Run : Ultraboostcamp, allez Martin booste moi encore !

Lorsqu’on m’a proposé de me joindre au premier Ultraboostcamp spécial filles, j’ai tout de suite accepté, pour plusieurs raisons : à titre perso et je ne m’en cache pas, je cours en ultra boost au quotidien et ce, depuis leur arrivée sur le marché. Ce sont mes chaussures dans ma vraie vie et pis c’est tout. Pas la peine de disserter sur leurs qualités, je reste persuadée que chaque pied est différent et surtout chaque foulée. La mienne étant comme tout le monde le sait, tordue et moyennement efficace, quand tu trouves chaussure à ton pied, tu évites d’en changer. Ça doit d’ailleurs être génétique puisque mon fils de 16 ans ne jure aussi que par elles. Mais cela ne suffit pas à expliquer mon intérêt pour le week-end ! Comme tout le monde le sait, les teams boost ont suscité bon nombre de débats et autres délires blogosphériques, j’ai d’ailleurs consacré moi-même un article sur le phénomène axé sur Camille, leader de la team Bastille, qui a gagné le challenge cette année (et c’est l’occasion de la rencontrer en vrai). Etant provinciale, j’ai toujours vu ça de loin, je n’ai pas pu assister à la première finale, je ne sais plus pour quelle raison pro, bref j’avais envie de voir en vrai et de discuter en direct avec leurs membres de préférence féminins pour me faire une idée un peu plus précise du phénomène. Oui bon, ok, on nous annonçait aussi la présence de Martin Fourcade mais je vous jure que cela n’a pas joué dans ma décision de venir passer le week-end à l’INSEP ! Même si j’avoue, il est le seul que je connaisse et que je suive lors des JO d’hiver…

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Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore Martin !


Me voilà donc qui prends la direction de l’INSEP, endroit que j’ai la chance de bien connaître pour y avoir régulièrement passé des moments plus ou moins agréables : électro d’effort, tournage marathon avec Christophe Ruelle de l’émission spécial running pour MCS Bien Etre (super coach lui aussi qui a lancé un programme top de remise en forme, il suffit de cliquer sur son nom !), c’est dire si je connais les lieux. Alors que j’arrive sur les lieux samedi matin et que je fais connaissance de mes petites camarades de jeu, force est de constater que comment dire… Comme le dit si bien Florence Foresti, je dois être la seule de la salle à avoir vu Mickael Jackson noir et en concert en plus… Comme je dois être la seule à avoir une carte famille nombreuse 30% (les 40% sont partis avec mon poussin loin, trop loin du nid…)… Comme surtout je dois bien être la seule à souffrir d’arthrose. Bref pour résumer, à mon avis je suis la doyenne du rassemblement ! Sans parler du fait que je sors de quelques jours compliqués question santé. J’ai passé 4 jours à lutter contre la cochonnerie que j’ai ingérée, entre poussées de fièvre, chutes de tension qui m’obligent à me tenir aux meubles pour me déplacer dans la maison, nausées et intestins bouleversés, je n’ai réussi à retrouver une activité et une alimentation normale que la veille de mon arrivée à l’INSEP. Je tiens d’ailleurs à remercier ici publiquement l’Education Nationale d’avoir repris ses fonctions au bon moment, ça m’a sacrément soulagé ! Je suis par contre furieuse d’avoir dû renoncer à rejoindre les 2 « Vincents » pour notre crapahute glacée au sommet mais j’ai abandonné pour ne pas finir perfusée, ce n’est pas pour aller me faire hélitreuiller 4 jours plus tard !

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Jimmy vient nous faire coucou !

