La Parisienne 2016 : et une… et deux… et trois arrivées !

Je ne vais pas vous faire un compte-rendu de ma course, km par km… Mais ne pas parler de cette Parisienne n’était pas possible pour moi parce que cette année encore, elle fut riche en émotions, en rencontres et en moments inoubliables !

 

J’avoue que lorsque j’ai reçu le communiqué de presse annonçant la présence de la grande Kathrine Switzer sur la ligne de départ j’ai cru rêver. Cette femme, qui par son courage et son audace, avait changé la vie de tellement d’autres, allait être au départ de la course qui a changée ma vie. Hors de question de rater ça ! C’est vrai qu’à la base, c’était le passage sur les Champs Elysées qui m’avait convaincue d’être de nouveau au rendez-vous, quoique franchement c’était un peu un argument à la noix… J’aime être là chaque année pour fêter dignement le « premier jour du reste de ma vie ». Je l’ai souvent dit et écrit, je ne sais pas pourquoi je me suis retrouvée il y a des années maintenant au départ d’une course féminine. Ça collait avec mon programme, cela faisait un peu plus d’un mois que je courais régulièrement, c’était en plein centre de Paris, le parcours semblait sympa… Qu’il n’y ait que des femmes ne me posait pas de problème même si très honnêtement je ne pense pas que cela ait changé la donne. Ça m’a juste rassuré je pense. Sincèrement, avec le recul, la féministe que je suis n’aurait peut-être pas fait ce choix. Si j’avais su qu’au moment où je faisais mes premiers pas, les femmes n’avaient pas le droit de courir un marathon ou même une course sur route dans mon propre pays, je pense que je serai spontanément allée vers une course mixte. Mais voilà, moi Kathrine à l’époque je ne la connaissais pas…

 

En plus je donne des conseils dans Direct Matin, c’est dire si cette course je la connais bien !

Voilà comment j’ai couru ma première Parisienne et en à peine une heure la fille complexée au collège dans son jogging fluo a disparu… La fille qui se croyait asthmatique et cardiaque dès que le jour du cross était venu s’est volatilisée… La fille au dos tordu qui avait fini par être carrément dispensé de sport au lycée pour son plus grand bonheur s’était envolée vers l’arrivée pour, avec sa médaille autour du cou, pendant des heures parader ! La suite vous la connaissez, marathons, ultras, route, désert, montagne, j’ai tout essayé mais chaque année, en bonne nostalgique que je suis, j’aime me replonger dans cette ambiance si particulière de la Parisienne. Et pour son anniversaire, elle m’a offert un incroyable cadeau : non seulement rencontrer mais surtout parler pendant presque une heure avec Kathrine. C’est un hasard complet (enfin y-a-t-il vraiment des hasards dans la vie ?) puisque je ne savais pas quand elle serait au village, je passais juste prendre mon dossard comme toutes les participantes avec ma fille qui fait sa rentrée à Paris. Je pensais avoir la chance de peut-être la croiser dimanche matin et pour la photo j’avais emmené avec moi ma médaille de Boston. Parce que si j’y suis allée, c’est quand même bien à cause ou grâce à elle. Nous avons parlé marathons, ultras. Elle m’a avoué que le marathon de l’Antarctique était un de ses rêves mais que son mari avait le mal de mer et pas très envie d’affronter le Cap Horn. C’est en la quittant à regret avec ma fille que j’ai commencé à réaliser. Emma m’a dit « mais attends c’est vraiment la fille de la photo ? Elle est tellement adorable alors que c’est une légende quand même ». En fait non… Je n’ai toujours pas réalisé que je l’ai rencontré !!!

 

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Je peux prendre ma retraite maintenant ! 

