Run : Marathon de Berlin 2024, le débrief

Berlin, mon 5ème major, bientôt la quille, la retraite, mon abécédaire en point de croix et mes aiguilles… à tricoter !!! Comme toujours je vous fais un petit débrief, organisation, marathon… et tutti quanti 😉

La prépa

Oui je sais… Lire le mot préparation dans ce cas précis c’est franchement l’hôpital qui se fout de la charité ! Quand je me suis lancée dans le projet de boucler les majors cette année, ce qui impliquait d’en courir 3, j’avoue que j’appréhendais beaucoup Londres parce que ça faisait des années que je n’avais plus couru un « vrai » marathon (les virtuels ça ne compte pas pareil pour moi) mais j’avais un peu zappé le reste de l’année. Je ne parle même pas de l’enchaînement en 15 jours de Berlin et Chicago… Je parle surtout de l’été qui comme tous les ans peut se révéler un peu chargé.

Entre le moment où je me suis décidée et le moment où j’ai téléchargé ma prépa sur Run Motion, s’est incrusté l’accréditation pour la Hardrock 100 et le voyage au Colorado qui va bien, et l’assistance de Seb sur la Swiss Peaks 660. Autant dire deux périodes de coupures pile poil au moment où il ne fallait pas… j’appréhendais sérieusement mon retour sur la distance reine de l’athlé. J’ai tenté de faire ce que je pouvais les 3 dernières semaines de septembre, réussissant ma dernière grosse séance (3h quand même… sur tapis qui plus est ! Merci Emily !) sans trop de difficulté mais bien consciente qu’il allait me manquer du foncier.

L’organisation

Comme pour Londres, je repars avec Sports Tour International avec qui je pars d’ailleurs aussi à Chicago. A la base l’idée était de venir à Berlin en train. Je ne vais pas vous sortir l’argument « emprunte carbone », vous savez que cela ne fait pas sens en ce qui me concerne, tant que je suis journaliste, je ne peux pas me passer de l’avion. Mais il n’empêche, si je peux m’en passer et si je peux tester d’autres options ça me va bien. L’idée à la base était de profiter du train de nuit qui a été remis sur les rails il y a une année déjà. Bon les retours ne sont pas ouf, beaucoup de retard, des annulations… Et la version jour directe ne commence que dans quelques semaines mais je voulais vraiment tenter l’expérience. C’était sans compter sur ma fille qui m’annonce en juin que son mariage civil sera le vendredi 27 septembre… Le train de nuit ne fonctionne que la nuit du jeudi au vendredi… Bref tout ça pour dire que je me rabats sur l’avion, pas le choix. Vous vous doutez bien que je ne vais pas rater cet événement pour un marathon. Elle me reproche encore d’avoir raté son gala de danse pour celui du Mont Blanc ! (alors que j’avais vu le filage exprès pour la voir danser quand même 😁).

Bref tout ça pour dire que j’arrive le vendredi soir, plus tard que prévu puisqu’évidemment mon vol a du retard et là aussi pas comme prévu parce qu’il y a des soucis de métro et je dois me rabattre sur un taxi. Le seul truc sous contrôle ce soir là c’est le check in à l’hôtel de l’agence, superbe hôtel totalement tourné vers l’accueil des marathoniens ce week-end là. Personnel adorable, petit déjeuner top et dès 6h30, quartier parfait à quelques centaines de mètres du métro pour le retrait du dossard, du métro pour retourner à l’aéroport le lundi et surtout du Mc Do post course. Si c’est pas le bonheur ça y ressemble fortement ! Petit regret j’ai totalement zappé qu’il y avait une piscine et j’avais oublié mon maillot… Pour l’après marathon un petit plongeon aurait été top sans parler du sauna.

L’avant marathon

Le retrait des dossards se fait au sein de l’ancien aéroport de Berlin, le légendaire, celui où les avions pendant des années ont alimenté cette enclave pendant le fameux blocus (petite vidéo à regarder ici si ça vous intéresse), bref un lieu super atypique qui a gardé ses tapis pour les bagages et les panneaux des dernières compagnies aériennes. Quand je vois les images et les photos du vendredi que certains d’entre vous m’ont partagé je ne regrette pas d’y être allée samedi matin finalement. Pas mal de zig zag mais on contrôle ton identité et ton QR code, on te met un bracelet et paf tu as ton précieux ! J’avoue que sur le principe en découvrant la foule dans l’expo commerciale qui suivait, j’ai failli sortir tout de suite mais voilà, j’avais oublié mon porte dossard et j’avais besoin de faire mon stock de gels GU.

