OCC 2016 : j’ai enfin vu une ligne d’arrivée !

Evidemment le titre est à prendre au second degré et c’est surtout une dédicace à mon speaker préféré, Ludo pour ne pas le nommer. Mais franchement depuis quelques semaines, je finissais par avoir des doutes sur ma capacité à finir une course en montagne…

 

Pourquoi l’OCC d’abord ? Déjà parce que j’ai compris qu’un ultra juste après 3 ou 4 jours à courir partout dans les rues de Chamonix, ce n’était pas le plan idéal qui allait me conduire à la réussite. Ensuite et surtout parce que je suis de plus en plus amoureuse de la Suisse et j’avais envie de voir à quoi ressemblait cette fameuse nouvelle course tellement décriée par les puristes qui ont quand même tenté de nous faire croire que 55km ça n’était rien… A les lire, c’était la Parisienne de l’UTMB quoi ! N’empêche cette année, y avait du beau monde sur la ligne de départ et je ne parle pas de Mia et moi ! Alors pour tous ceux et celles qui ne connaissent pas, l’OCC c’est ça :

 

 

Profil_OCC2016

 

J’avais un objectif très simple et on ne peut plus concret : être rentrée à Cham pour 20h dernier délai pour avoir le temps de passer à mon dîner avant d’aller boire une bière à une soirée organisée par un partenaire de la course avec mes copains… Si c’est pas un argument sérieux ça, je ne m’y connais ! Après avoir hésité un peu à la super proposition de Michèle et Alexis de profiter de leur voiture pour rejoindre le village d’Orsières, où est organisé le départ, je décide finalement de prendre le bus de l’orga que j’avais réservé lors de mon inscription pour faire comme tout le monde et surtout pouvoir juger sur le terrain de l’efficacité de ce service. Avec ma manie de toujours prendre le départ de l’UTMB, je ne connaissais que les bus d’abandon moi… Oh bonheur, je découvre qu’ils partent à 2 min de mon logement pour la semaine ce qui me permet de me lever à 4h45, histoire de pouvoir me préparer tranquillement. Je zappe le petit déjeuner, déjà pour le confort de mon estomac parce que le bus en montagne en pleine digestion, comment dire… Limitons les risques ! Je n’ai pas le mal des transports normalement mais je me méfie un peu. J’ai prévu mon tupperware avec ma mixture céréales et ananas, histoire de patienter avant le départ. Et ma gourde est pour le moment remplie de thé vert. Pour résumer, je prends le même petit déj que d’habitude quoi !

 

Arrivée à Orsières où tout est prévu pour l’accueil des coureurs dont certains semblent installés là depuis plusieurs jours… Je cherche Mia sans succès, je décide donc de me rapprocher de la ligne de départ et de trouver un lieu d’observation stratégique pour ne pas la rater quand elle passera. Ce sera donc sur le parvis de l’église que je trouve refuge, où deux coureurs espagnols sont déjà confortablement installés. Un français viendra nous rejoindre rapidement. Il ne fait pas trop froid mais j’ai quand même enfilé ma veste, parce que c’est bien gentil mais la chaleur qui s’annonce n’a rien changé à la liste du matos obligatoire, alors autant la rentabiliser, surtout que je dois la trimbaler toute la journée ! Alors que je suis le nez dans mon tupperware, deux commissaires de course arrivent, ravis de tomber sur un nid de coureurs bien sagement assis. Nan mais sérieux les gars, vous allez me faire le coup à chaque départ ? Et là, alors qu’ils viennent de faire les présentations, le français se lève en bougonnant et part… Après un moment de flottement, l’un des commissaires me dit « je rêve ou j’ai bien compris ce qu’il est en train de faire ? ». Mais oui, il est bien en train de partir tranquillement mais surement, fuyant devant les commissaires ! Qui bien entendu le rattrapent par le sac. Il fallait oser la faire celle-là ! Le pire dans l’histoire c’est qu’il avait tout son matos et même plus mais il n’avait pas envie d’avoir à refaire son sac, sachant que ce contrôle a eu lieu une bonne heure avant le départ et que comment dire… Orsières, c’est mignon mais bon t’as un peu rien d’autre à foutre que de ranger ton petit bazar en attendant le départ. Arrive le tour des espagnols qui clairement ne parlent pas un mot de français, et les commissaires ne parlent pas un mot d’espagnol. Ok bougez pas, me hablo espagnol muy bien et c’est parti pour un contrôle collectif, histoire de faire gagner du temps à tout le monde. J’ai ma pastille noire collée sur mon dossard, je peux retourner à mon petit déjeuner. Sunday bloody sunday raisonne à fond dans les petites rues, j’aime déjà cette course.

