La coureuse doit protéger deux choses primordiales qui vont par paires : ses pieds et ses seins. Or 1/3 des coureuses souffrent de la poitrine en courant, et ne connaissent pas leur vraie taille de soutien-gorge… Alors, les filles, priorité au décolleté si vous ne voulez pas le voir s’écrouler.
La génèse du soutien-gorge
La femme n’a pas attendu Adriana Karembeu et son célèbre push-up pour mettre sa poitrine en valeur. Les Romaines portaient un strophium, une simple bande de tissu enroulée sur la poitrine, le XVIe siècle impose le style corset et il faut attendre la fin du XIXe pour qu’enfin le soutien-gorge tel que nous l’entendons aujourd’hui voie le jour. Et cocorico, il est français ! Herminie Cadolle est une jeune couturière féministe et révolutionnaire, comme plus tard Coco Chanel. Elle décide d’aider les femmes, en les libérant du corset qui fait pourtant fureur à l’époque. O.K., il fait une silhouette de rêve mais il n’est que contrainte et torture. Elle dépose le brevet de son invention en 1889, l’appelle « corselet-gorge » et fonde sa maison de couture – qui existe toujours – dans la foulée. Commercialement, ce sera un four. Pour la petite histoire, le mot fait son entrée en 1904 dans le Larousse. C’est une éditrice engagée qui va lancer réellement, en 1913, le soutien-gorge sous la forme que nous lui connaissons actuellement. La légende veut que cette femme issue de la haute bourgeoisie, ne pouvant porter de corset sous une très fine robe, entreprit de confectionner une simili brassière avec deux mouchoirs et un ruban rose. Succès immédiat, brevet déposé, le soutien-gorge séparant les deux seins était né.
Le sein joue à cache-cache…
La Première Guerre a des conséquences sur la vie des femmes : bon nombre de veuves ou de célibataires sont obligées de travailler et gagnent ainsi leur émancipation. Cela a un impact direct sur leur dressing : les robes raccourcissent autant que les coupes de cheveux, on gomme les hanches et la mode est aux petites poitrines. Cachez ces seins que l’on ne saurait voir ! Il faut attendre les années 50 avec des actrices voluptueuses comme Marilyn ou Sofia Loren pour qu’ils reviennent en force. Non seulement on assume sa féminité, mais on la revendique. Les soutiens-gorge pigeonnants apparaissent, les seins deviennent objets de fantasme. Mais ça ne dure pas, avec l’avènement, dans les années 70, de la femme « planche à pain » : Audrey Hepburn, Twiggy, Jane Birkin… On chahute les institutions, on brûle son soutien-gorge, la femme se libère et ses seins avec elle.
L’histoire folle du premier soutien-gorge de running !
Les années 70 n’ont pas vu que la révolution sexuelle et la première crise du pétrole, elles ont aussi vu l’arrivée du « jogging ». On a même parlé de « jogging boom » tellement l’enthousiasme pour cette nouvelle façon de courir, sans passer forcément par le club d’athlé était révolutionnaire pour beaucoup. Les femmes ne sont pas en reste mais très vite la problématique du soutien-gorge se fait sentir. Il existe bien un premier soutien-gorge de sport disponible pour le tennis, le « Free Swing Tennis Bra » inventé en 1975 par Glamorise Foundations Inc., une société américaine de sous-vêtement féminin, mais l’inconfort est encore au rendez-vous. C’est là qu’entrent en jeu les 3 drôles de dames : Lisa Lindahl, Lhinda Miller et Polly Smith. Elles en ont marre de coincer leurs seins avec du coton pour que ça bouge moins ou de porter une taille en dessous. Les premiers essais ne sont pas fructueux jusqu’à ce que le mari de Lhinda leur dise en rigolant « mais c’est un jockstrap pour seins qu’il vous faut en réalité » ! Le fameux « suspensoir » ou « string de sport sans ficelle » qui permet aux hommes de pouvoir courir sans que ça ballote trop… Vous avez l’image ? Quelques prototypes plus tard, la marque est lancée, le « jockbra » devient le « jogbra ». L’engouement est tel que nos trois drôles de dames finiront par revendre leur société et leur brevet à Playtex Apparel Inc.

