Run : New York, Half Marathon, fais comme l’avion…

Bon évidemment je pouvais me douter qu’en partant plusieurs jours avant la course dans la ville qui ne dort jamais, je prenais des risques de planter mon pari… J’ai joué, j’ai perdu, ça t’apprendra tiens !

 

Genèse de l’aventure : l’idée de courir ce fameux semi qui passe par Time Square pour finir à Wall Street me trottait dans la tête depuis quelques temps et pas seulement parce que je ne suis plus capable de tenir 42 bornes sur le bitume. Bon, déjà parce que dès que je peux trouver un prétexte à deux balles pour retourner à NY, j’en profite ! Ensuite parce que j’aime cette ville qui compte énormément pour moi, depuis très très longtemps. Prétextant notre vingtième anniversaire, le fait que nous avions commencé notre vie de jeunes mariés là-bas en voyage de noces, j’arrive en plus à décider l’Homme d’être du voyage. Qui dit date précise à respecter dit forcément tour operator et c’est vers France Marathon que je me suis tournée, après avoir vu une annonce sur FB tout simplement. Le temps qualif… comment dire… et la loterie… On ne peut pas être heureuse au jeu et en amour il paraît ! Bref je sais depuis plusieurs mois déjà que je vais partir et c’est bien décidé à tenter un truc que je commence 2017.

 

Bon on va se calmer, le RP c’est fini pour moi je le sais mais je voulais juste revenir à un temps qui ressemblait à un temps quoi, avec un 1 devant déjà pour commencer… Du coup j’attaque le plus sérieusement du monde une prépa basée sur 1h55, tout en rajoutant un programme de renfo musculaire, histoire de donner une chance à mon dos de me foutre un peu la paix. Vous me connaissez, autant je suis capable de partir en étant pas du tout prête sur une course, autant lorsque je dis que je l’ai préparée sérieusement, c’est que je l’ai vraiment fait. Consciencieusement je fais la plupart de mes séances sur tapis pour être sûre de bien tenir les allures avec précision. Je passe des heures dans ma cave à soulever des haltères et j’ai même rajouté du yoga à petite dose. Franchement là, je peux difficilement faire mieux ! Bon je ne suis pas non plus un régime strict même si dans l’absolu un ou deux kilos de moins, ça aurait été une bonne idée mais on va se calmer, je prépare un semi, je ne joue pas ma vie !

 

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Tu me diras je pouvais courir comme ça… ça ne changeait rien à mon chrono et au moins c’était rigolo !

Forcément, j’arrive un peu fatiguée à New York avec une première journée de voyage un peu plus agitée que prévue, et forcément on marche 20km par jour comme à chaque fois que je suis là-bas. Les 20km, ce n’est pas une expression, mon tom tom me le confirme tous les soirs ! J’ai aussi rajouté une super séance de fitness class au taquet question cardio dont je vous parlerai bientôt. Bref, même si je dors bien, que je mange bien (ouais ok le premier soir c’était frites et super burger mais après j’ai été hyper sage !), je me réveille un peu fatiguée dimanche matin avec les jambes déjà lourdes. Guillaume en mode coach m’accompagne même au départ qui est pour ma vague à 7H45. Je dois rentrer dans Central Park à 7h dernier carat, nous sommes en réalité debout beaucoup trop tôt mais le côté métro et stress associés me réveillent de toute façon dès potron minet.

 

Mon burger préféré et du homard pour le déjeuner… 

Venons-en à la course en elle-même : 21 km donc forcément avec plus de 10 dans Central Park. Ensuite on attaque la 7éme avenue, Time Square, on tourne à droite toute, direction l’Hudson avec la statue de la Liberté en fond d’écran, arrivés en bas gauche toute pour rejoindre Wall Street. La météo : froid mais ensoleillé, très froid même… Mais j’ai fait le choix de partir quand même en short parce que je sais que je n’ai jamais froid aux jambes tout en étant couverte en haut avec un t-shirt manches courtes quand même mais une veste Patagonia qui tient chaud. Ah oui, j’ai une paire de gants évidemment ! Je n’ai pas prévu de porte bidon (totalement débile quand tu veux courir à un rythme correct…) et j’ai comme gels mes beurres d’amande de chez Justin’s que j’adore et que je ne trouve qu’aux USA à mon grand désespoir.

 

 

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Je suis donc dans la deuxième vague mais dans le premier sas. En théorie, cela devrait me permettre de partir à la bonne vitesse, ce qui est une bonne chose (en pratique ce fut un peu plus compliqué). En rejoignant mon sas de départ j’entends l’hymne américain en fond sonore, un rapide pipi et c’est parti. L’attente sera nettement plus courte que pour le marathon et heureusement parce que je me caille un peu à attendre comme ça en statique ! Le départ est donné, je suis partie et dès les premiers km, je sens que ça ne va pas se passer comme je l’espérais… Bon déjà le parcours n’est pas des plus roulants pour attaquer sans échauffement mais ça je devrais commencer à le savoir depuis le temps. Je me fais avoir à chaque course que je fais à New York. Central Park dans sa partie nord n’est qu’un enchaînement de petits « coups de cul » qui me coupent les jambes à peine partie. Autre souci : j’ai encore envie de faire pipi… Le froid sûrement n’arrange rien à l’affaire mais je sais qu’il sera impossible de faire 21Km sans m’arrêter.

