7 marathons, 7 continents, 80 jours : Episode 2 – Marrakech

Le Maroc : 2° marathon de mon périple. Cette course s’annonçait sous les meilleurs auspices puisqu’elle est le prétexte à un grand rassemblement d’amis coureurs de la communauté courir le monde. Et pour que tout soit parfait j’ai également la chance d’avoir Eric de Courir Au Féminin et Olivier le coureur de Millau comme soutiens logistiques. Autant dire que je partais l’esprit tranquille.

« Je vaux peut être 4h05 seulement sur marathon
mais je vaux aussi 20000 chameaux au souk !

Tout commence jeudi dernier par l’arrivée de Maman en charge des 4 monstres pendant mon absence avec relève assurée par Ken le we. Quand elle arrive mes sacs sont prêts, les enfants sont à la maison, le gouter est pris et les ongles de Paul sont coupés bref tout roule. Pourtant je ne suis pas bien. Plusieurs fois je répète à Maman : « ça ne va pas, il y a forcément un problème, je suis prête trop tôt… ». Je pars à la gare en me rassurant tant bien que mal : après tout j’ai mon passeport et comme je pars avec Planet Tours je n’ai besoin de rien d’autre puisque tout me sera remis le lendemain matin à l’aéroport. Je vérifie 3 fois avant de monter dans le train que j’ai bien mes appareils photos, que mes chaussures sont bien là et ma jolie tenue aussi. Mais rien ne calme mes angoisses. Bien sûr je vais mal dormir comme à chaque fois que je pars quelque part et après une bonne frayeur avec le RER qui décide de ne pas arriver me voilà à Orly. Je retrouve Olivier qui m’attend de runnings fermes devant le comptoir d’Air Maroc. Pour ceux et celles qui n’ont pas suivi tous mes CR je l’ai rencontré il y a déjà quelques temps alors qu’il était meneur d’allure sur le semi de Boulogne, course à laquelle j’avais participé entre mon marathon de NY et celui de Las Vegas. Le hasard de la vie a fait que nous nous sommes retrouvés sur les routes de Millau quelques mois plus tard. L’idée de venir courir un marathon dans le pays où son père est né lui a plu et il s’est joint à la fine équipe. Eric nous rejoint et nous devisons gaiement. Et là je réalise enfin : je sais ce que j’ai oublié !!! Mon dentifrice et mon soutien-gorge…

Oui je sais je vous ai déjà fait le coup du soutien-gorge farceur et je dois bien avouer que je suis consternée… Pourtant je le vois bien ce foutu soutien-gorge accroché à la corde à linge, je me vois bien me dire en allant dans la salle de bain : « tiens il faut que je le prenne celui-là » mais non. En bonne mère de famille débordée j’ai dû surement régler un problème de la plus haute importance à ce moment-là genre : « y a Thomas qui veut pas me laisser l’ordi pour que je regarde si j’ai des nouveaux com sur mes blogs ». Et là il faut bien avouer que la logistique présente fait défaut : ni Olivier, ni Eric n’ont de soutien-gorge de course dans leur sac ! Non mais des fois je me demande où ils ont la tête ces hommes. Je sens qu’Eric trépigne de me demander si j’ai pensé à ma culotte (private joke…) mais il n’ose pas. Par contre question dentifrice là c’est bon : je ne pars pas en plein désert quand même et Olivier promet d’assurer le temps que je trouve une boutique.

Bref dépitée et furieuse après moi je me dirige vers l’enregistrement des bagages. Nous montons dans l’avion et je préviens enfin mon compagnon de voyage de ce qui l’attend. J’ai une trouille folle en avion. Oui je sais, vous allez me dire que je vais traverser la planète dans tous les sens et pas en trottinette il me semble mais c’est comme ça. Ma peur est irrationnelle mais bien installée. Je regarde à droite, à gauche où sont les sorties de secours, j’ai bien sur demandé une place couloir pour pouvoir sortir de l’avion plus rapidement (les femmes et les enfants d’abord ils disent !), je n’ose pas demander le CV du pilote mais franchement je me retiens. Je regarde par le hublot et là je blanchis (tu me diras dans le genre bronzée on fait mieux !) : l’aile n’est pas droite!!! Elle est repliée au bout. Je secoue Olivier pour le prévenir et lui dire qu’il faut faire quelque chose. Il me fait remarquer bien gentiment que l’autre aile est aussi tordue et que ça doit surement être d’origine. Je sens une petite inquiétude poindre dans son regard : « mais avec qui je vais courir ce marathon… ». En tout cas je devrais me rendre à l’évidence : l’aile tordue n’empêche pas l’avion de décoller et même de voler.

