Run : L’alimentation du coureur*, les bases 🍽️👟

*Et de la coureuse off course !😉

Le corps, cette belle mĂ©canique qu’on oublie de nourrir 🚗

On y revient toujours : le corps, c’est un vĂ©hicule. Si on veut qu’il nous emmĂšne du point A au point B sans caler, il faut l’entretenir et surtout bien remplir le rĂ©servoir. Pas question de tomber dans les dictats qui pourrissent la vie sociale (le running, ça reste un plaisir !), mais quelques bases mĂ©ritent vraiment un petit rappel. C’est parti !

Sucres rapides, sucres lents
 et tout ce qu’on nous a mal racontĂ© 🍬

Les sucres rapides sont des sucres simples, assimilĂ©s vite par l’organisme. Il en existe trois :

  1. le glucose, le plus connu et le plus répandu, celui du sucre blanc,
  2. le fructose, naturellement présent (son nom ne ment pas) dans les fruits, le maïs et le sucre blanc,
  3. le galactose, le sucre du lait.

Ces sucres peuvent aussi s’associer pour former d’autres molĂ©cules sucrantes, comme le lactose (glucose + galactose). C’est lui qui donne son goĂ»t au lait maternel, et qui explique le lien parfois un peu addictif qu’on entretient avec le sucre depuis le berceau. Selon l’alimentation de la maman, il est d’ailleurs plus ou moins prononcĂ©. Fun fact Ă  ressortir en soirĂ©e ! đŸŒ

Les sucres lents (ou complexes) sont faits de milliers de molĂ©cules de glucose accrochĂ©es les unes aux autres. On les trouve dans les pommes de terre, le blĂ©, le maĂŻs, le riz, mais aussi dans toutes ces lĂ©gumineuses que l’alimentation moderne a un peu trop snobĂ©es (lentilles, fĂšves
). Comme leur digestion prend plus de temps, on en a longtemps conclu qu’ils libĂ©raient leur Ă©nergie plus lentement. Sauf que les Ă©tudes rĂ©centes ont montrĂ© que c’Ă©tait bien moins simpliste que ça.

D’abord, tous les sucres « rapides » ne sont pas si rapides : le glucose fait grimper la glycĂ©mie en flĂšche, mais le fructose a trĂšs peu d’effet et le sucre blanc, un effet mitigĂ©. Ensuite, cĂŽtĂ© sucres lents, ça se complique aussi. La transformation des aliments accĂ©lĂšre la digestion. L’exemple parlant, c’est la junk food : un dĂ©jeuner en fast-food et deux heures plus tard, la faim revient dĂ©jĂ . Les molĂ©cules de glucose passent alors dans l’organisme aussi vite que celles des sucres rapides !

Et c’est lĂ  qu’entre en scĂšne le fameux IG, l’indice glycĂ©mique, dont on parle beaucoup, et Ă  juste titre. InventĂ© en 1981 par l’Ă©quipe de David J. Jenkins Ă  l’UniversitĂ© de Toronto, il classe les aliments contenant des glucides selon leur effet sur la glycĂ©mie dans les deux heures qui suivent. Chaque aliment est mesurĂ© par rapport Ă  une rĂ©fĂ©rence Ă  laquelle on attribue l’indice 100, gĂ©nĂ©ralement le glucose pur. En prĂ©pa marathon, c’est cet indice, bien plus que la simple valeur calorique, qui doit servir de boussole pour construire son alimentation.

Les protĂ©ines, le kit de rĂ©paration du coureur 🔧

Animales ou vĂ©gĂ©tales, elles apportent les acides aminĂ©s indispensables Ă  la formation et au renouvellement des tissus : muscles, os, peau, cheveux. D’oĂč les fameux rĂ©gimes riches en protĂ©ines pour dĂ©velopper la masse musculaire. On les trouve avant tout dans la viande, le poisson, les Ɠufs et les produits laitiers. Ailleurs aussi, bien sĂ»r, mais attention : si vous remplacez la viande par des lĂ©gumineuses, pensez Ă  vĂ©rifier leur apport protĂ©inĂ© rĂ©el, souvent plus faible Ă  poids Ă©quivalent.

Le gras, ce faux mĂ©chant đŸ„‘

Longtemps traitĂ©es en ennemies absolues, les graisses vivent un vrai retour en grĂące, et c’est mĂ©ritĂ© : elles sont indispensables au bon fonctionnement de nos cellules, Ă  condition de varier leurs origines. Tout est une question d’Ă©quilibre entre bon et mauvais gras, qu’on pourrait rĂ©sumer ainsi : l’huile d’olive oui, la friture non ! Les noix de cajou oui, l’huile de palme non.

Quant au rĂ©gime « Low Carb », trĂšs Ă  la mode sur les rĂ©seaux depuis qu’il a fait maigrir quelques personnalitĂ©s connues, il fait encore figure d’ovni. Son idĂ©e surprenante : le corps peut s’adapter Ă  l’absence de sucres en puisant son Ă©nergie dans les graisses. Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir un athlĂšte le suivre pendant sa prĂ©pa et garder le sucre uniquement pour la fin de course, en super booster. Mais lĂ  encore, tout ça s’anticipe : on ne teste jamais le jour J pour voir si ça marche sur soi ! ⛔

Bon, concrĂštement, on mange quoi en prĂ©pa ? đŸœïž

La pyramide alimentaire version sportive, c’est dĂ©sormais celle-ci, de la base au sommet :