 

J’ai mon bracelet de temps de passage en miles au poignet pour essayer de rester dans le tempo et éviter de faire la conversion avec mon cerveau congelé mais dès le 2ème mile, je suis en retard. Je peste, j’essaye d’accélérer pour rattraper tout ça mais rien n’y fait, je suis définitivement collée au bitume… Et ma vessie me crie de m’arrêter pour la soulager. Les toilettes au ravito sont prises d’assaut alors je finis par faire ma française ! Je mets le cligno sur un petit chemin et je m’arrête dans un endroit un peu discret pour faire pipi dans la neige. J’arrive encore à avoir le nez sur le chrono et je perds un peu plus d’une minute. Avec les 2 autres perdues, j’en suis à 3… Je pars sur l’idée que je dois serrer les dents dans Central Park mais que dès que nous serons sortis, ce sera plat. Ma naïveté m’amuse toujours autant après toutes ces années !

 

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La 7ème avenue est enfin là, mais mes jambes toujours pas… Le moral en prend un tel coup que je me demande pourquoi je m’impose ça. Vous savez quand ça tourne en boucle dans votre tête… « punaise mais qu’est-ce que tu fous ? », « pourquoi je me suis entraînée comme ça alors qu’au bout du compte ça ne sert à rien ? » et j’en passe. Je me dis qu’il est grand temps de débrancher mon cerveau parce que je suis quand même à New York là, et qu’il serait temps de profiter un peu de la chance inouïe d’être ici au lieu de me plaindre. « Tu voulais la gagner cette course ? Non… Bon alors ferme-là et cours ! ». Et pour mon plus grand bonheur je vais me retrouver à longer le parcours organisé pour les enfants qui courent en même temps que moi. Ça me change les idées et l’arrivée sur Time Square me réveille tout en me replongeant en mode plaisir.

 

J’ai décidé de ne plus regarder mon bracelet histoire de ne pas me clouer au sol encore plus et je gère. Le plat est là mais les jambes toujours pas de toute façon. J’essaye juste de limiter la casse et de ne pas arriver trop tard histoire de ne pas trop inquiéter mon mari qui m’attend à l’arrivée. Je suis en mode endurance de toute façon maintenant donc ça c’est une allure que je gère super bien ! Mon dos me laisse relativement tranquille, ce qui est une bonne chose également. L’Hudson est là et comble de joie le vent n’y est pas… Enfin pas de face en tout cas ! Il fait toujours aussi froid et je me sens toujours incapable de poser la veste même si j’ai dégainé les lunettes de soleil que j’avais hésité à prendre.

 

Bon, ça manque un peu d’ambiance tout ça quand même… Si vous rêvez de revivre le marathon en plus court vous allez être sérieusement déçu. Heureusement les nombreux ravitaillements sont là pour me sortir de ma routine. Je retrouve les gobelets en carton, la gatorade qui colle aux chaussures… La Statue de la Liberté est bien au rendez-vous et la nouvelle tour du Word Trade Center nous attend. Alors que je me réjouissais de traverser Battery Park, mauvaise surprise, on nous fait prendre le tunnel… Bon déjà je suis légèrement claustro mais je suis surtout hyper déçue de ne pas avoir la vue ! Heureusement les coureurs sont plutôt en forme autour de moi et ça crie, ça encourage. Bon ça manque de DJ mais ça permet de passer le truc un peu plus vite.

 

Enfin l’air frais et surtout enfin l’arrivée ! Un panneau nous indique que nous sommes à 400m de l’arrivée, un petit tour de piste et on en parle plus de ce semi. Je tente de me redresser et de lever les genoux, histoire d’avoir l’air d’une coureuse et zou c’est fini, enfin… Je récupère ma superbe médaille (ça, on dira ce qu’on voudra mais ils assurent toujours de ce côté-là !), ma couverture de survie et mon petit sac de ravitaillement pour filer au plus vite rejoindre mon homme qui m’attend à la sortie avec une tenue chaude. Le métro est tellement pris d’assaut que nous allons décider de remonter tranquillement à l’hôtel en marchant. Enfin tranquillement… pas trop non plus, semi ou pas semi, j’ai un brunch avec des amis !

 

De Central Park aux gaufres de l’arrivée… 

Conclusion de tout ça : bon clairement il y a un truc qui ne va pas. Quoi ? Je ne sais pas encore mais je me connais, et là il y a un truc qui « déconne » quelque part. Je sais que mes temps d’il n’y pas si longtemps sont derrière moi mais là c’est autre chose. Je ne parle pas seulement chrono, je parle de pas mal de choses à côté du sport qui finissent par me dire qu’il va peut-être falloir que j’arrête de faire l’autruche et que je m’occupe un peu de contrôler tout ça, histoire d’éliminer des pistes. Je suis forcément anémiée mais je le suis depuis toujours donc cette explication n’est pas suffisante. Pour ce qui est du renforcement musculaire, aucun doute, ça m’a aidée à ne pas trop souffrir même si je suis lucide, ce n’est pas 3 mois qui suffiront à tout remettre d’aplomb. Je vais donc continuer et continuer le yoga en augmentant un peu la dose de ce côté-là d’ailleurs parce que j’en ai bien besoin. Allez, ce n’est pas tout ça mais je vous laisse, j’ai une valise à vider, du linge à laver et une valise à faire, Laponie, me voici !

 

ps : arrive vite un article sur le côté organisation de cette course, promis juré !

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