Run : Les fuites urinaires, il faut en parler

Aujourd’hui encore, alors qu’on a marché sur la lune et qu’on arrive à discuter avec une copine par webcam interposée d’un bout à l’autre de la planète, un sujet qui concerne une femme sur 4 reste tabou : les fuites urinaires.

 

Il suffit de voir la réaction outrée des femmes lorsqu’elles reçoivent un échantillon de protection, genre « mais tout va très bien merci »…  Pour la petite histoire j’ai discuté avec les responsables d’une marque qui a lancé un produit médical assez incroyable que je compte bien vous présenter et ils me racontaient leur expérience sur le village de la Parisienne. Des femmes passent, 2 fois, 3 fois devant le stand et finissent par venir se renseigner. Elles commencent immanquablement par un « ma meilleur amie », « ma sœur souffre d’incontinence urinaire »… C’est fou ce qu’il y a comme copines qui ont des fuites lorsqu’elles éternuent quand même ! Il y a un autre tabou encore plus important qui concerne la partie sexuelle. Combien de gynécos ont entendu dans le secret de leur cabinet « je ne sens plus rien… du coup je n’ai plus tellement envie ». Eh oui, le périnée ça permet aussi au chat de miauler ! (je la fais moins même cette blague à deux balles, ça vous évitera d’avoir à la faire !). Reste le sport et plus particulièrement le running. Combien de femmes ont fini par renoncer à courir uniquement à cause de ça, parce qu’elles n’osent pas en parler, parce qu’elles pensent qu’après les fameuses 10 séances, si cela n’a pas marché c’est terminé pour elles. Les filles, il est temps de se libérer et de brûler les culottes mouillées !

 

 » ce sujet est encore trop tabou alors qu’il est si simple d’en parler et de trouver des solutions qui changeront votre vie ! »

Du point de vue purement médical…

Qui dit urine, dit reins. Cet organe a pour fonction de filtrer les substances inutiles provenant de la circulation sanguine et de les envoyer vers la vessie. La vessie est comme une poche musculaire qui peut s’étirer pour contenir jusqu’à 500 ml une fois pleine. Lorsque la vessie est à moitié pleine, des nerfs indiquent à votre cerveau qu’il est temps d’aller uriner. L’urine passe alors dans l’urètre, qui est maintenu fermé par deux muscles appelés les sphincters. Le sphincter interne s’ouvre lorsque la vessie est pleine. Le muscle sphincter externe lui peut être maintenu fermé volontairement pour conserver le contrôle de la miction. Le rôle des muscles du plancher pelvien, qui sont situés sous la vessie et autour de l’urètre, est de les faire travailler correctement. Une femme sur 4 et un homme sur 8 seront, un jour ou l’autre de leurs vies, concernés par un dysfonctionnement de ce processus. Il est bon de rappeler que nous ne sommes pas les seules concernées ! L’incontinence urinaire peut avoir des origines différentes et donc logiquement des réponses différentes d’où l’intérêt de poser au plus vite le bon diagnostic.

 

Un plancher tout mou… ne vaut pas un clou !

Dans la majorité des cas les fuites urinaires s’expliquent par un affaiblissement des muscles du plancher pelvien qui maintiennent l’urètre fermé. A partir du moment où ils perdent de leur élasticité et donc de leur efficacité, des moments anodins de la vie de tous les jours comme rire, tousser, soulever un poids et ce qui nous concerne directement aujourd’hui courir peuvent entraîner des fuites urinaires très désagréables à vivre.

 

Un bébé et la vie vous sourit… les fuites aussi !

