Run : (H)MDS / RAIDLIGHT DESERT TROPHY, quelles différences ?

Comme je ne vais plus dans le désert courir, ce sont les copines qui y vont pour moi ! Cécile alias « UN KINDER EN BASKETS » a eu la chance de faire un Half MDS (on dit Marathon des Sables maintenant, le vrai MDS est devenu le Legendary) au Pérou et le Raidlight Desert Trophy. Deux organisations, deux destinations, en route pour les comparaisons !

Bon à savoir : vous pouvez retrouver l’intégralité des récits de course de Cécile sur son blog « Un Kinder en baskets » ici et la suivre sur instagram là. Cela vous aidera également à faire votre choix.

La destination

A titre personnel j’ai préféré le Pérou, où le dépaysement est total car il n’y a personne d’autre que nous. La déconnexion est complète également. On a vraiment le sentiment d’être seul au monde. En Jordanie on croise des bédouins et des lodges pour touristes. Mais les paysages n’en restent pas moins grandioses et on se croirait vraiment dans un décor de cinéma.

MDS propose 3 étapes, dont une longue, avec une journée de repos après la longue étape. C’est une bonne idée, ça permet de se requinquer, de profiter du bivouac, des autres participants, et pour les moins chanceux, de soigner leurs pieds.

Pas de journée de repos chez Raidlight qui propose 4 étapes à la suite.

Pour les barjots, Raidlight propose un 220km non stop, et en autosuffisance. Les coureurs partent avec une trace GPS, repassent par les bivouacs où ils sont examinés systématiquement par un médecin, et disposent d’une tente dédiée pour se reposer avant de repartir.

La nourriture

Grosse différence ! Le MDS est une course en autosuffisance alimentaire. C’est à dire que tu emmènes avec toi toute ta bouffe et tes ravitos. Et donc, tu les portes sur ton dos aussi ! Crois-moi, ce n’est pas négligeable…. et ça rajoute aussi au budget (c’est l’autre Cécile qui parle mais comptez entre 150 et 200€ en moyenne si 100% de lyophilisés, on peut limiter le budget en adaptant certains ingrédients que l’on trouve en supermarché mais il ne faut pas négliger la qualité nutritionnelle pour optimiser au maximum la récup et ce n’est pas simple à faire).

Sur le Raidlight Désert Trophy, ce sont les bédouins qui te préparent à manger sur les bivouacs, et l’organisation fournit les ravitos. Les repas sont copieux, très bons, variés. Même avec des intestins plutôt fragiles, et malgré la chaleur, je n’ai pas eu de souci. J’ai certes évité les sardines restées un peu au soleil et les crudités. Mais je me suis régalée ! Économie de poids environ 2.5kg donc une vraie différence (Cécile n’aborde pas un point important également, le côté récupération facilité par une alimentation nettement plus équilibrée – la nourriture lyo ne protège pas des soucis gastriques).

Le bivouac

MDS fournit une tente individuelle à chacun, reparties dans des « ilots », petits groupes de 6 tentes environ. La tente individuelle permet aux pudiques d’avoir un peu d’intimité et d’avoir son espace. Ça peut permettre aussi d’éviter la tempête de sable, ou les bestioles. Il faut donc emmener son matelas. Il y a une grande tente de repos commune et des tentes « toilettes » un peu à l’écart. Si les sacs font parfois défaut dans les « toilettes », j’avoue que j’ai été plutôt surprise de l’état des toilettes. C’était une grosse appréhension pour moi. Sur le bivouac, chacun fait son feu, ou en petit groupe, et on peut aller se coucher un peu à sa guise.

Le bivouac Raidlight est un bivouac bédouin « pur jus » « fait de tentes communes mixtes, parfois ouvertes aux vents, avec des matelas bédouins. On est serrés comme des sardines, pas d’intimité, et les ronfleurs sont très vite repérés ! Les toilettes sont clairement le point à améliorer le plus évident selon moi (trop rudimentaire, pas assez de sacs, sacs trop petits, fermetures des tentes cassées…). Le fait de ne pas avoir besoin d’emmener son matelas fait encore gagner du poids dans le sac (environ 400g). On peut aussi se passer du réchaud, les bédouins peuvent te donner de l’eau chaude pour te faire un thé ou un bouillon Kub. Le soir, ils allument un feu de camp. Passée la surprise, les ronflements (boules quies obligatoires !) et l’appréhension de la première nuit, j’ai trouvé ces tentes plutôt sympas. Et contre toute attente, la tente ouverte c’était top pour dormir avec le souffle du vent et incroyable pour se réveiller avec le lever de soleil !

Dans les 2 cas, au petit matin, on remballe toutes nos affaires.

