Run : ma Sainté pas trop sprint !

Je n’avais pas forcément prévu de faire un vrai compte rendu de ma petite balade lyonnaise et puis, plus les jours passaient, plus je me disais que ce serait quand même marrant de vous raconter mes petites aventures nocturnes. Alors c’est parti !

Si vous avez suivi mes réseaux sociaux, vous savez donc que j’ai, comme presque tous les ans profiter de l’offre généreuse de l’organisateur de la Saintélyon pour venir à la rencontre de mes lecteurs. Il permet aux auteurs parlant trail de bénéficier d’un stand gratuitement pendant toute la durée du salon et c’est un sacré cadeau de Noël alors merci Michel ! Comme la dernière fois, j’ai pris un dossard sur la Saintexpress et comme la dernière fois, normalement mon ami Christophe devait sauter dans un TGV me rejoindre pour une nuit blanche en mode congelée. Mais c’était sans compter son kiné qui l’a clairement menacé d’un internement d’office s’il persistait. L’argument « cryothérapie intégrée » ne semblait pas l’avoir convaincu.

Sur le coup je me dis « pas grave, j’y vais toute seule », si tant est qu’on puisse être seule à un moment sur la Saintexpress évidemment. Et puis les heures s’enchaînent à mon stand… Rajouter à cela une mauvaise nuit alors que la literie du Mercure Chateau Perrache est franchement parfaite (c’est terrible dès que je ne dors pas dans mon lit, il me faut une nuit d’adaptation… C’est moche la vieillerie), je me retrouve à clairement piquer du nez sur ma table en début d’après-midi. J’ai envie de tout sauf d’aller courir 45 bornes dans le froid. C’est là que me vient une idée ! Mon ami Pierre vient de Paris pour courir son premier trail et j’avoue, je suis un peu à l’origine de sa présence. C’est moi qui lui ai fait suivre l’annonce de recrutement pour la team des Allumés, organisée par Asics. Ils sont 4 sur toutes les distances, coachés par Thomas Lorblanchet, excusez du peu et équipés de la tête aux pieds par la marque. Certes, il n’est pas seul puisqu’en tant que président adoré de son club d’athlé, les Free Runners pour ne pas les nommer, ils sont 3 à être venus avec lui mais bon c’est bien gentil tout ça, le groupe sent quand même la testostérone à plein nez… Il est grand temps de le féminiser !

Je décide de voir s’il est possible d’échanger mon dossard officiellement, histoire de me joindre à la joyeuse troupe. Dans l’absolu, je m’en foutais total de ne pas avoir mon nom sur la liste mais je ne voulais pas que ça pose problème vis-à-vis des navettes. En quelques instants, la gentille bénévole change ma distance et me confirme que pas de souci, il y a de la place dans le bus pour moi pour aller à Soucieu cette nuit, un souci de moins ! (Soucieu… souci… ouais je sais… je vous ai dit que j’étais fatiguée !). Je préviens Pierre qui semble être ravi ou alors il fait très bien semblant. Il ne reste plus qu’à démonter le stand, me changer dans les toilettes de la Halle Tony Garnier et foncer au bar réservé pour les VIP dont il faut croire je fais partie pour grignoter quelque chose. J’ai avalé un sandwich pour le déjeuner avec une excellente compote spéculos d’ailleurs mais là il commence à faire faim… Oh des gressins ! Nickel ! Je rajoute une poignée de cacahuètes et c’est parti Kiki ! (pas celui de Salomon, parce que lui, c’est comme Capri, c’est fini… je vous ai dit que j’étais fatiguée et en manque d’inspiration !).

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Bus super bien organisé comme il se doit… Je ne veux pas leur jeter des fleurs mais moi à chaque fois cette logistique de folie m’impressionne toujours autant. L’organisation est tellement au point que nous arrivons même un peu trop tôt sur place, un gentil bénévole nous demande de rester un peu au chaud dans le bus avant de descendre. Vous pensez bien que moi ça me va ce genre de demande ! On finit par descendre pour aller se mettre au chaud directement dans la salle qu’il faudra que je quitte quand même quelque instant histoire d’aller faire pipi évidemment. Direction la ligne de départ sur la place de l’Eglise du village et devinez qui j’entends gueuler à pleins poumons dans le micro ? Ludo Collet évidemment qui nous fait un départ digne de l’UTMB ! Je suis vraiment ravie pour Pierre parce que bon, quitte à ne faire qu’un trail dans sa vie, autant faire les choses en grand avec Ludo qui donne le départ. 5, 4, 3, 2, 1 Partez ! Je passe la ligne d’arrivée non sans un petit câlin à mon speaker préféré, c’est bon on peut y aller la tradition est respectée.

