Run : NY, Ted Corbitt et Central Park…

Je n’avais pas prévu de forcément vous raconter mon petit délire new yorkais mais je me suis dit que certaines infos pourraient vous intéresser. Voici donc mon petit récit totalement givré du 15km Ted Corbitt.

 

A ne toujours parler que marathon, on a souvent l’impression qu’il n’y a que ça à New York ! Pourtant il n’y a pas un week-end où une course n’est pas organisée dans un des quartiers de la ville. J’ai déjà couru un semi début janvier dans un Central Park totalement enneigé, il faut croire que je suis condamné à toujours me les geler… Mais il y a toutes les distances et on peut même trouver un 60k et un 100 miles ! C’est la même organisation que celle du dit marathon d’ailleurs qui organisait un 15k qui porte le nom du fondateur de leur club, le New York Road Runners. Il était lui-même un incroyable coureur, allant des petites distances aux ultras. Pour s’inscrire, c’est très simple : il suffit d’aller sur le site et de payer ! Ne rêvez pas, vous êtes au pays de l’Oncle Sam donc les tarifs sont les mêmes que les tarifs des courses parisiennes pour des prestations souvent inférieures (pour le côté purement commercial !). Mais si vous voulez vraiment courir avec des américains et avoir l’impression d’être la seule étrangère présente ce jour-là, c’est parfait !

 

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Evidemment je vous rassure, je n’ai pas traversé l’Atlantique pour ça… Je suis cinglée mais pas encore à ce point. Je devais juste trouver une solution pour m’occuper pendant que mon fils faisait du longboard dans le parc. C’était ça ou me retrouver à dévaliser la 5ème avenue (beaucoup plus risqué pour ma CB qu’un 15 bornes)… ou me gaver de pancakes ! J’ai donc préféré l’option dossard même si franchement ce n’était pas l’idée du siècle. Je suis en pleine coupure hivernale qui dure plus longtemps que prévu. J’ai vraiment été « secouée » du Jungle Marathon, je n’ai pas de honte à le dire, et question sport, je n’ai pas rechaussé mes baskets à proprement parler depuis cette course. Je fais du vélo d’appart tranquille au chaud à la maison et c’est tout. Je sais avant de partir qu’il fera froid mais beau, ce qui est déjà une bonne chose. Mais sincèrement je ne pensais pas qu’il ferait aussi froid… Oui je sais j’ai fait des trails blancs dans ma vie mais je vous jure que ça caillait !
Comme toujours la veille d’une course quel que soit la distance, je n’arrive pas à dormir.

 

 

Nous avons pourtant passé une journée à crapahuter partout dans la ville, à rester debout des heures dans les musées avant de finir par avaler vite fait un hot dog dans la rue en rentrant à l’hôtel après une comédie musicale à Broadway n’ayant même pas le courage d’aller dîner. Pourtant à 5h je fais le hibou dans mon lit. A 6h du mat, je craque et je me prépare. Je dois récupérer mon dossard sur place, je veux avoir un peu de marge. Ah ça de la marge je vais en avoir… J’attrape un taxi à peine le bras levé qui m’emmène à une vitesse de dingue à ma destination. Le stand de retrait des dossards ouvre à 7h, je suis la première ! 7h01, je l’ai et encore la dame a dû cherché après avoir pris le temps de comprendre mon anglais… La course démarre à 8h30… Bon si je ne veux pas finir totalement congelée, je dois trouver une solution et je ressors du parc pour trouver asile dans un café. Enfin café, si vous êtes déjà allés dans la ville qui ne dort jamais vous voyez de quoi je parle. On y trouve de quoi grignoter, ils font des sandwichs et il y a des boissons chaudes. Je sirote mon thé en papotant avec d’autres coureurs tout aussi congelés que moi. Retour dans le parc où l’ambiance est plutôt à la convivialité. Maria Carey nous chante dans les baffles qu’elle nous veut pour Noël et tout le monde sautille pour tenter de se réchauffer. Et moi je me maudis de ne pas avoir prévu les chaufferettes… et la doudoune… et les 4 couches thermiques ! J’ai juste un collant skins classique beaucoup trop fin pour ce type de température, une première couche de la même marque, mon t-shirt manche longue technique et ma veste skins noire et or, certes très jolie mais clairement pas assez chaude. J’ai évidemment gants et bonnet qui me donne un look de spermatozoïde. Et j’ai mes lunettes de soleil… Aux pieds je porte mes metarun Asics. Pourquoi ? Parce qu’elles sont super jolies pour la journée et mes km dans la ville… Si c’est pas un argument !

 

Tenue et petit dej… tout est dit ! 