Je suis toujours aussi surprise qu’on vende les t-shirts finisher avant même l’arrivée de la course… Les vestes à 120€ se vendent comme des petits pains… la queue pour le merchandising est dingue ! Bref tout va bien pour l’économie de la course à pied. Je profite de mon passage devant le bus adidas runners pour récupérer la paire qui va m’accompagner le lendemain parce que oui je suis joueuse… La marque qui m’accompagne depuis mes débuts sur marathon m’offre l’opportunité de tester les toutes dernières Adios pro 4 et je ne vais pas bouder mon plaisir. Est-ce que c’est donné du lard à du cochon ? Mais tout à fait ! Est-ce que ces chaussures, véritables Formule 1 de l’alsphate devraient être aux pieds de coureurs nettement plus performants que moi ? Mais tout à fait ! Seulement voilà, si demain on me proposait d’aller conduire une Ferrari à Magny Cours à côté de chez moi alors que tous les jours je conduis une Golf qui a plus de 20 ans je dirais oui dans la seconde.

Je rentre à l’hôtel pour déposer tout mon petit barda et je file au parc à côté pour ma dernière séance de mon plan pour quand même les tester un peu, déjeuner rapide et je passe le reste de l’après midi au calme dans ma chambre. Je préfère pour une fois la jouer prudente et éviter d’arriver épuisée le matin de la course parce que la veille j’ai crapahuté comme une folle dans toute la ville. Je ne ressors que pour diner mais évidemment mon envie de pizza va vite déchantée. Dormir dans un quartier où tous les hôtels sont remplis de marathoniens n’est pas franchement une bonne idée… Il y a la queue à la pizzeria, la queue au resto chinois où tous les dépités de la pasta se sont dits comme moi qu’un riz sauté ferait l’affaire. Je n’ai pas envie de faire la queue, je trouve une table dans une pataterie made in Germanie et pour le coup, super bon choix, le poulet est délicieux et la patate au four qui l’accompagne tout autant.

Couchée à une heure raisonnable, comme toujours je dors moyennement mais je dors. J’ai prévu de me lever à 6h pour le petit déj à 6h30. Le départ du groupe est prévu à 7h30, j’aurais même le temps de me laver les dents !

Le marathon

J’avoue que même si je n’étais pas très travel agency ça a un côté ultra confortable. A 7h30, le groupe est dans le hall de l’hôtel, direction la ligne de départ, je n’ai pas à réfléchir, juste à suivre. Ils organisaient d’ailleurs deux départs, l’autre à 8h15 aurait à mon avis été plus malin et m’aurait évité l’attente dans le froid mais bon, je pense que je ne suis pas la seule, quitte à être réveillée autant être sur place !

Je ne suis pas dans le bon sas. Comme je l’ai expliqué sur Insta, lors de l’inscription que j’ai fait à l’arrache, on me demandait mon meilleur temps. J’avoue que je n’avais pas trop compris le truc mais j’ai complété sans trop me poser de question et même si j’ai trouvé bizarre qu’on ne me demande pas tout de suite mon temps espéré, j’ai pensé qu’on me demanderait ça plus tard. Apparemment on a bien reçu un mail nous demandant de confirmer si le sas attribué était le bon mais je n’ai pas fait attention et voilà comment je suis retrouvé dans le sas des 3h30 – 3h45. Je me suis posée la question d’y rester ou pas, et puis oui j’avoue, je partais déjà à 9h45, j’ai fait le calcul, je suis partie du principe (qui sera confirmé) que je tourne toujours les 10 premiers km à l’allure du dit sas et qu’au bout d’une heure, ce sera plus fluide. Je me suis aussi mise sur le côté évidemment pour ne pas déranger.

D’ailleurs le départ dans mon sas est super fluide, très convivial je trouve, les gens sont super festifs, profitent de l’ambiance. C’est super agréable à vivre ! Le décompte est lancé et c’est parti ! Je ne vais pas vous faire le décompte km par km parce que déjà ça n’est pas très intéressant et surtout parce que oui j’assume, je le dis et je l’écris, Berlin… Ben c’est pas Paris… Evidemment c’est du à l’histoire de cette ville qui fut quasiment entièrement détruite pendant la seconde guerre mais ce côté post moderniste années 50, ça n’est pas trop ma came. Les berlinois sont par contre bien présents et ça fait plaisir. Sans oublier les spectateurs qui viennent littéralement du monde entier ! J’ai eu le sentiment que la moitié du Mexique était là ! Il faut dire aussi que la météo était absolument parfaite, limite un peu chaude pour le premier semi.