Le médical

La grosse machine MDS sort le grand jeu, et emmène beaucoup de personnel médical et de moyens. Le soir, il y une tente pour faire soigner les ampoules. Personnellement je n’en ai pas eu besoin.

Raidlight fait plus léger, mais il y a tout ce qu’il faut (sur les CP et sur le bivouac). Si bobo il y a, médecin il y a. Le Doc a d’ailleurs vadrouillé en 4×4 pendant la course pour nous arroser, compte tenu de la chaleur écrasante. Les ampoules, chacun se les soigne. Il y a souvent parmi les participants un médecin ou une infirmière (Pauline si tu me lis… merci pour mon pied !)

Bon après, il faut comparer ce qui est comparable : un peu plus de 100 de participants au Pérou et une petite quarantaine en Jordanie. Sur les 2 courses, c’est très bien encadré, l’organisation sait ce qu’elle fait.

Arrivée trop tard pour les vérifications d’usage au Pérou, je ne peux pas dire comment ça se passe chez MDS. Chez Raidlight, nous avons tous rencontré le médecin avant la course pour un petit questionnaire, et une vérification de tout le matériel obligatoire.

Petit bémol : la trousse à pharmacie obligatoire est un peu excessive et lourde. J’avoue avoir laissé à l’hôtel après le contrôle une bonne partie de ma pharmacie, pour ne garder que l’indispensable, et rien ne m’a fait défaut…

L’ambiance, les réseaux sociaux

Clairement, MDS est champion toutes catégories. Sans doute pas le même budget ! Les réseaux sont super bien alimentés pour les amis et la famille restés en France qui veulent te suivre, il y un suivi live avec la balise GPS (pas prévu avec Raidlight). Les départs se font dans une ambiance de fou, les arrivées sont incroyables, gérées d’une main de maître par Christophe et Cyril qui donnent l’impression, même au coureur du dimanche comme moi, d’être un fabuleux champion.

Un peu plus d’ambiance m’a manqué chez Raidlight… Sans forcément prévoir un gros budget, une petite enceinte et une playlist ça aurait fait le job, avec un peu d’animation.

La soirée de gala

Là, le point va à Raidlight ! Soirée de gala au bord de la mer Rouge, qui commence par un verre au bar (chacun prend ce qu’il souhaite). Puis une cérémonie où chaque participant sans exception reçoit une petite attention et une récompense. Et ça, c’est chouette ! Les 3 premiers se voient offrir un bon d’achat sur un prochain voyage et 300€ de bons d’achat chez Raidlight. Bref, ils ne sont pas radins ! S’en suit un repas gargantuesque avec boissons (soft) comprises et une soirée de feu !

En revanche chez MDS c’est moins foufou. Certes la projection du somptueux film de l’aventure est un vrai bonheur et tout est fait pour te mettre les poils, le dîner est correct mais la moindre bouteille d’eau est payante (même pas une mini bouteille comprise par personne). J’ai trouvé ça un peu chiche vu le prix du dossard. Avant le dîner, possibilité d’acheter des articles et vêtements siglés MDS, mais tu devras t’acquitter des frais de livraison en France pour une commande en dessous d’un certain montant.

Le prix

On ne va pas se mentir… ce genre de course coûte cher. Tu trouveras d’ailleurs un article sur le budget total que j’ai dépensé pour le Half MDS Pérou (je vous mets le lien ici).

Je te mets ici le budget total sans le budget matériel vu que je m’en suis servi pour les 2 courses.

MDS Pérou 2022 = 3210€ sans avion

Raidlight Désert Trophy 2024 = 3400€ sans avion (on pouvait opter pour une version sans l’avion) // 3700€ avion compris

Un bon point pour Raidlight qui, à l’aéroport, te donne aussi un sac avec un super t-shirt technique aux couleurs de la course, un buff et un chapeau technique aussi. De mémoire le buff HMDS était à 20€. Quelques semaines après le retour, chacun a reçu un petit album photo souvenir envoyé par Raidlight. Comme pour l’organisation du Marathon des Sables, Raidlight propose d’ailleurs d’autres destinations à découvrir ici.

Conclusion

Je pourrai sans hésiter repartir avec les 2, parce que j’ai aimé chacune de ces façons d’appréhender le désert. La question du budget et du rapport qualité/prix me ferait cependant pencher vers Raidlight. Mais une certitude : ces 2 organismes sont très sérieux, c’est safe, bien encadré, très pro. Je rajouterai aussi qu’une femme seule peut franchement s’y aventurer sans crainte.

MDS est une grosse machine, les courses rassemblent beaucoup de participants. Peut-être trop pour moi ? Raidlight est encore « familial », plus simple. Le petit nombre de participants a fait que je m’y suis sentie à l’aise. Les 2 offrent une grande variété de destinations qui (me) font rêver, et il y a clairement de quoi satisfaire toutes les envies !