Run : Marathon Eiffage de Dakar, le retour !

Alors que Nadia rentre à peine du Sénégal où elle participait à la Sénégazelle, je profite de l’occasion pour publier un de ses articles écrits pour Running pour ELLES à l’occasion de la première édition du Marathon Eiffage de Dakar. La deuxième édition qui aura lieu le 14 avril prochain avec un nouveau parcours plus urbain à la clé. 

Comme le chantait si bien Claude Nougaro : « Dès l’aérogare, j’ai senti le choc ! » Déjà, en descendant de l’avion, on passe des 4°C parisiens à plus de 25°C, en cette soirée du 10 février, sans parler du taux d’humidité qui doit avoisiner les 90 %. Bienvenue au Sénégal ! L’arrivée dans ma chambre d’hôtel est aussi plutôt épique… Trouillarde de nature, quand j’ai vu la superbe moustiquaire accrochée au-dessus de mon lit, je me suis empressée de l’installer en mode tente pour me protéger. Je vous rassure tout de suite, je n’ai croisé aucun moustique durant tout mon séjour, et j’ai même appris que l’on pouvait boire l’eau du robinet, dans les complexes hôteliers.

Ave, Sédar !
Je venais au Sénégal, bien sûr pour le marathon, mais aussi pour découvrir le pays. Et je n’ai pas été déçue : dépaysement total, on en prend vraiment plein les yeux ! Déjà, le premier matin, quand vous vous réveillez et qu’en ouvrant les rideaux, vous assistez au lever du soleil sur la mer, avec de superbes cocotiers encadrant votre balcon, et une piscine olympique à vos pieds, ça commence bien.
L’enchantement a ensuite continué avec la visite de l’île de Gorée, ses maisons aux façades ocre et aux volets bleus, ses bougainvillées multicolores ; et la maison des esclaves, triste symbole de la traite négrière. Grosse émotion en voyant le couloir vers la porte « du voyage sans retour » par laquelle les esclaves passaient pour embarquer dans les bateaux vers le nouveau monde. Le lac Rose est aussi un incontournable, et la balade en 4 x 4 dans les dunes de l’arrivée du Paris-Dakar (le vrai) est un moment à ne pas manquer ! La visite de la maison de Léopold Sédar Senghor, ex-président du Sénégal, devenue un musée. De son bureau où il recevait les hommes politiques du monde entier, en passant par la salle à manger à la table monumentale, et les chambres de ses fils, ainsi que la sienne et celle de son épouse, on a vraiment le sentiment d’entrer dans son intimité.
Le marché Kermel, avec son bâtiment classé, est aussi à visiter. On y trouve tous les fruits et légumes cultivés au Sénégal, ainsi que tous les poissons et crustacés locaux (comme les cigales de mer), ainsi que des marchands vendant de l’artisanat local. Dakar vaut aussi le détour pour sa gastronomie. Ses poissons (thiof, capitaine…), ses langoustes tout juste pêchées, grillées et dégustées face à la mer, resteront inoubliables pour mes papilles. J’ai aussi goûté le poulet yassa, une tuerie. Et je ne vous parle pas de leurs jus de fruits sublimes, jus de bouye (fruit du baobab, appelé également pain de singe), très doux et sucré, et aussi celui de bissap (à base de fleurs d’hibiscus), plus acidulé.

Une voiture pour médaille
A l’origine, j’étais partie pour courir le marathon, mais quand j’ai vu que les températures avoisinaient les 30°C à l’ombre, je me suis rabattue sur le semi. Heureusement, les départs des épreuves sont prévues tôt le matin… Enfin, à l’origine, parce que pour cela, il faudrait que la sono soit branchée et que tous les coureurs soient présents ! Beaucoup de Dakarois n’ont pas de voiture et 150 bus ont été affrétés pour leur permettre d’arriver sur site (le superbe bâtiment du CICAD). On est en Afrique, il faut vivre au rythme africain ! Tout se passe dans la bonne humeur et nous ne partons qu’avec une petite demi-heure de retard. Même si le parcours peut sembler monotone, on ne s’ennuie pas une minute. Tout d’abord à observer, les coureurs autour de moi : je croise de toutes jeunes filles qui visiblement ont des chaussures trop grandes, qu’à cela ne tienne : elles ont attaché (enroulé) les lacets autour de leurs mollets, façon spartiates. Dès le deuxième kilomètre, j’ai commencé à doubler des marathoniens qui marchaient déjà. J’ai appris, par la suite, qu’ils s’étaient inscrits juste parce qu’il y avait une voiture à gagner, sans bien se rendre compte de ce que pouvaient représenter 42 kilomètres en courant. Et le paysage alentour change un peu de ce qu’on peut voir sur les courses françaises : du sable, des baobabs, des moutons, des chèvres, des groupes de musiciens et de danseurs locaux… Mes 21 kilomètres à moi sont passés très vite, malgré la chaleur qui montait rapidement, et le parcours pas franchement plat (tout en faux plats montants et descendants sur l’autoroute Eiffage). Je ne dirais pas toutefois que ça a été une promenade de santé, mais je n’ai pas autant souffert que je l’aurais pensé (merci les alizés). Je suis rentrée enchantée par Dakar et par son marathon, dont c’était la première édition. Pour un coup d’essai, c’était une belle réussite.

Bon à savoir : la première édition fut organisée pour l’inauguration de la première autoroute du pays, réalisée par la société Eiffage, d’où le partenariat. Il se trouve que cette société française abrite en son sein un des plus gros clubs de running d’entreprise. Vous mettez d’un côté un tronçon d’autoroute de 42km… de l’autre des marathoniens… En deux secondes vous avez le premier marathon organisé sur une autoroute du monde 😉. Evidemment, maintenant qu’elle est opérationnelle, il fallait trouver une autre solution et c’est la ville de Dakar qui va accueillir ce nouvel événement avec une balade à la découverte des principaux monuments. Le parcours ne s’annonce pas le plus roulant du monde mais il faut l’aborder avant tout comme une façon originale de découvrir un pays.

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