Run : Wise Running Bag 333, 12 litres pour le poids d’une plume…

152 grammes en taille T4. Relis bien, il n’y a pas de faute de frappe. C’est le poids annoncé du Running Bag 333, à peine plus qu’une pomme posée sur la balance, parce que bon… Ok l’image de la plume est peut être un peu exagérée 😉. Et pourtant, on parle ici d’un sac de 12 litres, capable d’avaler l’intégralité du matériel obligatoire d’un ultra. Autant te dire que la fiche technique donne envie d’y regarder de plus près !

🇫🇷 Wise, une marque qui pense français

Wise Ultra Running conçoit ses produits en France et les fait confectionner en Europe, avec un discours assumé sur la durabilité : garantie 2 ans, réparations gratuites la première année, et une durée de vie annoncée à plus de 10 000 km. Le Running Bag 333 est le successeur du Sherpa Max, le modèle qui avait déjà fait parler de lui. Il est proposé à 290 €, en noir ou en blanc (le coloris Albedo), et décliné du T1 au T6.

📊 La fiche technique en un coup d’œil

  1. Capacité de portage : 12 L
  2. Poids : 152 g en T4
  3. 12 poches, dont 10 L accessibles sans retirer le sac
  4. 3 emplacements pour flasques de 500 ml (2 devant, 1 dans le dos)
  5. 2 flasques de 500 ml incluses
  6. 1 sifflet intégré, conforme au matériel obligatoire des grands ultras
  7. Portage avant : 2 000 ml. Portage arrière : 9 000 ml
  8. 6 tailles, du T1 au T6, calées sur le tour de poitrine
  9. Prix : 290 €

💧 L’hydratation, la vraie obsession de ce sac

C’est là que Wise a mis le paquet, avec deux technologies brevetées. La première, SideDraw, permet de sortir et de ranger la flasque par le côté extérieur de la poche, même quand tes poches avant sont pleines ou trempées. Le goulot vient se bloquer tout seul en haut de la poche. Fini le numéro de contorsionniste à 80 km pour ranger une flasque à moitié pleine ! La seconde s’appelle LowGravity FlaskPocket, et c’est là que ça devient malin : les poches à flasques sont inclinées de 17 degrés. En clair, la flasque n’est plus seulement soutenue par le bas mais aussi par le côté.

Fun fact 💡 Wise annonce que cette inclinaison à 17° divise par 3 la contrainte exercée sur la structure du sac, et par 4 le déplacement de la flasque à l’impact. Autrement dit, la sensation de ballottement. Ce n’est pas du marketing au doigt mouillé, c’est calculé par modélisation en éléments finis.

S’ajoutent le FlaskLeash, un cordon élastique qui maintient le goulot même quand la flasque est vide, et la FlaskLock Pocket, qui permet de glisser une troisième flasque de 500 ml dans le dos, plaquée contre la structure. Trois flasques au total, donc 1,5 litre embarqué si tu pars sur une portion sans ravitaillement.

🎒 Le portage : 10 litres sans jamais enlever le sac

C’est l’argument principal du 333, et il n’est pas anodin quand on connaît la galère que représente un sac à retirer sous la pluie, de nuit, à 3 heures du matin. Le tour du propriétaire :

  1. La FlowPocket, grande poche avant qui s’allonge jusqu’à 80 % et double quasiment de volume. Nutrition, téléphone, accessoires, tout reste visible et accessible.
  2. La CrossLock Pocket, 50 ml à fermeture croisée-inversée, pensée pour les clés et les écouteurs.
  3. L’InterScap Pocket, poche dorsale qui s’arrête à mi-dos pour rester attrapable en courant : frontale, casquette, lunettes, tour de cou.
  4. Le Dual Reach Tunnel, une poche tunnel accessible depuis l’avant, capable d’avaler jusqu’à deux vestes.
  5. La Spine Pocket, la seule poche volontairement inaccessible en courant, réservée au matériel de sécurité et à la tenue de rechange.
  6. Les SafetyPockets, pour la carte bancaire et les clés, plaquées contre le squelette du sac.
  7. Le QuiverNest, avec des ergots au niveau des épaules pour fixer un carquois à bâtons, à la verticale ou en biais.

