Run : « De 5km à 42km, il n’y a qu’une foulée » de Dorian Louvet – Editions First

Marathonien connu pour avoir bouclé les sept World Marathon Majors en une seule année avec de très jolis chronos à la clé, défi documenté dans un film que j’ai vraiment apprécié, à ma grande surprise j’avoue (n’hésitez pas si vous ne l’avez pas encore vu, c’est ici que ça se passe) Dorian Louvet sort son deuxième livre et annonce un virage vers le trail. Rencontre avec un sportif qui sait, projet après projet, se réinventer.

Couverture d'un livre intitulé "De 5km à 42km, il n'y a qu'une foulée" de Dorian Louvet, montrant une chaussure de course et des éléments graphiques en bleu et jaune.

Pourquoi un deuxième livre ? (le premier est à retrouver ici d’ailleurs)

Parce que mon actualité, en tant que sportif et en tant que coach, avait besoin d’être mise à jour. Il s’est passé pas mal de choses en quatre ou cinq ans ! J’avais encore plus envie de pousser les gens à se mettre à la course à pied, de les accompagner, mais en racontant ça un peu différemment. Le livre est clairement destiné aux débutants et débutants +++. Si tu es un coureur chevronné qui vise le 2h30 au marathon, tu n’en as pas forcément besoin — parce que généralement tu es déjà bien entouré — même si je suis convaincu que même les plus aguerris pourront tout de même y trouver des choses intéressantes sur l’entraînement, le vocabulaire, la posture…

On a toutes les deux couru les World Marathon Majors. Si tu avais un dossard pour en refaire un, lequel ce serait ?

Chicago, sans hésitation ! Et ce serait pour aller chercher un chrono. Ça élimine New York, Tokyo, Sydney — pas les plus rapides. Chicago, c’est pour moi le parcours le plus favorable à la performance, et en plus, l’ambiance américaine, c’est vraiment à part. La ville elle-même est incroyable — une sorte de New York plus humain, plus facile à vivre. Les sensations que j’ai eues là-bas, je les ai vraiment adorées.

Fun fact : c’est le même pour moi ! Comme quoi… performance ou pas, on a tous les deux ressenti un truc là-bas qu’on ne ressent nulle part ailleurs. D’ailleurs j’ai un podcast debrief dédié à écouter ici.

Et la grande question du tourisme, avant ou après le marathon ?

Après, toujours après ! C’est le premier conseil que je donne. Surtout sur des villes comme New York ou Chicago : si tu arrives trois jours avant et que tu te balades partout — et tu ne vas pas rester dans ta chambre, c’est New York ou Chicago quand même — tu attaques ta course avec déjà 15 km dans les jambes par jour. La recette idéale, c’est d’arriver le plus tard possible, de courir, et de faire le touriste après. Tu profites bien mieux de la ville quand tu n’as plus rien à préserver !

Et dans le même esprit : choisir son marathon en fonction de ce qu’on veut vivre réellement. Tu veux du simple, sans stress ? Choisis une course locale,pas loin de chez toi. Tu veux du dépaysement ? Choisis une ville qui te fait rêver et transforme le déplacement en vraies vacances avec ton marathon au début. C’est tellement mieux vécu et ce sera tellement plus simple pour claquer ton RP.

Après les sept Majors bouclés en un an et le film : tu as vécu la fameuse dépression post-projet ?

Je savais que ça allait arriver, tout le monde me l’avait dit. Mais finalement, c’est moins le post-marathons que le post-documentaire qui m’a touché. Après les avant-premières, quand tout s’est officiellement terminé, j’ai eu besoin de couper. De lâcher les réseaux, de ne plus me prendre la tête avec les contenus, les réels, l’algorithmie… Les gens sous-estiment souvent la charge mentale que ça représente de devoir produire du contenu en permanence en plus de l’entraînement. Donc oui, couper m’a fait vraiment du bien. Donc pas de vraie déprime mais juste le besoin de me poser un peu.

Et maintenant, la suite, c’est le trail ?

Oui, clairement. J’ai eu un pépin de santé qui m’a éloigné du sport quelques semaines, donc je suis en mode reprise. J’aurais adoré faire le Trail Alsace by UTMB, mais là, je suis honnête avec toi et avec moi-même surtout : je suis incapable de boucler un trail de 20 km dans l’état actuel. Je viens d’enclencher une vraie course contre la montre pour revenir à temps pour mes prochains objectifs mais j’ai du renoncer au premier. En tout cas, l’envie est là : j’ai le sentiment d’avoir fait le tour de la route, et j’ai vraiment envie de découvrir les sentiers, de vivre de nouvelles aventures. La Diagonale sur laquelle je me suis lancé sans être préparé spécifiquement (à ne pas reproduire, cascade excécutée par un professionnel !) m’a clairement donné des envies d’aller sur les 100 miles.

Tu aborderas le trail avec quelles ambitions ?

Avec une humilité folle, vraiment. J’arrive sur la pointe des pieds. Le trail, c’est une discipline différente du marathon, qui nécessite des qualités spécifiques que je dois encore développer. Maintenant, j’ai la chance ou la malchance d’avoir une certaine visibilité, et du coup on me cite, on m’attend, alors que des fois, je n’ai rien demandé. Il y a du bon et du moins bon dans tout ça. Mais c’est aussi pour ça que j’ai envie de m’investir vraiment : pour montrer qu’il y a de l’entraînement concret derrière, pas juste un mec qui vient là pour faire le beau sur les réseaux.

Tu as des courses qui te font rêver dans le monde du trail ?

La Western States, clairement. C’est une course un peu roulante, l’esprit américain que j’adore… J’en parlais encore il y a quelques jours. Le problème, c’est que c’est compliqué d’avoir un dossard : il y a la loterie, qui peut prendre des années, ou le Golden Ticket, qui implique de gagner une course qualificative. Donc je me dis qu’il faut que je m’y mette maintenant si je veux y être dans les prochaines années !

Mon avis sur le livre
Encore un livre de coaching, me direz-vous… Et vous n’auriez pas tort : c’est le troisième ou quatrième que je reçois cette année. Mais si j’ai choisi de vous présenter celui-là plus longuement, c’est qu’il y a une raison. Je le trouve vraiment réussi, aussi bien pour le contenu que pour la maquette, que je trouve claire et bien faite. Dorian s’est entouré de plusieurs professionnels pour leur déléguer les sujets nécessitant des compétences spécifiques — comme Cécile L’Hommelet, coach mentale, pour ne citer qu’elle. Sincèrement, tout comme son film, belle surprise que cet ouvrage !

De 5 km à 42 km, il n’y a qu’une foulée, Dorian Louvet – Éditions First – 20,95 € dans toutes les bonnes librairies mais aussi à la FNAC ici ou sur Amazon là.

À propos de Dorian Louvet, l’auteur

Originaire de Caen, Dorian Louvet, 36 ans, est marathonien, coach et figure incontournable du running en France. Révélé au grand public en 2020 grâce à sa participation à l’émission Koh-Lanta, il a, depuis, su fédérer une large communauté autour de ses défis sportifs et de ses contenus inspirants, encourageant chacun à se dépasser et à intégrer le sport dans son quotidien. En 2025, il entre dans l’histoire en devenant recordman du monde des 7 marathons majeurs courus en une seule année, avec un temps moyen impressionnant de 2 h 27 min 53 s, confirmant son statut d’athlète d’exception et de référence dans l’univers du running. Il est aussi l’auteur de Mon coach running (First, 2022).

Un coureur souriant tenant une médaille avec fierté, dans un environnement extérieur ensoleillé.