La combinaison entre bouleversements hormonaux et physiques qui peut se révéler terrible si l’on ne prend pas les devants. Il n’y a pas besoin d’avoir fait médecine pour comprendre que la pression de l’utérus sur la vessie et les efforts accomplis pour mettre au monde son enfant ne sont pas sans risque pour cette zone fragile. Certaines femmes sont concernées par les fuites urinaires dès leur grossesse, pour d’autres, ce sera après l’accouchement. Même si les petits accidents pendant la grossesse sont classiques il ne faut pas hésiter à le signaler à votre gynécologue qui pourra suivre l’évolution et anticiper ainsi une éventuelle dégradation. Elle pourra aussi vous orienter vers une sage femme qui pourra vous aider avec des exercices de renforcement. En cas de surpoids non lié à la grossesse, les conséquences peuvent être les mêmes. Le diabète peut aussi avoir comme conséquence des fuites urinaires. Il faut avant tout en parler pour être prise en charge au plus vite.

« Dis-moi comment tu fais pipi, je te dirai quelle incontinente tu es ! »

A la ménopause, les hormones sont moroses…

Avec une diminution de la quantité d’œstrogènes dans les muscles abdominaux, ceux-ci vont se relâcher, pouvant alors provoquer un décalage de la vessie et réduisant par là même l’efficacité des muscles qui la maintiennent fermée. Une prise en charge efficace existe, ce n’est pas une fatalité, il faut à votre médecin de toute urgence parler !
Un diagnostic posé et c’est la solution trouvée !
L’incontinence urinaire à l’effort.

 

C’est celle qui concerne le plus les coureuses et les femmes dans leur ensemble. Les muscles du plancher pelvien, ceux qui soutiennent la vessie ont perdu de leur tonus. Rire ou courir augmente alors la pression exercée à la fois sur la vessie et sur les muscles moins réactifs qui n’arriveront pas à bloquer complètement le flux de l’urine. Il y aura donc des fuites légères mais qui peuvent être plus importantes si rien n’est fait.

 

L’incontinence d’impériosité
On parle aussi de vessie hyperactive. Vous ressentez un besoin impératif d’uriner et votre vessie est incapable de se contrôler plus longtemps. Il n’y a pas vraiment de signes annonciateurs mais si vous allez uriner plus que la moyenne qui se situe entre 4 à 8 fois par jour, ou que vous vous réveillez régulièrement la nuit pour ça, vous pouvez être concernée par ce problème. On ne connaît pas encore les causes exactes de ce processus mais on pense qu’il s’agit d’une mauvaise communication entre le cerveau et les muscles de la vessie. Ceux-ci lui indiquent qu’elle est plus remplie qu’en réalité et le cerveau réagit face à cette mauvaise information. Il existe des exercices à pratiquer pour exercer votre vessie à vous obéir.

Evidemment on peut souffrir des deux en même temps histoire de pimenter un peu les choses ! Mais il y a des solutions quelque soit sa situation, il est donc grand temps de consulter pour arrêter de cacher la vérité. Il n’y a pas de honte à souffrir de ça et surtout il n’y a pas de honte à en parler aux professionnels qui pourront vous proposer des solutions concrètes et adaptées. C’est ici que ça se passe !

 

Le problème de l’épisiotomie : présentée pendant des années comme l’arme absolue anti-incontinence urinaire, tous les experts sont aujourd’hui formels, cela ne protège en rien la femme des désagréments post-accouchement. En France plus de 50% des femmes subissent cet acte alors que l’OMS souhaite baisser ce chiffre à 20%. Les campagnes menées par des associations au Royaume Uni ont permis de diminuer le taux d’épisiotomie de 52 % à 13 %. En suède, le taux d’épisiotomie est même tombé à 6 %. Il ne s’agit pas de tentatives d’associations pour l’accouchement naturel accroché à une branche, mais bien de constats faits par des professionnels de santé. Le Collège National des Gynécologues Obstétriciens a effectué en 2005 les recommandations suivantes :
– L’épisiotomie ne prévient pas les déchirures graves
– L’épisiotomie ne prévient pas les incontinences urinaires ou anales
– Une présentation par le siège ou un accouchement de jumeaux ne justifient pas la pratique systématique d’une épisiotomie.