🦴 SpineTech, le squelette qui change tout

Wise a développé avec son partenaire Taiana une matière exclusive au comportement inhabituel : totalement rigide dans le sens vertical, extrêmement élastique dans le sens horizontal. Résultat, le sac tient sa forme et ne balance pas, même chargé et à haute vitesse, tout en laissant la cage thoracique s’ouvrir librement. Un vrai sujet quand tu attaques une montée à bout de souffle. Dans le même esprit, le Modular Zipper est autobloquant : tu peux ouvrir le sac partiellement en montée pour ventiler, puis le refermer d’un geste quand la pente s’adoucit et que tu relances.

Une femme debout portant un haut blanc, un short noir, une casquette et un gilet de course avec des bouteilles d'eau.

🔄 Ce qui change par rapport au Sherpa Max

Si tu connaissais l’ancien modèle, voici ce que Wise a fait évoluer* :

  1. Poches à flasques rehaussées pour une hydratation plus naturelle
  2. Structure plus flexible, donc meilleur ajustement au corps
  3. Clip sous le zip frontal pour ouvrir le sac en montée
  4. Fixation du carquois repositionnée plus en arrière
  5. Poche à flasque dorsale à élastique, sans colle
  6. Volume du soufflet arrière augmenté
  7. Poche tunnel arrière dotée de plis supplémentaires

* totalement théorique pour moi, le 333 est le premier sac de que je teste de la marque

📏 Bien choisir sa taille

Tout se joue sur le tour de poitrine, mesuré au niveau des pectoraux, et le sac se porte volontairement près du corps. En cas d’hésitation entre deux tailles : la taille en dessous pour un maintien compressif et zéro rebond (idéal en compétition ou pour les morphologies en A), la taille au-dessus pour plus de confort respiratoire sur longue distance ou si tu as les épaules larges. C’est là que vous comprenez ma remarque sur le fait de l’essayer sur un stand ou en boutique, ça reste la meilleure solution pour ne pas se tromper.

✍️ Mon avis

J’ai commencé à tester le sac en Turquie, lors de mon stage de trail organisé dans le cadre de la reconnaissance du Kaçkar by UTMB. Je précise tout de suite que le test n’est pas terminé : je vais le poursuivre sur la prochaine MCC, et cet article sera complété et corrigé si besoin à ce moment-là, parce que je n’ai pas eu l’occasion de le porter en compétition, ce qui est indispensable pour un avis complet. L’arrivée de ce sac tombait à point nommé, surtout que je faisais cette fois encore le pari de partir avec une seule valise cabine pour trois semaines de voyage (j’enchaînais avec mes vacances). Son poids ultra light était parfait !

Parlons taille, parce que c’est là que ça se joue. Comme précisé dans la présentation formelle, c’est loin d’être simple… J’ai longuement hésité entre deux et sincèrement je pense que la taille au-dessus aurait été préférable. Cela dit, soyons claire : aucune gêne pendant mes sorties, à aucun moment. Le tissu est réellement élastique et il rattrape largement l’affaire, je vous rassure ! Mais c’est toujours compliqué lorsque tu es entre deux tailles… Je sais juste que si je l’avais essayé sur leur stand avant de l’acheter, aucun doute, j’aurais pris la taille au-dessus, je me connais, je préfère me sentir vraiment hyper à l’aise.

En fait, je pensais à ça pour les femmes… Je m’explique ! Lorsque nous avons nos règles, il arrive que notre poitrine gagne un peu en volume, et même si le système est ultra bien fait, avec un fermoir qui permet de se passer de la fermeture éclair, il faut penser à ça en choisissant sa taille. Je me disais que, comme on nous demande souvent notre tour de poitrine, il serait plus pertinent de le prendre à cette période-là de notre cycle. Personnellement, je ne suis plus concernée par le problème, mais je ne peux pas tester un produit en ne pensant que « traileuse ménopausée » 😉😁. Bref, vu le prix du bébé, je conseille vraiment d’essayer en vrai avant de craquer, si vous en avez la possibilité.

