On est toutes et tous pareils : on investit une belle somme dans une paire de chaussures de randonnée, on les chérit le jour de l’achat, et trois sorties plus tard elles traînent dans le couloir, couvertes de boue séchée, attendant gentiment la prochaine aventure. Sauf que la boue, les débris et l’humidité ne font pas que salir : ils abîment les matières par abrasion, bouchent les micropores qui assurent la respirabilité et réduisent l’efficacité de l’imperméabilité. Bref, l’entretien régulier de vos chaussures, ce n’est pas une coquetterie, c’est un vrai investissement sur la durée !
Cet article complète celui-ci que j’ai consacré au choix de sa paire de chaussures de randonnée, ainsi que celui consacré à la tenue.
Le matériel de base : rien de compliqué
Pas besoin d’un arsenal digne d’un cordonnier professionnel. Une brosse souple, de l’eau tiède, un savon bio pour les passages les plus encrassés, du papier journal pour le séchage, une crème protectrice adaptée à la matière de vos chaussures et un spray réimperméabilisant. C’est à peu près tout. Simple, non ?
Le nettoyage extérieur : on frotte, on rince
Commencez par taper vos chaussures l’une contre l’autre (ou contre un mur) pour décoller la boue séchée. Ensuite, on sort la brosse souple et un peu d’eau tiède, en insistant bien sur les coutures et les crochets, là où la saleté adore se nicher. Un peu de savon bio si les zones sont très encrassées, et c’est reparti. Ce qu’on évite absolument : le passage en machine à laver. C’est tentant, mais c’est la garantie d’abîmer à la fois vos chaussures et votre machine surtout !
Le nettoyage intérieur : on n’oublie pas le dedans
On retire la semelle intérieure (celle-là je l’avoue elle passe parfois à la machine), on la brosse légèrement avec de l’eau, et on brosse l’intérieur de la chaussure dans la foulée. Cette opération est à réserver aux moments où vous savez ne pas avoir besoin de vos chaussures le lendemain, car le séchage intérieur prend du temps. Justement en parlant de séchage…
Le séchage : la patience est une vertu
Desserrez les lacets au maximum, retirez la semelle intérieure et glissez du papier journal à l’intérieur pour absorber l’humidité. Placez vos chaussures dans un endroit sec et aéré, loin de toute source de chaleur directe (radiateur, soleil intense). Le séchage naturel, c’est la seule bonne méthode. Pas de sèche-cheveu en mode turbo, pas de radiateur, pas de four (oui, ça existe !).
L’imperméabilité : à chaque matière son traitement
Une fois vos chaussures propres et sèches vient l’étape cruciale : l’entretien de l’imperméabilité. Pour le cuir pleine fleur, on applique une crème protectrice à l’aide d’un chiffon, uniformément sur toute la surface. Petite astuce : quelques secondes de sèche-cheveu à température modérée après application permettent une meilleure pénétration (oui là vous avez le droit !). Ensuite, un enduit déperlant une à deux fois par an pour maintenir l’imperméabilité et la respirabilité.
Pour le nubuck et le cuir suédé, on opte pour une cire liquide en spray sans gaz propulseur. On attend quelques minutes puis on retire le surplus au chiffon pour éviter les auréoles.
Pour les chaussures synthétiques, même logique : une crème d’entretien adaptée puis un produit réimperméabilisant spécifique aux matières synthétiques.
Le rangement : les petits détails qui font la différence
Vos chaussures sont propres, sèches et traitées ? Avant de les ranger, glissez du papier journal à l’intérieur pour qu’elles conservent leur forme. Quelques gouttes d’huiles essentielles sur le papier journal ou un peu de bicarbonate de soude saupoudré à l’intérieur régleront le problème des odeurs. Rangez-les dans un endroit frais et aéré, toujours semelle intérieure retirée si vous rentrez d’une sortie humide. Il existe des « formes » conçues pour les chaussures de randonnée avec du bois de cèdre à l’intérieur pour un séchage plus rapide et un stockage parfait, pensez-y !
Quand l’entretien ne suffit plus
L’entretien régulier a aussi un avantage souvent négligé : il vous permet d’inspecter vos chaussures de près et de repérer les signes d’usure avant qu’ils ne deviennent problématiques. Une semelle qui commence à se décoller, des coutures qui s’effilochent : autant de signaux à ne pas ignorer. Les petites réparations chez un cordonnier sont possibles, mais au-delà d’un certain stade d’usure, notamment sur la semelle, mieux vaut envisager une nouvelle paire. Une semelle abîmée sur un sentier technique, c’est une chute vite arrivée !
Bon à savoir : il existe des cordonniers qui sont équipés pour changer les semelles des chaussures de trail et/ou de randonnée. N’hésitez pas à demander au votre s’il peut sauver
Le bonus eco-responsable
Tout ce que vous appliquez sur vos chaussures finit inévitablement sur les sentiers que vous arpentez. Alors autant choisir des produits respectueux de l’environnement : sans silicone, sans PFC, et idéalement biodégradables comme le kit de nettoyage adidas qui fait aussi des miracles sur les chaussures de running ou les semelles blanches de nos Gazelles préférées.