 
Enfin je retrouve Mia, Michèle et les autres pour la photo souvenir évidemment où j’ai toujours une tronche qui me fait peur… Faudrait un jour que je me penche sur le maquillage waterproof plus sérieusement quand même. Un dernier pipi à côté du cimetière parce qu’il y a trop de monde et trop de miasmes au m2 dans les toilettes publiques et zou en route pour la ligne de départ. Et là évidemment je perds Mia… Dis, Mia, tu ne pourrais pas passer aux Hoka ? Déjà apparemment avec ça aux pieds, tu gagnes l’UTMB mais en plus je pourrais plus facilement te repérer dans la foule ! Avant toute chose une petite précision importante pour la suite de l’histoire : je l’ai prévenu, on fait course perso et en aucun cas, on attend l’autre. Je sais que certains ne comprennent pas toujours mon raisonnement mais là surtout dans mon cas, je n’ai aucune idée de ce qui va se passer dans les prochaines heures… J’ai deux échecs dans les pattes quand même et Mia s’est entraînée comme une forcenée pendant tout l’été pour réussir son objectif. Il est hors de question qu’elle perde du temps ou ne soit pas à son propre rythme pour m’attendre. Donc c’est chacune pour soi et dieu pour tous ! U2 raisonne sur la place (j’adore la Suisse !), le départ est donné par mon copain Ludo, The speaker, que j’embrasse en passant et c’est parti pour 55km, direction Chamonix. J’ai adoré les premiers km avec tous les enfants des écoles rangés en rang d’oignon pour nous acclamer, par ordre chronologique. Des petits de 3 ans aux grands adolescents, ils sont là à faire du bruit et franchement, sans mentir c’est un des plus chouettes départs de ma courte carrière de traileuse. Allez ce n’est pas tout ça mais il faut rejoindre Champex-lac… ça monte, il faut se mettre dans le rythme. Très vite, il faut se rendre à la raison, on va crever de chaud… Bonjour le scoop me direz-vous mais très vite cela me fait comprendre que mon objectif secret de 11h sera inatteignable pour moi à la vue de ma prépa et des conditions météo. Pas grave, on part sur 12h et c’est parti Raoul ! Je ne visais pas le podium, juste finir et de préférence sans une perf accrochée à mon bras, je ne vais donc pas me mettre la ratte au court bouillon pour une heure de plus. Surtout que franchement les paysages sont tellement beaux que ça vaut le coup de rester un peu plus devant à les admirer non ? #excusepitoyable #assumetonniveau

 

 

Mia t’es où !!!

Alors que j’arrive en courant à Champex, je dis bien en courant (même moi ça me met en joie d’écrire un truc pareil surtout que j’ai des témoins dignes de moralité pour le confirmer !), je reconnais notre fan club du jour Mireille en tête avec sa belle jupette. Franchement vu le nombre de fois qu’elle est venue au-devant de nous pour nous accompagner un bout, je me demande si elle n’a pas couru un semi-marathon… Je ravitaille rapidement et je repars parce que je sais ce qui m’attend… et là je tombe nez à nez avec Viviane Wengler qui elle aussi attend à la sortie du ravito. Bon évidemment, là comme ça, ça ne vous fait pas grand-chose mais il se trouve que son mari et elle étaient au Marathon des Sables en 2011 dans la tente en face de la mienne et surtout dans le désert d’Atacama l’année suivante. Je me rappelle à son bon souvenir et elle dit juste que Guy son mari doit être juste derrière moi. C’est fou comme le monde de l’ultra est très petit quand même. Allez zou, je repars parce que j’ai quand même 17km à faire et la Giète à grimpouiller. Ça fait un ou deux km que je cours quand je suis abordée par une américaine qui me tape sur l’épaule. « Hi, you have my sticks ! ». Hein ??? Je regarde les bâtons que j’ai à la main et force est de constater qu’elle a raison ! Ce sont les mêmes que les miens mais en violet alors que les miens sont bleus… Je suis hyper gênée ! Je m’excuse 15 fois, elle est hilare en me répétant que ce n’est pas grave, que ça arrive et elle repart. Bon, j’arrête de m’excuser parce qu’elle court vachement plus vite que moi la bougresse ! Franchement cette grimpette va me faire perdre quelques plumes, la chaleur est vraiment bien installée et j’ai l’impression que mes pieds collent le sol. Oui, je sais je cours dans le désert mais il y rarement une montagne au milieu ! C’est là, si mes souvenirs sont bon, que Mia me double alors que je la pensais devant moi depuis le début. Ne pas chercher à comprendre… Elle me laisse sur place continuant son petit bonhomme de chemin sans l’aide de bâtons et rien que ça franchement, chapeau. Ah tiens remarque en passant, même si ce n’est pas vraiment le sujet, les coureurs qui étaient partis avec de simples flasques semblaient tout de même bien dépourvu quand la chaleur fut venue… un litre ou peine pour faire 17 bornes en plein soleil ça ne suffit pas ! Pensez-y ! Pointage de Giète ok, aucune idée de mon temps, je file vers Trient et sa fameuse église rose que je pensais jaune pour ne l’avoir jamais vu que de nuit à la frontale. J’arrive toujours à descendre correctement et ça me rassure un peu pour le reste de la course. Je suis toujours une buse en descente hein, mais je ne souffre pas du tout, c’est toujours ça de gagné. Trient, Mireille, Séverine, la maman de Mia, elles sont toutes là ! ça fait du bien de voir des visages connus, aucun doute là-dessus. Hop hop, coca, eau, une barre, et ça repart. Catogne m’attend et ne rêve pas, cette fois t’aura pas ma peau…

