Fun : Transgrancanaria, 5 fois valent mieux qu’une !

Pendant que Claire Bannwarth caracole en tête de l’Echappée Belle au moment où je mets en ligne ce texte, je vous partage sa dernière petite folie… 5 Transgrancanaria 360 d’affilée… Je vous rassure, moi aussi je ne visualise pas le concept !

Comment résumer ce défi ? Honnêtement c’est très difficile. Impossible de rendre compte de tout ce qu’il s’est passé ces 15 derniers jours. On va donc se la jouer un peu comptable et le résumer en 10 chiffres, et balancer quelques stats :

Attention, belle aventure à l’horizon !

Une belle aventure, made in Luca Papi (qu’on ne présente plus mais pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas le personnage haut en couleurs et long en cheveux, une petite présentation ici) : se faire les 5 transgrancanaria 360 d’affilée (en adaptant un peu/beaucoup les parcours selon nos envies et pour éviter les parties trop dégueulasses) en non-stop, juste pour le fun. 15 jours de belle balade en perspective sur les sentiers de Gran Canaria au mois d’août. On commencerait par la boucle 2021, puis ajusterait en fonction de notre heure d’arrivée à l’hôtel et de la période de la journée. Il était par exemple idéal de partir sur une boucle où tout le début est très chaud et sans commerces au milieu de la nuit, et au contraire sur une boucle avec plein de commerce d’ouverts au petit matin par exemple.

Le duo de choc en action

Un défi à surmonter à deux ! J’avoue que lorsque Luca m’a contactée en mars juste après la 360 pour me proposer ce défi, j’ai failli tomber de mon tapis roulant de surprise. J’ai dit oui sans hésiter, non sans me demander si j’allais pouvoir être à la hauteur et dans quoi je m’embarquais 😉. Au final je pense qu’on aurait difficilement pu être plus synchrone. Que ce soit en descente ou en montée on avait le même rythme de croisière, et dès que l’un avait un coup de mou le deuxième prenait le relais pour continuer à avancer d’un bon rythme. Au niveau sommeil pareil, les coups de barre arrivaient souvent en même temps, et comme Luca a la faculté de s’endormir en 30 secondes (souvent j’avais à peine eu le temps de poser mon sac et d’enfiler ma veste que je l’entendais déjà ronfler !) et de faire des micro siestes à peu près n’importe où, en 15 minutes c’était reparti ! Pourvu qu’une épreuve de 1000km à faire en duo voit le jour dans le futur (appel à un organisateur fou 😂), je pense qu’on finirait premier au scratch de très loin !

3 jours entre deux passages à l’hôtel pour se reposer (et dévorer le buffet)

Trois jours par boucles, soit plus ou moins 72h, voilà plus ou moins le temps que l’on s’était accordé par boucle. Cela correspondait à l’écart entre les nuits d’hôtel réservées pour nous à l’Hôtel Seaside de Maspalomas, notre base de vie principale. On commencerait donc le défi le 31 juillet à 18h par une course, un très beau 33km à Teror pour remplacer la partie à Tenerife de l’édition 2021 et devrait finir le dimanche 15 aout dans la soirée. Initialement nous avions prévu 20 jours pour faire les 5 transgrancanaria complètes, donc autant dire que si on avait gardé les parcours tels quels, c’était juste infaisable. On a donc ajusté chaque parcours selon notre avancement, nos envies et pour éviter les passages dangereux afin de maintenir ce tempo.

Rien de tel qu’un p’tit sandwich au réveil pour bien commencer la journée !

