.

Les coureurs les plus rapides passeront à côté des plus belles images à notre avis : l’arrivée sur la ville éclairée de nuit avec les quais qui sont souvent décriés vaut à elle seule les 70 km qu’on a fait pour y parvenir. Il faut se laisser porter par la Seine, laisser voguer son imagination au fil de l’eau, de la Seine qui est vivante. Il faut jeter un coup d’œil du côté des péniches, ces maisons flottantes qui sont de vrais berceaux où il fait bon vivre au rythme du fleuve. La Tour est là en vue, elle a sorti son habit de lumière pour les coureurs avec pour ceux qui visent juste un vrai feu d’artifice à heure régulière. Et enfin l’arrivée est là, digne du Tour de France avec des barrières pour encadrer les coureurs qui se frayent un chemin au milieu de leur famille et amis venus les accueillir mais aussi des touristes totalement ébahis de voir débouler ainsi des hommes et des femmes qui viennent de faire 80 km, distance souvent totalement surréaliste pour la plupart des humains. Enfin les marches sont là et l’on voit vite qu’il y a ceux qui veulent en finir au plus vite et qui donnent tout en se lançant dans les escaliers comme si leur vie en dépendait. Il y a ceux qui ont tout donné pour arriver là et qui vont déguster marche après marche, comme si cela ne devait jamais finir. Il y a les pompiers qui ont porté à bout de bras les joelettes et les enfants de l’association… qui vont alors les porter dans leur bras comme une nouvelle naissance. Il y a de l’émotion, de la fatigue, des larmes, de la douleur, de la joie, il y a tout ça à l’arrivée d’un ultra. Et puis si l’expérience vous tente mais que la distance vous fait peur, n’oubliez pas les « petits » écotrails qui sont parfait pour découvrir ce type de course nature sans être trop loin du RER… On ne sait jamais !

« A ma gauche, le Lyon Urban Trail »

Au début on croit à une farce… Peut être parce que nous sommes dans la ville qui a inventé Guignol et son célèbre compère Gnafron, un jour, des gens un peu fous ont eu l’idée d’organiser un trail en ville. Un peu comme les skateurs se sont appropriés le mobilier urbain pour en faire un terrain de jeu digne de leur skate park favori, là on vous propose du dénivelé, des montées, des descentes, ça secoue, ça remue, le Lyon Urban Trail c’est une fête foraine à lui tout seul. 6000 marches… Enfin c’est ce qu’ils disent sur le site de la course mais très vite vous arrêterez de compter en ne pensant qu’à une chose : regardez où vous mettez vos pieds pour ne pas vous faire surprendre par une marche plus haute que l’autre. Découvrir la ville de Lyon et ses vieux quartiers, sa célèbre cathédrale de Fourvière, sans oublier une arrivée mémorable sur la place des Terreaux après une traversée de la cour d’honneur de l’Hôtel de ville ouvert spécialement pour l’occasion, c’est juste exceptionnel. Ils étaient 800 à tenter l’aventure sur la distance phare du 38 km mais c’est en tout presque 6000 coureurs ou marcheurs qui ont profité de la fête avec le 22 et le 12 km, proposés en course chronométrée ou en randonnée pour que tout le monde puisse vraiment en profiter, quelque soit le niveau. Cette année seul souci, qui sera corrigé l’année prochaine : les bouchons… Et pas ceux où l’on mange une douzaine d’huître accoudée au bar, non ceux qui vous poussent à vous lancer à l’assaut des branches, des barrières pour ne pas voir votre chrono espéré vous échapper.

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Un conseil : pensez à vous équiper de chaussures avec un bon amorti parce que ça va taper ! Entre les escaliers que vous allez dévaler, les quais où vous allez relancer, les traboules où vous allez tout donner, il faut penser à vos mollets qui le lendemain de toute façon vont se venger…

L’édition 2012 était bénie des dieux puisqu’ il a fait très beau, évitant ainsi les glissades sur les marches lisses comme le crâne d’un moine bénédictin, sans doute puisque nous étions le dimanche des Rameaux. La montée à la Cathédrale de Fourvière par le chemin du rosaire prenait tout son sens, lorsque coureurs et pèlerins se mêlent, les uns se poussant pour laisser passer les autres en les encourageant, en ne manquant pas de demander « c’est un marathon ? » et vous de répondre « oui » pour ne pas avoir à expliquer que non en fait c’est un 38 mais qu’on va y passer plus de temps qu’un 42… Deux mondes qui se rencontrent, qui se frôlent pendant quelques minutes avec finalement un peu la même motivation parfois : aller trouver des réponses aux questions qu’on se pose toujours sans forcément se l’avouer. Courir ou prier pour se trouver, c’est un peu la même idée non ? Ne criez pas au blasphème surtout, beaucoup de coureurs y voient quelque chose de spirituel eux aussi !

« Duel au soleil… »

Alors qui gagne ? Aucune des deux bien entendu puisqu’elles sont toutes les deux finalement très différentes. Partant du principe qu’on peut offrir aux coureurs des expériences nouvelles en ville, elles ont choisi 2 créneaux bien différents. Alors, pas le choix, il vous faudra courir les deux pour comprendre et vous faire votre propre opinion. Entre la capitale de la France et la capitale de la Gaule, faites votre choix ou faites comme moi ne choisissez pas et offrez vous les deux.

Les sites des courses en question : Ecotrail et LUT

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