« panique en avion, oublis en tout genre… ce marathon ne rime pas avec raison et organisation… »

Je vous passe les détails du vol, mes bonds à chaque fois que l’avion a le malheur de bouger un tout petit peu et nous arrivons à destination. Wouah ! Rien que l’aéroport est beau. Le ciel est bleu, il faut chaud, l’Atlas est là, enneigé, superbe, je sens tout de suite que je vais passer un excellent moment. Nous quittons Eric pour quelques heures qui va rejoindre son riad où l’attend la tribu CLM et nous rejoignons notre hôtel avec les navettes prévues par Planet Tours. Celui qu’ils ont choisi est situé à 200 m du départ du marathon, ce qui est un point non négligeable. Je découvrirai dimanche pourquoi ! Je déballe mes affaires histoire d’avoir la confirmation de mes inquiétudes, une douche rapide et zou direction le retrait des dossards. C’est à un train de sénateur que nous nous y rendons, faisant connaissance avec le reste du groupe. Il y a des organisateurs de courses, des marathoniens enragés et des coureurs venus juste pour le semi et surtout la balade. Bon autant être clair : les sujets de conversation n’ont pas tourné autour du conflit israélo-arabe, ni autour de l’accession au pouvoir d’Obama ! J’espère secrètement que je trouverai sur place de quoi compléter ma tenue de coureuse mais il faut se rendre à l’évidence, à part des dattes et des graines en tout genre, point de sous-vêtements à l’horizon. Le retrait des dossards se fait dans la bonne humeur et pour vous donner une idée de ce marathon ma copie de certificat médical restera même dans mon sac.

Bien sûr nous trouvons le moyen de retrouver la communauté CLM sans s’être au préalable organisé. Bisous à la tortue et il faut repartir. La balade nocturne le long des remparts éclairés est des plus agréables mais me fait vite comprendre que lorsque quelqu’un dit que c’est à 5 min au Maroc, ce n’est pas 5 min au chrono. Tant qu’on y est nous décidons d’aller rejoindre Eric en marchant sur la fameuse place Jemaa-el-Fna. Coup de chance c’est à 5 min à pied ! Nous arriverons donc 35 min plus tard après des grands moments de solitude quand il faut traverser des routes qui ont oublié les passages piétons, les feux de signalisation et tout code de la route. Finalement tout se passe plutôt bien à chaque fois, personne ne klaxonne, ils ralentissent un peu histoire de nous laisser passer sans trop de casse. Mais bon j’ai toujours laissé Olivier ouvrir la route, pas folle la guêpe !!!

Cette fameuse place est comme on l’a voit dans les guides, bruyante, grouillante de monde, avec les odeurs propres aux pays d’Afrique du Nord. On peut y manger, y écouter de la musique, et même se faire arracher les dents dans la journée. Après je dois bien vous avouer que le côté « agressif » commercialement parlant n’est pas toujours facile à vivre. Notre diner se passe bien et nous refaisons Millau tous les 3, bien décidés d’ailleurs à retourner nous frotter à la côte de Saint Affrique. Mais ce n’est pas tout ça il faut rentrer et pour rentrer il faut sortir de la place. Là encore de grands moments de solitude… toutes les rues se ressemblent et l’éclairage urbain n’a pas toujours l’air d’actualité. C’est marrant parce que maintenant que j’y repense, je me demande si ce n’est pas Olivier qui ce coup-là se planquait derrière moi ! Heureusement nous allons réussir à rentrer à l’hôtel sans trop de problème finalement et rendez-vous est pris le lendemain matin pour notre course du petit déjeuner perso.

