Run : Râler pour faire des vagues…

Les BH oui… les bouchons non ! Pour celles et ceux qui ne seraient pas au fait des abréviations, BH signifie barrière horaire… la bête noire de bon nombre de coureurs, que ce soit sur route ou sur trail d’ailleurs. Mais si le vrai problème c’était aussi la gestion des bouchons ?

 

Petite mise au point pour nos amis qui ne connaissent pas les us et coutumes sur trail : afin d’éviter que certains y passent la journée, l’organisation met souvent en place un système de barrières horaires annoncées en amont dans le règlement de la course. Je conseille d’ailleurs aux débutants de bien les consulter avant de s’inscrire. Chaque organisation est libre de faire ce qu’elle veut, de rendre sa course accessible au plus grand nombre ou à l’inverse de la restreindre en éliminant les « randonneurs ». Certaines organisations se revendiquent d’ailleurs comme dépositaires du vrai « esprit trail » grâce à des barrières volontairement strictes. Aucun jugement de ma part sur le sujet, c’est le jeu et quand tout est bien annoncé en amont, c’est au coureur de ne pas se tromper de crèmerie et d’estimer s’il a le niveau ou pas.

 

Même si je me suis fait retoquée plusieurs fois, voir même écrasée sur le mur implacable de ces foutues barrières horaires, il est hors de question pour moi de les remettre en cause dans ce petit article. Elles sont là pour la sécurité des coureurs, le confort des bénévoles et pour rappeler à tout le monde que nous sommes sur une course. Nous n’avons aucune obligation de prendre des dossards, la très grande majorité des trails s’organisent sur des chemins de rando ouverts à toutes et à tous le reste de l’année. Si tu veux y courir ou y marcher sans matériel obligatoire, à poil ou culotté, libre à toi et en plus tu n’auras rien à payer et aucune loterie à gagner ! A partir du moment où tu décides d’accrocher un dossard sur ton t-shirt, tu acceptes aussi les règles et même si j’avoue que oui j’ai bien envisagé de passer outre sur ma dernière course et finir sans dossard, ça a duré 30 secondes dans ma tête et j’ai renoncé à mon projet immédiatement. Le plus gros souci pour moi est ailleurs… Il est du côté des bouchons…

 

Tout traileur se situant dans la moitié du peloton (et encore je crois pouvoir dire que je suis presque optimiste en disant ça) a vécu ces moments pénibles, à l’arrêt complet parfois ou à la queue leu leu pendant de longues et interminables minutes. Si autrefois on n’avait pas forcément une idée précise du temps perdu (bon tu me diras, autrefois il n’y avait pas de bouchon non plus, on était trois pelés et un tondu au départ de certaines courses devenues des incontournables dont les dossards partent plus vite que les billets du dernier concert des Rolling Stones), aujourd’hui nos petites merveilles de technologie nous permettent de faire la comptabilité. Quand tu t’es retrouvé à l’arrêt 20 minutes (je ne cite volontairement pas de course mais j’ai des exemples très précis et ce chiffre n’est pas donné au hasard) et que tu rates la barrière horaire à 2 minutes, tu peux te retrouver rapidement en mode énervé. De nouveau que les choses soient claires entre nous, je ne cherche pas à me trouver des excuses, personnellement quand je me prenais des BH, je les acceptais totalement parce que si j’étais en retard c’est que soit je n’étais pas assez préparée et donc en réalité incapable d’aller plus loin, soit carrément blessée donc de toute façon avec l’intention de mettre le cligno. Mais je pense qu’il est grand temps de commencer à se poser des questions du côté des organisations qui souvent nous donnent de grandes leçons mais qui oublient d’en tirer de leur côté.

 

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Ben pourquoi tu cours pas plus vite ? (photo mise juste pour le plaisir !)

Crédit photo : Charlotte Micheaux

Parce qu’elle est où la solution ? On se met tous sur la première ligne pour éviter la masse ? 😊 N’allez pas croire que les bouchons sont l’apanage des courses en montagne et des monotraces, l’Ultra Marin du Morbihan a offert un bel exemple lors de la dernière édition d’un joli bordel après 15km de course et je parle du parcours, pas des ravitos qui ont viré au grand n’importe quoi question gestion de l’eau. On limite toutes les courses à 200 participants max pour que tout le monde puisse courir sans être bousculé ? A mon avis, cela ne va pas plaire à tout le monde non plus… La seule solution déjà adoptée par plusieurs organisateurs c’est enfin d’en venir à un système de vagues en fonction du niveau du coureur avec évidemment un temps de passage pour les BH fixé sur le temps de passage de la ligne de départ du dernier. Je précise parce que si c’est pour se baser sur le temps du premier, ça ne réglera rien évidemment.
Je m’explique ! Je l’ai vécu sur plusieurs courses au genre bien différent et ce fut presque la révélation à chaque fois. J’ai testé les courses d’obstacle : première situation, tout le monde lancé au même moment ou presque sur un parcours en deux boucles. Pour la première gros bordel, attente aux obstacles parfois très longue, bousculades, risque de chutes… bref le bordel et de quoi te dégouter à jamais. Deuxième situation, une course du même genre en Angleterre, là les choses changent du tout au tout avec des départs par petites vagues d’une centaine de personnes max mais non liées au niveau. Fluidité aux obstacles dès le premier, super ambiance puisque personne ne poiraute des heures, entraide, du temps pour envisager ce que tu as à passer avant de te lancer, plus de sécurité au bout du compte. Autre exemple : un urban trail où là aussi on retrouve un système de vague, ok tu dois attendre 30 minutes ou presque après les premiers mais pas de réels bouchons, fluidité, super ambiance et pourtant nous n’étions pas 200 au départ…
Quand j’entends des coureurs me dirent quand je me plains d’avoir été à l’arrêt « t’avais qu’à courir plus vite », je me dis qu’ils n’ont vraiment rien compris… Si tout le monde court à 15km/h et que tu passes soudainement d’un chemin qui fait 3 m de large à un monotrace de 50cm de large, tu vas ralentir et si vous êtes 50 de front, à mon avis, il y aura bouchon quand même, surement moins long qu’avec des coureurs à 10km/h mais c’est mathématique. Tu fous 50 Ferrari sur une autoroute à 3 voies et tout d’un coup tu passes à 1 voie, d’après toi tout se passe sans ralentissement ?

 

Un système de vagues, de taille raisonnable les vagues hein, parce que si c’est pour balancer une vague de la taille de celle de Nazaré, ça ne va pas régler le problème non plus, cela permettra non seulement aux coureurs d’être dans de bonnes conditions mais aussi aux bénévoles qui gèrent les ravitos de ne pas se retrouver avec une nuée de sauterelles énervées façon « les 10 plaies d’Egypte » et devrait éviter quelques incidents lors du décrochage du dossard. Tout ça n’est que mon humble avis, mais vous me connaissez, j’aime bien le donner 😊

 

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