Quatre, le nombre d’heure par nuit que nous avons dormi en moyenne. Un peu moins sur la première boucle où on a tourné aux micro siestes, mais on s’est vite rendu compte qu’il fallait dormir plus pour durer sur le long terme et ne pas se transformer toutes les nuits en zombies ! Niveau confort, en gros souvent la première nuit se faisait un peu où on pouvait, c’est-à-dire n’importe où avec un minimum de confort et de chaleur ! Un beau top 5 de nos coins siestes : l’abri bus de la Cullata (double banc et abrité du vent, quel luxe !), l’aire de jeu du Carrizal (très bien au départ, et finalement humide au petit matin, 🥶), 2 cailloux bien plats prés de Soria, un lit d’épine de pin près du roque Nublo… Et les suivantes, soit à la maison au Saucillo que l’on avait loué et où quasiment toutes les éditions passaient, deux fois chez Felix à Santa Lucia (merci encore pour ton aide incroyable !), deux fois dans la voiture de Giancarlo, et bien sûr à l’hôtel entre deux boucles ! Environ 4h par nuit pendant 9 jours, puis une nuit blanche à l’avant dernier jour pour profiter de la fraicheur pour bien avancer, 7h la nuit d’après pour récupérer de notre journée de folie (près de 120km fait sans dormir)

Un p’tit massage, ça fait mal mais ça fait du bien !

Cinq, le nombre de massages ! Initialement toutes les boucles ne passaient pas par Agaete, mais on en a vite fait un point de passage obligé pour aller voir l’ami Anyelo. Merci encore pour ton accueil, ton soutien, et bien sûr tes massages (qui faisaient bizarrement de plus en plus mal 😁) ! Bravo également à toi pour le succès de ton exposition magnifique, on ne pouvait rêver meilleur point de départ pour notre défi ! Merci également à @fisonfit.es pur ce superbe massage à 23h50 sur la place de Santa Lucia et l’accompagnement sur les quelques kilomètres suivants, on en avait vraiment besoin après les 3h de descente interminable depuis la caldera en pleine nuit…

Faut jamais se laisser abattre !

Six, le nombre de restos ! Deux fois à Teror (merci pour l’accueil), une fois à Arucas (miam les bocadillos), dans un bar près de Fataga pour prendre des forces avant de monter à Garanon, un autre au Carrizal où on avait cravaché pour arriver avant la fermeture, une autre fois à Artenara pour récupérer d’une montée de la mort faite sous le cagnard et une fois dans une pizzéria à Maspalomas, au lieu du buffet de l’hôtel afin de repartir immédiatement. Et je ne compte pas les repas chez Felix dans le lot…Sinon, c’était dévalisage de supérette : sandwichs, chips, chocolat, fruits secs, bonbons à la menthe… Bref tout un tas de produit au pouvoir calorifique aussi élevé que leur nutriscore et qui ferait mettre en PLS tout bon nutritionniste du sport !

Opération chirurgicale réussie sur ce cactus : extraction millimétrée de la figue de barbarie, miam !

Sept, le nombre moyen de mûres englouti à chaque fois que l’on croisait un buisson, c’est-à-dire très souvent. Cela vaut également pour tout autre arbre fruitier et autant dire que l’on s’est régalé de figues, prunes, mangues, amandes, raisins… Il y en a masse le long des sentiers et on a toujours réussi à en trouver des mûres et bien juteux, et pour ça, être avec Luca est un gros avantage, c’est un vrai radar à fruit ! On s’est même empiffré de figues de barbarie. Luca avait spécialement apporté un couteau et une paire de gant mappa pour les déguster, au final, la technique la moins « risquée », c’est que c’est dangereux ces épines, surtout lorsqu’on est un peu trop gourmand et qu’elles se plantent dans les lèvres. Reste encore de les découper directement sur le cactus !

Vends chaussures, très peu servies juste une utilisation, odeur offerte, faire offre !

Huit, le nombre de paires de chaussettes que j’ai utilisées. Et c’était nécessaire puisqu’au final, aussi bien Luca que moi, nous repartions musculairement très très bien après chaque tour, mais néanmoins avec des pieds de plus en plus défoncés… D’où vers la fin un nombre de pause « aération » de plus en plus important. Luca a même retravaillé le mesh de ses ultraventures pour qu’il soit plus respirant, il faut qu’on envoie le prototype à Topo ! A vrai dire les seuls « soucis » que l’on a eu étaient dus à des irritations causées par la transpiration, et ces fameuses douleurs de plus en plus fortes à la plante des pieds (normal, 15 jours non stop à crapahuter sur les sentiers est une rude épreuve pour eux !). A part ça, aucun problème, on a pu courir à un bon rythme jusqu’au bout. Et au final, juste une ampoule pour moi après ces 1146km, merci Topo (hop, cité le sponsor, c’est fait !)

