Fun : L’Everest façon Kilian

J’ai mis un peu de temps à me décider à le visionner parce que moi et la haute montagne… Le fait d’être montée en haut du Mont Blanc ne fait pas de moi une alpiniste et encore moins une passionnée des hauts sommets. J’ai grandi très loin d’eux et plus en admiration devant Tabarly que Messner dont je n’ai découvert l’existence qu’il y a très peu de temps. Mais voilà, j’étais malade, en coupure de sport, fallait bien trouver de quoi s’occuper au chaud sous le plaid avec un thé vert à la main, la boite de chocolats jamais trop loin !

De l’Everest, je connais le livre de Nathalie Lamoureux (que j’ai lu parce que c’est une copine) et le film du même nom qui revient sur le drame de 1996 où 8 alpinistes trouvèrent la mort. Avec ça…

Mais si justement vous vous attendez à une version de ce film avec Kiki comme super héros vous allez être sacrément déçu puisqu’il ne s’agit finalement pas de ça, comme il ne s’agit pas d’un film technique sur le thème « tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour réussir votre Everest ». Ce documentaire est avant tout axé sur la personnalité même de Kilian, sur sa construction pas si solide qu’on pourrait le penser. C’est avant tout la naissance d’un homme avec en apothéose ces deux fameuses grimpettes en 6 jours.

J’ai retenu plusieurs choses de ce visionnage :

  • On dit toujours que derrière un grand homme il y a une grande femme, dans son cas on peut vraiment dire qu’il y en a eu deux… Sa mère qui sera finalement la principale initiatrice de ses débuts sportifs en l’orientant dans le bon sens et aujourd’hui Emelie qui le sauva de la dépression. Sincèrement à la vue des images, des témoignages, on comprend que sans elle, il n’y aurait surement pas eu d’Everest parce qu’il n’y aurait peut-être même plus de Kilian…
  • Les alpinistes le détestent et franchement j’en viens à penser que c’est vraiment par jalousie pure et simple. Le côté argument « l’alpinisme n’est pas compatible avec le chrono » est quand même bien un vrai foutage de gueule parce que si justement tu regardes « Everest », tu comprends quand même très vite que si tu n’es pas arrivé avant une certaine heure au sommet, ta descente va être sacrément plus compliquée, surtout dans le cadre d’une expé commerciale. Donc dire que le chrono ne compte pas… mouais… Et après tout, ne font-ils pas un peu la même chose avec leur « le premier sans oxygène » … « le premier à avoir fait tous les 8000 » et j’en passe. L’esprit de compétition ne me semble pas très loin quand même non ? Reprocher à Kilian de faire ça en mode « light » est là aussi un peu exagéré… Ok, il s’est foutu à poil une seconde pour faire une photo rigolote en haut du Mont Blanc mais quand on voit son équipement et sa tenue là-bas, on voit bien qu’il est équipé de façon tout à fait normale pour ce type d’expédition. Un truc ressort quand même très vite, c’est clairement sa facilité dans les ascensions vis-à-vis de ces petits camarades de jeu. S’il a obtenu très vite le respect des sherpas, ce n’est pas non plus par le miracle du St Esprit. J’ai l’impression de revivre la même chose lorsqu’il est arrivé dans le monde de l’Ultra Trail où l’on répétait à longueur de journée que seuls les vieux briscards, les expérimentés, ceux qui avaient pris un peu de bouteille pouvaient performer dans cette discipline. Son arrivée, suivi de Xavier Thévenard et de pleins d’autres nous ont prouvé que le talent n’attend pas le nombre des années.
  • L’Everest pour Kilian n’est pas le rêve d’un sportif de haut niveau, c’est juste le rêve d’un enfant qu’il réalise enfin. Il voulait y aller, bien avant de savoir qu’il allait devenir un champion de trail ou même de ski alpi et je crois que c’est surement ça d’ailleurs qui explique ses deux montées successives… La première fois n’était pas comme il l’avait rêvée, imaginée tout petit et comme un sale gamin qui fait un caprice parce qu’il n’a pas eu le jouet espéré au pied du sapin, il est retourné là-haut, comme un enfant pourrait retourner le 26 au matin, le 27 au matin dans le salon en espérant secrètement qu’enfin le cadeau attendu serait là. (Oui je sais je lis trop Psycho magazine…)

Ce n’est pas Volvic qu’il devait choisir comme sponsor… Mais Michelin 😁

Alors est-ce que cela vaut le coup de payer comme moi (je le précise quand même, reçu de CB à l’appui si vous le voulez) un peu moins de 10€ pour le voir (9€99… En fait c’est Kalenji son sponsor😂) . Eh bien oui je pense que ça en vaut la peine parce qu’il donne une vision totalement différente de cet homme qu’on s’entête à appeler « extra-terrestre ». Non seulement ce film le rend humain mais il le montre fragile, torturé… Ce qui fait la différence avec moi, avec vous, ce sont ses capacités physiques hors normes avec lesquelles il est né. Certes il les a forcément développées avec le temps mais comme le dit si bien sa mère, il est vraiment né comme ça, comme certains naissent avec une oreille absolue. Ce film n’est pas finalement pas une ascension sur les plus hauts sommets mais plutôt une plongée dans les abysses de cet homme alors forcément pour la bretonne que je suis, je ne pouvais qu’apprécier !

Tout ça pour ça… La vue au Puy Dôme est quand même vachement plus sympa,
moi je dis ça 😂

Pour le télécharger c’est ici que ça se passe. Il y a aussi une projection en salle prévue le 25 janvier à Paris, les billets sont en vente ici.

ps : si vous n’avez pas le cœur qui se serre ou même la larme à l’œil en voyant les images de Stéphane et Emelie qui parle de son attente lors de la première expé, c’est que vous êtes vous aussi un extra-terrestre !

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