Fun : UTMB et SwissPeaksTrail 660 2024 du côté assistance – le débrief

Pour compléter le podcast à écouter ici, quelques infos pratiques qui vont compléter tous les articles déjà écrits sur le sujet à retrouver sur ce site.

UTMB 2024

Edition après édition, clairement l’organisation cherche à empêcher les assistances… Aucun souci avec le projet, mais alors autant faire comme un pansement : on arrache le truc d’un coup et on n’en parle plus. Est-ce que les mesures prises par l’orga pour freiner les assistances changent la donne ? Absolument pas ! Et c’est même pire… Le parking de Courmayeur est toujours blindé de voitures et autres vans… Mais surtout le système de bus qui prend de plus en plus d’importance année après année, à cause de la demande, entraîne la circulation de convois de véhicules qui, avec leur taille imposante, n’ont clairement rien à foutre en montagne. Alors qu’avant, le flot de voitures était gentiment reparti au fil de l’eau et du rythme des coureurs, là on se retrouve avec du grand n’importe quoi. Aux Contamines, il y avait des dizaines de bus qui « dégueulaient » des assistants sur la route, ne pouvant de toute façon plus se garer en sécurité. J’ai remonté le Col de la Forclaz en serrant les dents que les bus ne dévient pas d’un cm de sa trajectoire, pour ne pas finir écrasée entre lui et la paroie… J’ai fait des assistances de coureurs « plus lents » sachant que le nombre de participants est stable depuis 10 ans et ça circulait mieux à l’époque, mais surtout on se garait sans souci. Et qu’on ne me sorte pas l’écologie por favor comme argument… Les coureurs élite ont parfois voir, même très souvent plusieurs voitures qui les suivent partout donc bon, à un moment… Quand on sait que l’impact carbone d’un événement sportif c’est 80% des transports pour venir et repartir… On parle réellement d’une goutte d’eau dans une vallée qui étouffe sous les vapeurs de diesel des camions qui prennent le tunnel tous les jours.

Alors voilà je n’ai toujours pas changé d’avis sur le sujet, soit on interdit une bonne fois les assistances sur cette course, du premier au dernier, cela remettra l’église au milieu du village pour pas mal de coureurs, soit on permet aux participants de vivre pleinement et sereinement cette course qui est souvent l’objectif de toute une vie. Mais à un moment il va falloir prendre une décision.

Mais tant que cela ne change pas, n’hésitez pas à aller aux Contamines dans l’après midi, comme je l’ai fait avant la fermeture des routes. Certes vous ratez le départ, mais là encore c’est devenu tellement le bordel sur place à Chamonix qu’il vaut mieux le vivre devant le grand écran installé à côté du ravitaillement. L’ambiance y est top ! On dine tranquillement en attendant l’arrivée de son coureur et plus de problème de routes fermées. Si vous voulez vivre l’ambiance Notre Dame, par contre pas le choix, filez en vélo, sinon c’est foutu.

Pour Courmayeur, même moi cette année j’ai un peu galéré pour trouver une place sur le grand parking… Mais le café est toujours ouvert toute la nuit, et ça te sauve une assistance ! Pour Champex Lac, il y a le problème de fermeture de route qui, là aussi, logiquement condamne le passage des voitures. Après je vous dirais bien que c’est la route Orsières – Champex Lac qui est fermée… pas la route Martigny Champex 😁. Si courses de dernière minute à faire, il y a une épicerie à côté de la gare d’Orsières, et sur la route entre Martigny et Orsières donc, on trouve un Migros et un Coop à Sembrancher (à mi parcours entre les deux villes) et de quoi mettre de l’essence. Ou acheter des glaçons pour refroidir votre champion 😉

Pour Trient, pas de bon plan mais pour Vallorcine, sincèrement je pense que si je devais faire l’assistance d’un coureur « plus lent » avec les histoires de parking fermés, j’irai tout simplement au Planet prendre le train pour revenir sans stress à la gare qui est collée au ravitaillement. Ne me demandez pas où se garer à Chamonix gratuitement pendant l’UTMB, si je le savais, je garderai l’info pour moi de toute façon !

La SwissPeaks Trail 660

Alors là clairement on est sur « deux salles, deux ambiances ». Déjà parce que l’organisation fait tout pour faciliter la vie des assistants et ça c’est carrément appréciable ! Le road book est super bien fait, on peut venir aux bases de vie mais aussi à certains ravitos qui sont précisés en amont. Seb m’avait demandé d’assurer un ravito intermédiaire à mi-parcours. Sur la version numérique du road book, il suffit de cliquer sur le point GPS indiqué et tu n’as plus qu’à suivre la route. Ils précisent aussi certaines possibilités de logements sur la route, intéressantes si tu pars sur les longues distances comme la 360 ou la 660.

