Run : Marathon de Londres vu par Myriam !

Comme vous le savez si vous me suivez, je ne peux plus courir de marathon sur route, mon dos n’étant plus trop coopératif… Mais grâce à Myriam je vous emmène à Londres et croyez-moi sur parole, en lisant son retour, vous n’aurez qu’une envie : foncez là-bas l’année prochaine !

 

Je me suis inscrite au marathon de Londres il y a 11 mois. A l’époque je pensais qu’il s’agissait d’un marathon comme tant d’autres, peut-être un peu plus beau car c’est un major mais ça s’arrêtait là. Je n’avais rien compris. Londres est un marathon atypique : c’est un marathon de « charity ». Je ne connais pas le pourcentage de cette année mais j’ai lu dans un article datant de 2014 que le nombre des participants qui couraient en « charity » était de 74%. Trois marathoniens sur quatre sont britanniques. Londres est le marathon qui génère le plus de dons au monde. Les chiffres de cette année ne sont pas encore définitifs mais en 2017 les associations ont récolté grâce au marathon plus de 70 millions d’euros (les données sont affichées sur le site du marathon).

 

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On arrive ! 

Lors de ma prépa, j’étais inscrite sur un groupe FB spécial training pour le London Marathon 2018 et la moitié des posts parlait de charity. Afin de récolter le plus de dons possible, certains n’hésitent pas à jouer le grand jeu en courant déguisés. Le public vient aussi et surtout pour soutenir tous ces marathoniens qui courent pour une bonne cause. Tout au long du parcours se trouvent les banderoles des nombreuses associations représentées, avec derrière chaque banderole les supporters de l’association. Les encouragements sont tellement importants aux yeux du public que dans le guide du marathon reçu au préalable par mail, il est recommandé d’inscrire notre prénom sur le T-Shirt. A l’expo, on a la possibilité de venir avec notre T-shirt et de s’y faire imprimer notre prénom.
J’ai donc pris part dimanche dernier au marathon de New York version européenne, plus petit, moins international mais avec un public chaleureux et d’une ferveur sans égal.

 

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Greenwish porte bien son nom !

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L’attente… On en profite pour bronzer ! 

Levée à 5H30 du matin, je prends le petit déjeuner de l’hôtel à 6H car le bus nous menant au départ s’en va à 7H. Arrivée à Greenwich, il fait bon, le soleil commence déjà un peu à taper et je m’allonge sur l’herbe pendant deux heures. Des coureurs s’échauffent, je fais de même puis me dirige dans mon SAS. Les départs se font par vague. Je me retrouve au premier rang de ma vague et on nous fait avancer jusqu’à la fameuse ligne de départ. Des bénévoles sur les côtés nous applaudissent alors que nous n’avons pas encore commencé à courir. Puis, la grande arche…

 

 

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C’est parti !

Devant nous se tient un homme avec un starter. Des appareils photos et des caméras sont pointés sur nous. Je suis juste devant et mon cœur bat à tout rompre. Le coup de départ est lancé et je m’élance comme une kényane (bon pas longtemps lol) et déjà un public installé dans des gradins nous encourage. Partie trop vite sur les 2 premiers km je me bride car sinon je sens que je vais exploser au second semi. Sur le parcours je dépasse une femme qui « court » en échasses, un homme qui « court » en béquilles, une femme qui court en restant les bras en l’air 🤣, 4 hommes qui portent une voiture en carton, Monsieur Patate, une bière géante, un gorille en cage, et d’autres créatures surprenantes qui se font acclamer par un public en délire.

 

 

Les fameuses toilettes et leur version urinoir pour les femmes… pas testés et approuvés !

