Run : Débrief du matériel pour le Marathon des Sables

Je commence à recevoir de nombreuses demandes de conseils pour l’équipement en vue du prochain Marathon des Sables qui va se dérouler du 25 mars au 4 avril. Il est encore temps pour vous inscrire mais ne traînez pas, il ne reste presque plus de places ! En attendant je partage avec vous un article pour vous aider dans le choix de votre équipement. Il s’agit uniquement de mon retour d’expérience après 2 MDS bouclés et de nombreuses courses de ce type. A vous de vous en inspirer, le copié collé n’est jamais bon pour ces courses si particulières 😉.

Le couchage

Je dis souvent : « le secret c’est 40% d’entraînement et 60% pour le sac parfaitement rempli avec tout ce qu’il vous faut, ni trop peu, ni pas assez ». Commençons par le couchage. Le secret repose dans le choix du duvet le plus léger possible, le plus compressible possible et le plus chaud possible. Oui ça existe mais soyons clairs, ça coûte un rein ! J’ai de mon côté fait le choix de m’équiper sérieusement de ce côté-là mais je suis multirécidiviste, j’ai donc largement amorti mon investissement. Reste que tout le monde ne fait pas comme moi… et surtout tout le monde n’a pas forcément les moyens, l’inscription représentant un vrai bon montant. N’hésitez pas donc à utiliser les réseaux sociaux pour vous faire prêter un duvet le temps de la course. Le mien a fait plusieurs courses sur le dos d’autres coureurs et nous sommes nombreux à nous prêter du matériel. La solidarité n’est pas un vain mot dans ce milieu, utilisez-là ! Pour le choix du modèle, les plus légers sont souvent dépourvus de fermeture éclair. Certes on gagne quelques grammes mais s’il fait chaud la nuit, ce qui arrive aussi, il devient impossible de « sortir une jambe » … Il faut donc bien y penser avant de choisir son modèle. Un conseil vraiment important à suivre : lorsqu’on rentre chez soi, on le lave, on le sèche avec une balle de tennis dans le séchoir pour que les plumes soient bien aérées et on le stocke bien dans son sac filet généralement fourni à l’achat. C’est vraiment très très important pour la durabilité du duvet.


Pour le tapis, là c’est une question de goût… On a les intégristes dont j’ai tendance à faire partie, à savoir à la dure sans rien, quitte à mal dormir autant savoir pourquoi… La version intermédiaire avec un tapis de sol premier prix coupé en deux pour avoir juste le dos isolé du sol, qui sera mon choix pour ma prochaine course de ce type, je vieillis moi-aussi… La version grand luxe avec un tapis gonflable qui, comme le duvet coûte lui aussi un rein (du coup, il ne vous en reste plus… ce qui est problématique !). J’ai testé le gonflable petit format, avec des grands trous pour avoir quelque chose d’ultra léger et compact. Pour faire court, ça ne sert à rien et ça finit par crever un jour ou l’autre. Evitez-vous cet achat, bien inutile à mon avis.

Le matériel obligatoire

Pour le matériel obligatoire, j’ai pour ma part un vrai couteau qui est du coup vraiment efficace et utile. C’est bien gentil, les petits couteaux minuscules mais le mien servait à tout le monde sous la tente, trimballer un truc léger certes mais totalement inutilisable n’est pas intéressant au bout du compte et est du coup toujours trop lourd. Après pourquoi ne pas faire jouer la solidarité si vous êtes en équipe, un vrai couteau pour toute l’équipe et chacun le porte à tour de rôle, pendant la journée un petit suffit largement. J’ai une frontale de qualité pour l’étape longue mais j’ai aussi une petite lampe d’appoint facilement accessible qui me permet de circuler sur le camp la nuit sans réveiller tout le monde avec mon phare mais aussi de pouvoir par exemple changer les piles pendant la longue en toute sécurité.

Le kit de santé, c’est là que je la joue le plus léger possible puisque dans ce cas précis, la présence d’un staff à la hauteur (ce qui n’est pas toujours le cas !) sur tout le parcours (des docs remontent en 4X4 le long du parcours) permet de partir avec le strict minimum. Je suis fille de médecin mais ce n’est pas pour ça que je prône l’automédication à tout va… Surtout dans des conditions telles que pour cette course. J’ai donc un kit pour soigner mes ampoules qui se résume à des dosettes de bétadine, des dosettes d’éosine, des compresses, une seringue et du strap fin pour protéger. Je ne prends pas de pansements spécial ampoules, j’ai constaté qu’ils ne supportaient pas du tout les hautes chaleurs et le sable. Etant une fille avec des problèmes de filles j’ai quelques spasfon et deux antidouleurs de base au cas où. Je ne prends rien d’autre sans avis médical et je laisse aux professionnels le soin de me fournir le traitement dont j’ai besoin, si j’en ai besoin. Je ne prends jamais aucun anti-inflammatoires, ceux-ci ayant des conséquences graves sur les reins déjà sans qu’il y ait besoin qu’il fasse chaud… Alors avec une déshydratation résiduelle propre à ce type de course, c’est juste dangereux. Une migraine est aussi un signe avant-coureur de déshydratation, la camoufler avec un anti-douleur ne règle en aucun cas le problème. L’automédication ne doit être l’apanage que des courses où le staff médical est inexistant. Pour les ampoules, là je vous conseille vivement d’apprendre à les prendre en charge vous-même, la queue étant souvent longue pour les soins… Déjà la première chose à retenir est de les soigner sans attendre. Dès qu’une zone devient douloureuse, on prend deux secondes pour s’arrêter, regarder de quoi il en retourne et traiter si nécessaire. Une ampoule vidée et séchée dès son apparition n’est pas un problème, une ampoule qui grossit et dont la peau s’arrache en devient un… Surtout avec le sable qui s’infiltre en mode papier de verre… Je sais de quoi je parle, j’ai suffisamment fait la bêtise comme ça ! Il n’y a rien de plus injuste que les ampoules d’ailleurs… Certains traversent ce type de course sans la moindre cloque, d’autres pourraient éclairer le désert alors qu’ils ont pourtant préparé leurs pieds pendant deux mois avec application. Il existe de nombreux protocoles de préparation des pieds justement que l’on trouve facilement en pharmacie ou à base de produits naturels, il suffit alors d’appliquer tous les jours en frottant ses pieds avec un demi-citron. C’est un peu contraignant à faire mais ça en vaut vraiment la peine. Un vrai conseil : une paire de tongs, une vraie en plastique, même premier prix vous permettra d’aérer vos pieds dès que vous arrivez au camp et de circuler sans avoir à remettre vos chaussures. Si vous avez des ampoules vous me bénirez de vous avoir donné ce conseil ! Je vais prochainement vous proposer une trousse médicale idéale conseillée par une pro, ce sera plus simple et plus sûre surtout 😉.