Une nouvelle fois je dors mal. De toute façon je ne dors bien que dans mon lit… Pratique pour une fille qui envisage de faire le tour du monde… ça et l’avion non mais franchement parfois je me demande ce qui m’a pris. 8h dans le hall : bonne surprise puisque nous ne sommes pas les seuls à avoir envie de voir si la machine marche toujours. C’est donc à 5 que nous partons sur les trottoirs marocains. Toujours prête pour de nouvelles expériences, je tente ce matin-là le footing avec soutien-gorge à armatures et dentelles. Au bout de 30 min il faut se rendre à l’évidence : certes le décolleté est beaucoup plus agréable à regarder mais ça ne le fait pas du tout… D’ailleurs il n’y a pas de décolleté sur mon tee-shirt technique donc vraiment aucun intérêt à la chose. Après un petit déjeuner dirons-nous riche en glycogène totalement décomplexé grâce à un footing à jeun de 30 min (qu’est-ce qu’on se s’invente pas quand même comme excuse à 2 balles !) nous repartons rejoindre Eric pour un déjeuner que nous pourrions qualifier d’original. Nous allons nous retrouver sur le trottoir à 25 environ pour manger de la viande (délicieuse au demeurant alors que je ne suis vraiment pas une carnivore) et des frites noyées dans du coca. Et là la meilleure nouvelle de la journée tombe : un des meilleurs glaciers de la ville est à 5 min ! Je ne sais pas si c’est vraiment à 5 min mais je peux vous dire que sur ce coup-là je n’ai pas trainé !

Une triple chantilly sauce caramel plus tard (j’ai hélas des photos qui le prouvent…) direction le centre de Marrakech pour l’opération « il faut sauver les seins de Barbie ». Je sais c’est un peu consternant comme phrase mais que voulez-vous on ne se refait pas. Je vais finir par dégoter une boutique Etam et un soutien-gorge « orthopédique » comme le disait le mari d’une amie pour décrire ces nouveaux sous-vêtements sans couture. En plus il y a un chaton qui joue avec une pelote de laine dessus (musique de fond : des voix féminines qui disent en cœur « c’est trop mignon »…). Je suis maintenant rassurée et peux reprendre une activité normale.

« Coucous party en lieu et place de la pasta party, ça c’est cool ! »

Diner à l’hôtel avec couscous party avant une nuit qui bien sur sera courte. Faut dire que sur les coups de 5 h y a un type qui monte en haut d’une tour et qui appelle ses copains à boire un coup… Oui je sais on ne doit pas se moquer des autres religions, loin de moi d’ailleurs cette idée mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser à OSS 117 pour ceux qui l’ont vu. Olivier très pragmatique m’a d’ailleurs demandé pourquoi ils n’essayaient une nouvelle technique : l’envoi de SMS le matin !

De nouveau je dors mal et je me réveille 1 h avant l’heure prévue. J’accroche mon dossard customisé pour l’occasion. C’est sur le thème bébé cette fois-ci. Aucun rapport avec le Maroc me direz-vous mais je suis tata pour la première fois depuis quelques jours seulement et il fallait marquer le coup. Petit déjeuner avec gatosport avalé tant bien que mal et la tête des mauvais jours au-dessus du bol de thé. Comme je vous l’ai déjà dit l’hôtel est à 200 m du départ, du coup nous partons au dernier moment et je peux même faire pipi dans le hall de l’hôtel au dernier moment pour la 14° fois de la matinée. Je retrouve toute la fine équipe CLM et Eric. Il a pour l’occasion fait imprimer un tee shirt et je me sens une star ! Nous décidons de partir avec un ami rencontré à la course du petit déjeuner du marathon de Paris. Il a toutes les qualités requises pour nous accompagner dans notre balade puisqu’il est nantais comme moi. Il est parti sur une base de 4 h comme nous et plus on est de fous plus on rit !

Le départ est donné et comme toujours sur les marathons ça piétine un peu au début. Ça ne va pas durer et très vite nous courons. Comme d’habitude il me faudra plusieurs kms avant de réaliser que j’ai oublié de démarrer mon chrono. Mais bon les « barbie boys » sont beaucoup plus au point que moi dieu merci. S’est joint à la petite troupe une recrue féminine, Laurence, amie de Thierry, qui a décidé au dernier moment de changer un dossard de semi pour un dossard de marathon. Elle a déjà couru NY donc le sujet de conversation est tout trouvé. Parce qu’il faut être honnête tout de suite avec vous, nous avons bavassé mais alors bavassé… Je ne sais pas si c’est le fait que Thierry soit psy mais j’ai bien peur que la consultation ne me coute très chère sur ce coup-là… Nous parcourons les rues de Marrakech et très rapidement nous nous retrouvons dans une oliveraie. Le dépaysement est total. La température est idéale, les kms défilent, le public est peu nombreux mais notre petite équipe avance tranquillement mais surement. Enfin tranquillement c’est surtout valable pour une partie du groupe seulement puisqu’Olivier en charge des photos nous fait des accélérations de folie, disparaît quelques minutes, revient, bref nous le baptisons « zébulon » ! Nous allons traverser un concentré de Maroc en quelques kms en fait : entre les nouveaux quartiers tout juste sortis de terre et surement destinés aux étrangers, les villages où pauvreté jouxte richesse et les jardins d’oliviers ou d’orangers, c’est tout Marrakech en quelques minutes de course qui s’offre à nous. Je garderais toujours en mémoire ces enfants sur le bord de la route qui regardent passer ces fous qui courent, ces 2 ados jouant aux dames avec un jeu en carton et des jetons en capsules de bouteilles, ces grands pères en costume traditionnel… Je pourrais être gênée d’être là, moi l’occidentale venue vivre ma passion dans un coin du monde où le sport n’est pas vraiment une priorité mais pourtant il n’en est rien. Je ne peux pas l’expliquer mais le regard des gens est bienveillant à notre égard et je le ressens.

