Dire que je l’appréhendais dans le stress total est en dessous de la vérité… Revenir sur marathon, la distance qui a changé ma vie après toutes ces années était clairement un pari risqué où je savais qu’il faudrait mettre tout mon égo de côté et ça… Croyez-moi c’est loin d’être aussi simple qu’on le pense, même pour moi ! Je commence par un petit débrief général, le récit suivra prochainement.
Le projet 2024
Petit rappel pour celles et ceux qui débarqueraient ici pour la première fois : après un tirage au sort surprise pour le Marathon pour Tous, j’ai eu la curieuse idée de boucler les majors qui me manquaient. Alors que j’ai plus de 45 marathons à mon actif je n’avais jamais fait le tour, parce que, et je l’assume totalement, la fameuse grosse médaille n’existait pas… Sinon la question ne se pose même pas, elle serait déjà accrochée avec les autres dans ma cave sur mon étagère à médailles ! Il me manquait Londres, Berlin et Chicago, j’ai donc décidé de tout valider avant que Sydney ne rentre officiellement dans la danse.
La prépa
Forcément quand tu n’as plus couru sur bitume depuis des années, préférant le rythme pépère du trail en mode « on gère les barrières horaire », le retour me faisait très peur. J’ai donc pris l’option d’un plan en 5h, à des années lumière de ce que je valais à l’époque où je courait mais je dois composer en ce moment avec une ménopause plutôt compliquée que je ne peux pas gérer avec un traitement hormonal qui limiterait la casse… Prise de poids, cardio qui s’envole, j’en passe et des meilleurs, le premier qui me parle égalité des sexes, je lui fais bouffer mon pyjama trempé par les sueurs nocturnes !
A défaut de faire un chrono l’idée est avant tout de pouvoir courir 42km sans me faire mal, et de limiter la souffrance le jour J. Je suis partie sur un plan en 4 séances + 1 de vélo et sincèrement même si c’est bien passé il était grand temps que ça se termine ! Surtout que j’ai trouvé le moyen d’enflammer mon tendon d’Achille droit avec un aller retour à Bordeaux pour voir mon futur petit fils à la télé :). Aucun regret mais j’ai du faire sauter 2 séances de course à pied et une séance de vélo en fin de prépa, ce qui (et je sais que c’est idiot) a rajouté à mon stress. J’ai passé la semaine à me coller des patchs sur le tendon, étirements et repos, mais j’ai du écourter ma séance de reprise, autant dire que je suis tout sauf sereine avant mon départ.
L’organisation du voyage
Chose très étrange pour moi, qui voyage soit seule soit en petit groupe pour les déplacements presse je pars en groupe cette fois avec Sport Tour International. Le souci avec Londres c’est que décrocher un dossard relève de l’impossible. La loterie… on oublie… en 15 ans de course à pied, je connais une seule personne qui a réussi à le décrocher via ce système. Et oui, j’ai demandé un dossard presse mais l’orga m’a gentiment fait remarquer que les dossards charities existaient… Donc si tu veux être sur de partir, c’est tour operator obligé. Pourquoi cette agence ? Parce que sur le marathon de Paris l’année dernière j’avais rencontré un de leurs représentants avec Dominique Chauvelier qu’on ne présente plus et le feeling était bien passé. Le package comprend : le billet de train, l’hôtel pour 3 nuits petit dej inclus, les transferts en bus et la pasta party. Il y a deux gammes d’hôtels proposées, j’ai pris le moins cher mais franchement rien à redire de ce côté là, hormis le fait qu’il est un peu éloigné de la zone d’arrivée (30 min de métro, j’y reviendrai !) mais avec pleins de restos super sympas à proximité et un supermarché Whole Foods à deux pas. Pour l’organisation sur place, c’est top.
Pour finir sur l’agence, sincèrement ce que j’ai beaucoup apprécié c’est la réactivité aux réponses par mail dans les semaines qui ont précédé (d’autres clients m’ont confirmé eux aussi la réactivité des équipes), et le fait qu’on t’invite à boire un verre le soir de ton arrivée et le soir de la course. C’est un détail vous en conviendrez mais perso c’est la première fois que je voyais ça et même si payer 3 bières le temps d’un séjour n’est pas un budget dingue, ça contribue grandement à donner un côté sympathique et convivial. En tout cas moi qui pars sur les 2 autres avec eux je suis grandement rassurée !
Histoire que l’article ne soit pas trop long, je vais écrire mon récit de façon indépendante. Je commence donc par un avis sur la course, orga, logistique et tutti quanti. Le dossard coûte 170€ incluant une taxe carbone… Assez étrange de donner un côté écolo à une orga qui ne l’est pas une seule seconde, vous allez comprendre pourquoi.
Un départ en ligne implique forcément d’avoir à se rendre un peu loin et c’est là que le côté tour operator facilite un peu les choses. Certes cela implique en fonction du temps que l’on vise un temps d’attente parfois long et il ne faut pas hésiter à prévoir une tenue chaude qu’on laissera sur place pour les charities. Le système de dépôt des sacs est à l’entrée de votre zone (il y a 4 zones pour le départ) donc vous oubliez de le garder avec vous jusqu’au dernier moment. Par contre je me suis dit qu’on était quand même chanceux avec la météo certes fraiche et un peu venteuse mais pas pluvieuse… L’attente sous la pluie sur un terrain pareil, ça doit être quelque chose !
La quantité de toilettes est hallucinante !!! Et pourtant je connais le marathon de New York… J’ai pu faire pipi en 5 min avant mon départ, sans aucun problème. Par contre, contrairement à NY justement, il y a pas de distribution de boissons chaudes pour attendre son départ, clairement ça manque un peu. Les départs se font par toutes petites vagues et à partir du moment où vous rentrez dans la votre, ça va super vite ! Tellement que je n’ai pas eu le temps de filmer ! Pour le coup, c’est top parce que tu cours tout de suite, mais à l’inverse ça manque totalement de solennité. Là encore quand on a fait NY ou Paris… On est un peu déçu je trouve.