Pas de panique, bien entendu la course peut se faire sans assistance ! Les sacs suiveurs sont dispo à chaque base de vie, grâce à une logistique de folie. Et ils proposent quasiment toujours plusieurs plats pour te permettre de manger chaud à chaque fois. D’ailleurs, hormis les oeufs brouillés improvisés le 4ème matin, Seb a toujours mangé les plats proposés par les gentils bénévoles aux petits soins comme toujours. Et il y avait bien des meringues à la chantilly à la première base de vie !

Alors oui c’est la Suisse… Pas le pays le plus « bon marché » du monde, c’est entendu, d’ailleurs vous le sentirez dès l’inscription. Pour info, les locaux le savent mais j’avoue je n’avais jamais vraiment fait gaffe, pour l’essence ne vous embêtez pas à chercher une station de supermarché pour payer moins cher, la différence entre les stations de village et celles « de la ville » est insignifiante. Donc on prend de l’essence dès qu’on en a besoin sans se prendre la tête. On trouve bien entendu pas mal de chargeurs pour les voitures électriques, on est en Suisse, le pays où il y a des Tesla partout.

Comme évoqué dans le podcast (à écouter ici), il faut prévoir tout le côté logistique comme les douches par exemple. Ce petit traitement de faveur dont j’ai fait l’objet n’était possible que parce que j’accompagnais le 2ème et qu’en plus les écarts entre les coureurs rendait cela possible. S’ils avaient été une dizaine à être dans un mouchoir de poche, cela aurait bien entendu totalement changer la donne. Donc prévoir une douche de camping (j’en avais une évidemment) est sincèrement loin d’être une mauvaise idée, sachant qu’il faudra idéalement l’utiliser sur le parcours et pas sur les bases de vie qui se situent bien entendu toujours dans des villages, au niveau d’hôtels ou de salles polyvalentes, quand ce n’est pas dans de très pitoresques abris « anti-atomique » typiquement suisses ! Les trajets permettent très souvent de « redescendre » dans la vallée, ce qui facilite les ravitaillements. Pour Grimentz je vous remets le lien ici vers le sujet que j’ai consacré à la destination avec quelques bonnes adresses. Il y a aussi 2 magasins de sport pour des achats de remplacement si besoin.

Les erreurs que j’ai commises : ne pas mettre le nez dans le sac suiveur de Seb pour gagner en efficacité aux ravitaillements. Je n’avais pas pris mon trieur de vêtements, du coup je galérais à savoir ce qu’il avait, ce qui restait en stock. Clairement si l’option « sac Carrefour » peut suffire pour une assistance type UTMB, quand on augmente la distance il faut passer au système de tiroirs en plastique pour trouver rapidement ce dont on a besoin, puisque là on a forcément plus de choses à trimballer. Un mini étendoir, pour sécher plus vite le linge va faire partie de mes prochains achats d’équipement. Certes me direz-vous, il s’agit d’avoir assez de vêtements pour toute la course, mais stocker des fringues trempées plusieurs jours dans un sac étanche, mouais bof… Je pense aussi faire l’acquisition d’un sèche chaussure comme celui que j’ai vu chez Thermic. A la base, c’est pour les chaussures de ski mais ça doit pouvoir fonctionner pour les baskets et ça permettrait au coureur de repartir avec les pieds un peu plus secs.

Ne pas dormir dès le premier jour dès que l’occasion se présentait… J’ai naïvement attendu d’être totalement explosée pour enfin accepter de dormir à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit, c’est totalement idiot. Autre erreur, ne pas profiter des moments où Seb dormait lui même pour dormir ! Ce n’est pas un nourrisson… On n’a pas besoin de le regarder dormir ! Je n’ai pas non plus assez bu, j’ai fini la première journée avec une migraine de folie, tout simplement parce que je n’avais pas fait gaffe à l’hydration et question alimentation, on est clairement totalement partie en vrille. Pour donner une idée, je suis descendue à Orsières alors qu’il faisait super chaud dans l’idée de m’acheter une salade, je suis remontée avec un hot dog, c’est le seul truc qui m’a fait envie quand j’ai vu le mot sur le bar à côté de la supérette ! Le fait de ne pas pouvoir mettre en place tout de suite un rythme alimentaire du fait de l’oubli de mon réchaud à Trient sur l’UTMB a beaucoup joué là dedans à n’en pas douter… A ne pas reproduire en tout cas !

Pour l’habillement là aussi, pas assez de polaires dans mon sac pour les nuits. J’ai aussi manqué d’organisation pour le côté « petite logistique ». A refaire, je prévois une pochette type grande banane qu’on porte en travers dans laquelle je peux ranger : clés de voiture, portable, batterie externe chargée, cable téléphone, GPS, carte bleue, liquide, petite frontale… Bref tous les trucs dont j’ai eu besoin tout le temps et que je cherchais tout le temps. Mon sac vert est lié à Alex et là encore n’est pas de la bonne taille si on rallonge la distance, les besoins étant différents.

Voilà en vrac quelques infos qui pourraient vous servir. N’hésitez pas si vous avez des questions !