« Solidarité, amitié, toute la magie du marathon condensée en une matinée »

Ce n’est pas tout ça mais le semi approche et il faut courir. Laurence commence à ressentir des difficultés et je m’inquiète pour elle. J’ai l’impression que le moral flanche et nous savons tous que lorsque le moral baisse, tout fout le camp… La tentation d’en finir et de rentrer après le semi se fait de plus en plus grande. Elle s’éloigne incapable de suivre le rythme. Je demande alors si quelqu’un veut aller l’aider. Quand je dis ça je pense à Eric, le Saint Bernard de CAF, puisque je sais de quoi il est capable pour avoir bénéficié de ses services sur Millau. Bien sûr il se dévoue. Je sais aussi que si Laurence lâche l’affaire, il a tout à fait le niveau pour nous rattraper. Je continue donc la route sereine de savoir Laurence entre de bonnes mains. Nous passons tranquillement le semi et nous sommes définitivement en dehors de la ville. Nous traversons la campagne où seules de grandes portes nous laissent supposer que derrière se cachent de splendides demeures. Eric surgit tel Zorro de la pampa avec de mauvaises nouvelles : Laurence nous a quitté et a préféré rentrer. C’est le jeu du marathon, nous le savons tous.

Thierry commence lui aussi à m’inquiéter, un début d’hypoglycémie lui fait voir des étoiles. Je lui donne de mon eau enrichie par un gel windose, on calme le jeu en prenant des photos. Ça nous change les idées et ça donne un résultat des plus comiques : Thierry avec les chameaux, Barbie qui mange un gel… Nous essayons de garder un esprit bon enfant avant tout. Tiens en parlant de gel j’y pense, vous voulez la vanne la plus vaseuse du marathon : « tiens tu avales du windose alors que tu as un iphone ? ». Par respect pour le coureur je ne donnerai pas le nom du gagnant…

En fait ça va se gâter lorsque nous allons rentrer de nouveau dans la ville. Thierry va de moins en moins bien et j’ai pour ma part de plus en plus de mal à tenir un rythme, à repartir après nos arrêts. Il faut se rendre à l’évidence : nous n’arriverons pas tous les 4 ensembles sur la ligne d’arrivée. Sans vraiment le décider 2 groupes se forment : je pars avec Olivier devant et Eric reste à l’arrière avec Thierry. Mon dos me joue un sale tour en se rappelant à mon bon souvenir. Pour les filles qui sont déjà passés par une salle de travail, je dirais que ce que je ressentais à ce moment était vraiment très proche des contractions qui vous cisaillent les reins. Autant dire que l’heure n’est vraiment plus à la rigolade. Olivier tente de me rassurer et joue son rôle d’accompagnateur à plein. Il me dit de boire, je bois, il me rassure en se retournant régulièrement pour me dire qu’ils sont là juste derrière, qu’ils les voient toujours. Je n’ai même plus la force de le faire… Je profite du ravitaillement du 35° pour m’étirer un peu le dos mais dès que nous repartons, il faut se rendre à l’évidence : cette douleur il va falloir faire avec jusqu’à la fin. Les kms défilent régulièrement, pas assez vite à mon goût mais ils défilent. Nous sommes dans la ville et notre cortège met un joyeux bazar dans la circulation que les forces de police tentent tant bien que mal de contenir. Je ne fais qu’écouter les paroles rassurantes de mon voisin et j’avance le plus régulièrement possible. Je ne m’arrête même pas au 40° et je le laisse aller me chercher de l’eau. Je me dis que si j’arrête, je ne pourrais jamais repartir. Je n’ai aucune idée de l’heure et franchement c’est le cadet de mes soucis. La dernière ligne droite est là devant nous et il faut aller au bout. Je me souviens de ce que m’ont raconté nos amis belges Jacques et Christian la veille. Ils nous ont prévenus : au bout de la grande avenue, tu crois que c’est fini mais non il y a encore 200 m après le virage. Olivier qui semble avoir oublié me rassure en me disant que la fin est proche, qu’au bout de la rue, ça y est c’est fini. Je sais bien que ce n’est pas vrai mais je n’ai même pas la force de le contredire… c’est dire si je vais mal ! Imaginez une femme qui ne contredit pas systématiquement un homme !