Tout le long des 42 km se trouve un public noir de monde, à 3, 4, 5 rangées, parfois sur des gradins installés à des points spécifiques du parcours. Les enfants tendent leur main afin qu’on frappe dedans, les gens hurlent mon prénom. J’ai dû entendre plusieurs centaines de « Gooooooo Myriam!!!!! ». Au début, je me retournais pour saluer chaque fois qu’on m’appelait mais j’ai vite laisser tomber sinon à la fin de la course j’étais bonne pour un torticolis ! Le public est compact, il y a zéro trou, à tel point que lorsque je termine ma bouteille d’eau je n’ose pas la jeter dans le caniveau car le public est massé devant le trottoir. Il y avait des bouteilles d’eau par terre en plein milieu de la route, j’ai failli me ramasser à plusieurs reprises. Les ravitos n’étant que liquides, des personnes du public nous tendent des bols avec des bonbons. Par moments la route est tellement étroite qu’on a du mal à avancer, on piétine, jamais vu ça sur un marathon ! Trop de monde de partout et pas moyen de courir sur le trottoir pour doubler, il y a des spectateurs de tous les côtés.

 

Je ne sais plus qui m’a raconté que Londres était plat mais ce sont des sornettes. A peine moins de dénivelé qu’à Paris mais j’ai quand même constaté plusieurs faux plats qui demandent quelques petites relances. Ne me demandez pas si le paysage est beau, je n’en sais rien ; je n’ai vu qu’une masse de personnes agglutinées de toutes parts qui hurlaient comme une meute de loups enragés. Arrivée au Tower Bridge, c’est la folie. Plusieurs rangées de spectateurs nous acclament et nous crient dans les oreilles des deux côtés du pont et là je crains de bientôt devenir sourde. Chaque personne devant qui je passe hurle mon prénom. J’ai l’impression d’être une championne olympique. Je n’ai jamais vécu cela de ma vie et ma gorge se noue. Il ne faut pas que je pleure, c’est mauvais pour mon souffle et je vais pourrir mon chrono (qui est déjà mort depuis longtemps). Voici la formule mathématique qui résume mon marathon de Londres : chaleur caniculaire + prépa accélérée de 5 semaines = chrono foireux. Plus j’avance vers le Palais de Buckingham et moins j’en vois le bout. Mes jambes avancent comme un pantin, 43km est affiché à ma montre et je cherche où peut bien se planquer l’arche d’arrivée. Je passe devant le Palais, je contourne une place noire de monde au centre de laquelle se trouve le Victoria Memorial, j’arrive au centre du Mall, cette large avenue remplie de drapeaux britanniques des deux côtés qui mène à Charing Cross, puis une beauté d’architecture sans pareil se dresse devant moi : l’arche d’arrivée.

 

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Le lendemain matin je pars faire un petit footing de décrasse au Royal Park. Je passe devant le Palais de Buckingham et je cours au milieu du Mall calme, désert, avec pour seuls bruits de fond les hommes qui démontent les stands de la veille. Il fait frais, un léger vent caresse mon visage, j’ai des courbatures, mais je suis heureuse. A quand le prochain ?

 

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La dotation du marathon ! 

N.B. 1 : Article sur les charities : http://greatbritain.lefigaro.fr/article/marathon-8

N.B. 2 : Beaucoup m’ont demandé comment courir ce marathon. Alors déjà, au risque d’en décevoir plus d’un; vous ne serez JAMAIS tiré au sort à la loterie si vous êtes domicilié en dehors de la Grande Bretagne. Vous n’avez aucune chance. Vous perdez votre temps.

Pour accéder à ce marathon, voici les 4 solutions qui s’offrent à vous :
1) Vous vous inscrivez à la loterie mais avec une domiciliation en Grande Bretagne. Par contre il s’agit d’un tirage au sort donc vous n’avez aucune garantie d’être pris.
2) Si vous avez de bons chronos (il faut consulter les minimas sur le site du marathon) vous vous inscrivez avec une domiciliation en Grande Bretagne et vous êtes qualifié d’office.
3) Vous passez par un tour operator. Vous payez, vous courrez.
4) Vous courrez en charity 🙂

N.B. 3 : NYC est un marathon incroyable. Londres est pour moi juste un ton au dessus mais vraiment pas loin. NYC est un gros marathon international avec une très forte concentration d’étrangers, dans le public il y a beaucoup d’étrangers qui viennent soutenir leur famille/amis, les américains y viennent pour le show mais c’est plus impersonnel. A Londres, j’ai trouvé le public plus chaleureux et surtout à NYC les allées sont immenses, à plusieurs voies tandis qu’à Londres les rues sont plus étroites donc le public est tout proche de toi, quand il hurle je peux te dire que tu l’entends des deux côtés.