Run : Le Louisiana Marathon : plus qu’une course, un festival ! 🇺🇸🏃‍♀️

Capitale de l’État de Louisiane, Baton Rouge est une ville du Sud bien moins connue des marathoniens français, qui avaient plutôt pris leurs habitudes du côté de La Nouvelle-Orléans. Mais depuis la disparition de ce marathon en 2021, la capitale est revenue sur le devant de la scène, avec une course devenue incontournable aux États-Unis pour valider son qualificatif Boston. Je l’ai vécue de l’intérieur : parcours, organisation, ambiance… je te raconte tout ! (Et pour le voyage, mes adresses en Louisiane sont dans un article à part.) 🎷

Baton Rouge, un petit bout de France 🇫🇷

Avant toute chose, un peu d’histoire : si La Nouvelle-Orléans a aussi un nom anglais, Baton Rouge assume toujours fièrement son passé et son lien avec la France. Pierre Le Moyne d’Iberville, chargé par la France de trouver l’embouchure du Mississippi, donna cette appellation au comptoir commercial qu’il fonda au nom de Louis XIV. La ville changea plusieurs fois de drapeau, mais jamais de nom. En 1849, elle devint la capitale de l’État, face à sa voisine, l’agitée Nouvelle-Orléans, et elle est aujourd’hui connue dans tout le pays pour ses capitoles.

💡 Fun fact : Ce nom étrange vient d’un véritable « bâton rouge » : un poteau peint avec du sang d’animaux, qui servait de marqueur territorial entre deux tribus amérindiennes. Les explorateurs français l’ont repéré… et le nom est resté !

Plus qu’un marathon, tout un week-end 🏅

Ici, c’est tout un week-end que la ville consacre à la course à pied. Le samedi, un 5 et un 10 km, avec évidemment le format enfants et même le format bébé, grâce à une fameuse course en couches dont seuls les Américains ont le secret ! Le dimanche, place au semi et au marathon, qui partent à la même heure, à 7 h, parfait pour garder du temps l’après-midi. Le retrait des dossards se fait la veille, mais aussi, fait de plus en plus rare, au dernier moment sur la ligne de départ. Et la première chose qui surprend quand on s’élance sur le 5 km, c’est la présence en nombre d’enfants de presque tous les âges qui courent… mais surtout sans leurs parents ! On croise des petits groupes de copains, ou des fratries où l’aîné veille sur son petit frère de 6 ans. Pour nous, Français, habitués aux règles d’âge de la FFA, ça surprend, mais ça donne un côté familial vraiment sympathique.

Mon combo à moi : 5 km + semi 🥇

Pourquoi courir le 5 ou le 10 le samedi quand on court déjà le dimanche ? Parce que l’organisation a eu la bonne idée de proposer le défi « Déjà vu » : une énorme médaille, comme ils savent si bien les faire là-bas, pour tous les coureurs qui enchaînent deux courses (tu choisis ton combo) sur le même week-end. Ayant déjà coché la case Boston (et surtout n’ayant plus du tout le niveau pour performer), j’ai choisi le 5 km le samedi matin et le semi-marathon le dimanche, histoire de repartir avec une troisième médaille, en bonne « medal addict » que je suis ! Il suffit de s’inscrire aux deux courses et de se présenter le dimanche avec sa médaille pour repartir avec la troisième. Dans le doute, j’avais glissé la première dans mon sac pour la présenter au retrait… mais voilà, on est aux US, et on te fait confiance ! Ça surprend toujours quand on débarque de France.

Retrait des dossards, prix et salon 🎽

Le retrait se fait dès le vendredi, mais tu peux le récupérer sans souci avant la course (c’est possible tant que le marathon reste raisonnable côté inscriptions, pense à vérifier sur les prochaines éditions). C’est simple : tu reçois un QR code en amont, tu le présentes avec ta pièce d’identité, et tu repars avec ton précieux. Le t-shirt était en coton ultra confortable, et tellement sympa que, pour une fois, je l’ai pris. D’autant qu’on parle d’un dossard à 170 $ (155 $ à l’ouverture)… On est aux US : les tarifs sont élevés, mais tout à fait dans la norme locale. Pas de sac de goodies en tout genre non plus : sobriété et efficacité ! Même le salon de running se résume à un magasin local qui solde pas mal d’articles (les prix sont hyper intéressants, surtout avec le cours du dollar en notre faveur) et à quelques associations caritatives. La photo souvenir avec un bébé alligator m’a laissée perplexe… tout comme la course de bébés en couches, qui récolte des fonds pour le service pédiatrie de la ville. Mais on est aux US, et il faut faire avec !

Le parcours : roulant, et un seul pont ! 🌉

Pourquoi ce marathon est-il si souvent choisi pour valider un qualificatif Boston ? Soyons honnêtes, il y a plus roulant dans le monde, et même aux États-Unis ! Mais les 132 m de dénivelé positif ne sont pas insurmontables (on reste loin des 269 m du marathon de Paris) : quelques faux plats et un pont que l’on prend à l’aller et au retour, avec quelques demi-tours. Et surtout, le parcours est très varié, au point de donner l’impression de courir dans un décor de cinéma. Entre les rues ombragées de Louisiane, bordées de maisons toutes plus belles les unes que les autres (au point d’avoir envie de consulter les annonces immobilières !), et l’incroyable campus universitaire qui te donnerait presque envie de reprendre tes études pour aller encourager les célèbres Tigers de LSU, tout est réuni pour vivre le rêve américain. Et comble du bonheur : ce n’est pas la saison des moustiques, qui pourtant, ici, sont rois !

