Run: le syndrome de l’essuie glace

Ce syndrome arrive souvent dans la vie de la coureuse avec pertes et fracas : dès qu’elle court, elle souffre et dès qu’elle marche, cela s’arrête… C’est totalement injuste mais c’est ainsi, l’essuie-glace balaye tout sur son passage !

 

Les médecins appellent cette pathologie le syndrome de la bandelette ilio-tibiale. Elle est hélas monnaie courante chez les sportifs pratiquant la course à pied mais aussi le vélo et la marche en montagne lorsqu’il y a beaucoup de descentes. Son intensité est variable, elle peut aller de la douleur si vive que le coureur se « casse en deux » tout d’un coup à une douleur sourde, plus supportable mais très désagréable et handicapante. Elle se situe toujours à l’extérieur du genou.

 

Son diagnostic n’est pas toujours facile puisqu’au repos, généralement il n’y a aucune douleur à l’examen. Mais deux tests peuvent permettre de poser un diagnostic précis et ainsi lancer un protocole de soins appropriés.
le test de Noble : vous ressentez une douleur électrique réveillée par la pression exercée avec les doigts au niveau du condyle externe 3 cm environ au-dessus de la jonction entre le fémur et le tibia. Le condyle est, pour simplifier, la partie basse extérieure de votre fémur. La pression doit s’exercer lors d’une extension passive de 30°.
 le test de Renne : vous ressentez une douleur en flexion-extension en charge sur un pied.

 

Des examens complémentaires peuvent, non pas confirmer cette pathologie mais en infirmer d’autres. Ainsi la radiologie peut permettre d’éliminer une fracture de fatigue ou une arthrose. L’échographie peut servir à diagnostiquer une tendinite ou une inflammation type bursite.

 
Et maintenant je fais quoi ?

Dès que le diagnostic précis est posé, il vous faut agir pour pouvoir courir à nouveau dans de bonnes conditions. Si la douleur fait souvent partie de l’entraînement, elle ne doit en aucun cas être systématique et handicapante.
Pour commencer, ne rêvez pas, du repos s’impose ! Le corps est une merveilleuse machine capable de se soigner toute seule si vous la laissez tranquille faire son travail dans son coin. Le médecin pourra également prescrire des antalgiques et des anti-inflammatoires mais n’oubliez jamais que ces produits ont des effets secondaires et qu’il faut en limiter le recours autant que possible. Vous pouvez utiliser des patchs anti-inflammatoires, de la crème qui sera plus efficace si vous enroulez ensuite la zone traitée dans un film plastique. Il faut penser à glacer votre genou également. Des genouillères avec poche de glace intégrées existent pour vous permettre de continuer à bouger même pendant une séance de glaçage.

 
Afin d’accélérer la guérison et éviter les récidives n’hésitez à consulter un kinésithérapeute qui vous apprendra les bons étirements à faire pour soulager la douleur et éviter qu’elle revienne. Il vous faudra aussi apprendre à respecter scrupuleusement les séances d’échauffement et d’étirement en fin d’entraînements. Il faut penser à l’hydratation qui doit réellement devenir un réflexe et pas seulement lorsqu’il fait chaud. Pensez à privilégier les eaux type Vichy ou St-Yorre pour réduire l’acidité dans votre corps. Il est monnaie courante de voir ce type de boisson offerte à l’arrivée de courses telles que les marathons et ce n’est pas un hasard. Si vous êtes sujette à ce type d’inflammation vous pouvez vous orienter vers une alimentation basée sur le principe « acido-basique ». Pensez également qu’un contrôle dentaire peut être une bonne idée, les caries étant des foyers infectieux capables de migrer au sein de votre organisme.
Dernier point : une visite chez le podologue. Une paire de semelles sur mesure peut être une solution si l’achat de chaussures adaptées à notre foulée n’a pas suffi. Une pronation excessive peut engendrer une rotation interne de la jambe et donc un risque de développer un syndrome de l’essuie-glace. C’est la même chose avec une inégalité de longueur entre les membres inférieurs.

 

En conclusion, il est bon de rappeler que cette pathologie concerne une majorité des coureuses sur route, alors l’un des conseils les plus sympathiques à mettre en œuvre est de se lancer sur les chemins pour soulager vos genoux et profiter de tous les trails qui s’offrent à vous ! Courir au grand air et dans la nature, c’est un traitement plutôt agréable non ?