Alors je vais faire court et simple, je comprends très vite que Pierre va galérer et que ses soucis de santé ne sont pas vraiment derrière lui. Comme cela relève de sa vie privée, je ne vais bien entendu pas en dire plus mais clairement il semble évident que nous allons mettre un certain temps pour ne pas dire un temps certain pour rejoindre Lyon. Et vous savez quoi ? Moi ça me va très bien parce que croyez le ou pas, mais figurez-vous que nous avons eu une nuit parfaite, fraiche évidemment mais pas un flocon, à peine un peu de boue histoire de ne pas rentrer les chaussures ultra propres, ça la foutrait mal quand même. Je profite surtout d’une ambiance d’un calme que je n’avais jamais connu. Pour dire les choses clairement, nous sommes en fin de peloton et les coureurs de la Saintexpress ne commencerons à nous rattraper qu’à une petite dizaine de kilomètres de l’arrivée. C’est juste absolument parfait pour moi qui n’aime pas trop le monde, vous le savez. Le ravitaillement de Chaponost et tous ces bénévoles sont aux petits soins pour nous, forcément nous sommes les seuls à ce moment dans cette grande salle !

Nous progressons doucement mais surement, j’essaie de prodiguer quelques conseils à mon compagnon de route pour lui faire prendre un peu de confiance en lui. Je papote avec Jean Jacques, l’ami de Pierre toujours avec nous et sincèrement je ne vois pas tellement passer le temps. Nous rattrapons deux jeunes femmes dont l’une a vu sa frontale tomber en panne au plus mauvais moment. Je m’arrête, tente de faire redémarrer le machin mais rien n’y fait. Elle me rassure, me dit « pas de souci je vais rester avec mon amie », je m’éloigne de quelques mètres, me retourne et constate que non vraiment ce n’est pas possible de les laisser comme ça, elles sont quasiment dans le noir. C’est beaucoup trop dangereux ! Ni une ni deux je rebrousse chemin et je lui offre ma frontale de secours. J’ai la chance qu’on m’en prête pour des tests dans le cadre de mon job, alors autant en faire profiter les personnes en difficulté. Bon maintenant Led Lenser j’espère que vous ne voulez pas la récupérer, elle est partie je ne sais où en France mais vous avez fait une bonne action 😁.

On arrive doucement mais surement !

Lyon est là et cette (éloignez les enfants des écrans !) saleté de bordel de merde de saloperie de côte de l’Aqueduc. Nan mais sérieusement à quand je ne sais pas moi, un tire-fesse ou un tapis comme il y en a pour les courses de ski des pious pious ! Qui dit montée dit forcément descente et nous voilà partis vers la Halle qui nous attend avec son arche bleue qui accueille ses premiers coureurs d’une longue, très longue nuit. Eh voilà, Pierre est finisher, je peux rentrer chez moi l’esprit tranquille. Ce que je n’avais pas prévu en quittant Lyon à 4h du matin, c’est la suite des événements. Je dois prendre un petit bout d’A89 pour rentrer chez moi et très vite, je me retrouve prise dans une tempête de neige… Celle qui est en train de congeler sur place les participants de la Saintélyon. Je finis par m’arrêter dans une station service, tellement j’ai la trouille de me planter. Oui j’ai des pneus neige mais je ne vois pas à 5 m et même si sur l’autoroute il y a normalement peu de chance que quelqu’un arrive en face, je trouve ça beaucoup trop dangereux. Je m’installe sur la banquette arrière de ma golf, la tête confortablement installée sur mon sac de linge sale et en quelques instants je plonge dans un sommeil profond. C’est le froid qui m’a réveillé. Il est 5h30 du matin, je décide de repartir.

Je file me chercher un grand café, le gentil monsieur de la station me rassure en me disant que pour l’instant l’autoroute n’est pas bloquée et que les déneigeuses sont en train de tout nettoyer. Ok… Me voilà repartie pour battre des records de lenteur sur l’autoroute, décidemment c’est le thème de la journée ! Je sors enfin de l’autoroute et en quelques kilomètres je retrouve des routes dégagées et plus un flocon de neige à l’horizon. Décidément mon week-end à Lyon n’aura été qu’une série de « deux salles, deux ambiances » ! Voilà, c’est fini ! Merci à Michel de m’avoir permis encore une fois de passer une journée et demi à la rencontre de mes lecteurs, c’est toujours autant d’émotion à chaque fois. Merci à Pierre de m’avoir acceptée à ses côtés pour ce premier trail et de ne pas m’en avoir voulue de t’avoir embarqué dans une aventure pareille ! Et bien évidemment merci à tous les incroyables bénévoles que j’ai croisé pendant ma Saintélyon, comme toujours vous avez fait un travail formidable et incroyable. Bon on se dit à l’année prochaine comme d’hab ? Vu que je diminue la distance à chaque fois, ça sent la Saintétic à plein nez cette histoire 😂.

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