Run : Anne-Marie, ultra version queen size

Lorsque vous voyez Anne-Marie Flammersfeld courir, le premier truc qui saute aux yeux, c’est son sourire… Elle finit des courses extrêmes avec une facilité déconcertante et gagne même devant les hommes. Il n’y a pas que du chocolat et des banquiers en Suisse, il y a aussi des filles qui s’entraînent et assurent le jour J ! Elle (se) raconte.

J’ai 36 ans, je suis née en Allemagne et je vis actuellement à Saint-Moritz, en Suisse. Je suis scientifique du sport et j’ai monté ma société, All Mountain Fitness – je suis coach personnel et organisatrice d’événements. Avant de découvrir le monde du trail, je jouais au handball. Puis j’ai déménagé dans les Alpes, en 2006, et il n’y avait plus moyen de continuer à pratiquer ce sport. J’ai alors commencé tout naturellement à courir dans la forêt et les montagnes en y prenant beaucoup de plaisir.

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Un challenge, 4 déserts

Ma première course de montagne fut le Graubünden Marathon, en 2010. Puis j’ai rencontré un coureur durant mes vacances dans le sud de la Patagonie, en 2010, qui m’a parlé du challenge des 4 déserts* de Racing The Planet. J’ai été littéralement emballée par l’idée de participer à ces 4 ultras dans la même année et j’ai commencé à m’entraîner pour ça. Et le résultat fut au-delà de mes espérances puisque j’ai gagné les quatre courses du challenge ! Et depuis je confirme ces résultats puisque j’ai, j’ai fini deuxième féminine et troisième au classement général à la Manaslu Trail Race, au Népal. Au Pôle Nord où je suis allée courir le marathon, je finis première femme et deuxième au classement général. Au Zugspitz Ultra, qui se court sur la plus haute montagne d’Allemagne, je suis là aussi première femme et 31ème au classement général. Aujourd’hui, le trail fait partie intégrante de ma vie et je l’organise en fonction de courses qui me font d’abord envie. J’écoute que ce que racontent d’autres coureurs et je m’informe avant de me décider. Mais avant toute chose, il faut que je ressente une sorte d’enthousiasme à vouloir participer à une épreuve quelque part. Je n’aime pas m’aligner sur une même course deux fois. Il y a tellement de genres de courses différentes. J’aime voyager et voir de nouvelles choses dans des endroits dans lesquels je ne me suis jamais rendue. J’aime l’idée de courir différents types d’épreuves comme des courses à étapes ou des 100 km avec beaucoup de dénivelé. J’aime aussi mettre en œuvre mes propres idées comme mon projet « Bottom Up Climbs ». Le principe est simple : courir du point le plus bas d’un pays au point le plus haut. Je viens d’ailleurs de finir un BUC en Iran ! Je prévois de courir la Lost World Racing Transylvania Ultra, en Roumanie (voir encadré) et peut-être une course à étape au Cambodge. Pour 2015, ce sera La Trans Atlas Marathon au Maroc, The Race en Irlande, la North Face Lavaredo Ultra dans les Dolomites, la Südtirol Ultra SkyRace et surtout un nouveau Bottom Up Climbs, en Tanzanie.

North Pole Maratahon@UVU Racing

100% training !

Pour pouvoir faire tout ça il n’y a pas de mystère, il faut s’entraîner, ce que je fais plus ou moins chaque jour. Le contenu de mes entraînements dépend de ma prochaine course. En volume, cela représente 100 à 150 km par semaine pour 3000 à 8000 m de dénivelé positif. Je fais beaucoup d’entraînements fonctionnels lorsque je m’entraîne avec mes clients. J’ai entre 20 et 30 heures d’entraînement avec eux par semaine ainsi que 20 à 30 heures d’entraînement personnel : lorsque je n’entraîne pas mes clients, je m’entraîne pour moi, bref je m’entraîne beaucoup… Parfois lorsque je sens que j’ai besoin de faire travailler ma ceinture abdominale, j’en profite pour le faire faire aussi à mes clients !