La pastèque aussi c’est super pour s’hydrater !

Neuf, le nombre moyen de bouteilles d’eau d’1,5 litres bues par jour (environ). Même si niveau météo, on a vraiment eu de la chance avec 11 jours plutôt frais (moins de 40 degrés quoi 😁), et seulement trois de vrai canicule. Il a quand même fait très très chaud, notamment dès que l’on était dans le sud et l’est de l’île. Rien à voir certes avec les 42 degrés qu’avait eu Luca sur son défi de l’année dernière mais suffisamment pour nécessiter une hydratation soutenue. Globalement on a bien géré avec les diverses supérettes et ravitaillement, sauf une fois où l’on s’est retrouvé complètement à sec dans une montée de 24km sans aucun point d’eau sous 35 degrés. Heureusement que Janira (à qui l’on doit toutes les superbes photos de ce défi) est venu secourir les deux momies !

La glace est bien là, les tirma aussi !

Dix, le nombre moyen de glaces englouties par jour. Et c’est bien parce que les commerces sont fermés durant la nuit ou parce qu’il y avait des portions sans commerces, car sinon ça aurait été le double. Ne cherchez plus le secret pour réussir un tel défi, il est là ! Je peux rajouter pour moi les barres Tirma (gaufrettes au chocolat). Pareil, environ 10 par jour. Non, je ne suis pas addict, fallait ce qu’il fallait pour avancer.

Nombre indéfinissable…

– Le nombre de belles rencontres avec de belles personnes, que ce soit les amis qui nous ont aidés, et sans qui ce défi n’aurait pas été possible, les inconnus croisés le long des sentiers qui nous ont encouragé, demandé une photo, discuté 5 minutes avec nous ou qui nous ont klaxonné de leur voiture. Les habitants de Gran Canaria sont vraiment incroyables d’hospitalité ! Un vieil homme qui nous a donné des mangues qu’il venait juste de cueillir ou un employé de la Dulceria Nublo qui a offert deux bouteilles d’eau à deux zombies puants à 5h du mat’ sont deux exemples parmi tant d’autres de la générosité des canariens (couin couin).
– Le nombre de grenouilles des montagnes qui grouillent sur l’île. Il va falloir que les chasseurs fassent quelque chose car on les entend à tout heure du jour et de la nuit. On dirait presque qu’elles font des concours de croassements, et à ce petit jeu j’ai l’impression que les grenouilles mâles sont un poil plus fortes que les femelles, même s’il y a match !

Une deux, une deux, 1146km à pied, ça use, ça use…

Et pour finir quelques chiffres :
– 1146km 43000d+ : distance dénivelé
– 15 jours et 10 minutes : la durée totale
– 105000 kcal : le nombre de calories brûlées, déjà bien rattrapées en 2 jours en pension complète à l’hôtel.
– 90 secondes : le temps qui nous a séparé de notre premier DNF sur un trail XS…5h50 max pour boucler un 33km 1900d+, ils ne rigolaient pas sur le desafio de los Picos à Teror. On s’est certes arrêté pas mal pour prendre quelques photos et manger quelques mûres, mais globalement, on n’a pas eu l’impression de trop chômer 😀
– 150 : Le nombre de glaces
– 160 : Le nombres de barres tirma
– 90m3 : la quantité de méthane relâché dans l’air – désolée pour la couche d’ozone !
– 3 Topo ultraventures, 2 shorts Brubeck, 1 sac Raidlight… complètement flingués

Vivement le prochain défi… Euh non, je crois pas en fait !

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