News : L’Equipe change les règles !

Cet article fait suite à celui publié le week-end dernier par l’Equipe Mag qui l’a même carrément mis en couverture. Le sujet ? Règles et sport de haut niveau, la face obscure des ragnagnas tous les mois… Si dans l’absolu je suis forcément plutôt ravie qu’on sorte ce sujet de la longue liste des sujets tabou comme les fuites urinaires par exemple, je suis pourtant un peu partagée. Est-ce finalement une bonne idée ?

 

Je ne remettrais pas une seule seconde la qualité de l’article surtout qu’il a été écrit en collaboration avec Carole Maître gynécologue de l’INSEP que j’ai eu la chance de rencontrer et qui reste celle que j’appelle avant toute décision concernant mes propres soucis de santé. Je ne m’en suis jamais cachée, chez moi les règles sont depuis toujours une vraie source de problème. Déjà parce qu’elles arrivent toujours au mauvais moment… ça en devient un sketch ! Et de toute façon, si jamais il me venait à l’esprit de calquer les choix de courses sur mes dates de règles, il y a fort à parier que cela finirait avec 5 jours d’avance ou de retard. Je fais donc avec depuis des années et franchement je rêve que la ménopause arrive histoire de me permettre de souffler un peu. J’ai des souvenirs terribles de douleurs qui me cisaillent à tel point le ventre que j’ai dû m’allonger sur un banc dans la montagne, juste pour souffler un peu. Je vous passe les jambes qui tremblent et la tête qui tourne pour cause d’hémorragies et autres réjouissances. Ne vous fatiguez pas à me conseiller le recours aux hormones pour les éviter, d’autres petits soucis de santé me les interdisent. Je me souviens aussi de mon sentiment d’injustice lors de ma première course en étapes. Déjà question hygiène… je vous laisse imaginer le truc… Mais du côté du sac, où l’on est toujours à la chasse aux grammes, je me suis dit que ma condition de femme n’était vraiment pas une bonne idée. Vous avez déjà pesé une semaine de tampax vous ? Ben moi je l’ai fait et ça en fait des plats lyophilisés ! J’ai donc eu l’idée d’aller demander à l’infirmière de les transporter dans le matériel médical, ce qu’évidemment elle a tout de suite accepté, tout en me faisant part de sa surprise : j’étais la première à lui demander.

 

Mais bon je ne suis pas là pour vous raconter ma vie et mes petits soucis… Revenons-en à l’article en question ! Il donne la parole aux sportives de haut niveau, qui pour la plupart ont accepté d’aborder le sujet tout en reconnaissant qu’il restait ultra tabou. On lit des trucs effarants comme le fait que jamais on ne prononce le mot règles devant l’entraîneur quand celui-ci est un homme ce qui reste trop souvent le cas… On en parle à la seule femme du staff qui se chargera de transmettre l’info sans pour autant  elle-même dire le fameux mot qu’il ne faut pas prononcer. Les règles dans le sport, c’est Voldemort ! On évoque aussi le syndrome prémenstruel qui est encore plus oublié que les menstrues avec sa ribambelle de jambes lourdes, gonflées et autres kilos surprises invités… Et là tu te dis que certaines ont de la chance, elles n’ont plus rien tous les mois. Mais que nenni ! Tu te crois tranquille ? Tu parles ! C’est la fracture de fatigue quasi assurée, le squelette qui se fissure et ta carrière de sportive de haut niveau qui se casse la figure… On nous parle de stress que ça se voit… de la fuite dans le kimono blanc, du fil qui pend lorsque l’on est en maillot et j’en passe.

 

Et là je me dis : comment voulez-vous avec cette ribambelle d’ennuis quasi-assurés, on ait envie de parier un euro sur une fille qui de toute façon va saigner, va être irritable et j’en passe, une fois par mois ? On entend déjà que dans le monde du travail, si on n’est pas payé comme les hommes c’est parce que notre rôle reste avant tout d’enfanter et d’assurer du côté du nouveau-né… Comment réussir à parler égalité si on nous renvoie à la triste réalité de condition de femme réglée ? Surtout qu’on n’a pas réellement de solution à apporter. Oui, on peut jouer avec les hormones pour tricher mais connaît-on réellement l’impact à long terme sur le sujet ? De nombreuses athlètes de haut niveau en tout cas s’y refusent et préfèrent faire comme elles le peuvent, avec la nature, avec leur nature et je les comprends. Ma première vie pro fut au sein de l’industrie pharma… Loin de moi l’idée de vous dire que j’ai trouvé la solution parfaite, je ne l’ai pas et depuis deux jours ce sujet tourne encore et encore dans ma tête. Doit-on ou non réellement en parler comme ça ? Alors que les femmes sportives se battent pour être traitées comme les hommes dans les médias, elles ont eu le droit à 8 pages sur leurs ragnagnas…

 

Si vous pouviez m’aider en me donnant votre avis, je vous en remercie ! Et cette invitation à me donner votre avis est valable pour les femmes mais aussi pour les hommes qui sont des compagnons, des pères ou des entraîneurs parfois !