Si j’ai choisi ce titre, c’est à Kathrine Switzer que je le dois. Alors que nous évoquions le fait qu’elle soit marraine d’un marathon 100% féminin, elle qui s’est battue toute sa vie pour que la mixité soit respectée sur les courses du monde entier, elle m’a dit ces mots : « les femmes ont encore besoin qu’on les célèbre et ce marathon sert avant tout à ça ». J’ai beaucoup aimé l’idée et c’est exactement ce que j’ai ressenti pendant 42km et 195m foutu mètres…
Commençons par le commencement… Le prix du dossard ! Nous sommes aux US et ne rêvez pas, là bas les prix ont flambé depuis des années. J’ai payé le mien 180$ mais je m’y suis prise très tard, donc n’hésitez pas à vous inscrire dès l’ouverture, ça permet d’économiser un peu. Concrètement cela incluait cette année en plus du dossard : la navette pour aller au départ, un très joli t-shirt, un bandana vraiment sympa, un tube de crème solaire format classique, des straps au cas où et une ceinture porte dossard, le tout dans un top bag très joli lui aussi. L’organisation propose pleins d’activités comme des cours de yoga, des ateliers customisation dossard (je m’en suis donnée à coeur joie !) ou même coiffage mais là attention, il faut s’inscrire en avance, donc suivez les mails que vous recevrez pour ne rien rater. Il y a aussi un atelier customisation flocage de votre t-shirt. Attention ne comptez pas sur un stand pour acheter vos gels à l’arrache… Il n’y en avait pas et je me suis retrouvée fort dépourvue quand j’ai réalisé le soir que je n’avais rien pour le lendemain. Bref ! Il y a aussi des conférences / rencontres avec les marraines prestigieuses du marathon. Le retrait des dossards se déroulant sur plusieurs jours c’est fluide, sans stress. Le village est réduit, mais l’esprit communautaire est au cœur de l’événement et ça se ressent. Après la course, le lieu devient zone de fête avec concert, pique-nique et shooting photo.
Le départ, légèrement excentré, est accessible grâce à un système efficace de navettes. Il faut s’inscrire mais c’est inclus. Bon on t’envoie un QR code mais personne n’a rien contrôlé, à partir du moment où tu portais un dossard tu pouvais monter dans le bus. Le lieu de départ est immense, et genre parc des expositions. On y trouve des dizaines de toilettes, de quoi boire et manger si vous n’êtes pas comme moi allergique aux bananes. Il y a même une tente pour permettre aux femmes d’allaiter une dernière fois avant de partir ! Et je ne parle même pas des box avec tout ce qu’il faut pour l’hygiène et des élastiques pour les cheveux si jamais le votre venait de craquer.
Les sas de départ sont répartis en petites vagues, sans contrôle d’ailleurs pour y rentrer. Ce qui surprend le plus ça n’est pas le côté respectueux des coureuses qui n’ont pas besoin de bénévoles pour être controlées mais les temps annoncés… Je me suis mise dans le SAS 2 et il était destiné à celles qui prévoyaient moins de 5h30… Tout est dit ! Et il y a des meneuses d’allure pour les 6h30 avec un temps max imparti de 7h45. Ici le chrono n’a que peu d’importance et pour tout vous dire, au moment où j’écris ces mots, je n’arrive pas à trouver le nom et le chrono de la gagnante… Mieux, sur le programme post marathon aucune allusion à une quelconque cérémonie protocolaire de podium. Ce n’est clairement pas l’objectif de la course et ma foi, c’est très bien aussi.
Moment fort comme toujours, l’hymne américain qui s’interprête dans un silence absolu. Le parcours, en revanche, m’a surprise : je pensais naïvement qu’un marathon « pour les filles » serait roulant (ouais je sais c’est moche), et que l’Arizona autour de Phoenix serait plat, je ne sais pas pourquoi… alors que pas du tout ! Beaucoup de relances, peu de répit. Franchement tu commences à être tranquille quand tu arrives au 39ème km ! Evidemment ce n’est pas un trail de montagne, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit, mais franchement, la montée entre les deux gros cailloux en direction de Phoenix au 36ème km, elle n’était pas indispensable 😂.

Les ravitaillements nombreux mais surtout liquides (à l’américaine), gels uniquement à mi-course, et bonus non négligeable : des toilettes en abondance, sans file d’attente — un rêve ! Les navettes permettent aussi à des spectateurs d’être présents sur le parcours, cela permet d’éviter de tout faire en voiture et c’est une bonne idée. Vu le nombre de fois que j’ai vu certains spectateurs, cela semblait bien organisé. Et la médaille… sublime ! Avec un charm détachable à porter au poignet ou autour du cou.