Nous commençons la journée par un briefing et là je comprends que j’avais mal compris… Quand j’ai reçu le programme quelques jours avant, j’ai naïvement pensé que les ateliers seraient « au choix » mais pas qu’ils comptaient vraiment nous faire faire tout ça en 2 jours ! En plus, personne n’a l’air de broncher… Faut dire que notre coach du jour est celui qui entraîne d’habitude Jimmy Vicaut qui court le 100m en 9’86… Mais bien sûr ! Tiens d’ailleurs il vient nous saluer avant de partir sur une compétition à Berlin. Il sera le premier des champions que je vais croiser durant ce week-end de folie. Bon ben, c’est pas tout ça mais on se change (merci Adidas pour la jolie tenue, pas rose girly !) et direction le dojo pour une bonne heure de renforcement musculaire. Une heure ??? Ah ouais quand même… Même si je m’installe dans le fond je joue les bonnes élèves en tentant de faire ce que je peux avec ce que j’ai. Mais c’est quand on attaque les pompes que je me dis que je suis tombée dans un truc de dingues. Pleins de filles les enchainent sans que cela semble leur poser de problème, et elles font des vraies hein ? Pas le truc que je fais moi, avec les genoux qui restent au sol parce que de toute façon, mes bras d’anorexique ne me permettent absolument pas de me soulever. C’est à ce moment que j’ai compris que j’allais en baver, que le niveau allait être sacrément relevé et que je l’avais bien cherché !

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Je suis planquée au fond, pas la peine de me chercher !

Enfin on mange ! Direction le réfectoire qui me rappelle ma jeunesse de pensionnaire tout comme la chambre que j’occupe d’ailleurs puisque j’ai la chance de pouvoir dormir sur place. Enfin « me rappelle » c’est une expression puisque je dormais dans des box comme les chevaux et pas dans une chambre confortable, et qu’ils n’ont pas Sœur Simone qui erre la nuit dans les couloirs en robe de chambre pour vérifier que ses ouailles dorment à poings fermés. J’aurais dû faire athlète de haut niveau moi ado au lieu d’être dispensée de sport !

Bon je reprends des forces, pars me changer et retour en mode action avec une séance de côtes dans le bois de Vincennes. Je ne me souviens pas la dernière fois que j’ai fait une séance aussi construite dirons-nous. J’en fais forcément mais comme je m’entraine seule, je n’ai jamais un mec qui me surveille en haut avec son chrono et surtout pleins de filles autour qui tracent comme des gazelles. Bon déjà la vitesse footing c’est ma vitesse 10 bornes alors forcément j’arrive un peu essoufflée en bas de cette foutue côte qu’il va falloir grimper je ne sais plus combien de fois en variant les plaisirs façon pyramide. Mais moi je suis plutôt sphinx si vous voyez ce que je veux dire ! 2 athlètes féminines sont venues en renfort pour nous encourager à savoir Flore Martinuzzi (35’15 sur 10 bornes) et Anne Ponroy, une gazelle blonde qui semble marcher alors que je tente de la suivre à fond… Elles préparent d’ailleurs toutes les deux le DUST, ce qui nous permettra de papoter désert dès que la séance sera finie. Je ne sais même pas comment j’ai fini ce truc sur mes 2 pieds. Je n’ose même pas regarder mon cardio (oui depuis que j’ai le 225 de chez Garmin, je regarde mon cardio !) de peur de lire des chiffres totalement délirants. Ce qui m’inquiète au moment où l’on rentre enfin chez nous, c’est que là tout de suite maintenant je ne vois pas du tout comment je vais pouvoir enchaîner la journée du lendemain.

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Sur la photo ça ne se voit pas trop mais ça grimpe !