A la question : est-ce que le parcours est aussi roulant qu’on le dit ? Ah ben c’est sur qu’après le marathon pour Tous, tout parait plat tu me diras ! Mais oui, le profil, la largeur des routes, tout est vraiment fait pour une performance, ce qui rend ma propre prestation d’autant plus frustante mais c’est ainsi, on ne va pas refaire l’histoire. J’aurais du venir à Berlin l’année où j’avais battu mon RP, je ne l’ai pas fait, c’était mon choix, je l’assume. Enormément de ravitos, tous les 2km500 environ, avec tous les 5, un ravito plus complet avec eau évidemment, boisson énergétique, bananes, pommes et ce qui m’a littéralement sauvé du thé au citron chimique, vous savez le super sucré qu’on trouvait dans les distributeurs de station service ? Maurten qui est le partenaire de la course distribuait aussi des gels au 30ème ou un truc dans ce goût là et j’avoue, même si j’avais mes GU j’en ai pris en passant, juste au cas où.

Clairement pour les spectateurs, le parcours semble conçu pour pouvoir se déplacer facilement d’un point à un autre, j’ai vu certains groupes au moins 4 fois ! J’espérais ne jamais marcher comme pour Londres mais j’avoue, vers la fin je prenais le prétexte de bien bien boire mon gobelet avant de redémarrer. Bref vous l’aurez compris j’en ai bavé, mais mon objectif étant de finir en moins de 5h30 pour assurer ma 5ème étoile était le seul truc qui me tenait. J’avoue avoir craqué en apercevant la fameuse porte de Brandebourg. Si le parcours est je trouve très ennuyeux, cette fin est vraiment superbe ! Tout comme le départ d’ailleurs 😉. Tapis bleu, speaker qui egrenne les prénoms, une densité assez dingue de coureurs autour de moi, voilà j’ai ma 5ème médaille autour du cou et elle aussi je la trouve superbe.

La suite est comme souvent sur ces grands marathons toujours trop longue pour moi… Il faut sortir après avoir récupéré son petit sac plutôt bien garni en mode pique nique du marathonien affamé qui ne sait pas exactement de quoi il a vraiment envie. Logiquement j’avais le droit à un poncho mais la queue était telle que je zappe. Il fait super beau, j’ai de toute façon ma veste dans mon sac à dos et j’ai juste envie de rentrer pour prendre une douche. Contrairement à Londres je tombe assez vite sur une station de métro et comme en plus les lignes ne sont pas aussi chargées que ça, je vais même réussir à m’assoir. Une heure après avoir passé l’arrivée je suis dans ma chambre en train de me faire couler un bain… Si c’est pas le bonheur ça y ressemble fortement quand même.

Conclusion

On ne va pas se mentir, touristiquement parlant Berlin ne restera pas dans mes meilleurs souvenirs mais la réputation de marathon roulant n’est pas du tout usurpé. J’ai finalement eu pas mal de chance puisque j’ai pu retiré mon dossard plutôt rapidement, je n’ai en réalité jamais attendu, juste marché en mode Disney mais rien de grave. Les ravitaillements me suffisaient mais c’est vrai qu’un peu de fruits secs auraient été les bienvenus je pense. Même si je n’ai pas eu besoin d’eux les médecins en vélo qui circulent parmi les coureurs sont une bonne idée qui est de plus en plus mise en place sur les marathons (à Paris ce sont des secouristes mais ça revient au même). Comme j’avais une flasque j’ai trouvé très pratique les bénévoles chargés du « refuel » pour éviter d’avoir à prendre des gobelets que tu vides ensuite, gachant un truc en plastique pour rien, alors que justement tu as fait le choix d’éviter ça. Mais surtout le vrai plus de ce marathon c’est le ticket que tu reçois quelques jours avant par mail et qui te permet pendant 4 jours de pouvoir prendre tous les transports en commun de la ville, train pour l’aéroport compris !!! Si seulement Paris pouvait s’en inspirer. Et cherry on the cake la médaille est très belle, mettant réellement en avant les monuments de la ville (sut l’autre face), si là aussi Paris pouvait s’en inspirer… Mais ça, c’est une autre histoire 😂 !

PS : je vous fais un petit débrief matos très vite comme d’habitude