La première partie du parcours est descendante, il faut donc faire gaffe de ne pas se griller tout de suite. L’ambiance est bien là, même si je m’attendais à plus d’orchestres au pays des Beatles et des Rolling Stones (les Spice Girls n’étaient pas remises de la soirée d’anniversaire de Victoria elles étaient excusées). C’est au 5ème km que tous les coureurs se rejoignent et même si la densité est réelle, ça se gère plutôt bien. Le fait d’avoir des dizaines de petites vagues successives rendent la chose plus fluide. Les spectateurs encouragent mais aussi nourrissent les coureurs avec des tonnes de bonbons puisque l’orga se contente de donner de l’eau, de temps en temps de la boisson énergétique et il y a 3 distributions de gels à l’orange plutôt dégeux sur le parcours (alors qu’ils en annonçaient 2 dans mes souvenirs). Et c’est là que j’ai tiqué… Quand on sait que la course avait tenté la mise en place de systèmes plus « éco friendly », retour en arrière toute avec des petites bouteilles distribuées par dizaines de milliers, avec un système de poubelles tout simplement lamentables et je pèse mes mots. Alors oui je sais, en toute logique les routes ont été nettoyées, les bouteilles ramassées mais le gâchis d’eau est colossal et je ne parle même pas du plastique. Comme il n’y avait quasiment aucune poubelle sur le parcours, les emballages de gel se retrouvaient là aussi par centaine au sol. Quand tu arrives dans les 5h comme moi, ça colle sur presque tout le parcours à partir du semi. Fin du dossier écologie mais j’avoue qu’en 2024, voir ça est vraiment très pénible.
Pour le parcours, moins de monuments que je m’y attendais même si forcément le pont et cette arrivée face à Buckingham, ça le fait grave. Mais là encore question parcours touristique pur, Paris gagne haut la main, on râle nous les français mais sincèrement question monuments c’est notre marathon qui offre la plus belle balade touristique. Reste l’ambiance, et ça les français ont encore du boulot à faire même si on note des progrès… Sur certains passages la foule est sur 4 rangs serrés comme des sardines pour applaudir et encourager. J’ai eu des retours de fan club, c’est d’ailleurs une vraie problématique parce que les stations de métro sont tout aussi saturées pour rejoindre les points de passage. Petit conseil, on n’oublie pas de bien s’organiser en amont : prévoir les points de rencontre de façon précise, côté droit ou gauche, le petit drapeau à accrocher sur la perche à selfie qui retrouve son utilité… L’assistance ça s’organise ! 😁
A l’arrivée comme souvent sur ce type de marathons gigantesques la sortie est tout aussi épique. J’ai des souvenirs de NY d’avoir eu le sentiment qu’on allait me faire faire 10 bornes de marche avant de pouvoir sortir de ce foutu Central Park. Mais j’ai vraiment apprécié les grands panneaux indiquants les stations de métro, les policiers ultra serviables parce que j’avoue j’étais un peu fatiguée, donc dans le doute je posais la question pour être sure de ne pas me tromper. Maintenant j’ai du passer facilement 40 bonnes minutes pour sortir du parc parce qu’ils mettent en place un système très efficace mais très lent pour traverser la route où les coureurs arrivent. Tu rajoutes les 30 minutes de métro… J’avoue que j’ai regretté de n’avoir pas pris de quoi me changer totalement finalement surtout que là, les camions étaient vraiment tout de suite à l’arrivée. J’avais juste pris un t-shirt sec dans mon sac de trail mais me couvrir en bas aurait été appréciable et surtout avoir quelque chose à grignoter parce que là aussi l’orga joue les rapiats, ils ne donnent qu’une bouteille d’eau et une bouteille de boisson iso orange fluo.
Maintenant parlons d’un sujet qui va me falloir certainement des remarques désobligeantes mais vous me connaissez, je dis toujours ce que je pense. Le marathon de Londres est connu pour ses barrières horaire ultra généreuses, ce qui attire un public de non sportifs ou sportifs en devenir qui souvent sont là pour un défi personnel ou pour soutenir une cause. Loin de moi l’idée de critiquer ce type d’engagement mais concrètement le parcours fait une boucle, au 20ème vous croisez de l’autre côté de la route ceux qui sont en 3h30 quand comme moi vous êtes sur une base de 5h. Et donc en toute logique, quand j’ai effectué mon retour j’ai croisé les personnes parties sur des bases de 6H30, j’ai même croisé les meneurs d’allure en 7h30… Bien entendu ces personnes marchent, ce qui n’a rien de problématique, puisque finalement c’est autorisé. Le souci c’est qu’en réalité, le public n’était presque plus là… Ils arrivaient sur des ravitos où la plupart des bénévoles étaient déjà en mode rangement et le public était on ne peut plus clairsemé. Je me mets à leur place… Sincèrement, puisqu’ils n’étaient finalement qu’un petit groupe, pourquoi ne pas les faire partir plus tôt ? Parce que là, comme le dit si bien Catherine Poletti, « l’expérience coureur » laisse clairement à désirer alors que la plupart ont collecté de sacrées sommes pour être au départ.
Voilà tout ce que je peux dire sur mon expérience londonienne ! Du bon (l’ambiance), du moins bon (la gestion des déchets et le soutien des derniers). C’est un marathon ultra dépaysant quand même accessible le temps d’un week-end même si bien entendu ce sera très frustrant si vous n’avez jamais visité Londres avant. Il m’en reste 2 à valider… Berlin et Chicago, me voilà !