Maintenant place à la récup puisqu’on nous bichonne comme des championnes ! Séance de veinoplus sport sur les mollets histoire de limiter les courbatures même si là franchement je me serai bien collée des patchs sur tout le corps parce que « j’ai mal » sur tout le corps… J’avoue que je zappe la séance de balnéo, ce qui est idiot je le sais mais je n’ai pas le courage de me mettre en maillot, je suis morte de chez morte. Et c’est à ce moment que la soirée va prendre une tournure rigolote… J’avais remarqué le matin en arrivant au dojo des camions régie, des techniciens avec leur pass où l’on pouvait lire en gros PUMA. Lorsque nous sommes rentrées de notre petite séance de torture, la piste extérieure était en mode shooting mode avec gardes du corps qui interdisaient l’accès sur zone. Donc j’avais 2 possibilités : soit nous avions Usan Bolt dans la place, soit Rihanna… C’est le premier qui a gagné (j’ai appris d’ailleurs que le surlendemain le shooting commun avait bien eu lieu mais sur un autre stade parisien). Les petits internes restés en week-end sur place piétinent d’impatience de pouvoir faire un selfie avec lui et nous nous retrouvons toutes à faire de même. Martin Fourcade arrive et passe lui aussi en mode groupie, sauf qu’il a le droit d’aller le saluer directement. Entre champions olympiques on se comprend ! Une photo plus tard, nous repassons en mode Martin et j’ai la chance de pouvoir le rencontrer avec un petit groupe de privilégiées et pouvoir discuter avec lui. Bon je vais faire très court : ce mec est tout bonnement adorable ! Et son attitude pendant les heures qui vont suivre sachant qu’il nous quittera le dimanche midi ne fera que conforter cette première impression.

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Martin et Usan… Y en a de la breloque sur cette photo…

Ça m’est déjà arrivée d’être en présence de champions lors d’events de ce style mais très souvent c’est plutôt « coucou, photo, au revoir ». Jamais je n’ai vu un athlète de haut niveau comme lui se lever tôt le dimanche pour nous accompagner sur une sortie à jeun ! En attendant je m’écroule sur mon lit à 22h30 et je dors à 22h32… J’ai mis mon réveil à 6h45 en prenant soin de préparer mes affaires pour être prête rapidement parce qu’apparemment, ils sont bien sérieux avec leur sortie matinale dominicale. Mais surprise à 6h40 on frappe à ma porte. C’est un des garçons de l’orga qui vient vérifier que je suis bien réveillée… Vous voyez la fille dans « 4 mariages et un enterrement » ? Vous savez la meilleure amie de Hugh, Scarlett comme l’autre mais en nettement moins fouteuse de merde, qui émerge dans sa couette 5 min avant le premier mariage ? Ben voilà c’était moi ! T’inquiète je suis prête dans 2 minutes ! On est attendu à 7h et j’arrive à 6h59, stupéfaite de voir 99% des filles et Martin prêt à nous accompagner en vélo. Donc ils étaient bien sérieux… C’est parti pour 45 min à faire le tour du lac, à faire le tour de l’INSEP en 2 groupes pour ne pas faire peur aux personnes qui soit promènent leur chien de bon matin, soit cherchent leur chemin en le demandant aux gentilles dames qui sont là sur le bord des trottoirs pour pourvoir, dieu merci aux lacunes de signalisation de la DDE. Petites veinardes que nous sommes, nous avons eu la garde de Martin avec qui je papaute tranquillement. Oui, ok, il ne parle pas qu’avec moi évidemment, il va d’un petit groupe à l’autre pour faire connaissance. Je vous ai déjà dit que ce mec était adorable ? Je ne sais plus, j’ai un doute…

Il ne fait pas que pédaler à nos côtés, il sert aussi de vestiaire roulant récupérant vestes et autres téléphones portables devenus gênants. Comme je lui dis en rigolant, perso je ne prends plus que des médaillés olympiques pour m’assister sur mes entraînements, question de prestige ! Retour à l’INSEP, je ne rêve que d’un bain et de mon lit, mais il faut déjà repartir petit déjeuner, pas trop lourd puisqu’apparemment ils comptent vraiment nous faire faire une séance de fractionnés façon pyramide sur la piste. Mais bien sur… Rien que de faire 4 tours de piste je suis morte moi ! Franchement après le premier 400, j’ai en tête de mettre le cligno parce que j’ai juste l’impression que mon cœur et mon corps tout entier sont en train de me lâcher. Mais c’est là que l’esprit groupe va se mettre à fonctionner, me faisant grandement regretter d’ailleurs de pouvoir m’entraîner de temps en temps en mode meute. Ok je suis parmi les plus nulles ce qui n’est pas difficile, j’ai des filles dans mon groupe qui tournent à 16km/h… Mais j’ai décidé que de toute façon valait mieux une séance complète réalisée à mon niveau qu’une séance écourtée réalisée à fond pendant 3 tours. Les coachs sont là, présents sans être trop méchants si vous voyez ce que je veux dire.

