Jungle Marathon : Débrief matériel

Parce que je sais que beaucoup sont friands de ce type d’articles, voici un petit debrief du matériel que j’ai embarqué en Amazonie avec moi.

 

1. Le sac

 

Forcément sur ce type de course, c’est Le truc à ne pas rater ! J’ai fait un choix stratégique qui va en surprendre plusieurs mais qui se justifie totalement à mon avis. Après un essai on ne peut plus concluant d’un sac 6 litres de la marque Osprey que j’ai baladé tout l’été sur mon dos, j’ai demandé à la marque si elle avait un produit qui pouvait coller avec le litrage donc j’avais besoin. Je suis donc partie avec un 20 litres (un vrai 20 litres… les habitués comprendront ma remarque…) le tempest 20 destiné plutôt à la randonnée qu’à la course et conçu pour les femmes. Vous me direz, je fais plus de la rando que de la course… Mais surtout ces sacs ont plusieurs qualités et non des moindres en ce qui me concerne : leur résistance à toutes épreuves… J’ai pu constater à mes dépends ou surtout à ceux de mes petits camarades de jeu que les sacs d’ultra trail conçus à cet effet, dans leur volonté d’alléger leur poids au maximum augmentait leur fragilité par la même occasion. Et comme vous avez pu le constater en regardant les vidéos, sur le jungle marathon, ils en prennent « plein la gueule »… Force est de constater qu’après une semaine d’ultra mauvais traitement, mon sac n’a pas le moindre accro et semble neuf après un petit nettoyage. Autre qualité pour moi, ils sont conçus pour protéger un maximum les lombaires, ce qui avec mes problèmes de dos est carrément un point devenu incontournable. Je dois bien avouer que je n’ai pas souffert comme d’habitude et c’est juste un vrai bonheur. Sans parler de la répartition de la charge qui soulage également les épaules qui souffrent toujours beaucoup chez moi.
Attention, il y a quand même des défauts ou tout du moins des limites qu’il faut connaître avant de se lancer : on oublie le ventral, il n’est pas conçu pour en adapter un, cela veut dire qu’il faut vraiment organiser son sac pour avoir le minimum vital avec vous, vous ne pourrez pas trimballer de surplus, ça ne passera pas. Mais l’avantage c’est que sans ventral vous nagerez plus facilement avec… Pas de porte bidon sur les bretelles, donc gourdes à l’extérieur du sac, il faut faire l’effort de penser à boire, vous n’avez pas les pipettes sous le nez en permanence. Solution qui peut être envisager : quand le sac s’allège au bout de 2 ou 3 jours, l’espace poche à eau extérieur devient très facilement accessible, on peut donc passer à ce système et virer les gourdes. J’ai regretté de ne pas y avoir pensé puisqu’en plus j’ai dû gérer la perte d’une de mes gourdes pendant la sortie rafting ! Les pochettes situées à l’avant du sac où l’on peut ranger sa nourriture (ou sa musique… ou son téléphone) pour la journée ne sont pas étanches !!!
Comme je l’ai expliqué rapidement dans mon récit, j’ai fait le choix de me contenter de ranger l’intégralité de mon matériel et de ma nourriture dans des « sous sacs » étanches, les ultra light Drysack. Je n’ai donc eu comme je l’ai écrit qu’un souci avec forcément le seul sac qui n’aurait pas dû prendre l’eau… Mais aucun doute là-dessus, c’est moi l’unique responsable parce que j’ai dû le fermer trop vite sans assurer l’étanchéité. Il n’a pris l’eau qu’une fois… Juste pas de chance pour moi, c’était le mauvais sac et le mauvais jour… J’avais par contre pour protéger mon portable un vrai sac type plongée sous-marine pour être vraiment sûr de mon coup acheté il y a des années au rayon plongée du Décathlon de la Rochelle. Ils ont un défaut, ils sont super lourds… Donc ça limite leur recours. Si je devais refaire un jour cette course, je pense que je prévoirais un drysack 30 litres pour y ranger tous mes petits sacs le temps des traversées, histoire d’être vraiment au sec.

