Run : Odyssea, nos seins, nos précieux…

Alors qu’il est toujours temps de vous inscrire à Odyssea Paris (et toutes les autres courses du circuit en France évidemment), je voulais revenir sur un sujet qui m’est très cher : la prévention et plus particulièrement celle du cancer du sein.

 

J’ai, certains le savent peut-être, passé plusieurs années de ma vie professionnelle au sein de la Ligue Contre le Cancer. C’est dans ce cadre que j’ai vu naître le projet de la Carte d’Identité des Tumeurs qui porte aujourd’hui ses premiers fruits et permet d’offrir aux malades des traitements quasiment sur mesure pour limiter au maximum les effets secondaires ou les traitements inutiles. J’ai eu la chance de fréquenter les plus grands chercheurs mondiaux dans ce domaine médical et à l’unanimité leur message était toujours le même : prévention, prévention et prévention… Le cancer du sein n’y échappe pas évidemment et l’Hôpital Américain a réalisé en collaboration avec l’Institut Harris une étude auprès d’un panel de femmes qui laisse à entendre qu’il y a encore un gros travail de communication à faire.

 

Commençons par le positif : 75% des femmes se sentent concernées et informées, quel que soit leur âge mais là où cela commence à poser un problème, c’est lorsqu’on se penche sur les classes d’âge. Les moins de 40 ans par exemple s’estiment souvent trop mal informées. Autre problème, les facteurs de risque… Si les facteurs génétiques et le tabac semblent acquis, les autres sont trop souvent sous-évalués par les personnes concernées. Pourtant l’INCA (Institut National Contre le Cancer) est très clair sur le sujet en énonçant les facteurs de risques :
– L’âge (contre lequel on ne peut pas grand-chose…)
– Les antécédents personnels de maladie (par exemple cancer du sein, de l’ovaire et/ou de l’endomètre) et les antécédents familiaux de cancers (sein, ovaire, …) d’où l’importance dans le suivi médical d’être très précise sur son arbre généalogique médical
– Les prédispositions génétiques au cancer du sein que l’on ne peut connaître que si justement l’arbre généalogique a été réalisé et si l’analyse demandée par un généticien.
– Mais on ne doit pas oublier pour autant que certains traitements hormonaux de la ménopause sont mis en cause pour l’augmentation des facteurs de risques, le tabac, l’alcool, le surpoids et peu ou pas d’activité physique.

collectif-denonce-information-deficiente-depistage-cancer-sein

Puisqu’on parle de prévention il est important de rappeler la base :
On consulte son gynécologue régulièrement pour le frottis de contrôle mais aussi la palpation des seins. On fonce chez lui dès qu’on constate des changements au niveau des seins comme l’apparition d’une boule, d’une grosseur dans le sein ou sous un bras (aisselle), que la peau se modifie (rétraction, rougeur, œdème ou aspect de peau d’orange), que le mamelon ou l’aréole se modifie, suintement, écoulements, changement de coloration par exemple. Cela ne signifie pas forcément cancer, pas la peine de paniquer mais cela nécessite impérativement une consultation quand même et ce quelque soit son âge. Si on n’a pas de place chez le gynécologue, le médecin généraliste ou la sage-femme peuvent très bien répondre à vos interrogations.
On apprend l’autopalpation avec un ou une professionnelle et une fois par mois on y pense, quitte à mettre un rappel sur son smartphone 😊. Ça prend quelques instants, c’est simple et ça permet un dépistage encore plus précoce. C’est quand même un des très rares cancers qui peut se sentir avec les doigts saperlipopette… Et on ne panique pas si on sent quelque chose ! Il y a pleins d’autres diagnostics comme un simple kyste.
La mammographie de dépistage est gratuite à partir de 50 ans dans le cadre du programme de dépistage organisé (et remboursée avant si votre médecin la prescrit évidemment). Si, comme c’est mon cas d’ailleurs, votre patrimoine génétique ne plaide pas en votre faveur, vous rentrerez dans le système plus tôt, souvent après votre première grossesse, ce qui fait que dans mon cas, ça a commencé super tôt😊. L’idéal est de trouver Son radiologue qui sera, comme votre médecin de famille, votre référent. Le nomadisme médical est rarement une bonne idée… Et puis j’ai l’habitude de dire que cet examen n’étant pas des plus agréables, si on peut le faire dans des conditions rassurantes avec un visage connu, c’est toujours mieux. Le mien me fait sa blague à deux balles depuis presque 20 ans pour l’échographie et ça me fait toujours sourire, sans parler de la manipulatrice qui réussit à faire oublier le caractère inconfortable et quand même douloureux de la blague. Ah quelques petits trucs et astuces, on oublie la robe sinon on se retrouve quasi à poil dans la salle d’examen… On pense que les bijoux métalliques n’aiment pas la radiologie, autant les enlever tranquillement avant.

 

Dans les cas dont je fais partie, difficile de ne pas penser à ce qui se passe aux USA où Angelina Jolie a énormément communiqué sur la mastectomie préventive. Il est bon de rappeler quelques faits importants : ce pays a le système de santé que l’on connait… c’est-à-dire plutôt catastrophique. De plus les études scientifiques datent un peu aujourd’hui et la programme de Carte d’Identité des tumeurs fait réellement avancer les choses. Elle était à son balbutiement lorsque je travaillais pour la Ligue Contre le Cancer mais tellement prometteuse que je ne suis pas surprise qu’aujourd’hui les premiers résultats soient réellement encourageants. En France, nous avons la chance d’avoir accès de façon gratuite aux mammographies et autres IRM. Autre point important qu’il ne faut surtout pas oublier : qui dit reconstruction dit prothèse, qui dit prothèse dit surveillance de la prothèse. On estime les risques de rupture ou autres fuites de 30% après 10 ans, entraînant bien entendu le changement. Pour être tranquille, il faut donc subir une mammographie tous les ans. L’argument que l’on est sereine après ce type d’intervention n’est donc pas une réalité puisque la surveillance est la même. Et comme Angelina, pour être vraiment tranquille, on faut aussi accepter une ménopause précoce puisqu’il faut enlever « tous » les facteurs de risques, ce qui sous-entend l’ablation des ovaires. J’ai donc décidé après de nombreux échanges avec des chercheurs et des cancérologues de privilégier la prévention et la surveillance. Si cela devait arriver, je serais forcément prise en charge de façon précoce, entre l’autopalpation et les mammo, je suis sereine. Nous avons la chance d’avoir une des meilleures médecines préventives du monde, alors n’hésitons pas à nous en servir ! Et pour être encore plus sûre, je bois des litres de thé vert et je cours 😊 Enfin comme me le disait mon radiologue préféré il y a peu, « enfin Madame Bertin, quand je vous ai dit de courir, je ne pensais pas à vos conneries de désert hein ? » … Jamais content lui !

 

PS : vous ne pouvez pas participer à Odyssea ? Je vous donne un autre truc… Vous pouvez tout à fait aller courir dimanche sans dossard et faire directement un don à la Ligue contre le Cancer qui en fera bon usage. Moi je dis ça, je ne dis rien 😊

Running - Montres Connectées