 

PANO_20160825_190412

 

Eh oui, pour celles et ceux qui ne connaissent pas l’histoire, petit retour en arrière (j’ai relu ce récit, je crois que je vais vous le remettre en ligne). 2010, météo exécrable, tout le monde descend à St Gervais… Deux SMS plus tard, je suis à Courmayeur, bien décidée à arriver à Chamonix coûte que coûte. Il me faudra 23h pour le faire, après avoir vécu des moments d’une dureté absolue… J’ai cassé mes bâtons après une chute mémorable dans la boue collante dans cette foutue descente de Catogne, autant dire qu’elle et moi on a un sacré passif. La montée se fait poussivement évidemment mais la vue compense totalement l’effort que je tente de fournir. Surtout que j’ai un objectif secret… J’ai en vue Guy (le mari de, pour ceux qui sont perdus) qui a dû me doubler au ravito de Trient et j’ai en tête de le doubler… Pauv’fille va ! Inutile de préciser que je n’ai pas réussi à le rattraper avant le pointage de Catogne… C’est qu’il en a sous le pied le Guy ! Bon en vrai je voulais juste le saluer, ce que je finis enfin par faire là-haut profitant des quelques secondes que nous prenons tous les deux pour reprendre un peu d’eau. Une fois les retrouvailles faites, je file et là enfin la vengeance peut commencer (avec Catogne, pas avec Guy…) ! Je vais te faire une descente formule 1 juste totalement jouissive. J’ai dû au moins courir à 9km/h ! Ok j’avoue que je prends du plaisir à doubler quelques coureurs, même si je sais que c’est totalement con et que forcément je vais le payer après Vallorcine mais franchement là tout de suite maintenant, je veux juste profiter de ce moment incroyable. Je n’ai jamais été une bonne descendeuse mais là pendant quelques minutes j’en ai eu l’illusion et ça m’a fait un bien fou au moral. Arrivée à Vallorcine, le comité d’accueil est là, je file boire un peu et tenter de manger quelque chose parce qu’il reste quand même une belle balade derrière. 18km avec juste un ravito liquide à la base, faut quand même se poser deux secondes et se ravitailler correctement. Deuxième bêtise… Je m’allonge sur un banc deux minutes histoire d’étirer mes lombaires parce qu’évidemment à faire ma fofolle dans la descente, mon dos a tendance à gueuler un peu. Et là, soit j’ai posé mes lunettes sur la table, soit elles sont tombées, franchement je ne sais plus mais une chose est certaine, j’ai quitté le ravitaillement sans elles. Pour une fois que j’avais des solaires à ma vue ! Il m’a fallu facilement un bon km, si ce n’est plus avant de réaliser mon oubli. Là tu te dis : « je fais quoi ? J’y retourne ou pas ? ». Tout d’un coup je réalise que j’ai le numéro de portable de Mireille et qu’il y a des chances qu’elle soit encore sur place ou pas très loin. OK, j’avoue que je suis vraiment inquiète parce qu’une belle paire de Julbo oubliée, ça peut faire des envieux et comme ma correction visuelle est réelle mais pas très forte, elles pourraient bien ne plus être là. Heureusement quelques minutes plus tard, coup de fil, Mireille les a retrouvées ! Je peux repasser en mode coureuse l’esprit léger. Ok, je ne suis pas dans les conditions idéales mais le soleil commence à baisser et j’ai une visière, ça devrait aller.