Et ma propre course me direz-vous ? Eh ben comme prévu j’en ai bavé… Ma prépa qui devait être un peu plus sérieuse que ça avec RunMotion Coach est partie en cacahuète du fait de nombreux déplacements à l’étranger. Entre le semi de Majorque et celui de Taipei, j’ai couru dans tous les sens au sens propre comme au figuré mais sans prendre le temps ni de récupérer ni de faire un vrai programme d’entrainement. Tu rajoutes à ça le jet lag… Cela te donne un crash en flamme de la plus belle espèce ! Sans parler du fait qu’au 20ème km, sans raison particulière, j’ai entendu et surtout ressenti un crac au genou gauche qui annonçait une douleur vive vraiment inconfortable. Pour être parfaitement tranparente avec vous, j’étais sur le marathon de Paris, je sautais dans le premier métro… Seulement voilà, de métro il n’y avait pas et surtout je me voyais mal renoncer alors que j’étais venue de loin. Je suis donc passée en mode randonnée la plus active possible (merci Renée de m’avoir permis de tenir un rythme endiablé), ce qui explique mon chrono final assez lamentable mais sérieux vous avez vu la médaille ???? Comment voulez-vous que je rate une médaille pareille ???? Enfin tout ça pour dire que je vais profiter de ma coupure annuelle traditionnelle pour me reposer et soigner tous les petits bobos qui trainent. On verra ce que 2026 nous réserve mais clairement peu de chance qu’il y ait un marathon au programme cette fois, surtout à l’arraché.
Bref j’ai adoré cette ambiance girly mais finalement pas trop, avec des centaines de femmes qui étaient là pour faire la fête certes mais surtout et avant tout pour courir un marathon. Comme en plus j’ai eu la chance de pouvoir papoter avec Kathrine Switzer qu’on ne présente plus pendant plus d’une heure… autant vous dire que cela restera un de mes plus beaux marathons, quelque soit le chrono. Et j’ai adoré l’Arizona que j’ai découvert et qui va faire l’objet d’un article à part, vu tout ce qu’il y a dire sur le sujet, vous vous en doutez bien.
Seul bémol : la présence un peu trop importante d’hommes qui n’avaient apparemment pas compris l’esprit de l’événement… Punaise mais qu’est-ce que ça m’énerve… Tous portaient un dossard, ce qui sous entend que, soit ils s’étaient inscrits eux même, soit ils avaient récupéré le dossard d’une femme mais franchement, ils ne pourraient pas lacher leur femme, leur soeur, leur cousine, que sais-je deux minutes ??? Bon certains, pire encore, étaient seuls, genre j’ai vu de la lumière, je suis venu courir. Le seul truc qui les sauvait, c’est qu’aucun ne s’était déguisé en « femme » (ce qui se résume généralement en pute du bois de Boulogne avec des ballons à la place des seins et une mini robe vulgaire à souhait). Mais franchement, puisque dans ce cas précis, il n’y a même pas l’argument « charities », ils pouvaient courir ailleurs et nous laisser tranquille quelques heures.
Mes bonnes adresses à Scottsdale
Le transport
Scottsdale est la ville voisine de Phoenix, et bonne nouvelle, il y a un vol direct Air France qui permet d’y accéder facilement. Petit rappel important : si vous prenez l’option vol avec escale aux US, pensez à prévoir au minimum et je dis bien au minimum 2h sauf si vous avez une valise en soute, là sincèrement partez sur 3h, surtout si vous passez par Atlanta. Bon plan si vous êtes déjà allé aux US avec votre ESTA, le système MPC qui peut vous faire gagner un temps précieux (article à lire ici). Si comme moi vous louez une voiture, il faudra aller la récupèrer à l’autre bout de l’aéroport, ils ont carrément ce qui ressemble à un terminal pour abriter tous les loueurs. Il faut compter 10 à 15 min de airtrain depuis le terminal des vols internationaux.
Mon truc en + : Louez votre voiture chez Enterprise. il y a inexplicablement moins d’attente à l’aéroport, et les formalités sont bouclées en quelques minutes. J’ai halluciné en arrivant… Pour vous donner une idée de budget d’ailleurs, pour 10 jours j’en ai eu pour un peu plus de 500€ kilométrage illimité et assurance incluse pour une Hyundai Elantra qui était parfaite. Comptez 35$ pour un plein.
