Fun : Toutes à Poil(s) !

Après des années où la dictature anti-poil nous a fait ressembler à des fillettes de 8 ans, un mouvement « naturaliste » reprend le dessus avec une égérie hollywoodienne à souhait : Julia Roberts, qui assume à fond son sourire XL et ses aisselles velues. 2019 n’est pas en reste avec #januhairy qui nous autorise à jeter nos rasoirs en janvier (perso j’attends la même chose en août, parce que de toute façon en plein hiver, les poils on les garde, ils tiennent chaud !). Mais nos ancêtres les Gaulois, ils s’épilaient ou pas ?


Le poil, c’est sale…

Tel M. Peabody, le chien poilu du dessin animé (4 enfants… je suis une vidéothèque sur pattes !), utilisons une machine à remonter le temps pour tenter de découvrir la vérité sur notre pilosité et ainsi mieux comprendre nos us et coutumes actuels. Vous risquez d’être surprise, croyez-moi ! Imaginez un peu, la première pince à épiler date de la Préhistoire, puisqu’on en retrouve des exemplaires dans des sépultures. Quoiqu’on se demande à quoi pouvait bien servir ce type d’accessoire dans un tel endroit mais cela nous permet d’apprendre que le poil n’était pas l’ami de notre chère Lucy. Plus on avance sur la frise historique, plus le poil devient l’ennemi juré de l’homme, surtout s’il est cultivé. De façon assez peu originale, on associe le poil à l’animal et donc à l’impureté, il faut donc le domestiquer lui aussi. Et le religieux, comme souvent, s’empare du sujet qui va d’abord concerner les castes élevées de la société. En Mésopotamie ou en Phénicie, les rois et les reines s’épilent. De façon assez amusante, la noblesse mâle prend l’habitude de s’épiler le menton pour mieux porter un postiche de barbe, excroissance pileuse associée aux dieux. On utilise pour cela une traditionnelle pince à épiler ou un mélange composé de cire, d’eau, de sucre et de citron, méthode qui s’apparente à notre épilation dite « à l’orientale ». Nos amis les pharaons ne sont pas en reste et c’est toute l’aristocratie d’état rejointe par les élites religieuses qui s’épilent intégralement le corps. Les momies sont formelles : on allait au tombeau sans ses organes et sans ses poils !

Va te faire épiler chez les grecs !

Les Grecs, comme toujours, sont pour la démocratie, et qui dit démocratie dit « l’esclave n’aura pas de poils non plus » ! Les barbiers de l’époque sont légion, ils forment même une vraie corporation. On épile partout, chez soi, aux bains et même chez les Romains qui ne font rien qu’à copier leurs voisins. La pratique du sport, des bains communs et surtout le port de la tunique courte chez l’homme font de l’épilation des jambes un must dans les rues de Rome. Et quitte à s’épiler les jambes, on va un peu plus loin : l’épilation intégrale des pharaons commence à faire des émules, même chez les empereurs. Les femmes ne sont pas en reste et des écrits découverts dans les ruines de Pompéi parlent même du goût de l’épouse de l’empereur Néron, Popée, pour l’épilation intégrale. Bon sans vouloir jouer les enchaînements hasardeux, sachez qu’à l’époque, on utilise une nouvelle façon d’épiler appelée technique du « brûlage ». Juste après une allusion à Pompéi et à ce charmant Néron, forcément c’est d’un goût limite… Mais quand vous saurez qu’il s’agit tout simplement de brûler le poil avec des coquilles de noix incandescentes, vous vous direz qu’ils l’ont bien cherché aussi… On continue quand même l’épilation avec ce qui s’apparente à de la cire mais qui est en réalité de la résine de pin. Et là vous vous dites : mais nos ancêtres les Gaulois ? Avec leurs moustaches à la Astérix, forcément ils ne suivent pas la mode venue d’Italie… Que nenni ! Dans la plupart des sépultures féminines de l’époque on trouve des pinces à épiler. C’est marrant quand on y pense cette manie de se faire enterrer avec son vanity. Mais la chute de Rome entraîne dans son sillage la chute du poil épilé. Le Moyen Age sera poilu ou ne sera pas !

A la Renaissance, on ratisse large !

Les croisades vont permettre à la noblesse de l’époque de partir à la découverte d’une culture orientale qui a gardé ses traditions et qui dit tradition dit aussi épilation. Les chevaliers croisés rapportent donc dans leurs bagages cire, hammam et bains sans parler d’un nouveau goût pour la femme épilée. Croyez-le ou pas, les femmes de l’époque dans les cours royales n’avaient pas de culotte et portaient fièrement le ticket de métro… Avouez que c’est plutôt rigolo ! La Renaissance confirme cette nouvelle mode et va même plus loin. Les femmes s’épilent le visage pour dégager un front immense comme vous pouvez le voir sur les portraits de l’époque. Et l’on continue allègrement à épiler le pubis avec des méthodes tout droites sorties de l’imaginaire d’une sorcière de Poudlard : sang de grenouille, cendres mélangées à du vinaigre, arsenic jaune… tout y passe. Mais il faut attendre les bains de mer au début du 20ème siècle pour que l’on commence à penser à épiler les jambes ! Maillot de bain couvrant certes mais pas au niveau du mollet, bras dénudés quand ce ne sont pas les épaules, on épile alors les aisselles.

Sea, sex and cire…

Les années 60 révolutionnent les salons des esthéticiennes. On raccourcit les jupes et les poils disparaissent. Ce qui était l’apanage d’une certaine catégorie sociale touche une jeunesse qui veut se libérer. Sous les pavés, il faut aussi s’épiler ! Petit à petit une certaine dictature du corps qui vise avant tout les femmes rend ce soin incontournable. On se rase, on s’épile, le corps doit être lisse comme celui d’une enfant. Les canons de beauté évoluent en bien ou en mal d’ailleurs, c’est à voir… Le port du string remet à la mode l’épilation intégrale et l’on découvre dans les cabinets gynécologiques que si le bon Dieu nous a mis des poils à cet endroit, c’est peut-être pour une bonne raison. Ce qui était dans les années 80 le signe de reconnaissance des actrices porno arrive dans la salle de bains de Madame Tout-le-monde. Les femmes s’épilent mais les hommes ne sont pas en reste. Si tu veux avoir une chance d’emballer, mieux vaut la cire savoir manier ! Assez étonnamment, alors qu’un mouvement luttant contre la dictature du corps parfait tente de percer, c’est par le biais des « pro-poils » qu’il essaie de se faire entendre. Pas sûr qu’il remporte tous les suffrages sur ce sujet ô combien poilant. Alors rendez-vous l’été prochain sur la plage pour voir si le # de janvier est toujours autant d’actualité !

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