Momo de Planet Tours est là et m’encourage avec une amie. Ceux qui ont fini sont là aussi. Les épouses CLM font une photo. J’avance et je prends ce foutu virage et là enfin je vois les portiques. J’ai eu le sentiment d’accélérer pour en finir au plus vite mais bon si j’ai fait du 10 km/h ça doit être un maximum. Ça y est la ligne est là devant moi, j’attrape la main d’Olivier pour finir ça avec lui. Je crois bien que je lui ai broyé la main d’émotion et de douleurs mêlées. Et voilà c’est fini : 4h05 ! Je choppe une bouteille d’eau, ma médaille et je reconnais tout de suite des amis des CLM déjà arrivés donc Pconvert le mari de notre tortue. A peine le temps de leur dire que tout va bien (tu parles…) et je retourne sur mes pas. Pas question de rater l’arrivée d’Eric et de Thierry ! J’ai à peine le temps de m’asseoir 2 min que les voilà tous les 2 tous fiers d’en avoir fini à leur tour. Je peux retourner tranquillement rejoindre les amis pour discuter un peu même si la pluie de plus en plus forte gâche un peu ce moment. Tout d’un coup j’entends des voix qui m’appellent : « vous êtes bien Barbie ? ». Euh oui c’est moi… 4 personnes sont là tout sourire et me racontent : « on a lu l’article dans la Montagne et on savait que vous étiez là. Comme vous aviez dit que vous seriez dans les 4h on vous attendait pour vous saluer et vous souhaitez bonne chance ». C’est pas beau ça ??? Je suis tellement touchée que j’en oublie ma douleur. Nous papotons un peu, prenons des photos souvenir et tout d’un coup j’aperçois mon Thierry assis sur le trottoir qui sanglote. Je quitte alors mes compatriotes auvergnats pour aller le rejoindre. Mon colosse aux pieds d’argile a besoin d’un câlin réconfortant. Pendant quelques instants je m’interroge sur ce qui nous fait avancer, ce qui fait que nous nous imposons ça, à notre corps. Qu’est ce qui fait que nous y retournons encore et encore. Il faudra bien un jour que je comprenne ce qui nous anime, pourquoi nous mettre dans des états pareils juste pour une course. La pluie me rappelle que j’ai froid, que je n’ai pas de blouson pour me couvrir et qu’il est temps de rentrer à l’hôtel prendre une douche bien chaude. Ce qui est fou c’est qu’une heure après, douchée, jambes massées à l’huile d’arnica, thé à la menthe avalée, je serai dans les souks en train de négocier une tunique blanche pour le diner du soir organisé au Riad par Mounir et Moulay les gentils organisateurs du we CLM, où nous allons fêter tous ensemble cette nouvelle course.

Dire que dans 15 jours je remets ça et à l’autre bout du monde en plus ! Signe du destin : au courrier à mon retour mon bon de retrait pour le marathon de Paris m’attendait : dossard 17644. Je voulais particulièrement remercier Eric et Olivier qui ont joué leur rôle parfaitement avec une aisance telle que je me dis que je ne suis peut-être pas faite pour ce sport mais eux oui ! remercier Thierry pour cette consultation en courant (je te dois 60€ c’est ça ?), Christian et Jacques pour nos discussions qui m’ont juste donné envie de repartir aussi sec pour le marathon de Rome, Londres, j’en passe et des meilleurs, Christelle et Christophe, venus juste pour le semi qui sont pourtant revenus spécialement sur la ligne d’arrivée pour nous attendre et prendre en photo ce moment inoubliable et bien sur tous ceux qui ont fait ce 2° marathon un grand souvenir dans ma vie de coureuse.