Trail de Fiz : et pas un Gin Fiz au ravito…

Oui je sais mon titre est nul mais ça fait des années que je voulais le faire ! Depuis 2011 très exactement, la première fois que je suis allée courir là-bas et que j’ai passé une journée à faire « wouah » …

 

Je cherchais donc depuis un certain temps à retourner en prendre plein les yeux du côté  de Passy, sur les hauteurs de Sallanches et cette année, tout collait enfin : mes vacances en tête à tête avec mon plus jeune fils (les grands bossent cette été) en mode super rando, VTT & co à Chamonix, puis aux Portes du Soleil me permettaient de trouver une excuse pour rester un peu. J’avoue quand même que j’ai un peu paniqué parce que je ne m’attendais pas à marcher autant (Paul Aimé était en mode déchaîné !) et à pédaler autant… J’ai même fini par demander grâce, mon dos ne tenant plus la distance. Le VTT en descente en équilibre sur les pédales engendre une position moyennement sympathique pour mes lombaires toutes pourries et j’ai béni la météo maussade du samedi pour rester tranquille à glandouiller au lit devant « les rois de la réno ».
Enfin on a dû bouger un peu quand même pour aller chercher le dossard au Moutain Store à Passy où nous avons déjeuné rapidement d’une box de pâtes pleines de gluten et de sel. Hors de question de me faire encore avoir comme à Verbier, j’ai joué de la salière les jours qui précédaient ma course pour éviter de me retrouver une fois de plus déshydratée. Comme toujours quand je rentre dans un magasin D4 (enfin Quechua dans le cas présent) je ressors avec des trucs dont je n’avais pas forcément besoin mais c’est trop tentant ! On a passé aussi une bonne demi-heure à tenter de tenir sur la slackline en démonstration au fond du magasin et à choisir une toile de tente géante pour nous deux, des fois qu’un jour on se mettrait au camping 😊

« Maman t’as le bac »… Blague à deux balles de l’ado insolent…

Dîner au Fontenay, notre hôtel qui est partenaire de la course et qui a surtout l’énorme avantage de se situer à 3km à peine de la ligne de départ. J’ai choisi volontairement le 30 parce que non seulement mon fils va m’attendre et rester seul à l’hôtel mais surtout parce que je suis en mode vacances et que je n’ai pas le courage de me lever en pleine nuit pour aller courir. Là pas de frontale, que du bonheur ! Lever pas trop matinal et je suis même la dernière à prendre mon petit déjeuner, tellement mes collègues du jour semblent presser d’y aller. Je me gare sur le parking encore presque vide, je file me chercher un dernier thé (bio comme beaucoup de produits que l’on trouvera aux ravitos !) et je finis de me préparer. Il va faire chaud, il fait déjà chaud d’ailleurs et j’ai adapté ma tenue en conséquence en rajoutant des manchons aux bras blancs et très fins qui seront parfait pour tenir l’humidité lorsque je les plongerai dans une cascade glacée. Pour le reste de la tenue, quasi du 100% Kalenji avec un vieux t-shirt nike super doudou que j’adore et ma paire d’altra aux pieds que je suis en train d’achever. Inutile de préciser que j’ai évidemment pris un coup de soleil sur la bande de 2cm de peau qui est restée au soleil entre mon t-shirt et mes manchons… quand si j’avais besoin de ça question marques de bronzage totalement ridicules !

Départ avec vue… 

Un dernier pipi de la peur et zou direction la ligne de départ ! Je me souviens que le début du parcours est relativement roulant, presque trop, parce que tout le monde part comme des fusées et moi je me retrouve en mode escargot ayant le sentiment que je fais du surplace, ce qui est légèrement vexant. Bon tu me diras je n’ai qu’à m’entrainer aussi, au lieu de me plaindre de lambiner 😊 Alors pour faire simple, le trail des Fiz version 30km s’appelle aussi le trail des 5 refuges parce qu’il passe, je vous le donne en mille… par 5 refuges ! 2300m de D+, deux grimpettes casse-pattes au possible avec la première qui arrive beaucoup trop vite à mon goût. En fait ça tient un peu du km vertical de Chamonix cette histoire et question explosion du cardio, c’est pas mal du tout. Bon j’avoue, point positif à noter, on ne bouchonne presque pas, les premiers km ont étiré suffisamment le peloton et ce sont plus des petits ralentissements que de vrais bouchons qui permettent de toute façon de souffler un peu.