Le jour de course, de A à Z ⏱️

Avant la course — On trouve moult toilettes (j’avais la chance d’être logée tout près, j’aurais presque pu faire pipi dans ma chambre avant de partir !). Un stand de café gratuit, dont un spécial Mardi Gras plutôt réussi. Des consignes pour laisser un sac, sans format imposé, mais je n’ai vu aucune valise : les gens sont très raisonnables. Les sas ne sont pas délimités comme en France, et surtout pas contrôlés : c’est toi, comme une grande, qui choisis celui qui correspond à ton allure au mile. Et sincèrement, presque tout le monde était à sa place : pas besoin de zigzaguer pour tenir son allure dès le premier kilomètre, un vrai départ fluide. Autre point : ce n’est pas un marathon à la New York, tu as 6 h maximum pour boucler le marathon. Après l’hymne américain, qu’il faut respecter cela va de soi, le départ est donné.

Pendant la course — Plein de ravitaillements, plutôt petits, au gobelet en carton : eau, boisson énergétique et toilettes. On trouve quelques gels GU au 15e kilomètre, ce qui n’a pas trop de sens sur le principe… Assez peu de staff médical, même s’il y a des équipes « volantes » prêtes à intervenir, et, comme c’est la tradition désormais, une tente de lactation. Et comme souvent, des ravitaillements sauvages : j’ai eu droit au champagne et aux fameux « mimosas » ! Mais clairement, prévois d’être autonome côté nutrition. Côté public, ne t’attends pas à une foule hurlante comme à New York : c’est plutôt morne plaine… de quoi faire travailler le mental autant que les jambes. Mais s’il n’est pas nombreux, le public est super démonstratif, et surtout super imaginatif côté pancartes (un stand de l’expo permet d’ailleurs de confectionner la sienne).

Après la course — Alors là, on se régale ! Un festival est annoncé, et c’est bien un festival qui t’attend : jeux gonflables pour les enfants, concert live façon jazz-country, et surtout des stands de dégustation des plats emblématiques de la Louisiane. Gumbo (une soupe bien riche, viande et riz, épicée mais pas trop), jambalaya (du riz sauté avec des saucisses), King Cake (l’équivalent de notre galette des rois, même si ça tient plus du cinnamon roll), le tout avec une bière, cela va de soi. Un vrai repas complet ! Pas de panique, il y a un stand pour les végétariens et des boissons soft. Parfait pour fêter comme il se doit sa médaille, énorme comme seuls les Américains savent les faire !

💡 Fun fact : Le King Cake cache lui aussi une fève… sous la forme d’un petit Jésus en plastique ! Son seul vrai point commun avec notre galette des rois. Parfait, en tout cas, pour refaire le plein de glycogène. 👑

Mon petit plus🎁

J’ai eu la chance d’être « upgradée » par l’organisation quand ils ont appris ma venue : j’ai donc bénéficié du pass VIP. Il permet un retrait plus rapide (même si ce n’était déjà pas long), mais surtout on reçoit plein de cadeaux… dont une serviette géante protège-fauteuil de voiture qui a eu un succès fou quand j’ai partagé le concept sur mes réseaux ! Le jour du marathon, j’avais accès à une tente quasiment sur la ligne de départ, avec un accès spécial à l’avant des sas (mais comme mon objectif n’était pas « marathon en moins de 3 h », ça ne me servait pas vraiment). On peut y laisser ses affaires, et là encore, plein de petits goodies du partenaire. Avant la course, de quoi petit-déjeuner ; au retour, un buffet salé-sucré et pas mal de boissons, dont le fameux mimosa. Mais surtout, des tables de massage avec des physios, dont une jeune femme d’une efficacité redoutable ! Le service était facturé 125 $ cette année.

Transparence : j’ai été surclassée en pass VIP par l’organisation dans le cadre de mon reportage. Comme toujours, ça ne change rien à la liberté de mon avis.

Courir chez nos « cousins » 🤝

Tu l’auras compris : on vient ici pour courir, mais surtout pour découvrir et rencontrer nos « cousins », qui, il y a plusieurs siècles, ont installé ici un petit bout de France, des origines qu’ils revendiquent toujours avec fierté. Le site de la course est à retrouver ici, et l’édition 2027 se tiendra les 16 et 17 janvier.

Bon à savoir : La Nouvelle-Orléans verra enfin le retour de son marathon le 14 novembre prochain, après plusieurs années d’absence (et bonne nouvelle, je vais y être !). Et le Every Woman’s Marathon vient d’annoncer sa prochaine édition le 28 février 2027, à La Nouvelle-Orléans également.

Et toi, tu serais tentée par un marathon version rêve américain ? Tu as déjà couru aux États-Unis, ou tu en rêves ? Raconte-moi en commentaire ! 👇