  1. Céréales complÚtes et oléagineux à presque tous les repas
  2. Fruits et légumes en abondance, bio de préférence et de saison bien sûr
  3. Noix et légumineuses, au moins une fois par jour
  4. Volaille, poisson, Ɠufs ou protĂ©ines vĂ©gĂ©tales, 1 Ă  2 fois par jour
  5. Laitages, 1 à 2 fois par jour maximum, en privilégiant les moins riches en lactose
  6. À rĂ©server aux occasions : riz et pain blanc, pomme de terre, pĂątes blanches, viande rouge et sucreries

On oublie donc les pĂątes et le riz classiques au profit de leurs versions « complĂštes » ou au minimum semi-complĂštes. Et attention, le temps de cuisson change tout ! On suit Ă  la lettre les indications du fabricant pour rester al dente, car plus on cuit les pĂątes, plus l’IG s’envole. Le riz complet n’est pas votre tasse de thĂ© ? Le basmati ou le riz sauvage font trĂšs bien l’affaire. On l’accompagne, comme les pĂątes d’ailleurs, d’une portion de lĂ©gumes pour faire baisser l’indice glycĂ©mique.

Au fond, le principe est tout simple, et c’est exactement celui que recommandent aujourd’hui tous les organismes de prĂ©vention : du simple, du non transformĂ©, du pas trop salĂ© et pas trop sucrĂ©. Fini le « je ne sais pas cuisiner » : faire chauffer de l’eau et y jeter une poignĂ©e de pĂątes, c’est Ă  la portĂ©e de tout le monde. Et avec l’offre de lĂ©gumes surgelĂ©s actuelle, plus aucune excuse pour ne pas se composer une assiette simple : un blanc de poulet grillĂ©, une portion de riz, une portion de ratatouille ou de haricots verts. Quelques herbes fraĂźches ciselĂ©es pour « pimper » le tout, et le dĂźner est prĂȘt ! 👌

Les vrais faux amis planquĂ©s dans vos placards đŸ•”ïž

En tĂȘte de liste, les fameuses cĂ©rĂ©ales du petit dĂ©jeuner. Que celles destinĂ©es aux enfants soient bourrĂ©es de sucre, on s’en doute. Mais on croit souvent le muesli bien plus sain. Grave erreur ! Hyper sucrĂ© et surtout hyper calorique, il faudrait se limiter Ă  une cuillĂšre Ă  soupe sur un fromage blanc 0 %, ce qui, avouons-le, n’arrive jamais. L’idĂ©al, c’est le faire maison pour maĂźtriser le sucre ajoutĂ©, et surveiller les quantitĂ©s.

MĂȘme combat pour les gĂąteaux « petit dĂ©jeuner » de l’agroalimentaire : beaucoup de sucre, mais aussi des acides gras saturĂ©s et des additifs. Leur taux de glucose trop Ă©levĂ© dĂ©clenche une sĂ©crĂ©tion massive d’insuline, une hormone hypoglycĂ©miante. Ce pic favorise le stockage du glucose sous forme de graisses et provoque une hypoglycĂ©mie rĂ©actionnelle, qui peut ĂȘtre fatale quand on court. RĂ©sultat : l’excĂšs de sucre n’est pas Ă©liminĂ©, il se transforme en graisse. Idem pour les barres de cĂ©rĂ©ales, pourtant si pratiques Ă  glisser dans le sac de sport.

Et la fameuse galette de riz ? Sa transformation fait exploser son IG jusqu’au chiffre affolant de 85 ! MĂȘme une bonne baguette blanche plafonne Ă  70, c’est dire. Cet encas doit disparaĂźtre des placards, et fissa ou alors ĂȘtre consommĂ© de façon exceptionnelle. đŸšȘ

Chasse aux carences đŸ©ž

Le point de dĂ©part idĂ©al : demander un bilan sanguin complet Ă  son mĂ©decin traitant. De toute façon, il vous faudra un certificat mĂ©dical de « non-contre-indication Ă  la pratique de la course Ă  pied en compĂ©tition » pour vous inscrire Ă  un marathon, alors autant en profiter pour faire le point. PrĂ©parer une telle distance bouleverse forcĂ©ment l’organisme, et la moindre petite faiblesse ne fera que s’accentuer. HypoglycĂ©mie, fatigue chronique, chute de tension
 Ce sont parfois les signes d’un surentraĂźnement, mais aussi d’une simple carence Ă  traiter au plus vite.

La carence en calcium est un peu moins connue, alors qu’il est essentiel pour le sportif. Il ne sert pas qu’aux os : il aide aussi les muscles Ă  fonctionner normalement et permet l’assimilation d’autres minĂ©raux comme le fer ou le magnĂ©sium. LĂ  encore, une fatigue excessive est souvent le signal d’alerte. Pas de panique pour les intolĂ©rants au lactose : on en trouve ailleurs, comme dans le persil ou la mĂąche (en quantitĂ© moindre), et on peut complĂ©ter avec une eau minĂ©rale riche en calcium.

Le fer, lui, est le grand absent chez les femmes, sportives ou non, souvent bien en dessous de la norme. Mais les hommes peuvent aussi en manquer, surtout Ă  l’entraĂźnement : transpiration, pertes digestives liĂ©es aux microtraumatismes
 les causes ne manquent pas. Le symptĂŽme, toujours le mĂȘme : grande fatigue et baisse des performances. Alimentation (non, pas besoin de deux steaks midi et soir !), supplĂ©mentation
 les solutions existent, Ă  envisager avec votre mĂ©decin traitant ou un nutritionniste du sport.