Une première montée… la vue… une deuxième montée ! 

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Youpi on est enfin arrivé ! 

Je sais que le refuge de Platé sera le début d’une des plus belles parties de la course, le Mont Blanc est en majesté en fond d’écran, franchement je ne suis pas à plaindre non plus ! Je fais attention à bien boire régulièrement, à manger aussi, histoire de ne pas revivre une édition « bis » du Verbier et je serre les dents. Mes jambes sont lourdes, je paye clairement mes petits excès des jours précédents mais je m’accroche en tentant de garder un rythme le plus régulier possible. Je viens d’apprendre qu’il y a une barrière horaire, à 11h30 à mi-parcours à la cascade de la Sauffaz, aucune raison qu’elle ne passe pas, mais ce n’est pas une raison pour traîner. Bon je prends quand même des photos hein ? Parce que ce serait criminel de pas garder un souvenir de cette beauté ! Le refuge est là, petit ravito rapide parce que la grimpette est loin d’être finie. Ici on est très en mode « y en a un peu plus, je vous le mets quand même ? », question dénivelé positif.

Et c’est parti mon kiki pour le désert de Platé !

Enfin je suis en haut, je vais donc pouvoir attaquer la descente. Sachant que je suis une piètre descendeuse, pour ne pas dire pitoyable, c’est loin d’être un soulagement pour moi. Il va vraiment falloir que je fasse quelque chose d’ailleurs pour travailler sur mon appréhension de la descente qui me fait non seulement perdre un temps précieux mais surtout énormément d’énergie. Pas le temps de trop réfléchir, je dois avancer pour passer tranquillement la seule barrière horaire de la course.

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Tu crois que c’est la fameuse cascade ? Perdu ! Rejoue encore une fois… 

Alors que nous sommes sur du plat, en mode « je déroule » sans me poser de question j’entends des cris. J’arrive sur un petit attroupement, une jeune femme est au sol, qui hurle, son conjoint à côté d’elle et une coureuse déjà arrêtée. Il me faut une fraction de seconde pour comprendre le problème : elle a chuté et s’est explosé le genou. Mais quand je dis explosé, c’est que les points de suture s’imposent et un certain nombre qui plus est. A la façon de parler de la jeune femme arrêtée, je comprends très vite qu’elle doit exercer une profession médicale mais cela ne change rien au problème que comme beaucoup de coureurs qui s’arrêtent, elle n’a rien sur elle pour tenter de soulager la victime. Aucun réseau à l’horizon, des coureurs filent prévenir les secours directement au point suivant. En attendant, il faut trouver une solution pour tenter de calmer le sang qui coule et pour calmer aussi la victime qui est en mode panique. J’ai comme toujours une trousse médicale dans mon sac avec des trucs de base mais moi aussi j’ai fait la bêtise de la prendre sans contrôler ce que j’ai toujours dedans et je n’ai plus de compresse. Ce que je pensais en être sont en réalité des lingettes désinfectantes. Il faudra donc faire uniquement avec la bande que j’ai pour tenir la peau à l’abri le temps de rejoindre un hôpital.

