HOKA ONEONE SPEEDGOAT : mi figue mi raisin …

Si je devais choisir une incarnation produit du terme « accroche », nul doute que la première chaussure qui me viendrait à l’esprit serait la Hoka OneOne Speedgoat. C’est bien simple, avec sa semelle Vibram(TM) et ses crampons de 4 mm, elle … colle au sol, il n’y a rien d’autre à dire. A tel point, d’ailleurs, que cela en est, de temps à autre, surprenant voire déstabilisant au sens figuré mais aussi au sens propre, comme si, tout à coup, elle ne voulait plus bouger de là où elle se trouve. Et alors, ce qui fait sa principale qualité peut devenir un défaut, particulièrement quand on attaque médio-pied. J’y reviendrai.

Pour le reste, c’est une HOKA trail de facture technique assez classique mais avec un choix de couleurs particulièrement gaies et sans stéréotype, tant pour les hommes que pour les femmes. Légère (290 g en 45.5 Homme), avec une tige enveloppante mais assez basse qui laisse de la liberté à la cheville. Le laçage est classique … heureusement, car le chaussant est étroit et pouvoir laisser « du mou » est nécessaire. L’amorti est assez important, on n’est pas dans la même cour que la Challenger ATR. La flexibilité transversale de la semelle est correcte et même un coureur léger comme moi (66 kg) réussit à la « plier » en courant 🙂 Par contre, dans l’axe longitudinal, la semelle est particulièrement rigide.

SPEEDGOAT2Je ne recommande donc absolument pas cette chaussure, malgré son drop réduit (5 mm) à des coureurs attaquant médio-pied. Et ce pour une raison majeure : son manque de stabilité sur l’avant. Effet combiné d’une accroche très importante, d’une semelle rigide et d’un chaussant étroit, il est très fréquent de se retrouver dans une situation où le pied verse latéralement, ce qui induit une charge instantanée assez importante sur la cheville.

Par contre, pour les coureurs attaquant du talon, ce manque de stabilité ne se fait pas sentir, sans doute à cause de l’effet frein de l’amorti arrière et de la plus grande surface d’impact. Tout ceci étant, paradoxalement, indépendant du poids. La Speedgoat convient en effet tout autant à des coureurs légers qu’à des coureurs relativement lourds, si tant est qu’ils talonnent. Les premiers apprécieront sa légèreté et son dynamisme intrinsèque avant, favorisant l’impulsion, les seconds seront friands de son confort avéré dans toutes les situations et sur tous les revêtements. Attention, toutefois, si vous avez le pied un peu large à l’avant, vous risquez de vous sentir à l’étroit.

SPEEDGOATLa Speedgoat est donc une chaussure faite pour courir longtemps et sur des terrains relativement peu adhérents. Si vous êtes peu souples des chevilles, je vous déconseille les terrains trop accidentés, pour toutes les raisons évoquées ci-dessus.

En résumé, ce n’est pas une chaussure pour moi 🙂 mais elle n’en a pas moins de grandes qualités dont une accroche absolument phénoménale et un grand confort. Avis aux amateurs … talonneurs.

Prix : 130 € (notamment ici)