Run : Cursor politicus…

Cursor politicus

C’est bête à dire mais ce texte ou plutôt ce sujet est né suite à ma soirée à regarder l’Eurovision… Non il ne s’agit pas de défendre notre française qui chante très bien au demeurant mais bon célébrer l’union des peuples européens par une chanson sur la première guerre mondiale, comment dire… Bref j’en viens à mon sujet ! Le rapport avec le running ? Bougez pas, vous aller comprendre !

Lorsque les résultats ont commencé à tomber, les points à s’égrener, la chanteuse russe s’est faite huée pays après pays. L’une des présentatrices s’est vue dans l’obligation de rappeler que nous étions là dans le cadre d’une « compétition » vocale, et que la politique devait rester aux vestiaires. Vous voyez où je veux en venir ? Qu’on le veuille ou non, avec un minimum d’objectivité, on peut reconnaître à la jeune femme d’avoir très bien chanté (enfin quand on aime le style Céline Dion et amygdales en folie !), d’avoir une chanson sympathique pour qui aime ce style, bref de remplir le contrat pour lequel elle était venue, certes d’un pays qui aujourd’hui pose problème question politique mais qui n’était pas interdit de séjour en Autriche, jusqu’à preuve du contraire. Et là j’ai pensé à une remarque lue sur une page FB d’un athlète d’un niveau plutôt intéressant qui annonçait sa participation à une course aux confins de la Chine, organisée non pas par le gouvernement mais par un organisme privé comme celui qui a organisé ma course en Gobi. Une « amie » lui répondait qu’il devait avoir honte d’aller dans un pays qui massacre les tibétains, ce qui est vrai au demeurant, là n’est pas la problématique. Cela m’a fait réfléchir… Jusqu’à quel point le sportif doit faire preuve d’engagement politique ? Je me suis rappelée un certain marathon de Paris où une association avait proposé à bon nombre de coureurs d’arborer le drapeau tibétain, ça devait être d’ailleurs l’année des Jeux Olympiques à Pékin. Pleins de coureurs habillés de la tête aux pieds en made in China étaient tous fiers avec leur drapeau, oubliant évidemment que sans ce pays ils seraient en mode ultra minimaliste sur le bitume parisien…
Si l’on commence à vouloir courir politiquement parlant, évidemment on oublie les USA… On oublie le Maroc aussi, parce que bon, soyons un minimum honnête, on a connu plus démocratique. Juste pour faire le tour des deux destinations qui font rêver bon nombre de coureurs. On ne porte plus aucun textile issu de la zone asiatique, il me semble que les évènements récents qui agitent les côtes de la Thaïlande ou de l’Indonésie prouvent que l’accueil des personnes en perdition en pleine mer n’est pas leur tasse de thé… Ah ben d’ailleurs si je suis le rapport d’Amnesty International, je ne cours même plus en France puisque nous sommes dans la liste de pays qui doivent sérieusement revoir la gestion de certains dossiers devenus brûlants ces derniers temps. Si l’on applique ça aux Jeux Olympiques, c’est bien simple, il doit rester 3 pays à tout casser et encore ! Alors que fait-on ? Doit-on considérer que la politique s’arrête à l’entrée du stade ? Que le sport doit être avant tout une source de paix entre les peuples, de connaissance de l’autre et surtout de respect ou doit-on continuer à faire la guerre ? J’aime à rappeler les rencontres incroyables que j’ai pu faire dans mes courses à l’international justement, ces moments inoubliables où quel que soit sa religion, le président ou le dictateur qui nous gouvernent, nous ne sommes plus que des personnes qui avons les mêmes ampoules, les mêmes courbatures, les mêmes souffrances… Nous sommes à une époque où la connaissance n’a jamais été aussi accessible pour bon nombre d’entre nous et pourtant nous ne savons rien des autres ou si peu et bon nombre ne veulent surtout rien savoir, préférant rester sur leurs certitudes. Est-ce que le fait de partager ma gamelle de nouilles avec mon voisin chinois fait de moi une fervente supportrice du gouvernement de son pays, je ne pense pas. Est-ce que le fait d’aller à Buenos Aires sous-entend que je soutiens un pays qui a servi de terre d’asile à bon nombre de dignitaires nazis qui ont fini leurs jours tranquillement au soleil ? Je pourrais prendre pays par pays et trouver dans son histoire proche ou lointaine de quoi alimenter ce sujet, parce que je pense pouvoir affirmer que nous avons tous eu des pages sombres dans notre histoire. Parce qu’on parle de notre histoire contemporaine mais pourquoi ne pas aller plus loin et prendre en considération l’Histoire dans sa globalité. Allez, zou la Turquie j’oublie… L’Espagne, n’en parlons pas, le Portugal et le Royaume-Uni, on oublie aussi.

Je ne vous dirai pas que j’ai la réponse à cette question, déjà parce que je pense que justement, ma façon de vivre et celle que j’inculque à mes enfants est une réponse en soi. Le tout blanc ou le tout noir n’existe pas chez nous, la discussion, le débat et l’argumentation sont la base même de ce que je leur enseigne, comme le goût de la découverte des autres et de leur histoire pour essayer de mieux comprendre comment notre monde tourne. Je sais aussi qu’en tant que française et ayant la chance de vivre en démocratie, je n’en reste pas moins férue d’Histoire et je n’ai pas oublié que notre système politique s’est construit dans le sang de milliers et milliers d’opposants. Mais je suis ouverte au débat justement alors si vous avez quelque chose à dire sur le sujet n’hésitez pas, cela m’intéresse grandement !

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