 

2. Les chaussures

 

Alors oui comme d’habitude j’ai fait un pari en partant avec une paire quasi neuve mais vous me connaissez bien maintenant. J’ai quand même fait des progrès non négligeables parce que cette paire, j’avais coupé les étiquettes avant de partir et mieux j’avais même fait une course avec ! Je suis partie d’une idée assez simple : le jungle marathon c’est une course d’obstacles format XXL alors autant adopter des chaussures conçues pour ce type de délire. Inutile de vous dire que chez Merrell ils vont encore me prendre pour une cinglée… les Tough Mudder n’ont pas du tout été conçues pour faire un ultra mais bien des courtes distances.

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Une chose est certaine : elles ont assuré le job, aucun doute là-dessus. La semelle a accroché quand il le fallait, on peut nager avec sans souci, elles n’ont craqué nulle part malgré un terrain quelque peu hostile. Seul défaut : le sable a fini par s’infiltrer un peu partout dans le mesh et je devais vraiment les « cogner » le soir pour l’évacuer. En fait mon seul gros regret dans toute cette histoire, c’est que je ne m’étais pas assez informée de la nature du terrain. Si j’avais su qu’on aurait autant de plage à la fin de la course, je prenais mes sandales de la même marque les Terran Lattice qui ont tellement assuré à Abu Dhabi à mes pieds. Je suis d’autant plus énervée qu’elles étaient dans mon sac de voyage puisqu’elles m’accompagnent partout maintenant quand je suis en mode touriste. J’ai trimballé une paire de tongs en plastique pour le camp comme d’habitude qui n’étaient évidemment pas du tout compatibles avec la course (je ne suis pas brésilienne moi… je ne sais pas courir avec ces trucs-là bien longtemps) et qui étaient à peine plus légères que mes sandales de trail. Bref… Pas la peine de refaire l’histoire, juste un rappel à l’ordre : quand tu as la chance d’avoir des amis qui ont déjà fait une course, tu ne leur parles pas qu’avion, tu leur parles aussi terrain !

 

3. Les vêtements

 

Couvrants ou pas couvrants telle est la question… Je ne sais pas pourquoi je suis partie sans manchons pour les bras… 8 jours après mon retour je me pose encore la question ! Vous les verriez, on dirait un zèbre qui pèle. Pour les jambes, il semble évident qu’un collant long ou l’association capri + manchons reste le bon compromis. Bon n’emmenez pas non plus votre super collant de compression qui coûte un rein… ou alors faites-vous le offrir par la marque de votre choix parce que franchement la probabilité qu’il soit déchiré pendant la course est grande. J’ai eu la riche idée de partir avec ma jupe ceramiq qui était parfaitement assortie avec mon haut, elle est restée au Brésil… enfin un bout est resté sur un tronc d’arbre au Brésil pour être parfaitement exacte.
Comme vous avez pu le voir sur les photos je portais un t-shirt orange qui pète qui est en fait un t-shirt d’une course de filles organisée par Nike en son temps. Pourquoi ce choix ? Parce que je voulais être sûre que les braconniers ne me prennent pas pour un jaguar ! A ma connaissance, les gros animaux orange il n’y en a pas trop alors autant limiter les risques. Et plus sérieusement je me doutais qu’il serait irrécupérable, alors autant sacrifier un t-shirt publicitaire.
Question brassière, toujours la Zsport Virtuosity (tout un programme !), marque qui m’accompagne sur mes ultra depuis quelques temps maintenant. Toujours parfaite, pas une zone de frottement à signaler, une matière qui sèche plutôt rapidement… bref rien à redire encore une fois.
Les chaussettes : j’avais pris une paire basique qui n’est pas revenue et je regrette de n’avoir pas pris deux paires. Juste débile de ma part… Pour le choix, à mon humble avis, une paire fine qu’on peut facilement rincer et débarrasser du sable, ce qui n’est pas le cas des paires spéciale trail souvent trop épaisses. Et un grain de sable qui reste coincé, c’est papier de verre sur le pied assuré !