Tous les coureurs qui s’arrêtent pour proposer leur aide n’ont eux aussi rien du tout sur eux et là franchement les enfants je voulais quand même rappeler qu’un minimum syndical est de rigueur en trail pour faire face à ce genre d’imprévus. Le genou est emballé, je repars puisqu’elle n’est pas seule mais au bout de 200m, je réalise que je ne lui ai rien proposé pour la douleur. Je fais demi-tour et je lui propose ma dose de doliprane que je trimballe dans ma trousse de secours. Ce n’est pas top mais ça l’aidera peut-être un peu en attendant les secours. Je repars enfin, sans avoir aucune idée du temps que j’ai passé et si cela aura un impact sur le passage de la BH. De toute façon si on devait m’arrêter là, aucun regret, j’ai fait la seule chose qu’il y avait à faire. Cet accident me fait prendre conscience surtout à quel point ils arrivent souvent là où on les attend le moins. On relâche l’attention quand on revient sur le plat et paf le chien… enfin paf la racine ou le gros caillou et c’est vol plané assuré. Je le sais, la dernière fois que je suis tombée sur le trail à Volvic j’étais sur du plat de chez plat…

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Les raquettes… le barbecue ??? T’es sérieux là ??? 

Enfin le contrôleur est là, qui est en train d’appeler les secours d’ailleurs. Je l’informe qu’elle ne peut vraiment pas bouger et je repars pour la montée au refuge Alfred Wills qui ne sera que le hors d’œuvre de la montée au refuge d’Anterne. J’en profite pour faire un rapide calcul et je réalise que nous n’allons pas déjeuner au mc do de Sallanches comme promis mais plutôt y goûter… J’envoie un message à mon fils en espérant qu’à un moment je capte un peu pour le rassurer que tout va bien et qu’il peut se venger au bar avec la carte de crédit de sa maman et j’avance. Ah cool j’entends l’hélicoptère et je l’aperçois au loin qui se pose, elle n’aura pas attendu trop longtemps les secours finalement malgré la complexité de l’accès.

Sinon je vous ai dit que c’est super beau ? Je ne sais plus ! 

Sincèrement je voudrais bien vous dire que j’en ai bavé dans cette deuxième moitié mais même pas… C’est tellement beau que j’en profite à chaque instant, qu’ado impatient ou pas, je prends des photos pour garder en mémoire ces superbes paysages. Je me vois revenir ici avec Paul en mode randonnée avec nuit au refuge. Nous croisons beaucoup de « vrais randonneurs » et l’ambiance est vraiment conviviale. Je me souvenais de la beauté des paysages mais surtout de la dernière descente pas roulante du tout et c’est bien dommage mais mes souvenirs étaient bons… Je ne sais pas combien de temps j’ai mis pour faire 5km mais trop longtemps c’est certain ! Sans parler du fait qu’on a là encore surement oublié 2km puisqu’au 30ème je suis au refuge d’Ayères moi… Mais bon je suis avec Cathy, une « trail entre elles » que j’essaye de suivre malgré un rythme un peu trop soutenu pour moi. Je m’accroche à elle, ce qui est une bonne chose tu me diras parce que bon, c’est bien gentil tout ça, mais je ne suis pas venue acheter du terrain non plus !

Arnaud Lesueur (25)

Nous passons la ligne d’arrivée toutes les deux, main dans la main. Je la remercie vivement parce que je lui dois un rythme final que je n’aurais surement pas atteint toute seule. Je récupère mon t-shirt finisher (sérieux… rose ??? alors que l’année dernière le turquoise était superbe !) et je file rejoindre mon ado qui doit être en mode affamé. J’ai comme 2011 adoré ce parcours que je trouve définitivement superbe. Le fait que le nombre de participants soit quand même plutôt limité fait qu’on ne se retrouve pas trop bloqué ce qui est là aussi sacrément appréciable. Les ravitos sont largement pourvus et je peux en témoigner, ayant fait la course dans le dernier tiers. Des paysages à tomber, une super orga, du soleil, des participants sympathiques et deux points ITRA… Mais que demander de plus 😊 A mon avis, rendez-vous est pris pour l’année prochaine, à voir si je tente le 60 ou si je me contente de prendre du plaisir sur le 30… L’avenir nous le dira ! (et l’aboutissement ou non d’un gros projet aussi tu me diras !).

Tout ça pour ça ! 

Crédit photos : orga (Arnaud Lesueur) et perso