Fun : mais aimez-vous les uns les autres bordel !

Ou au moins apprenez à vous respecter… Je croyais que le fair-play* et le respect de l’autre était une base de la pratique sportive et plus le temps passe, plus je me dis que l’homme en est incapable. Chassez le naturel, il revient au galop et plus vite qu’Usain Bolt et Justin Gatlin réunis !

Ça fait plusieurs mois que le phénomène prend de l’ampleur sur la Toile, le bashing devenant un sport encore plus international que le football… Aujourd’hui, sous couvert de faire de l’humour, on crache sur tout le monde, bien planqué derrière son écran. On donne son avis sur des sujets qu’on ne connaît pas, qu’on ne maîtrise pas mais pas grave, il faut croire que fractionner donne la science infuse… Et si j’en crois la réponse de l’entraineur de Lavillenie après Pékin, tous les sports sont concernés.

Ne pas être d’accord ou ne pas apprécier quelque chose, ça, tout le monde a le droit et heureusement d’ailleurs. Il y a des choses que je n’apprécie pas, je vous rassure. Franchement de vous à moi, le 3000m steeple reste assez abstrait sans parler du curling pour n’en citer que 2… Mais est-ce indispensable de traiter de « pauvre coincé de la balayette », celui qui l’apprécie ? Ah mais suis-je bête, il y avait un smiley derrière, donc on a le droit ! Excusez-moi, pardon, je suis blonde aussi, je ne comprends pas tout… Ah oui tiens tant que je vous tiens, puisqu’apparemment personne n’a l’air de savoir d’où viennent ces blagues, elles sont deux origines : le début des années 70 où l’on se moquait allègrement des blondes décolorées type Marylin, donc des brunes ou des châtains à l’origine mais aussi du Québec où « blonde » veut dire « femme ». Donc lorsqu’on parle de blondes, on parle juste des femmes tout court, et ce quelle que soit leur couleur de cheveux donc c’est une blague purement et bêtement sexiste.

Mais revenons à nos moutons… Dans 10 jours a lieu La Parisienne et en toute logique son déferlement de haine vis-à-vis de ces 35 000 femmes qui ne méritent pas d’oser fouler le bitume parisien puisque, comble de l’horreur, elles sont suffisamment « connes » (et là même plus de smiley hélas) pour payer 40 euros le droit de le faire. Venant souvent de personnes qui ont acheté des petits bijoux à 450 euros en soldes – ils donnent l’heure et ne font même pas le café mais ils vont, c’est écrit dans la notice, vous donner votre temps sur votre prochain marathon –, permettez-moi de rigoler deux secondes… Bougez pas je vais vous mettre un smiley, comme ça j’ai le droit de le dire !

Le week-end dernier, nous avons eu droit, comme tous les ans, surtout depuis que les réseaux sociaux font la loi, au traditionnel déferlement de haine (mais avec des smileys donc on a le droit) vis-à-vis dans l’ordre : de l’organisation de l’UTMB qui n’est là que pour vider les poches des cuissards de ces pauvres traileurs trop cons pour l’avoir compris ou de ces sombres crétins décérébrés qui ont le malheur de rêver devant le mont Blanc alors que franchement y a plein d’endroits super beaux en France comme le Puy-de-Dôme ou les monts d’Arrée (bretonne de naissance et auvergnate d’adoption, d’où le choix judicieux des deux exemples). Ces fameux traileurs qui ne méritent même pas d’exprimer leurs joies ou leurs malheurs puisque – au secours –, ils ne courent même pas, ils marchent pour venir au bout des 170 km ! Mais ôtez-moi d’un doute là ? Si le trail n’a pas les mêmes élites que le 100 m sur piste, c’est peut-être qu’il y a une raison ? Punaise, j’ai trouvé, ça n’est pas la même discipline ! Bon, comme je vous vois en train de vous gratter la tête, ce qui fera en passant des vacances à vos couilles (elle n’est pas de moi mais je l’adore alors au diable le plagiat !), je vous explique parce qu’apparemment lorsque vous courez vite, vous ne perdez pas uniquement de l’eau mais aussi des neurones, ce qui est tout de même un peu gênant pour la compréhension générale. Alors le tennis, ça se joue avec deux raquettes, un filet et une balle, comme le tennis de table sauf que ce n’est pas la même chose, parce que dans le tennis, c’est sur un terrain alors que dans le tennis de table, ben c’est sur une table ! Donc il y a des points communs mais ça n’est pas le même sport pour autant. J’ai été trop vite dans ma démonstration ou vous arrivez à suivre ? (ah ah, vous avez vu, moi aussi le bashing je sais faire, c’est tellement facile que même une blonde peut le faire, c’est dire !).

Et puis surtout jusqu’à preuve du contraire, il me semble qu’il y a un règlement sur chaque course, quelle que soit sa distance ou son terrain. Si l’organisateur permet que l’on finisse le marathon en 6h ou l’UTMB en 46h30, c’est qu’on peut le faire, que ça vous chagrine ou pas. Et si un jour le marathon de Paris décide qu’il est réservé aux coureurs en moins de 3h et l’UTMB à ceux qui peuvent le finir en moins de 30h, ben ça fera moins de monde au départ et d’autres courses verront le jour pour satisfaire le plus grand nombre. Cela vous gêne à ce point qu’on n’ose fouler le même bitume ou le même chemin que vous ? Ce qui est dingue quand même, c’est que franchement le week-end dernier, je n’ai pas eu le sentiment que Xavier en accueillant le dernier de l’UTMB à ses côtés sur le podium, en lui serrant la main, s’est précipité ensuite derrière pour la désinfecter de peur d’avoir été contaminé par un randonneur, le comble de l’abject apparemment selon bon nombre de coureurs amateurs bien pensants… Mais bon si ça vous gène à ce point là, je tiens à disposition les mails directs des organisateurs pour que vous puissiez enfin faire changer le règlement.

Je pourrais décliner à l’infini cet article avec ces pauvres bobos parisiens qui courent en Adidas et autres mais je pense que tout le monde a compris. Je ne sais pas si c’est dû à mon éducation chez les jésuites mais j’avais la naïveté de penser que le fait de pratiquer un sport en commun, sous toutes ses formes et quel que soit son niveau était un point commun justement, un genre de « moi aussi, j’en suis », dont le fair-play et le respect étaient les fondements même. Apparemment, je me suis trompée… Je ne suis pas dans le sas des 2h45 au Marathon de Paris, à prendre le départ les bras grands ouverts en faisant des zig-zag et des croche-pieds pour vous faire tomber, je suis derrière tranquille à faire ce que je peux avec le niveau que j’ai, alors vous êtes gentils, allez-vous entraîner et arrêtez de nous insulter sous couvert d’humour ! N’est pas Kilian et Desproges qui veut…

*définition du mot fair-play pour tous ceux qui ne la connaissent pas : Pratique du sport dans le respect des règles, de l’esprit du jeu et de l’adversaire.