L’hymne américain raisonne et comme toujours ça file des frissons, déjà que je grelotte ! Sincèrement cette minute où la foule ne fait pas un bruit, sans être patriote ou pro-américaine, ça fait toujours quelque chose. Comme j’ai obtenu un dossard par « indulgence du jury », je pars dans le fond du troupeau, tranquillement mais surement. C’est assez rigolo à observer mais j’ai vraiment le sentiment que les américains respectent plus la notion de sas de niveau que les français. Enfin je me trompe peut-être mais j’ai toujours eu en visuel les mêmes coureurs pendant 15km et j’ai finalement peu été doublée. Tout le monde était à sa place et n’en a presque pas bougé. C’est donc parti pour deux boucles où très vite je me rappelle d’un truc que j’avais déjà oublié : saloperie de parc qui n’est jamais plat… Sur le semi je m’étais déjà maudite d’avoir négligé cette info. Evidemment ce n’est pas le Mont Blanc ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Mais vraiment tu as le sentiment d’être un peu sur des montagnes russes. Et le froid n’arrange rien à l’affaire… J’ai pourtant couru en Antarctique deux fois mais je ne sais pas pourquoi, cette fois ça passe mal, mais alors très mal ! Je me retrouve au bout de 2km avec un goût de sang dans la gorge comme pour les courses type km vertical. Je dois boire aux ravitos pour tenter de faire passer le goût mais l’eau ne suffit pas. Avec le recul et pour en avoir discuté avec mon ado qui fait un autre genre d’effort au même moment que moi dans le parc, nous avons conclu que la pollution n’arrangeait rien. C’est vraiment super désagréable comme sensation, suffisamment pour me faire envisager d’arrêter après le premier tour. Surtout que je vois débarquer le premier à une vitesse stratosphérique, juste vêtu d’un débardeur et d’un short… qui passe la ligne d’arrivée et qui récupère presque en courant l’enveloppe avec sa prime. 500$ gagnés en 44 min. Mince si j’avais couru plus vite, j’avais un budget pour faire du shopping !

 

Tu sais que tu cours aux US parce que tu trouves toujours : des toilettes à n’en plus finir, des bénévoles avec des petits panneaux et des drapeaux ! 

Bon, du coup je décide de m’accrocher pour finir même si franchement je fais peine à voir. Seul point positif de toute cette balade, je n’ai jamais marché et j’ai été très régulièrement dans ma lenteur, ce qui est finalement une bonne chose. Il y a de plus en plus d’encouragements autour de nous, des touristes, des new-yorkais venus promener leur chien ou sortir leur enfant ! Il fait beau mais toujours aussi froid. J’avais pris mon joli t-shirt spécial Noël Ink’burn mais hors de question d’enlever ma veste. Je n’ai même pas réussi à enlever mes gants. Comme toujours il y a pléthore de ravitaillements mais uniquement de l’eau, bien gelée il va s’en dire, alors que franchement un bon vin chaud aurait fait l’affaire. Et à ma grande surprise je vois encore des coureurs s’arrêter aux toilettes à 2 miles de l’arrivée. Eh vous ne pouvez pas serrer les sphincters et finir avant d’aller vous soulager ? Allez un dernier virage et c’est bon je passe la ligne d’arrivée. On oublie le chrono, je n’étais pas venue pour ça et ça tombe carrément bien parce que je serai sacrément déçue tiens ! J’attrape un verre de gatorade pour tenter de faire passer le goût de sang toujours présent, je zappe la traditionnelle couverture de survie pour ne pas finir en papillote et je file chercher mon sac. Ce n’est pas tout ça mais j’ai une crêpes party chez le « boss » de l’association Imagine for Margo aux USA.

 

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Pendant ce temps là, l’ado se baladait…

Ah oui truc qui m’a fait marrer… Avec les mesures de sécurité on demandait aux coureurs de ranger leurs affaires dans un sac transparent comme pour le marathon. J’aurais dû y penser, ce n’est pas comme si je venais régulièrement courir aux USA… Moi j’avais un superbe sac à dos noir Nike bien épais que je ne comptais pas abandonner. Du coup j’ai juste du ranger mon sac dans l’autre sac… Question sécurité c’était top tiens ! Pas de médaille comme la dernière fois, donc là aussi pas de surprise, seulement un t-shirt en coton d’une couleur jaune fluo assez wouah. Clairement on vient là pour courir, point barre, il faut le savoir. Très sincèrement moi ça me va bien. On sait qu’on va trouver une organisation ultra rodée avec des dizaines de bénévoles aux petits soins. Ça va vite, c’est carré et c’est l’occasion d’avoir Central Park privatisé quand on y pense. N’hésitez pas si vous passer un jour à New York de consulter le calendrier, on ne sait jamais. Attention certaines courses jouent tout de même à guichets fermés, n’attendez pas la veille pour vous inscrire.