La lessive berbère… Et comme vous pouvez le constater sur cette photo, j’ai d’abord tenté les chaussons d’hôtel… D’où le conseil pour les vraies tongs en plastique… Plus jamais !

Pour l’hygiène, oui on peut couper sa brosse à dent mais bon aujourd’hui celles en bambou sont aussi super légères. A voir si les pastilles de dentifrice ne sont pas plus légères également… Je vais surement tester ça la prochaine fois. Je suis accro aux lingettes compressées que j’achète en vrac. Une goutte d’eau et j’ai un truc frais super agréable après la course ! J’ai aussi un petit savon d’hôtel qui me sert pour me laver, laver ma gamelle, vaguement laver mes racines de cheveux le jour off… un truc qui fera bondir tous les coiffeurs qui passeront par là. J’ai forcément une crème solaire qui résiste à la transpiration et j’avoue que je fais un petit stock d’échantillons de crème hydratante pour me donner le sentiment que je suis toujours un être humain 😁.

Le sac

Pour le sac, évidemment la course propose aujourd’hui le sien qui est plutôt bien conçu. Vous en trouverez d’autres sur le marché et pour vous rassurer sachez que j’ai un jour fait une course du type MDS avec un sac grand public acheté moins de 40€ dans une célèbre enseigne de matériel de sport sans aucun souci à déclarer. N’hésitez pas à l’essayer comme vous essayez une paire de chaussures parce que vraiment d’une morphologie à une autre, il ne tombera pas de la même façon et des zones de frottement apparaitront chez vous alors qu’elles n’existaient pas chez votre petit camarade de jeu. Question litrage, puisque c’est comme ça que l’on détermine la taille, sachez qu’un « 25 litres » peut, et même, doit être suffisant. Le meilleur conseil que j’ai pu recevoir dans ma courte carrière vient de Benoit Laval, créateur de la marque Raidlight, spécialiste de ce type d’équipement : « plus tu prendras grand, plus tu emmèneras des trucs dont tu n’as pas besoin ». Et il avait raison ! Cela m’a obligé à faire des choix et sans sacrifier au confort minimum, j’arrive à pourtant partir plus léger. J’arrive aussi à me passer de ventral qui me gênait beaucoup trop mais c’est à vous de voir en fonction des réglages.

Si vous êtes gentil je vous apprendrai à soigner vos ampoules tout seul comme un grand
pour ne pas avoir à faire la queue chez les docs !

Du côté du repas

La particularité de cette course repose sur le fait que vous allez aussi devoir faire votre propre feu. Et qui dit feu dit branchages… Et croyez-moi sur parole, ce n’est pas dans le désert que l’on trouve le plus de bois de chauffage ! Le principe est simple : premier arrivé, premier servi… Et plus vous arriverez tard, plus il faudra aller loin chercher du petit bois pour votre diner. Alors évidemment ce n’est pas toujours le cas dieu merci ! La solidarité bat son plein sous les tentes et il est généralement de tradition que le premier ou la première au camp se charge de faire une petite réserve qui servira aux derniers qui arriveront. Je ne vais pas vous mentir, je n’ai jamais fait un feu en deux participations 😁. Mais il faut quand même prévoir le pire… J’ai mis plusieurs courses à enfin tester les petites pastilles blanches du doux nom de « esbit » avec le petit réchaud assorti. Vraiment, c’est d’une facilité déconcertante et ça permet une autonomie totale, surtout le matin où, parfois, il ne reste plus de bois et que le courage vient aussi à manquer… Pour vous donner une idée, deux pastilles suffisent pour un plat et une pour le thé ou le café du matin. Pour la gamelle, j’ai la chance d’en avoir une en titane, ultra légère et ultra résistante mais c’est un vrai investissement. La gamelle de base suffit largement. Il faut absolument penser à un sachet dans laquelle vous pourrez la ranger chaque jour, le bois noircit énormément. Autre petit truc : une éponge coupée en 2, voir en 4 permet de nettoyer votre gamelle tous les jours correctement (même si un rinçage au sable est toujours envisageable). Bien entendu la gamelle sert de rangement dans votre sac.

PS : le papier toilette n’est pas fourni !!! Ne rigolez pas, tous les ans il y a des coureurs qui n’ont jamais osé poser la question et qui découvrent dépités que le papier n’est pas prévu…

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