 

4. Le hamac

 

C’est quand même le truc le plus original de cette course et finalement le plus compliqué je trouve à gérer. Presque tous les coureurs avaient des modèles type « militaire » qui ne semblaient pas aussi évident que ça à installer le soir quand on arrive au camp bien fatigué. J’ai traîné un peu sur des blogs ou autre forum de baroudeurs et très vite un nom est revenu : ticket to the moon. Déjà avec un nom pareil ça faisait rêver ! Tout le monde était unanime sur leur confort et surtout leur facilité d’accrochage. J’ai eu la chance (et la surprise d’ailleurs puisqu’évidemment je ne suis pas du tout référencée baroudeuse !) de découvrir que l’agence qui gère leurs relations presse me connaissait pour d’autres marques. En quelques coups de téléphone, ils ont accepté de me prêter un modèle, sans parler de leur réactivité incroyable parce qu’en 2 jours il était chez moi. Franchement je ne regrette pas un seul instant ce choix ! Non seulement la facilité d’accrochage s’est confirmé dès le premier soir sur le bateau. Comme je l’ai écrit, je n’ai jamais fait de test avant de partir, pas vraiment eu le temps pour être honnête comme d’hab. Je me suis donc retrouvée à la frontale à regarder les petits dessins qui sont sur le sachet des câbles… ça vous donne une idée de l’improvisation ! Il n’empêche qu’en 2 min il était installé et je ne suis pas tombée ! Pour la moustiquaire obligatoire elle-aussi, ce que j’ai vraiment apprécié c’est qu’elle est généreuse et n’est pas collée sur ta tête comme j’ai pu le voir chez mes collègues. Je suis légèrement claustro… ça aurait été l’enfer pour moi d’avoir un grillage à 10 cm de mon visage. Pour le conditionnement pendant la course, j’ai tout compressé dans un sac étanche 6 litres et c’était parfait. Le tissu type toile parachute est vraiment ultra confortable et j’en ai fait mon refuge pendant toute la semaine. Il y a une petite pochette sur le côté qui se referme avec un lien, j’y rangeais mon masque pour dormir, mes bouchons d’oreille et ma petite lampe de camp pour les trouver facilement chaque soir. Le seul souci c’est que le hamac, les câbles et la moustiquaire sont plus lourds que mon duvet… Il faut vraiment prendre ça en compte pour le poids final. Maintenant il est vrai que j’ai la chance d’avoir un duvet super léger par rapport à la moyenne pour une température de confort de 0 à 5°C. Le total faisait le poids de beaucoup de duvets classiques que j’ai pu voir sur le MDS par exemple. En tout cas si vous cherchez un hamac pour votre jardin, pour le camping ou autre n’hésitez pas ! Le bénévole en charge du camp et qui aidait les coureurs le soir pour leur installation est carrément venu me demander le nom du mien pour s’équiper à son tour, après l’avoir essayé.

 

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Bon là comme ça il ne fait pas envie… Mais qu’est-ce que j’y ai bien dormi !

 

5. La nourriture…

 