Vital pour bien courir !
Aujourd’hui les matières et tissus permettent de multiples variations de formes et de confort. Chaque femme peut trouver le modèle qui lui convient. Quoi qu’il en soit, cette petite pièce de lingerie occupe les esprits puisque l’année dernière, le sujet était au centre de l’actualité avec une étude menée sur 15 ans par le professeur Jean-Denis Rouillon du CHU de Besançon qui remettait en cause l’utilité du dessous fétiche des femmes. Au lieu d’être bénéfique pour la poitrine, il pourrait au contraire contribuer à son relâchement. Si l’intérêt de porter un Wonderbra toute la journée est, il est vrai, difficile à démontrer, le port d’un soutien-gorge de sport pour aller courir est lui totalement indispensable. Pour vous en convaincre, allez courir une heure sans soutien-gorge, surtout si vous faites un 90C… L’erreur qui est hélas toujours d’actualité, malgré les mises en garde, est de croire que son soutien-gorge de ville peut faire l’affaire. Non et deux fois non, pour courir il vous faut impérativement porter un modèle adapté à la pratique sportive ! Vous n’allez pas courir avec vos ballerines Repetto que je sache ?
Souvent poitrine varie..
Chaque sein s’accroche sur un support anatomique étroit. En fonction des morphologies, plus les seins sont volumineux et projetés plus ils oscillent, verticalement, latéralement, et d’avant en arrière… jusqu’à 20 cm ! S’ajoutent à cela les variations hormonales induites par les cycles menstruels : la poitrine gonfle et devient sensible, ce qui provoque gênes et douleurs. Plus de la moitié des bonnets profonds en pâtissent, mais 25% des bonnets A et moins également ! Ces souffrances peuvent aller jusqu’à altérer la qualité de l’entraînement, voire faire reporter une séance. Si c’est votre cas, le sujet du soutien-gorge est certainement à revoir. Et il n’y a rien de plus personnel que ces choix-là. Plusieurs facteurs entrent en jeu dans le choix du modèle, qui sont un peu plus complexes que le simple critère esthétique. Par exemple, un modèle destiné à « monter » sur marathon doit être vraiment confortable et limiter au maximum les zones de frottement ou les coutures. Si vous pratiquez le trail et que vous portez un sac à dos, pensez au frottement entre les agrafes du soutien-gorge, le T-shirt, voire le coupe-vent… Le fameux sac peut se révéler source de bobos réellement handicapants sur une distance un peu longue. Ajoutez à ça la transpiration, vous allez maudire votre soutif. Alors à vos marques, prêtes ? Choisissez !
Les 8 conseils à ne jamais oublier :
- La brassière au maintien par compression convient pour des bonnets A à D maximum. Si vous n’aimez pas avoir les seins comprimés et au-delà du D, préférez le soutien-gorge à bonnets individuels.
- La bande sous poitrine ne doit pas être trop lâche ni remonter dans le dos. Passez au maximum deux doigts sous la bande avec l’agrafage serré au plus large, car avec les lavages elle se détendra. Sinon choisissez un tour de sous poitrine inférieur.
- Choisissez des bonnets moulés doublés et sans coutures. Le sein doit être bien englobé sans déborder (sinon choisissez un bonnet supérieur) ni plisser (prenez un bonnet inférieur).
- Préférez des bretelles larges et rembourrées, même dans le cas d’une petite poitrine. Elles ne doivent pas se détendre de plus de 2,5 cm si vous tirez dessus. Les armatures apportent un soutien vraiment supérieur aux bonnets profonds, mais elles doivent être protégées d’une matière douce et capitonnée.
- Attention au sac de trail peu compatible avec un agrafage dos. Préférez un agrafage en gel ou matelassé ou appliquez une protection gel.
- Privilégiez les réglages bretelles et dos, idéaux même sur des brassières.
- La matière doit être douce, respirante et sans zone de frottement : technique sans couture ou bandes élastiques très douces.
- Le soutien-gorge c’est comme les runnings ça se change régulièrement !
Retrouvez mon big testing ici pour vous aider à faire votre choix !