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Les fameux coachs ! A droite il est allé aux JO aussi en guide et il est revenu avec une médaille… Je vous dis moi je ne cours plus qu’avec des médailles olympiques, question de principe !

Tour après tour, je ne lâche rien, maintenant que je suis partie, il faut tenir la distance. Lorsque j’attaque mon dernier 400, j’entends alors qu’il me reste 150m à parcourir Martin me dire « allez, tu rentres à Chamonix là »… Mince alors mais il a même mémorisé ce que je lui ai raconté ? Je vous ai dit que ce mec était adorable ? Je ne sais plus, j’ai un doute… Effet boost garanti, je me redresse et je donne ce que je peux pour finir cette foutue série infernale. J’ai tenu, j’ai fini, j’ai le droit d’aller me doucher ! Libérée, délivrée, j’avoue que je reste scotchée du niveau que j’ai vu sur la piste. Les filles ne sont pas là pour faire de la figuration et certaines ont de sacrées possibilités. L’effet groupe fonctionne à plein régime et la compet même si elle reste bonne enfant est réelle, poussant les filles à se dépasser. Je comprends mieux le succès de ces rassemblements et franchement, c’est dans des moments comme ça que je regrette de ne pas être parisienne.

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La 4ème planquée c’est moi !

Mais ce n’est pas fini, comme chez SFR, nous avons le droit à un dessert ! Séance de yoga d’une heure pour tenter de rendre un peu de souplesse à ce pauvre corps épuisé. Bon là, franchement, c’est juste à désespérer… Je me planque dans le fond avec une copine traileuse comme moi qui m’a avoué être aussi souple qu’une racine et nous allons un peu manquer de sérieux. De toute façon, ce n’est pas ma faute à moi, j’ai les jambes trop longues par rapport à mes bras qui sont clairement trop courts pour que je touche le sol et les seins trop hauts pour que mes genoux les touchent, ce qui est un exploit après 4 enfants notez-le. Je ne parle même pas des exercices d’équilibre… Faut faire gaffe quand même, à mon âge je risque une fracture du col du fémur ! Je finis dans ma position préférée, à savoir celle du phoque échouée sur la banquise, certes peut-être moins sexy que celle de l’arbre mais au moins je ne risque pas de finir déracinée ! A mon grand regret je vais devoir m’éclipser pour prendre mon train et je vais rater la visite de l’INSEP avec comme guest Teddy Riner…

Voilà, comme le dit si bien Téléphone qui a décidé à la surprise générale de se reformer le temps d’un concert, c’est fini. Et comme ce groupe légendaire, j’ai le sentiment après ce week-end d’être un peu redevenue celle qui, il y a quelques années passait des heures sur la piste l’hiver à faire des tours pour préparer ses marathons. Les filles de l’ultraboostcamp ont soufflé sans vraiment le réaliser sur des braises et il n’y a plus qu’à espérer que j’ai le courage de remettre du bois pour qu’une belle flambée me réchauffe cet hiver. Qui sait !

Merci en tout cas à toutes de m’avoir si gentiment accueillie dans vos rangs, j’ai passé un excellent moment à vos côtés et rdv fin septembre. Merci à Adidas pour avoir organisé un tel événement et merci à Martin évidemment !