Bon sujet très compliqué pour moi parce qu’entre mes intolérances alimentaires (non je ne suis pas intolérante au gluten qu’on se le dise !) et mes allergies bizarres sans parler de tous les trucs que je n’aime pas manger, c’est un peu un enfer de me nourrir… Du coup je mange toujours la même chose ou presque. Je vais donc vous détailler rapidement ce que j’avale mais ne prenez pas peur et ne considérez pas ça comme des conseils !
Petit déjeuner : muesli et je suis partie avec mon muesli que je mange chez moi tous les matins à savoir Charles Vignon aux amandes et à la vanille. Il se trouve qu’il est sans gluten mais franchement ça n’est pas du tout ma motivation, c’est juste que je le trouve absolument délicieux. Chez moi je le mange mélangé avec des fruits frais, ce qui est bien entendu impossible sur mes courses. Franchement il est super bien passé mais très clairement comme souvent pour les deux dernières étapes, j’avais faim plus tôt dans la matinée.
Pendant la course : en ce moment je suis très barre d’amandes gerblé, les barres de sésame de la même marque et comme toujours des petits sachets de congélation avec des amandes, fumées ou salées et des cacahuètes. Pour compléter vous allez rire mais j’ai eu la riche idée de piquer plusieurs barres que j’avais adoré et qui étaient offertes sur les tables lors de la Tough Mudder. Comme mes collègues semblaient préférer les bières en recup, je me suis dit que ça ne dérangerait pas si j’en piquais quelques-unes. Seul détail : je me suis plantée et j’ai pris celles avec le chocolat… Hyper intelligent dans un pays chaud… Mais bon je ne pouvais pas changer la chose, j’ai donc dégusté mes barres pleines de chocolat fondu. Ne me demandez pas quelle marque, aucune idée ! C’est un truc plein de graines, écolo machin truc évidemment sans gluten, sans pesticides et j’en passe.
Après la course : j’ai toujours mon repas de recup qui se compose de nouilles chinoises pures si je peux dire ça, à savoir sans tous les petits sachets qui vont avec, que je fais cuire dans une soupe miso avec algues et tout le toutim. Je me fais une grosse gamelle et ça passe toujours super bien. Quand je vois la tête de mes collègues tentant de boire leur boisson de récup hyper protéinée, je me dis que j’ai quand même fait le bon choix. Pour le diner, j’ai liquidé mon stock avec des plats Real Turmat que j’avais reçu suite à ma participation à l’Ultra Norway, la Norvège étant le pays d’origine de cette marque. J’ai donc alterné entre les pâtes bolognaise (les meilleures que j’ai testé à ce jour) et le poulet Tikka. Les plats sont hyper copieux et suffisaient largement à mon appétit. Je viens de découvrir en allant sur mon site préféré pour ce type de produits à savoir www.lyophilise.fr qu’ils coutent 3€ de plus que la marque MX3 pour ne citer que la plus connue… C’est à la fois beaucoup et peu parce qu’on a besoin de 6 plats pour la semaine donc 18€ pour manger du bon… au point où on en est ! J’ai toujours considéré que cette ligne de dépense dans les ultras en étapes devait être la seule où les sacrifices ne pouvaient rentrer en ligne de compte justement. Et je fais d’énormes économies en achetant presque tout le reste dans mon supermarché. Je complète toujours mon dîner par une compote lyophilisée (achetées en vitesse au vieux campeur, je ne sais plus quelle marque j’ai prise !). J’avais en plus 2 mousses au chocolat pour le moral !
Pour la boisson : comme toujours je tourne à l’eau. Mais pour passer le contrôle technique et médical, j’avais pris avec moi quelques pastilles Isostar histoire de dire que j’avais un truc genre electrolyse sur moi. Grand bien m’en a pris ! J’ai cette fois très vite saturé de l’eau trop chaude… Alors que j’avais plutôt prévu de les jeter (je suis honnête au moins !), je me suis retrouvée à boire une gourde tous les jours à l’arrivée avec ma pastille à l’orange qui donnait au moins un goût « agréable » à l’ensemble. Le jour de la longue j’en ai sorti une quand un des bénévoles m’a donné de la glace et ça m’a sauvé avec le verre de coca bien frais de l’orga. Je ne sais pas pourquoi j’ai oublié de prendre avec moi un petit flacon de sirop Teisseire mix & go comme je le fais souvent, je me suis maudite… Heureusement que j’avais cette solution de secours. Donc vraiment pensez à prendre un truc pour donner du goût à votre eau au cas où. Je ne comprends pas comment j’ai pu négliger ce truc… Même après autant de courses je fais encore des erreurs de débutante !

 

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Et tout ce petit bordel tient bien dans mon sac ! 

Comme toujours si vous avez des questions n’hésitez pas !