“Entre mon entraînement perso et celui de mes clients, j’en suis environ à 40 h par semaine. Il n’y a pas de secret !”

En termes de nutrition, j’essaie de manger des choses variées avec beaucoup de légumes et de fruits, ainsi qu’un peu de saumon et parfois de la viande. Je tente d’éviter de manger trop de sucreries mais une barre de chocolat par jour reste un must. Je prends garde également à boire suffisamment d’eau pendant et après les sessions d’entraînement. A Saint-Moritz, nous avons une ancienne source avec une très bonne eau minérale que je bois chaque jour.

Mais le physique ne fait pas tout et il faut aussi avoir un mental solide pour aller au bout de mes courses. Il est important de débuter une course ou une session d’entraînement en étant joyeuse. Garder le sourire quand les choses ne se passent pas au mieux, c’est le plus important. Les coups durs arrivent, mais ils passent aussi.

Des limites, quelles limites ?

Mon meilleur souvenir en course ? Finir la longue étape de ma première course désertique dans l’Atacama. C’était une atmosphère particulière. Le ciel était scindé en deux, d’un côté des gros nuages noirs et sombres et de l’autre un bleu intense et lumineux. J’ai parcouru les 75 km en 9 heures et je savais que je gagnerai la course. J’écoutais de la bonne musique, je me sentais très heureuse et reconnaissante d’être là, de vivre ça. Mon pire souvenir ? Un mauvais mal d’estomac viral dans le désert de Gobi… Mais j’ai quand même fini et gagné la course. Une chose est certaine, je veux continuer à explorer de nouveaux chemins, de nouveaux endroits où je n’ai encore jamais été. Je pensais avoir atteint mes limites mais je continue à aller plus loin et c’est cela qui est intéressant : comment se pousser soi-même ? Comment on peut repousser les limites encore et encore ? Je sais qu’il y en a une mais je ne l’ai pas encore trouvée alors je continue de chercher ! Mais une chose est certaine, ma santé prime avant tout. Je vais continuer et terminer je l’espère mon projet Bottom Up Climbs Seven Volcanic Summits : atteindre le sommet des plus hauts volcans de chaque continent en partant du point le plus bas du pays et ce en autonomie. Et puis je vais continuer à faire de grandes balades à ski dans les plus hauts massifs des Alpes.

* Il s’agit d’un challenge qui consiste à enchaîner en une année 4 courses de 250 km dans les 4 grands déserts du monde que sont l’Atacama, la Gobi, le Sahara Egyptien et l’Antarctique, le tout par étapes et en autonomie alimentaire.

Pour la petite histoire, cette interview a été réalisée fin août 2014, avant qu’Anne-Marie ne participe à la Transylvania Ultra Race organisée dans les montagnes de Roumanie. Sachez qu’elle l’a emporté au scratch avec deux autres jeunes femmes, Jo Meek (UK) et Laila Öjefelt (Suède). Elles ont décidé de faire route ensemble pendant la nuit et c’est toutes les trois main dans la main qu’elles ont inscrit leurs noms dans la légende d’une course qui a vu seulement 25% des coureurs au départ passer la ligne d’arrivée !

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La it list d’Anne-Marie

Chaussures : je cours avec la Sportiva Bushido.

Sac : un Salomon S-LAB Advance 12.

Vêtements : je porte des tenues de la marque UVU qui est spécialisée dans le textile pour les ultra marathons que ce soit pour les climats chauds ou les climats polaires. J’ai aussi du Compressport et je protège mes yeux avec des lunettes Julbo.

Nourriture : pendant la course je prends des gels et boissons de la marque Winforce (pas sûre que vous puissiez trouver ces produits en France…) mais aussi des gâteaux suisses typiques que l’on appelle « appenzeller biberli ». Pour les plats lyophilisés durant les courses en étapes, c’est la marque Trek’n Eat qui me nourrit.

Pour les gels : www.winforce.com

Pour les gâteaux : www.baerli-biber.ch

Pour la nourriture lyophilisée : www.trekneat.com

Pour la récupération, j’utilise des huiles de massage de la marque Soglio (www.www.soglio-produkte.ch)