Dimanche matin direction l’Ecole militaire, au milieu de milliers de femmes qui ont parfaitement joué le jeu des mesures de sécurité imposées pour que nous puissions profiter des rues de Paris l’esprit aussi tranquille que possible. Finalement cela n’a pas donné une ambiance vraiment différente, juste un peu plus cadrée. Suite à un petit souci d’organisation (ma faute… ma très grande faute ! note pour plus tard : lire les mails en entier) je file vers le sas de départ sans avoir retrouvé le groupe des filles de « Trucs de Nana » que je devais accompagner. Naïve j’espérais pouvoir les retrouver plus facilement dans le sas… Mais bien sûr… Pourtant je devrais le savoir pour être là tous les ans que cela tient souvent du miracle. Je finis par apercevoir les filles de la team Vital, je me fraye un chemin pour les rejoindre. Je ne me vois pas courir seule, ce n’est pas l’esprit de cette course, pas la façon que je l’envisage en tout cas. Et du coup je vais finir comme l’année dernière avec ma « boss » qui a une ambition clairement affichée : améliorer son temps de l’année dernière, puisque depuis septembre dernier, elle s’est prise au jeu et s’entraîne avec sérieux. Bon jouer les meneuses d’allure improvisée sans chrono au poignet parce que… je vous laisse deviner ? je l’ai oublié sur son chargeur dans ma chambre d’hôtel, n’est pas ce que je préfère. J’ai les jambes lourdes de la balade made in Austria mais je tente et on verra bien.
4 minutes ! On a amélioré son temps de 4 minutes ! Je suis tellement heureuse et euphorique que je la quitte rapidement pour repartir en arrière chercher les copines ou au moins toutes celles qui auront besoin de moi. J’encourage l’équipe de la Thalasso de l’Ile de Ré, elles courent en serviette de bain et masque de boue ! Elles sont toutes ensembles, pas besoin de moi pour finir. La première que je vois est Marie, qui travaille pour www.trucsdenana.com et qui semble s’accrocher. Bouge pas ma belle, on va le donner ce foutu coup de cul pour filer vers l’arrivée et sprinter comme des folles ! Ligne d’arrivée franchie, je repars puisque je sais que Justine est derrière avec, je ne le sais pas encore Juliette déguisée elle aussi. Je les attrape au vol et c’est reparti. J’encourage, je conseille et à quelques centaines de mètres de l’arrivée, je vois Juliette qui part elle aussi en sprint de folie. Mais qu’est-ce qu’elles ont toutes à vouloir finir comme des fusées ? Pas le choix, je file moi aussi et pour la troisième fois de la matinée, je repasse la ligne d’arrivée. C’est bon j’ai mon compte, il est temps de retrouver ma fille qui semble un peu moins réfractaire à l’idée d’être avec moi l’année prochaine au départ. J’ai 12 mois pour la décider, ça devrait le faire !

 

 

Sourires, joie et course à pied, mais que demandez de plus ! 

Voilà, 2016 est déjà fini et je me dis déjà qu’il y a de très grandes chances que je sois au départ de l’édition 2017 parce que c’est toujours un vrai moment de bonheur pour moi et que je ne vois pas pourquoi, sous prétexte que je suis capable de courir 42km et plus je me priverais de ces instants. Alors au lieu de critiquer derrière vos claviers, venez les encourager ces femmes qui se dépassent, qui surmontent complexes et parfois des années sans sport par une vraie volonté d’arriver au bout. Arrêtez de le faire avec vos t-shirts de finishers du marathon de Paris, on sait que vous courez plus de 6km et là franchement c’est juste de mauvais goût… C’est bon pas la peine d’en rajouter ! Soyez là pour les acclamer et leur donner envie de continuer, de persévérer, de croire en leurs capacités. Alors rendez-vous l’année prochaine, je compte sur vous !
PS : je dédie cette Parisienne à Brinouille qui m’avait accompagnée un jour sur cette course (ma deuxième pour mon retour après mon 4ème bébé) pour m’apprendre à me dépasser un peu et à me bouger les fesses… ton esprit est toujours à mes côtés et je ne peux pas m’empêcher de penser à toi me tenant la main pour nous frayer un chemin vers l’avant du sas parce que c’était là que se rangeaient les pétroleuses… tu me manques.
PSS : courir un 11 septembre était encore plus une évidence cette année… il y a 15 ans je n’étais pas devant ma télé, j’étais au cimetière pour accompagner ma grand-mère dans son dernier voyage. Alors que le terrorisme nous menace toujours et encore, alors que des hommes semblent décidé à nous couvrir de draps noirs et épais, il me semblait encore plus évident d’être là, pont d’Iéna avec mon petit short, mon débardeur et mon soutif push up, entourée de 30 000 filles qui comme moi revendiquent leur liberté de vivre. Les mecs si vous espérez me faire peur et m’empêcher de courir, vous vous trompez lourdement.