Run : Construis-toi un mental de winneuse !

Les femmes courent, aucun doute là-dessus, elles courent même de plus en plus et de mieux en mieux. Pourtant même si le chiffre est en constante augmentation, nous sommes encore loin des chiffres des USA où la parité est quasi toujours respectée au départ de toutes les courses. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir passé une journée au Women’s Forum mais j’ai envie de vous donner tous les petits conseils qui m’ont manqués à mes débuts. 

 
Lorsque l’on demande à une femme pourquoi elle ne prend pas le départ d’une course, on entend généralement : « j’ai trop peur de finir dernière… », « je suis pas compétitrice… », « j’ai peur de ne pas être au niveau ». Avant toute chose il faut rappeler un principe de base : on court pour soi et non pour les autres ! Et puis que nous sommes entre nous, je peux bien vous avouer quelque chose : j’ai fini dernière un jour… mon premier semi-marathon. Evidemment que ce n’était pas très facile à vivre mais il faut avoir l’honnêteté intellectuelle d’analyser les faits et d’en tirer les conséquences qui s’impose. Pour se construire un mental de winneuse ou tout du moins de finisheuse, il faut respecter quelques étapes incontournables.

 
L’entrainement, toujours tu suivras…
Oui ça a l’air facile à dire comme ça mais voilà, il faut le reconnaître, si l’on veut réussir il faut en passer par un entrainement sérieux et régulier. Tout pianiste fait ses gammes avant un concert, répète encore et encore, là c’est pareil. Cela engendre de programmer son année de façon réaliste avant tout. Il faut prendre conscience de son niveau d’investissement possible à ce moment précis de l’année. Autant au niveau physique qu’au niveau mental, vous devez être prête, et cela demandera du temps, temps qu’il faut que vous soyez certaine de pouvoir consacrer à ce projet. Aller volontairement au-devant d’un échec annoncé n’est pas spécialement une bonne chose pour son égo…

 
Courir et participer à des courses, tu as le droit !
On entend encore trop souvent les femmes dire qu’elles ne sont pas à leur place au départ d’une course, dossard accroché sur le tee-shirt. Le plafond de verre qui existe dans le monde de travail et si souvent dénoncé existe aussi dans le monde du sport. On entend trop souvent (et les journalistes n’arrangent rien…) des femmes considérer à tort qu’elles doivent choisir entre être mère et sportive. On se demande bien pourquoi ! Paula Radcliffe pour ne citer qu’elle, a eu deux enfants, a allaité plusieurs mois tout en continuant une carrière d’élite internationale. Alors si elle le peut à son niveau, nous le pouvons, nous aussi, au notre. Vous avez le droit de consacrer une partie de votre temps libre pour vous-même et pour préparer sérieusement une course qui vous tient à cœur. Rentrer chez soi avec votre médaille autour du cou, ça n’a pas de prix ! D’ailleurs si c’est votre première course, pensez justement à bien la choisir, rien de plus valorisant que de rentrer fièrement avec le symbole de votre réussite accroché autour de votre cou.

 
Oublier tes années de collège tu devras…
Vous étiez nulle au cross de l’école ? Vous étiez meilleure en imitation de signature de vos parents qu’en saut de haies ? Et alors ! Oubliez immédiatement ces années collège ou lycée pas toujours des plus agréable. Oubliez que vous avez été cette ado complexée par le port d’un appareil dentaire et d’une poussée d’acné… Vous n’avez plus vos bagues, vous avez la peau lisse et rayonnante, vous avez donc aussi le droit de faire du sport et même de réussir. Evidemment si votre rêve secret était d’intégrer les petits rats de l’Opéra à 30 ans, ce ne serait pas la même chose… Mais là il s’agit « seulement » de réaliser un rêve nettement plus accessible qu’on le pense : courir son premier 10km, son premier marathon, son premier trail. Vous pouvez le faire !

 


Par bien t’entourer, tu commenceras !
Maintenant que la décision est prise, que le temps est dégagé, il va falloir commencer l’entrainement et là il faut penser à s’entourer des bonnes personnes. Même si bien entendu, il est simple de télécharger sur un site un plan d’entrainement tout fait, rien ne remplace la présence d’un coach, même à distance à ses côtés. Mieux encore, pouvoir rejoindre un groupe ou une communauté ne peut être que bénéfice pour votre motivation au long terme. Que ce soit virtuel ou réel, trouver des conseils ou des encouragements au moment où ça va mal, il n’y a rien de tel.

 
Un objectif raisonnable tu choisiras !
C’est un point qu’il faut absolument aborder parce qu’il est hélas trop souvent négligé ou tout du moins pris à la légère. Pour réussir son objectif il faut qu’il soit réalisable et atteignable. Se fixer de courir un marathon dans un mois alors que vous venez de commencer à courir ou que vous n’avez jamais réussi à courir plus d’une heure n’est pas raisonnable ! Aujourd’hui, force est de constater que beaucoup de coureurs perdent un peu la notion de la progression. On passe du marathon sur route à l’ultra en montagne alors qu’on habite dans la Beauce sans voir où est le problème… Alors oui peut-être que le coureur finira sa course mais cela se fera certainement dans la douleur et avec des conséquences sur son avenir de sportif totalement déraisonnable. Petit à petit l’oiseau fait son nid, petit à petit la coureuse ses objectifs elle réussit.

 
Le droit à l’échec tu te donneras…
Comme le droit d’abandonner si jamais le jour J cela ne se passe pas comme prévu. Même s’il ne faut surtout pas partir avec en tête l’idée que l’on va abandonner, il faut envisager la chose sereinement et toujours tenter d’en tirer les conséquences de façon constructive. Evidemment c’est plus facile à dire qu’à faire… Même les meilleurs ont un jour mis le clignotant à droite lorsque cela ne passait pas, si ça arrive aux meilleurs, cela peut nous arriver. Mais dans ce cas, il faut absolument prendre le temps d’analyser à froid ses erreurs pour tenter de les corriger. J’étais assez prête ? Est-ce que j’ai assez bu ? Mangé ? Question équipement avais-je fait les bons choix ? Il faut être factuel et objectif tout en restant positif. On apprend toujours de ses erreurs, ce n’est pas une vue de l’esprit mais bien une réalité. En fonction des différents constats, il faudra veiller à ne pas commettre les mêmes erreurs la fois suivante puisqu’il y aura forcément une autre fois. Si c’est la tête qui a lâchée, pourquoi ne pas mettre en place quelques séances de sophrologie pour apprendre à respirer et ainsi performer le jour J l’esprit léger et les poumons déployés ?

 
N’oubliez jamais que vous avez en vous des capacités, une force que vous ne soupçonnez pas encore. Se construire un mental d’acier ne consiste pas à aller chercher ailleurs mais bien à aller chercher en vous ce qui est planqué depuis tant d’années. Le running ne doit vous apporter que des bénéfices pour votre vie personnelle et même professionnelle. C’est pour cela qu’il doit s’envisager de façon intelligente et rationnelle. Vous allez vous surprendre et surprendre votre entourage, cela ne fait aucun doute. Il faut croire en ses rêves mais il faut aussi se donner les moyens de les réaliser, c’est ça le grand secret !

 

4 règles de base à respecter
– Je me fixe un objectif réalisable et je m’y tiens
– Je me donne tous les moyens pour atteindre cet objectif
– Je pense positif, uniquement positif
– En cas d’échec, j’analyse et je rebondis !

Crédit photo : Garmin