Merrell Bare Access Trail : only the best will survive …

Afin d’éviter de vous faire perdre du temps, ami-e-s lecteurs, je mets tout de suite les points sur les i : si vous courez en attaquant franchement du talon, genre, je fais un trou pour planter un arbre, ou si, la notion d’amorti vous évoque irrésistiblement des images d’édredons douillets, passez votre chemin et ne lisez pas cet article (cela dit, si vous êtes déjà arrivé-e-s à ce stade du récit …). Et non, la Merrell Bare Access Trail n’est pas faite pour vous.

BA3Je ne suis absolument pas d’accord avec la marque lorsqu’elle prétend que cette chaussure « rend le minimalisme accessible au plus grand nombre et facilite la transition et le temps d’adaptation » – voilà c’est dit. 0 mm de drop, 8 mm seulement d’épaisseur de semelle … ce n’est quand même pas la chaussure de trail de Monsieur et Madame Toutlemonde …

… mais c‘est une fantastique chaussure de trail quand même, si tant est qu’on soit déjà, ne serait-ce qu’un peu, habitué à courir médio-pied, au moins sur route.

Car cette chaussure déborde de qualités : le chaussant épouse littéralement la forme du pied et assure par sa structure légèrement rigide un maintien parfait tout en offrant la souplesse nécessaire pour ne pas réduire les degrés de liberté. Le laçage s’ajuste à toutes les tailles et toutes les formes et la languette ne bouge pas. La tige, basse, évite les torsion inutiles de chevilles, en permettant au pied d’être toujours dans la meilleure position de contact possible avec le sol, sans ajouter de tensions inutiles sur les articulations. L’accroche de la semelle est excellente sur l’avant, quelle que soit la surface d’évolution (route, sentiers, pierres, herbe) et son état d’humidité. Ce n’est pas tout à fait le cas sur l’arrière, elle peut, en effet, dans certains cas, dévisser sur des surfaces glissantes. A noter également que le mesh, bien que tissé serré protège peu des intempéries.

BA2Le dynamisme est évidemment exceptionnel … dans la mesure où il n’y a pas d’amorti ou presque et donc pas de perte de « transmission » des efforts mécaniques du corps sur le sol. On sent confusément, et contrairement à certaines chaussures où on a avant tout l’impression de lutter contre le moelleux de la semelle, que la Bare Access Trail n’impose pas de limites à nos performances.

S’il n’y a pas d’amorti à proprement parler, la semelle n’en est pas moins protectrice et on ne sent jamais les imperfections du sol, d’autant que sa souplesse, quelque part, si vous me permettez l’expression, les digère. On peut donc courir sur des distances relativement longues sans trop de fatigue.

Pour continuer sur la métaphore gustative, je dois vous avouer qu’en ce moment je me … régale … avec cette Bare Access Trail sur les sentiers de ma forêt, car elle y exprime toute sa quintessence : maniable, efficace, réactive, accrocheuse mais sans pour autant être trop brutale, souplesse du sol d’automne aidant.

Revenons, pour finir, à l’affirmation de Merrell : certes, et à condition d’évoluer sur des surfaces « faciles » (i.e. : les fameux sentiers forestiers automnaux) s’adonner à la découverte du midfoot running, même si on a l’habitude de talonner (une habitude que le manque d’amorti va vite révéler …) mais, honnêtement, c’est quand même plus une chaussure qui s’adresse à des spécialistes du médio-pied qui sauront en exploiter toutes les possibilités et en mesurer l’efficacité en compétition sur des trails courts.

Prix : 110 € sur le site de Merrell