Le logement
L’organisation propose des tarifs préférentiels dans pas mal d’établissements hôteliers des environs, le lien est à retrouver directement sur le site. Mais je n’ai pas vérifié si c’était vraiment intéressant, n’hésitez pas à comparer avec les autres sites, voir même directement sur le site de l’hôtel, parfois on a de sacrés surprises…
J’ai eu la chance de pouvoir tester trois hôtels avec chacun un style très différent :
Le Valley Ho : c’est l’hôtel le plus proche de la ligne d’arrivée, idéal pour tout faire à pied. Style années 70 revisité, ambiance unique, rien à redire. Ils ne proposent pas de package pour le marathon, enfin pour l’édition 2025, à voir pour l’édition 2026. Le petit déjeuner n’est pas inclus comme toujours aux US, pensez y dans votre budget.
Le Fairmont Scottsdale Princess : c’est immense ! Et j’avoue que je n’ai qu’un regret, ne pas avoir pu rester plus longtemps pour profiter de l’hôtel qui basculait le week-end suivant en village du Père Noël géant, ça doit être dingue à vivre. Il est connu à juste titre pour son spa exceptionnel, parfait pour récupérer. Sincèrement un des meilleurs massages de ma vie ! Idem petit déjeuner non inclus mais corner type Starbucks dans la boutique de l’hôtel. Je n’ai pu tester que l’Hacienda qui est un restaurant d’inspiration mexicaine comme son nom l’indique si bien, les tapas sont délicieux et leur café flambé un vrai spectacle à ne pas rater.
Le Four Seasons resort Scottdale : pour une nuit magique au cœur du désert rouge d’Arizona… Evidemment là on change totalement de catégorie. Le lieu est magique, coincé entre le désert et la montagne rouge. On a d’ailleurs accès directement via un chemin balisé au Pinnacle Peak Hike juste à côté, un des spots de rando ou de trail hyper connu à Scottdale. L’hôtel propose un accompagnement tous les matins pour s’y rendre. Le spa est là plus intimiste mais la salle de fitness est superbe, et hyper bien équipée. Il y a des cours de yoga payants (10$) en option et bien entendu un choix de massages de haute volée. J’ai choisi celui qui alliait les vibrations des bols tibétains aux mains expertes de la thérapiste… Un grand moment de laché prise total ! Seul regret, il aurait fallu le programmer après la course, et non avant 😂. La restauration est vraiment au niveau de l’hôtel également.
Bon à savoir : si jamais la chaleur ne vous fait pas peur (on parle de vraie chaleur là bas hein ?), sachez que dès début juin, les hôtels basculent dans la saison creuse et les tarifs s’en ressentent fortement. Vous pourrez ainsi vous offrir un séjour dans un établissement de grand luxe pour le prix d’un Hilton 3 étoiles.
La restauration
Pour célébrer votre médaille, réservez au FnB : carte courte mais d’une efficacité redoutable, et un pâtissier exceptionnel. On peut s’y rendre à pied du Valley Ho.
Si vous avez une voiture, ou si prendre un uber ne vous dérange pas, le Belmont Kitchen & Cocktails est fait pour vous ! J’ai mangé là bas une des meilleurs « octopus » grillée de ma vie et dieu sait que la cuisson de cet animal est compliquée et ne pardonne pas.
Les activités
Envie d’explorer les environs ? Cliff Creek Outfitters propose VTT, kayak et randonnées, et vient vous chercher directement à votre hôtel, ce qui est ultra pratique. Pour le kayak on est clairement sur un niveau débutant (nickel pour moi !) et ça donne l’occasion de voir une autre vision de l’Arizona, hyper verte façon « au milieu coule une rivière ». Bon j’ai cherché Brad Pitt sans succès hélas parmi les pécheurs à la ligne nombreux ce jour-là sur les bords de rive.


Il faut absolument prendre du temps pour visiter le « old Scottdale » qui sert de lieu d’arrivée pour le marathon. Les boutiques sont très sympas pour ramener moult souvenirs. Gros coup de coeur pour le bar à chapeaux de cow boy, le Rancher Hat Bar ! J’ai vraiment failli craquer ! Pleins de galeries d’art donnent un côté hippie chic vraiment sympa.
Je vous mets ici déjà deux guides qui ont été réalisés par l’Office et qui pourront vous aider à organiser votre séjour à Scottdale. Et leur compte insta est ici !








