Run : la cryothérapie pour les nuls…

Après avoir conquis les athlètes de haut niveau, cette méthode essaime en institut, chez certains kiné et même dans des thalassos pour soigner de façon naturelle les maux divers et variés. Zoom sur une thérapie givrée.

 

“Intérêt pour le sportif : il récupère plus vite ce qui lui permet de s’entraîner plus et donc d’améliorer ses performances.”

 

1. La cryo, quèsaco ?

 

Concrètement, il s’agit d’exposer un patient à des températures extrêmes comprises entre – 120°C et – 140°C pour une période variant d’une à trois minutes. Cela produit sur ledit patient des effets hormonaux et biochimiques qui vont soulager ses douleurs corporelles en agissant comme un puissant stimulateur psychique. Et cela permet d’éliminer plus vite les sensations de fatigue, d’assouplir les muscles tendus et d’intensifier la circulation sanguine. On constate même une diminution des œdèmes grâce à la production naturelle d’hormones à effet anti-inflammatoire et cicatrisant.

 
2. Cette thérapie, c’est pour Bibi ?

La méthode n’est pas efficace uniquement pour soigner nos bobos. Elle est également utilisée pour soulager des maladies neurologiques, traumatismes et autres suites post-opératoires. Pour les sportifs, elle permet des temps de récupération réduits, un soulagement évident des douleurs dues à l’effort ou aux chocs répétés. On peut donc considérer qu’il y a des cryo curatives et des cryo d’appoint ou de confort. Pour les curatives, il ne faut pas excéder 21 jours en quotidien ou bi-quotidien pour les cas les plus difficiles ou compliqués avec un arrêt de trois mois entre chaque cycle. Elle peut aussi entrer en jeu en parallèle de traitements de kinésithérapie plus classiques.

« Avec la cryo, mets tes bobos au frigo !… La première option est plus facile que la seconde ! »

 

3. C’est quoi le principe ?

 

Vous l’aurez compris, tout repose sur un choc thermique. Pendant quelques minutes, le patient étant exposé à une température pouvant aller jusqu’à – 140°C, il va forcément devoir lutter contre le froid. Cela va engendrer une série de réactions en cascade avec pour première conséquence une accélération de la réparation tissulaire. Même si sur le coup ce n’est pas évident, l’effet relaxant est également présent après la séance. L’effet vaso-moteur du choc thermique a quant à lui un effet positif sur la tonicité de tout le corps. Le flux sanguin, se modifiant en réaction au grand froid, va d’abord subir une vasoconstriction avant une vasodilatation. Cela va accélérer de façon naturelle le drainage des tissus et ainsi permettre une meilleure élimination des toxines. Pour les articulations, le processus est le même : baisse du volume et donc baisse de la tension tissulaire et baisse de la pression. Or qui dit moins de pression dit moins de douleur et une mobilité retrouvée sans parler de l’effet anti-inflammatoire.

 
4. Indications et contre-indications, la cryo en action

 
On pourrait presque dire que ça soigne tout mais il ne faut pas exagérer non plus… On note de très bons résultats sur l’arthrose, les rhumatismes et autres polyarthrite rhumatoïde. Aujourd’hui, on trouve même des cures de thalasso pour soulager la fibromyalgie qui incluent une séance de cryo par jour avec beaucoup de succès auprès des malades. On a constaté des résultats dans le traitement des migraines et même des dépressions. Evidemment, pour le sportif, les effets sont d’ordre anti-inflammatoire avant tout. Il récupère plus vite ce qui lui permet de s’entraîner plus et donc d’améliorer ses performances de façon « naturelle ». Tendons, vaisseaux sanguins, muscles, articulations, tout le monde y trouve son intérêt. Ce n’est pas parce que c’est bon pour plein de choses que l’on peut en faire sans se préoccuper des contre-indications. Les principales concernent les pathologies cardiaques, même anciennes, le syndrome de Raynaud, une faiblesse du côté des reins ou de la vessie, entre autres. Il faut donc absolument en parler à son médecin avant de se lancer dans ce type de thérapie.

 
5. Et concrètement, ça se passe comment ?

 
Nous ne parlerons ici que des cabines de cryothérapie que l’on appelle « corps entier ». Les cabines où l’on rentre entièrement visage inclus avec masque de protection sont rares, surtout présentes dans les fédérations sportives, et accessibles en priorité aux élites. Pour les autres, la séance se fera en maillot de bain. Il faut penser à enlever tous les bijoux métalliques qui peuvent « brûler » la peau avec le froid. Cela veut dire que vous devez également faire attention aux fermetures de votre soutien-gorge, par exemple. L’immersion ne se fait que jusqu’aux épaules et l’appareil s’adapte à la taille de chacune. La séance dure normalement trois minutes pour être efficace. Un technicien reste tout le temps à vos côtés pour répondre à vos questions et surtout vous faire sortir si vous ne supportez finalement pas la sensation. On porte des gants et des chaussettes très chaudes pour plus de confort. Le fait que le visage ne soit pas concerné rend l’exercice nettement plus supportable même si la dernière minute demande de prendre un peu sur soi !

 

Pour plus de détails et d’explications sur les sensations, retrouvez le test en cabine ici