La première originalité, et la principale, reste le système de flasques, qui est franchement très ingénieux et pour le coup vraiment unique. J’avoue que j’étais un peu inquiète vis-à-vis de ma poitrine généreuse, mais finalement c’est très confortable et on prend vite l’habitude d’attraper ses flasques par le dessous. D’ailleurs en parlant des flasques, elles sont incluses et franchement très pratiques avec leur grand goulot qui permet un remplissage assez facile que ce soit avec de l’eau ou tout autre poudre de perlimpinpin.

Question litrage, aucun doute : la qualité du mesh permet que l’ensemble soit vraiment extensible, tout en restant très confortable. Le matos obligatoire tient-il réellement dans le sac ? Oui, bien sûr. Mais là encore, ça n’est vrai que si vous optimisez au max, avec soit leur propre textile, soit une marque ultra light comme, pour ne pas la citer, Compressport (j’ai la chance d’avoir la plupart de leurs produits dans la gamme ultra). Et ça tient à condition que tout soit bien comprimé, justement. Le revers de la médaille, c’est qu’une fois tout tassé, aller récupérer un truc au fin fond du sac relève de l’expédition. Enfin il faut avoir prévu de s’entrainer justement à bien l’organiser pour aller chercher rapidement ce dont on a besoin, que ce soit pendant la course ou en cas de contrôle. Sur ce coup-là, rien ne vaut une bonne vieille fermeture éclair, croyez-moi 😉. Mais qui dit fermeture éclair dit aussi plus de poids sur la balance… Et le poids c’est l’ennemi pour les coureurs rapides, on le sait tous.

Maintenant, inutile d’attendre plus longtemps, puisque c’est la vraie question que tout le monde m’a posée lorsque j’ai annoncé ce test : est-ce que ça vaut le prix ? De vous à moi, jamais je ne mettrais ce prix dans un sac. Voilà, c’est dit ! J’ai une barrière mentale à 200 € max, et encore, cela concernait déjà mes sacs d’ultras désertiques, qui relèvent d’un usage très particulier. Je pense également ne pas être forcément le public visé par ce sac, et par toute la marque d’ailleurs. On le voit bien au travers des vidéos et des présentations, c’est la vitesse qui est visée. On parle de pouvoir enlever et remettre facilement ses flasques en courant… Perso, j’ai toujours largement le temps aux ravitos de sortir mes flasques et de les remettre 😂 et je ralentis toujours quand il s’agit de manger ou de boire pendant une course, sinon je m’étouffe… Mais quand je vois les galères que j’ai pu avoir parfois avec Alex et son sac pour remettre ses flasques, ou ce que j’ai vécu lorsque je faisais sa première assistance sur le retour de la LyonSaintélyon, je comprends tout à fait le succès de ce sac et de la marque. Aucun doute, il y a des innovations, le sac est très quali, donc là, je vous laisse décisionnaire de savoir si cela les vaut ou pas. Et puis tout le monde n’a pas le même budget à consacrer à ses activités sportives… Quand je vois le prix que certains mettent pour leur vélo pour le triathlon, j’ai des palpitations… Mais certains me diront que j’ai bien été capable de mettre presque 300$ dans une place d’opéra, alors je suis mal placée pour la ramener 😉.

Ce sac est ultra bien conçu et répond aux besoins des coureurs désireux de gagner du temps. D’ailleurs, il peut être un très bon choix pour un marathon, puisqu’il va falloir de plus en plus être quasi autonome pour son hydratation. Cela en fait donc un sac plus polyvalent qu’on ne le pense, et cela peut faire passer la « douloureuse » plus facilement, là aussi. Important à préciser pour finir, je n’ai pas reçu le carquois qui s’adapte sur le sac, donc aucune idée de la practicité ou non de son usage.

Prix : 290€ carquois non inclus (prix : 80€)

Note de rédaction : les chiffres et les descriptions techniques de cet article proviennent des données communiquées par la marque et n’ont pas encore été toutes vérifiés sur le terrain.

🛡️ Bon à savoir : ce que couvre Wise

  1. 30 jours d’essai, même après une sortie sur le terrain
  2. Garantie 2 ans, et réparations gratuites la première année
  3. Échange sous 48 h en cas d’erreur de taille
  4. Livraison offerte dès 100 € d’achat, paiement en 2, 3 ou 4 fois sans frais