Simon Bartold distille chaque jour sur LinkedIn de pertinentes analyses sur les évolutions technologiques (et parfois juste médiatiques) des chaussures de running. Je vous invite à suivre son profil qui offre une vue non biaisée sur l’actualité et les nouvelles tendances, telles que les semelles à la hauteur surdimensionnée, eu égard aux règles d’autorisation en compétition, par exemple. Sa dernière chronique en date portait sur le lien entre blessures et port de chaussures avec plaque de carbone, plus exactement entre blessures et design de la dite plaque. En une phrase, ce qui ressort de cette analyse, basée sur deux études récentes réalisées par modélisation pure et non suivi de cohorte…
Toutes les plaques ne se valent pas …
En effet, le design de la plaque carbone et ses paramètres de conception régissent la répartition du poids et du stress mécanique sur les métatarses qui peuvent être à l’origine de blessures, force répétitions à l’appui.
Parmi ces paramètres, l’épaisseur de la plaque, d’une part (plus elle est épaisse meilleure est la répartition de la charge donc moindre est le risque de blessure), le type de tressage (l’unidirectionnel se révélant plus susceptible de générer une blessure) ou encore l’angle des plis.
L’accoutumance n’améliore pas la situation …
Une autre conclusion intéressante de ces études est que l’accoutumance à la chaussure, la force de l’habitude, ne réduit en rien le risque de blessure inhérent à sa conception et c’est même a priori l’inverse qui se produit, ce qui peut paraître un peu contradictoire avec le principe général qui veut qu’avec le carbone, il faille y aller progressivement.
Et donc ?
De nouveaux noeuds au cerveau en perspective pour le consommateur néo runner avide de performances rapides (à afficher avec une exégèse de la résilience le lundi matin sur les réseaux sociaux) parce qu’avant il y avait juste « le carbone c’est de la bombe » donc on y va en force sans se poser de question et maintenant il faudrait demander en plus aux conseillers de vente si « la semelle est bien suffisamment épaisse avec des plis de … ? ».
Ces études ne doivent cependant pas être prises au pied de la lettre car leurs conclusions sont issues de modélisations mathématiques et de simulations en éléments finis. Elles indiquent une perspective théorique d’impact de la conception sur le risque de blessure, donc, potentiellement du grain à moudre pour les fabricants. On attend encore des études de cohorte sur des populations de coureurs qui, elles, bien documentées, seraient de nature à apporter de la réalité terrain à ces conclusions.