 

PANO_20160825_144310

 

J’étais super contente de ne pas monter à la tête au vent… Mais ça c’était avant… Avant de découvrir que le parcours serait bien pète gueule avec racines, cailloux et tutti quanti. Je commence forcément à fatiguer, l’organisme a quand même bien trinqué après une journée pareille et va commencer lui aussi à se manifester violemment. Des nausées apparaissent, j’ai la tête qui tourne… Oh là ça sent le sapin cette histoire ! Je m’arrête sur un gros caillou et je finis par vomir sur le ravin même si le mot « vomir » est un peu exagéré. Disons que je régurgite un peu de liquide, ce serait plus exact. La déshydratation commence son travail de sape, inexorablement. Un gentil coureur s’arrête pour prendre de mes nouvelles. Non Elisa je ne lui ai pas vomi dessus comme l’année dernière ! Et allez savoir pourquoi il me propose une barre salée qu’il trimbale dans son sac depuis le départ. Il me dit en rigolant que c’était censé être un test mais qu’il carburait aux pâtes de fruits finalement. En fait ce n’est pas une barre salée à proprement parlé mais un truc à base de cacahuètes et de graines de tournesol. Bio, écolo, rigolo et finalement pas si mauvais que ça. Je vais la manger par petits bouts pour reprendre des forces. J’arrive à boire de l’eau sans trop de souci pour le moment. J’avance beaucoup trop lentement à mon goût mais j’avance. Enfin la Flégère est en vue, et je me retrouve dans mes pas du marathon du Mt Blanc, le public en moins. Même si l’arrivée n’est pas loin, je veux faire une petite pause pour essayer de reprendre un peu de force avant d’attaquer la descente vers Chamonix. Pas envie que mon manque de lucidité me fasse trébucher. J’avale un verre de coca qui reste dans mon estomac 2 secondes montre en main. Ah ça il est plus rapide que moi ! Cela me secoue physiquement mais surtout moralement. Je n’ai pas envie de revivre 2015 même si évidemment à 8km seulement de l’arrivée et très en avance sur les barrières horaires, la question de l’abandon ne se posait pas une seule seconde. Je ne sais pas pourquoi j’ai pensé à ça mais finalement je me dirige vers la gentille dame qui sert du thé à qui en veut et qui avec une chaleur pareille ne rencontre pas tellement de succès et je tente le coup. J’avale une tasse… J’attends… J’attends… rien ne se passe… J’en rebois une autre… tout reste en place. Ah ben voilà, il suffisait d’une simple tasse de thé ! Je repars immédiatement en veillant d’abord à trottiner pour ne pas rendre mon goûter.

 

 

Au bout de 10 minutes, rassurée par mon estomac, j’accélère puisque la descente devient de plus en plus roulante. Je n’ai pas fait 50m qu’une douleur d’une violence inouïe transperce mon pied gauche. Je m’arrête, repars et ça revient immédiatement. Je pense avoir été légèrement vulgaire à ce moment-là… Je m’arrête pour regarder ce qui se passe parce que là j’ai tout de suite pensé à un clou enfoncé dans le pied tellement la douleur était de cet ordre. Il y a des travaux dans cette zone, penser à ça n’était pas totalement dingue non plus. Seulement force est de constater qu’il n’y a rien… juste une douleur qui me lance. Un coureur s’arrête pour prendre de mes nouvelles, je lui explique la problématique et il évoque la crampe. Je sais bien que ce n’est pas ce type de douleur mais très gentiment il m’offre la fin de son tube de sporténine. Comme il me dit « je ne sais pas si ça marchera mais ça fera toujours placebo ». Au demeurant je profite de ce moment de mon récit pour faire un petit aparté, juste pour dire que ça faisait longtemps que je n’avais pas rencontré autant de coureurs sympas qui prennent le temps d’encourager les autres, de prendre de leurs nouvelles et les aider. Je l’ai fait à de nombreuses reprises également mais pour une fois j’ai vraiment vu une réciprocité à chaque instant. Je me relève et tente de trouver une solution pour finir. Franchement finir cette foutue course en marchant dans la descente m’exaspère au plus haut point. Il faut absolument que je trouve une solution, je m’occuperais du diagnostic plus tard. J’ai vraiment pensé à une fracture de fatigue. Je finis par trouver une position où j’attaque totalement par le talon en évitant autant que possible la pause de l’avant du pied, ce qui en descente et en chaussures minimalistes (je porte mes merrel) est un contre-sens total. Mais là franchement je crois que je ne pourrais pas supporter de marcher en descente ! De toute façon je sers les dents et j’avance. J’avoue que je n’ai pas vraiment regardé l’heure qu’il était, trop concentrée que j’étais sur ma foulée et ma douleur. Je connais ce chemin, je l’ai fait plusieurs fois. La floria est là, je sais que l’arrivée est proche. Nous croisons de plus en plus de personnes venues à la rencontre des leurs pour les encourager et les accompagner. Ne pas lâcher, penser à sa façon de poser le pied pour le préserver, boire de temps en temps… les minutes passent, vite finalement et enfin la route est là, les maisons, les bénévoles qui assurent notre sécurité toujours aussi adorables qui nous encouragent. J’entends tout d’un coup crier mon nom, je me retourne et une fille me bondit dans les bras « je suis une TEE ! Allez fonce ! ».

