Run : Off, qui serait responsable ?

Et si on parlait assurance ? Je sais que sur un blog consacré au running, et même au sport en général, cela peut surprendre mais suite à notre été légèrement bouleversé question calendrier et l’apogée des off en tout genre, je me suis posé une question simple : comment un assureur pourrait faire la différence entre un off et une course ?

Désolée j’ai fait du droit (peu de temps mais suffisamment pour réaliser que ce n’était pas fait pour moi), je connais pas mal d’avocats et mon homme travaille pour des assureurs depuis plus de 20 ans. Si tu rajoutes à ça que c’est l’un d’eux qui m’a permis de réaliser mon challenge en 2012 en me sponsorisant, ceci vous explique que je peux avoir de temps à autre l’esprit un peu procédurier ! Voici donc le fruit de ma réflexion : sur une course « officielle », si un coureur chute, se blesse, contrairement aux idées qui circulent trop souvent, c’est bien l’organisation qui se retrouve responsable. S’il y a contestation, pour l’instant la jurisprudence tranche toujours en faveur du coureur, le drame du Mercantour nous l’a rappelé. Même si l’organisation n’a pas été condamné au pénal, elle a perdu au civil. Une autre procédure est en cours pour une course dans le sud de la France, l’appel étant en attente, difficile de savoir ce que cela donnera mais en première instance l’organisation a perdu là aussi. Je tiens à rappeler un point important qui est souvent évoqué à tort par bon nombre de coureurs : non, ce n’est pas forcément le coureur blessé qui porte plainte mais son assurance ou même la sécu ! Ce n’est pas parce que vous considérez que vous êtes fautif dans le sens où vous avez fait le choix de vous inscrire à une course que votre assureur le verra du même œil. Si vous vous blessez gravement avec arrêt maladie à la clé, l’avocat de la Sécurité sociale par exemple pourra, sans même vous demander votre accord de principe attaquer une organisation pour récupérer le montant des sommes que son organisme a dû vous verser, idem bien entendu pour un assureur. Inutile d’extrapoler en cas de décès, vous avez compris l’idée.
Maintenant justement extrapolons un peu ! Nous avons eu cet été de nombreux « semi off » organisés par des coureurs élites et leur sponsor. Rien à redire de ce côté-là, chacun est bien entendu libre d’organiser un événement sportif avec un seul coureur au départ. Le problème est ailleurs.

Extrapolons encore un peu… Dans plusieurs de ces événements, il y a eu présence de pacers « officiels » La question est la suivante : si l’un d’eux se blesse, ou pire encore, qui est responsable ? Le coureur élite ? Son staff ? La marque qui est partenaire et qui a souvent communiqué en amont pour annoncer sur tous ses réseaux le dit-événement ? Pour les courses où les pacers sont autorisés, c’est aussi pour des questions d’assurance que l’on demande au coureur de donner leur nom avec interdiction d’interchanger comme c’est le cas aux USA, ce qui peut tout à fait se comprendre vis-à-vis de la sécurité. Mais là on parle de off qui pourtant ne tienne absolument pas d’une petite balade entre copains, surtout si l’on parle record. Il faudrait qu’ils aient au minimum une assurance spéciale ou mieux un contrat de travail type CDD mission mis en place par la société qui emploie le coureur élite, ce qui les protégerait en cas d’accident. Vous voyez où je veux en venir ? Bien entendu, la question se pose exactement de la même façon pour les coureurs « officieux » qui se joignent au groupe le temps d’une petite vidéo ou d’un simple selfie.


J’ai posé la question dans mon entourage, on va dire que les réponses prouvent que soit mes interlocuteurs n’ont absolument pas réfléchi à la question, ils se disent « nan mais faut pas voir le mal partout hein ? ». Si parmi mes lecteurs, j’ai des pro du droit des assurances, n’hésitez pas à venir donner votre avis, il est vraiment le bienvenu !


PS : évidemment je n’évoque pas le problème d’un potentiel cluster comme on dit maintenant, c’est déjà bien assez compliqué comme ça 😊
PSS : à celles et ceux qui évoqueraient les pacers ou meneurs d’allure sur marathon à titre comparatif, ce n’est pas la même chose, ils sont licenciés FFA, sur une course officielle, c’est donc l’assurance liée à la licence qui jouerait normalement mais je peux me tromper !

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