 

utmb16-occ-pt-00-0001
25/08/2016 UTMB 2016 OCC Xavier Thevenard takes 1st place © UTMB® – photo : Pascal Tournaire

 

L’année prochaine je fais tout pareil mais avec des drapeaux bretons !

L’entrée dans Chamonix… Comment te dire… Aujourd’hui encore j’en ai des frissons… Personne ne peut comprendre ce truc incroyable tant qu’on ne l’a pas vécu. Evidemment en visant l’heure de l’apéro (promis la prochaine fois je tente celle du goûter !), je me doutais bien que la ville serait dehors en terrasse et que j’allais vivre un truc de dingue. Ça crie, ça applaudit de part et d’autre, j’entends mon prénom, certains visages connus surgissent et m’encouragent, m’accompagnent même quelques mètres comme Mireille qui me lâche juste avant l’arrivée. Je vous jure, j’ai eu l’impression d’être Caroline Chaverot ou Laurence la dernière de l’UTMB. Enfin la fameuse dernière ligne droite… J’entends Ludo qui se marre en disant au micro et donc à la foule entière « mais je rêve ou je vais enfin voir Cécile Bertin passer une ligne d’arrivée ! ». J’éclate de rire et lui crie un tonitruant « mais je t’emmerde Ludo ! » et hilare je passe la ligne en 11h57’47. Si c’est pas de la précision suisse ça ? Je visais 12h, j’ai réussi mon pari sans le faire exprès soyons claire ! Robert, ami FB m’avait promis d’être là sur la ligne et il l’est. Je retrouve évidemment toute la fine équipe qui attend Mia qui arrivera quelques minutes après moi. Sans parler de Guy qui finit à 3 minutes de moi. La tradition est donc presque respectée, j’ai encore fini une course avec le premier V4 ! Une autre surprise et non des moindres m’attend encore à l’arrivée. Alors que l’année dernière les finisheurs de l’OCC n’avaient eu le droit qu’à un pauvre t-shirt même pas technique, nous découvrons ravis une superbe polaire sans manche comme toujours, noire brodée de blanc qu’il faudra protéger du regard envieux des finishers de la TDS, vraiment dépités devant la matière quelque peu originale de la leur. Je file après avoir salué tout le monde vers mon dîner où je finirais par seulement boire un verre, la douche relevant de la nécessité absolue, mon odeur corporelle m’indisposant au plus haut point. Et forcément l’histoire se finit immanquablement au mac do accompagné d’Olivier, mon collègue belge de Zatopek qui, comme moi, n’est pas vegan et aime le gluten !

 
Epilogue de cette histoire : la douleur au pied n’est pas réapparue pour le moment… mais bon je n’ai pas recommencé à courir non plus ! J’ai vraiment adoré ce format qui confirme ce que je dis depuis plusieurs mois déjà, l’ultra en montagne, ça n’est plus pour moi. J’adore toujours autant la Suisse, je vais donc continuer à explorer les courses de ce côté des Alpes. Et j’ai en tête de m’aligner sur le challenge Traversée – OCC s’il est bien organisé l’année prochaine histoire d’améliorer mon temps sur cette dernière et de commencer quand même mon été à Verbier comme tous les ans maintenant (Tiphaine, Matthieu ce message est pour vous !). J’ai aussi en tête de me perfectionner enfin en trail puisque de toute façon le bitume c’est fini pour moi, donc un petit stage s’impose. Ah oui, toujours pas envie de refaire l’UTMB (je n’ai plus de points !) pour celles et ceux qui remettent ça sur le tapis… Par contre le grimper, ça oui et de plus en plus même ! J’attends que mon super guide soit remis d’aplomb et je prépare ça sérieusement, avec une idée très claire en tête : faire une première fois du refuge du goûter et tenter une deuxième fois à la Kilian… Enfin une seule fois dans la journée mais avec le panini quand même ! Mais bon ça sera quand je serai grande… Les rêves c’est important d’en avoir !